Serge Lehman

Serge Lehman
Serge Lehman est né en 1964 dans l'Essonne. C'est en 1984 qu'il écrit sa première nouvelle, Pastels. Mais c'est seulement en 1990 que paraît son premier roman, La Guerre des sept minutes, sous le pseudonyme de Karel Dekk. En 1993, sa nouvelle Dans l'abîme obtient le Grand Prix de l'Imaginaire, ai... Voir plus
Serge Lehman est né en 1964 dans l'Essonne. C'est en 1984 qu'il écrit sa première nouvelle, Pastels. Mais c'est seulement en 1990 que paraît son premier roman, La Guerre des sept minutes, sous le pseudonyme de Karel Dekk. En 1993, sa nouvelle Dans l'abîme obtient le Grand Prix de l'Imaginaire, ainsi que le prix Rosny Aîné. Vers la fin des années 1990, il commence alors à écrire des articles théoriques dans Le Magazine littéraire, Les Inrockuptibles, Le Monde diplomatique ou encore L'Humanité, où il anime bientôt une rubrique hebdomadaire, « L'avenir commence demain ». En 2004, il adapte le scénario de la trilogie Nikopol d'Enki Bilal pour en faire le film Immortel, ad vitam, puis commence à travailler sur un scénario de BD (Lone Sloane) avec Philippe Druillet. Il écrit également sous les pseudonymes de Corteval et Don Hérial.

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Avis sur cet auteur (14)

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    Couverture du livre « L'intégrale F.A.U.S.T. » de Serge Lehman aux éditions Au Diable Vauvert

    Marie Kacher sur L'intégrale F.A.U.S.T. de Serge Lehman

    Lorsque cet énorme pavé a fait son apparition dans la boite aux lettres, en lieu et place de l’un des quatre petits ouvrages de moins de 200 pages que j’avais sélectionnés, autant vous dire que j’ai ressenti une bonne vague de panique : entre ses 800 pages, sa minuscule police d’écriture et la...
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    Lorsque cet énorme pavé a fait son apparition dans la boite aux lettres, en lieu et place de l’un des quatre petits ouvrages de moins de 200 pages que j’avais sélectionnés, autant vous dire que j’ai ressenti une bonne vague de panique : entre ses 800 pages, sa minuscule police d’écriture et la renommée de son auteur, je ne me sentais clairement pas à la hauteur pour tenir les délais demandés par lecteurs.com pour cette opération « Explorateurs de l’imaginaire » ! Fort heureusement pour moi, cette imposante intégrale – regroupant la trilogie F.A.U.S.T. et deux novellas se déroulant dans le même univers – s’est avérée bien plus agréable et facile à lire que prévu : bien sûr, c’est écrit tout petit (une galère pour la grande myope que je suis), bien sûr, c’est un des plus gros pavés de ma bibliothèque (il pèse son poids), bien sûr, c’est un classique de la science-fiction française (moi qui jusqu’à présent me cantonnait à la science-fiction jeunesse) … mais tout cela n’est rien face au haut potentiel romanesque de cette saga !

    2095. Après des dizaines d’années de recherches et de manigances, les Puissances économiques mondiales vont enfin faire passer au Sénat des Nations-Unies la loi la plus audacieuse de l’histoire de l’humanité … Mais également la plus dangereuse. Après s’être accaparé le contrôle de toutes les prérogatives auparavant dévolues aux Etats – sécurité, santé, éducation, communications, énergie … tout passe désormais par elles –, voici que les Puissances s’approprient ce qui jusqu’à présent n’appartenait à personne : le monde, et les hommes qui y grouillent. Mais la Fédération européenne n’a pas dit son dernier mot : sur l’impulsion de la présidente est créé le Square, qui doit lutter coute que coute contre la prise de pouvoir de l’Instance, qui règne désormais en maitre sur le Village comme sur le Veld … La résistance est en marche.

