Sijie Dai

Sijie Dai
Écrivain et réalisateur d'origine chinoise, Dai Sijie est né en 1954. 1 vit en France depuis 1984. Il a réalisé cinq longs métrages, dont Chine ma douleur, prix Jean Vigo, et Les Filles du botaniste (sur les écrans en 2006). Il a connu un immense succès littéraire dès son premier roman, écrit dir... Voir plus
Écrivain et réalisateur d'origine chinoise, Dai Sijie est né en 1954. 1 vit en France depuis 1984. Il a réalisé cinq longs métrages, dont Chine ma douleur, prix Jean Vigo, et Les Filles du botaniste (sur les écrans en 2006). Il a connu un immense succès littéraire dès son premier roman, écrit directement en français, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise (collection blanche, 2000, Folio n° 3565), et a publié ensuite Le complexe de Di (collection blanche, 2003, Folio n° 4231), récompensé par le prix Femina.

Avis (21)

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    Couverture du livre « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Sijie Dai aux éditions Gallimard

    Chantal Lafon sur Balzac et la petite tailleuse chinoise de Sijie Dai

    Dans les années 70, le narrateur 17 ans et son ami Luo, ont le tort d’être fils « d’intellectuels » et ils sont envoyés en rééducation, dans un petit village dans les montagnes.
    « En cette année 1971, le fils d’un pneumologue et son copain, le fils d’un grand ennemi du peuple qui avait eu la...
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    Dans les années 70, le narrateur 17 ans et son ami Luo, ont le tort d’être fils « d’intellectuels » et ils sont envoyés en rééducation, dans un petit village dans les montagnes.
    « En cette année 1971, le fils d’un pneumologue et son copain, le fils d’un grand ennemi du peuple qui avait eu la chance de toucher les dents de Mao, étaient seulement deux « jeunes intellectuels » parmi la centaine de garçons et de filles envoyés dans cette montagne, nommée « le Phénix du Ciel ».
    Luo est un bon conteur et a toutes les audaces, le narrateur lui joue du violon et cela donne une première scène de livre cocasse malgré le règne de la répression.
    Cela donne le ton du livre entre farce et sérieux.
    En effet les protagonistes sont des jeunes gens avec toute la fougue, la ruse , la dérision qui caractérisent ce bel âge.
    Même dans la Chine de Mao en marche pour la nouvelle Révolution culturelle, les adolescents grandissent et Luo a besoin de trouver un tailleur pour rallonger son pantalon.
    Le tailleur a une fille, jolie mais pas « éduquée », Luo en tombe amoureux et rêve de faire son éducation, pour lui donner finesse et esprit…
    « Il referma la valise et, posant une man dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara : – Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde. »
    Pour cela il n’aura de cesse de subtiliser les livres que cache un dissident surnommé le binoclard.
    Une vraie traque commence, la découverte de Balzac une véritable révélation, pour le narrateur c’est Romain Rolland et son héros Jean-Christophe qui est la découverte de l’individualité.
    C’est un hymne à la littérature, avec une dénonciation de la dictature, je ne dirai pas en douceur, mais subtile car en filigrane du duo narrateur/Luo ce sont les paysans et les mineurs victimes des rudes conditions de vie, et certains intellectuels à la botte du pouvoir que le lecteur voit évoluer.
    La condition de la femme y est particulièrement mise en exergue.
    Un roman particulièrement fort par la subtilité de la narration, un humour toujours présent comme autant de bulles d’oxygène nécessaires. Une grande poésie magnifie le sens profond et la beauté d’un livre nécessaire.
    A la dernière page on comprend mieux certains combats et le lecteur se dit bien chanceux d’avoir à sa disposition des livres et leurs multiples fonctions et un pincement au cœur que dans nos pays « riches et libres » le livre soit si mal mené.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 8 mai 2019.

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    Couverture du livre « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Sijie Dai aux éditions Gallimard

    tatibibibi sur Balzac et la petite tailleuse chinoise de Sijie Dai

    Charmant roman d'apprentissage dans lequel on suit Luo et son camarade, deux jeunes chinois envoyés en camp de "rééducation" au moment de la révolution dite culturelle. Fils de dentiste et de médecin, considérés comme de dangereux intellos, le Grand timonier prônant la "réforme de la pensée par...
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    Charmant roman d'apprentissage dans lequel on suit Luo et son camarade, deux jeunes chinois envoyés en camp de "rééducation" au moment de la révolution dite culturelle. Fils de dentiste et de médecin, considérés comme de dangereux intellos, le Grand timonier prônant la "réforme de la pensée par le travail", les voilà éloignés de leur famille, isolés en terre hostile, à effectuer des tâches "rééducatrices"....

