Siri Hustvedt

Siri Hustvedt
Siri Hustvedt est née en 1955. Elle vit à Brooklyn où elle est traductrice et éditrice. Ses livres, dont L'envoûtement de Lily Dahl et Les yeux bandés, sont publiés en France chez Actes Sud.

Articles en lien avec Siri Hustvedt (1)

  • Un monde flamboyant de Siri Hustvedt
    Un monde flamboyant de Siri Hustvedt

    « Les femmes doivent-elles être nues pour rentrer au Metropolitan Museum ? » se demandaient avec une ironique naïveté les Guerrilla Girls, un groupe d'artistes féministes né dans les années 1980 à New York. Ces héroïnes masquées cherchaient à lutter contre la sous-représentation des femmes et la misogynie du monde de l'art contemporain. Trente ans plus tard, Siri Hustvedt reprend ce combat à son compte dans son dernier roman, « Un Monde Flamboyant ».

Avis sur cet auteur (27)

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    Couverture du livre « Un été sans les hommes » de Siri Hustvedt aux éditions Actes Sud

    Mumu Dans le Bocage sur Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

    Lorsque j'écoute Siri Hustvedt dans ses interviews j'ai l'impression de ne rien comprendre car son discours est parfois assez hermétique et un peu pédant mais comment ne le serait-elle pas avec un parcours universitaire prestigieux car diplômée en littérature anglaise et neurosciences, elle...
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    Lorsque j'écoute Siri Hustvedt dans ses interviews j'ai l'impression de ne rien comprendre car son discours est parfois assez hermétique et un peu pédant mais comment ne le serait-elle pas avec un parcours universitaire prestigieux car diplômée en littérature anglaise et neurosciences, elle dispense des cours de psychiatrie dans des universités américaines. Elle est la compagne de Paul Auster. Comme je suis curieuse et me méfie de mes impressions (qui se révèlent parfois justes malgré tout) et ayant trouvé ce roman dont j'aimais beaucoup la couverture et le titre je me suis lancée à la découverte de Siri Hustvedt.

    Une femme, Mia, 55 ans, poétesse, (Siri ?) se retrouve seule après la séparation avec son mari, Boris, neuroscientifique, qui est parti vivre avec celle qu'elle nomme La Pause, une femme beaucoup plus jeune. Après une période dépressive, elle rejoint sa mère, Laura, qui vit dans une maison de retraite, Rolling Meadows, dans le Minnesota, entourée de femmes d'un âge avancé et forme ce que l'auteure appelle Les cinq cygnes. Elle en profite pour animer un Club de poésie et d'écriture pour 7 jeunes adolescentes de 13 ans. C'est un été donc très féminin, de tous âges, sans compter Lola, sa voisine, dont le couple bat de l'aile et mère de deux enfants.

    A travers les quatre tranches d'âge qui entourent la poétesse (adolescentes, jeune femme, elle-même et femmes âgées) l'auteure se lance dans une étude des comportements féminins, de leurs centres d'intérêt et préoccupations, qui ne sont évidemment pas les mêmes.

    "Si, à la moitié de votre vie, vous aviez six ou sept ans, l'espace de ces années semblerait plus long que celui de cinquante années pour un centenaire, parce que dans l'expérience des jeunes le futur paraît sans fin et qu'ils considèrent normalement les adultes comme appartenant à une autre espèce. Seules les gens âgés ont accès à la brièveté de la vie. (p117)"

    A travers le groupe formé par sa mère et ses amies, c'est un regard tendre sur l'époque où les souvenirs sont plus présents que les projets, des confidences et des révélations se font jour parfois avant le grand saut pour certaines. Quand il s'agit des sept adolescentes c'est l'âge des rivalités, des "embrouilles", des conflits que tentera de résoudre Mia à travers des jeux d'écriture et la poésie. Quand à Lola, la trentaine, c'est la recherche de sa place à côté d'un mari instable et de deux jeunes enfants qui l'accaparent dont la petite Flora, fillette imaginative de 4 ans, qui s'invente un ami et se balade avec une perruque à la Harpo Marx sur la tête.....