    Difficile de vous résumer le contenu de cinq ouvrages en quelques lignes. Plus difficile encore de vous parler de cette incroyable intégrale sans trop vous en dévoiler. Et cela d’autant plus que j’aurai grandement besoin d’une deuxième lecture pour en saisir toutes les subtilités, tous les messages. Car ce que je peux dire sans problème, c’est que Serge Lehman nous offre ici un récit incroyablement dense. Il nous plonge dans un futur qui peut sembler effroyable, effrayant, mais qui pourrait bien être le nôtre un jour au rythme où vont les choses : déjà l’économie prend le pas sur la politique, déjà nous assistons à une uniformisation mondiale qui trouve chez Serge Lehman son aboutissement dans le Village, immense agglomération où Paris, New-York et Tokyo ne forment finalement qu’une seule entité. Dans ce futur littéraire, les grandes entreprises, les Puissances, ont finalement plus de poids que les reliquats d’Etats dans la gestion du monde : elles font la pluie et le beau temps, elles gèrent les écoles, les hôpitaux, les moyens de communication … Et à côté du Village, il y a le Veld, où vivent les « indésirables » de cette société où seul compte l’argent, le profit, la productivité, l’utilité, la réussite. Décharge matérielle mais aussi humaine, le Veld est une zone de non-droit où s’entassent tous ceux qui feraient « tâches » dans le beau Village, avenir de l’humanité …

    Les deux novellas sont des préquelles à la trilogie F.A.U.S.T. qui donne son nom à l’intégrale. La première nous présente la quête de Paul Coray, historien médiéviste, dont les recherches intéressent grandement les plus grandes Puissances … Mais Paul, soudainement conscient des implications possibles de ses trouvailles, bien conscient qu’il vient de condamner l’humanité à une nouvelle forme d’esclavage, cherche Liverion, la ville qui n’existe pas … Je dois avouer avoir eu un peu de mal à m’immerger dans ce premier récit, le temps de m’habituer à tous les termes spécifiques à l’univers – mais qu’est-ce donc qu’un bondisseur ? un B-man ? –, mais une fois tous ces mots intégrés, ce ne fut que du bonheur. Une entrée en « douceur » dans cet univers d’une richesse incroyable, mais surtout une belle introduction à l’intrigue de la trilogie. La seconde novella est, de ce fait, moins intéressante : j’ai un peu de mal à en saisir l’intérêt pour la chronologie globale du récit. Elle nous présente plus en détail la vie au sein du Veld, parfois surnommé Wonderland, mais n’apporte à mes yeux rien d’essentiel pour la suite. Cette histoire m’a donc moins passionnée que le reste de l’intégrale …

    Et enfin, la trilogie F.A.U.S.T., le cœur même de la saga. Un vrai régal, tout simplement. Serge Lehman nous offre à la fois des personnages grandioses, soit détestables soit attachants, une narration d’une finesse et d’une fluidité rare, associée à un style d’une élégance inouïe, sans oublier une intrigue à couper le souffle où s’entrecoupent machinations économiques et politiques, luttes de pouvoirs et d’influences médiatiques, mais aussi quêtes personnelles et idéologiques. Je suis encore toute époustouflée par le génie littéraire de cet auteur que je découvre … Il nous offre à la fois un univers et une intrigue d’une complexité incroyable, où les complots et autres conspirations se mêlent et s’entremêlent, et une histoire captivante et passionnante qui se lit sans peine. J’ai adoré suivre les pérégrinations de Chan Coray, ce jeune homme qui ne cherchait qu'à venger la mort de son père et qui devient bien malgré lui le symbole, à la fois adulé et haï, de l’ultime résistance à l’omniscience des Puissances. Chan est un paradoxe ambulant, il est capable du pire comme du meilleur, il n’a tantôt rien d’un héros et parfois l’âme du plus grand humanisme. Il nous mène d’un bout à l’autre du monde pour nous faire vivre à ces côtés la déchéance d’une l’humanité à bout de souffle, dépassée par l’ambition des plus grands et le pouvoir de l’argent. Il porte sur ses épaules cette histoire pleine de nœuds qui fait le régal des lecteurs.

