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Sijie Dai

Sijie Dai
Écrivain et réalisateur d'origine chinoise, Dai Sijie est né en 1954. 1 vit en France depuis 1984. Il a réalisé cinq longs métrages, dont Chine ma douleur, prix Jean Vigo, et Les Filles du botaniste (sur les écrans en 2006). Il a connu un immense succès littéraire dès son premier roman, écrit dir... Voir plus
Écrivain et réalisateur d'origine chinoise, Dai Sijie est né en 1954. 1 vit en France depuis 1984. Il a réalisé cinq longs métrages, dont Chine ma douleur, prix Jean Vigo, et Les Filles du botaniste (sur les écrans en 2006). Il a connu un immense succès littéraire dès son premier roman, écrit directement en français, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise (collection blanche, 2000, Folio n° 3565), et a publié ensuite Le complexe de Di (collection blanche, 2003, Folio n° 4231), récompensé par le prix Femina.

Avis sur cet auteur (31)

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    Couverture du livre « Les caves du Potala » de Sijie Dai aux éditions Gallimard

    Les Lectures de Cannetille sur Les caves du Potala de Sijie Dai

    En 1968, le Tibet est occupé par la Chine, le Dalaï-Lama en exil, et son palais du Potala aux mains de gardes rouges, acharnés à anéantir objets sacrés et œuvres d’art bouddhiques. Emprisonné et torturé pour crime contre-révolutionnaire, le vieux Bstan Pa résiste mentalement en se remémorant sa...
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    En 1968, le Tibet est occupé par la Chine, le Dalaï-Lama en exil, et son palais du Potala aux mains de gardes rouges, acharnés à anéantir objets sacrés et œuvres d’art bouddhiques. Emprisonné et torturé pour crime contre-révolutionnaire, le vieux Bstan Pa résiste mentalement en se remémorant sa vie de peintre : son apprentissage auprès d’un maître, sa progression jusqu’à sa nomination au service des plus hautes autorités tibétaines, son bonheur de consacrer son existence à la méditation et à la beauté.

    En opposant un vieux sage versé dans l’art et la contemplation à une bande de très jeunes révolutionnaires haineux et violents, dans un face à face où, malgré les apparences, l’asservissement de l’un aux autres est loin de paraître définitivement acquis, Sijie Dai réussit à incarner tout le conflit entre une Chine encore aujourd’hui obsédée par la sinisation de son voisin et un Tibet que l’occupation chinoise n’a jamais réussi à vider de sa culture et de son identité.

    Face à l’obscurantisme, au fanatisme et à la barbarie, le récit nous fait découvrir, dans un luxe de détails colorés, le raffinement de l’art des tankas, ces rouleaux peints caractéristiques de la culture bouddhiste tibétaine et servant de supports à la méditation. Après avoir suivi leur élaboration minutieuse et l’apparition de leurs couleurs sous les doigts et le pinceau parfois à un seul poil de Bstan Pa, c’est un crève-coeur d’assister à leurs autodafés aux côtés de leur créateur qui, privé de son art, garde la force de continuer à peindre mentalement.

    Après la littérature vecteur d’émancipation dans Balzac et la petite tailleuse chinoise, Sijie Dai choisit cette fois la peinture pour un nouvel acte de résistance à la violence et à l’aliénation au travers de l’art et de la création. Il nous livre un très beau texte, d’une grande puissance d’évocation et d’une poésie lumineuse, malgré la brutalité qui endeuille ses pages.

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    Couverture du livre « Les caves du Potala » de Sijie Dai aux éditions Gallimard

    Mimosa sur Les caves du Potala de Sijie Dai

    Quelle écriture magnifique:une évasion exceptionnelle au Tibet malgré la bêtise, la cruauté de Loup. Un voyage au pays de l'art du Tanka où l'on apprend beaucoup.

    Quelle écriture magnifique:une évasion exceptionnelle au Tibet malgré la bêtise, la cruauté de Loup. Un voyage au pays de l'art du Tanka où l'on apprend beaucoup.

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    Couverture du livre « Les caves du Potala » de Sijie Dai aux éditions Gallimard

    STOLL AUDEBEAU BENEDICTE sur Les caves du Potala de Sijie Dai

    Les caves du Potala m'ont énormément appris sur le Tibet et son art et m'ont donné très envie d'aller admirer ses oeuvres picturales. Cependant le vocabulaire tibétain et les multiples références sur les lieux, les Maîtres, les faits historiques ,les objets,les rituels etc rendent la lecture un...
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    Les caves du Potala m'ont énormément appris sur le Tibet et son art et m'ont donné très envie d'aller admirer ses oeuvres picturales. Cependant le vocabulaire tibétain et les multiples références sur les lieux, les Maîtres, les faits historiques ,les objets,les rituels etc rendent la lecture un peu ardues.

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    Couverture du livre « Les caves du Potala » de Sijie Dai aux éditions Gallimard

    Squirelito sur Les caves du Potala de Sijie Dai

    En 1949, Mao Zedong instaure la République Populaire de Chine. A Lhassa, c’est une invasion sanguinaire, là où était revenu le treizième dalaï-lama en 1913. C’est dans son ancienne demeure que des gardes rouges retiennent prisonnier l’ancien peintre du chef spirituel : Bstan Pa qui a dessiné,...
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    En 1949, Mao Zedong instaure la République Populaire de Chine. A Lhassa, c’est une invasion sanguinaire, là où était revenu le treizième dalaï-lama en 1913. C’est dans son ancienne demeure que des gardes rouges retiennent prisonnier l’ancien peintre du chef spirituel : Bstan Pa qui a dessiné, notamment, une fresque monumentale. Il pensait terminer ses jours dans les anciennes écuries du Palais, où a été hébergé son superbe cheval, mais il est amené dans une des caves, horrible lieu de tortures et de supplices qui lui rappelle une de ses visites auprès d’un Lungshar, adepte de la médecine traditionnelle chinoise. Ses yeux lui avaient été arrachés. Le crime que l’on reproche au vieux peintre est non seulement sa proximité avec le dalaï-lama mais aussi celui d’avoir osé peindre une femme nue.

    De la spiritualité à la barbarie, qui l’emportera… parce que pour lutter contre les douleurs et les humiliations, Bstan Pa se remémore son enfance, son apprentissage et toute sa carrière dans ce haut lieu bouddhiste entouré de sagesse, de prières, de nature libre et de beauté. Une méditation pure et authentique en totale dichotomie avec ces très jeunes étudiants de l’école des beaux-arts qui s’y connaissent bien mieux en armement et outils de torture qu’en tankas.

    Un roman – roman qui oscille entre récit historique et carnet de voyage – qui m’a fait découvrir un univers quasi inconnu pour moi, celui de l’art tibétain et de toute sa richesse en pigments et symboles. Dans une langue où les mots semblent prendre une couleur différente selon la tonalité de la narration, découle une harmonie extraordinaire malgré la dureté insoutenable des exactions commises par des êtres sans foi, ni loi. Une façon de rappeler ces décennies rouge sang et l’intolérable torture qui, hélas, perdure dans le monde d’aujourd’hui.

    Blog ==> https://squirelito.blogspot.com/2020/09/une-noisette-unerentree-litteraire-21.html