    Siri Hustvedt projette dans Mia ses propres questionnements en tant que femme, écrivaine, poétesse, dépressive qui tente elle-même de trouver sa propre place après une rupture, à un carrefour de vie. Quel chemin prendre ? Avec le temps, avec la complicité de sa fille Daisy, comédienne, lien entre elle et Boris, elle va s'apercevoir qu'il faut laisser du temps au temps et faire du lecteur (lectrice) le témoin de sa renaissance.

    Je dois avouer que j'ai failli abandonner cette lecture à la moitié tellement la construction du livre me déroutait. Constitué d'un seul chapitre, c'est un long monologue, parfois presque professoral, limite psychanalytique, sur l'expérience vécue par Mia mais où l'auteure mêle régulièrement ses propres réflexions, études et analyses, cassant le rythme de la lecture bien sûr et me perdant régulièrement. J'ai trouvé cela assez perturbant mais au moment où j'allais le lâcher, c'est produit un petit miracle. Siri s'adressait à moi et avec une pointe d'humour car finalement elle sait parfaitement qu'elle risque d'avoir perdu son lecteur, j'ai lu :

    "Bientôt dites-vous, nous allons atteindre un col ou un carrefour. Il y aura de l'ACTION. (...) Mais avant d'en arriver là, je veux veux vous dire, Gentil Lecteur, que si vous êtes ici avec moi maintenant, sur cette page, je veux dire : si vous avez atteint ce paragraphe, si vous n'avez pas renoncé, ne m'avez pas envoyée, moi, Mia, valdinguer à l'autre bout de la pièce ou même si vous l'avez faite, mais vous êtes demandé s'il ne se pourrait pas que quelque chose se passe bientôt et m'avez reprise et êtes encore en train de lire, je voudrais tendre les bras vers vous et prendre votre visage à deux mains et vous couvrir de baiser, des baisers sur vos joues et sur votre menton et partout sur votre font et un sur l'arête de votre nez (de forme variable), parce que je suis à vous, tout à vous. Je voulais juste que vous le sachiez. (p112)"

    Et après cette prise de conscience de l'auteure, l'écriture s'est fluidifiée, uniformisée, se tournant plus sur les personnages, leurs passés, leurs secrets, devenant plus romancière qu'essayiste ou donnant une forme plus accessible à ses analyses, offrant plus de profondeur à ses héroïnes, j'ai même été surprise du contraste dans l'écriture, comme si celle-ci avait été passée du froid au chaud, de la distance à l'intimité. Après les circonvolutions de la première partie tout s'est éclairci, ayant abandonné réflexions philosophiques alambiquées, études sociétales, elle faisait le choix de n'être que romancière.

    "Et je vais vous dire en toute confidence, vieil ami, car voilà bien ce que vous êtes maintenant, vaillante lectrice, vaillant lecteur, éprouvés et fidèles et si cher à mon cœur. Laissez-moi vous dire que si mon bonhomme avait franchi les étapes, comme on dit, et qu'il était parvenu de plus en plus près de ce qu'il y a là, au fond de moi, quoi que ce fut, c'était qu'il y avait eu du temps, tout simplement du temps.... (p215)"

    Et comme telle elle évoque d'autres romancières célèbres, féministes, engagées ou critiqués dans leur travail et en particulier lorsqu'elle évoque Jane Austen

    "Aimée autant que détestée, elle a maintenu ses critiques en haleine. "Une bonne bibliothèque est une bibliothèque qui ne contient pas d'ouvrage de Jane Austen, a dit Mark Twin, enfant chéri de la littérature américaine, même si elle ne contient aucun livre." Carlyle qualifiait ses livres de "triste camelote". Aujourd'hui encore, on lui reproche d'être "étroite" et claustrophobe" et on la relègue au statut d'écrivain pour les femmes. La vie en province, indique d'observation ? Les douleurs des femmes, sans importance ? Ça peut aller quand c'est Flaubert, bien entendu. Pitié pour les idiots.(p177)"

    Un avis assez mitigé donc pour cette première lecture mais je sais malgré tout qu'il y a derrière toute cette vitrine de son savoir une femme, certes très intelligente, drôle parfois, observatrice de la société. Ayant sur mes étagères depuis des années Tout ce que j'aimais je lui donnerai une autre chance et j'espère que cette fois-ci, même si ses origines nordiques lui font souffler parfois le froid et la distance sur ses mots, je préfère quant à moi quant elle laisse au vestiaire sa toge de professeur universitaire.