    En bref, vous l’aurez bien compris, une fois ma panique initiale passée, je suis tout simplement ravie de découvrir enfin cette « œuvre majeure de la science-fiction française », pour reprendre les mots d’Alain Damasio, qui a rédigé la préface de cet ouvrage. J’ai passé une dizaine de jours merveilleux en compagnie de ces personnages, au cœur de ce futur aussi effrayant que fascinant, au sein de cette histoire tout simplement palpitante et poignante. A chaque fois que je posais ce livre pour reprendre d’autres occupations – mes études par exemple –, je n’avais qu’une envie : reprendre ma lecture, découvrir la suite de cette intrigue incroyable, de cette véritable course contre la montre. On se laisse totalement happer par ce récit haletant, et une fois la dernière page tournée, on en redemande. Car on le sent, rien n’est véritablement fini, il y aurait encore tellement de choses à dire ! Car dans ce livre comme dans la vie, l’homme ne s’arrête jamais de comploter, de grignoter la moindre miette de pouvoir supplémentaire, de trouver le moyen de discréditer son adversaire … Mais aussi de sauver ce qui peut encore l’être. Un vrai coup de cœur pour cette saga que je relirai fort volontiers un jour ou l’autre, car elle a tant de choses à apporter à ces lecteurs, tant de messages à déchiffrer, et une seule lecture n’est clairement pas suffisante pour déceler tout le potentiel de cette histoire !

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    Couverture du livre « L'intégrale F.A.U.S.T. » de Serge Lehman aux éditions Au Diable Vauvert