    La découverte d'un livre de Balzac, puis d'autres classiques de la littérature sera pour eux la clé d'une liberté retrouvée, celle de la libre pensée et la découverte d'émotions leur permettant d'échapper à un aliénant quotidien.
    Ils feront partager cette enrichissante échappatoire à la petite tailleuse, laquelle saura s'en servir efficacement....
    Parenthèse poétique, initiation à l'amour et à la culture dans un contexte de répression et de désillusion.

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    Couverture du livre « Trois vies chinoises » de Sijie Dai aux éditions J'ai Lu

    Cathfd sur Trois vies chinoises de Sijie Dai

    Par l’auteur de “Balzac et la petite tailleuse chinoise” paru en 2000 que j’avais beaucoup aimé.

    C’est un petit livre stupéfiant d’une noirceur absolue qui décrit la vie (brisée) de trois adolescents vivant sur une île curieusement nommée Ile de la Noblesse alors que c’est l’île dépotoir de...
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    Par l’auteur de “Balzac et la petite tailleuse chinoise” paru en 2000 que j’avais beaucoup aimé.

    C’est un petit livre stupéfiant d’une noirceur absolue qui décrit la vie (brisée) de trois adolescents vivant sur une île curieusement nommée Ile de la Noblesse alors que c’est l’île dépotoir de la Chine moderne industrielle, où l’on stocke et recycle les déchets électroniques. Un lieu d’une pollution inimaginable où l’eau intoxique la végétation et les hommes. Trois destins dont le seul lien est d’habiter sur ce lieu maudit. Trois contes féroces qui dénoncent les méfaits de la civilisation.

    Dans le premier, un gamin d’une douzaine d’années qui en parait 70, atteint de la progeria, maladie génétique qui se manifeste par un vieillissement prématuré est acheté par le directeur de la prison à sa tante. Il est enfermé dans un entrepôt désaffecté et soumis à une série d’exercices dont il se réjouit, persuadé qu’il est qu’il va se produire bientôt dans un cirque prestigieux et connaitre ainsi la gloire...

    Dans le deuxième, la fille du gardien du réservoir d’eau (désaffecté !) s’entraine au patinage artistique pour éblouir son père qui veut faire d’elle une championne. Sa mère qui souffre d’un empoisonnement au plomb disparait. Lorsque la jeune fille trouve un os au fond de l’eau, elle en tire des conclusions qui briseront sa vie et celle de sa famille...

    Dans le troisième conte, un adolescent tente à travers la peinture et la photo de dépasser et de sublimer les conditions atroces dans lesquelles il a grandi avec un frère fou dont la mère a forgé elle-même la chaine.

    Comment vous dire ce que j’ai éprouvé ? ce livre est un véritable coup de poing, court, dense, d’une sobriété et d’une efficacité redoutable il dépeint des tragédies et pourtant il y a une poésie et une humanité terrible qui s’en dégage. M. Rose & Gris n’a pas aimé, si je vous en parle ici c’est que c’est assurément un livre qui ne laisse pas indifférent, un livre qu’on n’oublie pas de sitôt qui amène à une réflexion sur les déchets de notre civilisation et la capacité exceptionnelle de l’être humain à transcender l’horreur ...

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    Couverture du livre « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Sijie Dai aux éditions Gallimard

    Camille Capron sur Balzac et la petite tailleuse chinoise de Sijie Dai

    Quel roman doux et poétique ! Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est une évasion pour le lecteur qui, entraîné dès les premières pages par une scène de curiosité autour d’un objet : un violon, se voit ensuite emporté par une vague musicale: la plume de Dai Sijie.

    Tout au long de son...
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    Quel roman doux et poétique ! Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est une évasion pour le lecteur qui, entraîné dès les premières pages par une scène de curiosité autour d’un objet : un violon, se voit ensuite emporté par une vague musicale: la plume de Dai Sijie.

    Tout au long de son voyage, le lecteur suit deux jeunes garçons : « Luo » et le narrateur dont on ne connaîtra pas le nom. Cette part de mystère amène alors facilement le processus d’identification et d’adoption du point de vue de ce « moi » omniprésent, grâce auquel le lecteur vit cette lecture.

    Ensuite, vient une rencontre. Celle d’une jeune fille : la petite tailleuse. Celle d’un objet : la valise. Celle d’une soif : la Culture.



    Il est difficile pour moi de vous en dire plus. Mais il est aussi important de ne pas vous dévoiler les autres éléments qui constituent cette histoire (notamment le contexte historique et politique).

    A dire vrai, ce qui a fait de ce roman un coup de cœur est l’effet de surprise, omniprésent tout au long de ma lecture. Intensifié par le fait que la quatrième de couverture ne dévoile, en fin de compte, presque rien de cette histoire (mise à part la mention d’une valise et de la petite tailleuse). Ce qui est une chose merveilleuse ! Grâce à laquelle, je suis allée de découverte en découverte, et je me suis laisser guidée par la plume enivrante de l’auteur.

    C’est un roman fort, animé d’une puissance délicate qu’est celle des mots, de la littérature et des sentiments que je vous conseille donc de découvrir.

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