    "Un livre est une collaboration entre celui ou celle qui lit et ce qui est lu et, dans le meilleur des cas, cette rencontre est une histoire d'amour comme une autre. (p179)"

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    Couverture du livre « Tout ce que j'aimais » de Siri Hustvedt aux éditions Actes Sud

    Anne-Marie Lemoigne sur Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt

    Je quitte à regret ce roman qui m’a semblé trop court tant les personnages justes, vrais, humains me sont devenus proches .

    Au travers du regard de Léo, qui voit disparaître progressivement tous ceux qui ont l’ont aidé à vivre, mais qui vit une solitude toujours alimentée du souvenir des...
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    Je quitte à regret ce roman qui m’a semblé trop court tant les personnages justes, vrais, humains me sont devenus proches .

    Au travers du regard de Léo, qui voit disparaître progressivement tous ceux qui ont l’ont aidé à vivre, mais qui vit une solitude toujours alimentée du souvenir des absents, j’ai partagé leurs bonheurs, leurs souffrances, leurs soupçons .

    Un roman d’une rare intensité, tant par le récit des 20 années de la vie de ces deux familles, que par l’évocation du milieu intellectuel et artistique dans lequel ils évoluent . L’univers de l’art contemporain est montré ici sous tous ses aspects et dans sa diversité . A l’authentique, fruit d’une lente élaboration s’oppose le branché, le provocateur, flattant les goûts morbides du public ; à l’intime de l’atelier, s’oppose le public de la galerie, miroir du paraître .

    Un magnifique portrait de groupe, sobre, pudique, intense qui touche à la fois l’intelligence et le cœur .

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    Couverture du livre « Tout ce que j'aimais » de Siri Hustvedt aux éditions Actes Sud

    Zaza sur Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt

    New York années 70, on suit la vie de 2 couples d'artistes.
    Le roman se découpe en 3 parties différentes; la première raconte la rencontre des personnages, leur amitié, leur vie de famille. La seconde partie est un peu tragique car l'un des 2 couples est confronté au décès de leur fils.
    La...
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    New York années 70, on suit la vie de 2 couples d'artistes.
    Le roman se découpe en 3 parties différentes; la première raconte la rencontre des personnages, leur amitié, leur vie de famille. La seconde partie est un peu tragique car l'un des 2 couples est confronté au décès de leur fils.
    La dernière partie nous emmène dans le monde du fils de l'autre couple où se mêle la drogue, le mensonge, les désordres psychologiques. L'auteur réussit peu à peu à nous tenir en haleine, l'histoire devient ambigu, le suspens monte progressivement. Je vous conseille cette lecture, passionnante et très humaine.

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    Couverture du livre « Les yeux bandés » de Siri Hustvedt aux éditions Actes Sud

    Stéphanie Drouette sur Les yeux bandés de Siri Hustvedt

    Un roman qui peut se lire comme 4 nouvelles, histoires étranges arrivées au même personnage Iris, anagramme de Siri , auto fiction ?
    Les 4 récits nous entrainent dans les souvenirs d'Iris qui rencontre et lie des relations avec des personnages particuliers, qui vont l'utiliser.
    Elle va...
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    Un roman qui peut se lire comme 4 nouvelles, histoires étranges arrivées au même personnage Iris, anagramme de Siri , auto fiction ?
    Les 4 récits nous entrainent dans les souvenirs d'Iris qui rencontre et lie des relations avec des personnages particuliers, qui vont l'utiliser.
    Elle va tenter de se trouver, se cherchant finalement de façon douloureuse, au travers des regards des autres. De l'univers fantastique dans le chapitre UN à un univers de plus en plus glauque pour les chapitre Quatre notamment , ce roman s'avère être une lecture intrigante.
    Un roman qui se lit le roman d'une quête, le quête de soi mais dont je n'ai pas compris le réel propos, le but.