    Ghislaine DEGACHE sur L'intégrale F.A.U.S.T. de Serge Lehman

    En voyant l'épaisseur de l'ouvrage et donc les 800 pages et plus de L'intégrale de F.A.U.S.T., j'avoue que j'ai eu un petit moment de découragement. Le bandeau rouge qui l'orne annonçant "Une œuvre majeure de la science-fiction française" signé Alain Damasio m'a quelque peu rassurée. Je ne vous...
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    En voyant l'épaisseur de l'ouvrage et donc les 800 pages et plus de L'intégrale de F.A.U.S.T., j'avoue que j'ai eu un petit moment de découragement. Le bandeau rouge qui l'orne annonçant "Une œuvre majeure de la science-fiction française" signé Alain Damasio m'a quelque peu rassurée. Je ne vous fais pas languir davantage : un régal !
    Cette intégrale réunit deux novellas (novella : récit de fiction court entre le roman et la nouvelle) "Nulle part à Livérion" et "Wonderland" et la trilogie F.A.U.S.T., à savoir "F.A.U.S.T.", "Les défenseurs" et "Tonnerre lointain", le tout présenté par Alain Damasio dans une magnifique préface.
    Dans Nulle part à Livérion, nous sommes en 2054 et Paul Coray, historien, vit dans un univers divisé en deux mondes le Veld et le Village, où les libertés de mouvement n'existent plus. Il va partir en quête d'un lieu que l'on pourrait qualifier "d'enversmonde" et se retrouver à Livérion.
    La deuxième novella se déroule en 2077 et s'apparente à un thriller politique. Il existe dans le Veld une zone interdite au nord de l'Europe, un enfer toxique, une décharge géante de trois cent mille kilomètres carrés qui s'étend de Lille à Moscou : le Wonderland. Dans ses profondeurs, se côtoient des mutants des robots chasseurs d'organes humains, des hommes sans nom. Peter, Franz et Andréa y vivent, et tentent d'y grandir, en évitant les pièges et les maladies. Rompus à l'art de la survie, ils n'ont qu'un rêve, quitter ce Wonderland où les hommes sont devenus des rats, pour gagner le Village.
    Pour ce qui est de la saga F.A.U.S.T. en trois volumes, dans le premier, en 2095, une élite vit dans le Village et les autres dans une zone de non-droit, le néant, le Veld. Des B-men qui ne sont pas des policiers professionnels mais de simples cadres d'entreprise qui considèrent les descentes sur le terrain comme une récompense tuent Paul Coray. Son fils Chan est sauvé par Daniel.
    À la suite de ces évènements, une nouvelle organisation sera créée, le Square dont les agents de terrain sont nommés « Les Défenseurs » - titre du deuxième volume. Une formation accélérée est mise en place pour eux, pour tenter de gêner les projets des Puissances dans le Veld.
    Ce programme d'entraînement baptisé "Tonnerre lointain" fournit le titre du dernier volume, qui, au départ devait être suivi d'un quatrième. Ce programme va connaître des péripéties non prévues et l'urgence est là, car l'Instance a transformé les sept dixièmes de l'humanité en réserve d'esclaves potentiels.
    Dans ce livre, impossible de ne pas s'attacher aux personnages, certains pour leurs failles, leurs faiblesses, d'autres pour leur courage, leur force de vie. Certains m'ont émue, bouleversée. Pour d'autres c'est de l'admiration que j'ai éprouvée. Évidemment, il y a les autres que j'ai détestés, mais les personnages aimés dominent.
    À mon avis, il n'est pas possible de lire ce roman sans voir défiler dans sa tête un véritable film de Science-Fiction bien sûr mais également d'aventures avec un décor toujours peaufiné, des couleurs et des senteurs ou des effluves selon le cas, à portée de vue ou de nez, de l'action, du mouvement avec les sauts des différents moyens de locomotion ("bondisseurs, aéronefs ou TTGVs"...). D'ailleurs, impossible de passer sous silence cette scène d'action, l'attaque de Messouda avec le cultissime combat en haut d'Aéropolis, scène hyper rythmée que je qualifierai de fantastique, d'épique, d'époustouflante, pour tout dire : géniale.
    Si j'ai aimé l'action déployée tout au long du roman, si j'ai ressenti beaucoup d'émotions au cours de cette lecture, j'ai surtout apprécié ce climat social où le politique se révolte enfin face à l'économie quand ce tout économique est sur le point de mettre la main sur la quasi totalité de la surface terrestre et de commettre des dommages irréparables. Je crois que ce roman de SF ne traite pas de l'avenir de l'Europe mais présente plutôt une métaphore de ce qu'elle est en train de devenir où les multinationales pourraient bien gouverner la planète, cette planète coupée en deux avec ce Veld et ce Village et cette frontière entre eux n'est d'ailleurs pas sans rappeler la cruauté dont nous faisons preuve face aux migrants aujourd'hui.
    N'étant pas une lectrice assidue et experte de ce genre de littérature, je n'ai pas le vocabulaire adéquat pour écrire ma critique. Néanmoins, je peux dire que cette lecture m'a ravie et je la conseille fortement à tous, férus de SF ou pas pour l'émotion qu'elle suscite, la poésie souvent présente ainsi que les allusions à la mythologie. Le suspens entretenu tout au long du roman est également un atout non négligeable. À compter du moment où j'ai ouvert ce livre, je n'ai eu de cesse de tourner les pages. Pour cette belle découverte, je remercie Lecteurs.com, qui dans le cadre des Explorateurs de l'imaginaire m' a permis de le lire ainsi que les éditions Au diable vauvert.

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « L'homme gribouillé » de Serge Lehman et Frederik Peeters aux éditions Delcourt

    Yaki sur L'homme gribouillé de Serge Lehman - Frederik Peeters

    Maud est une écrivaine célèbre de contes pour enfants. Sa fille, Betty, travaille pour la maison d’édition qui édite sa mère. Elle souffre régulièrement d’aphasie. Elle a une fille ado, Clara. Ces trois femmes partagent sans le savoir une histoire mystérieuse dans laquelle il est question de...
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    Maud est une écrivaine célèbre de contes pour enfants. Sa fille, Betty, travaille pour la maison d’édition qui édite sa mère. Elle souffre régulièrement d’aphasie. Elle a une fille ado, Clara. Ces trois femmes partagent sans le savoir une histoire mystérieuse dans laquelle il est question de légendes, de montres et de golem.

    J’ai été conquise par les illustrations en noir et blanc de Frederic Peeters. Elles sont efficaces et transcrivent très bien les scènes d’actions et les sentiments des personnages. J’ai apprécié les trois quarts du récit, avec ses mystères, son suspens et l’envie de savoir où le scénariste nous emmène. J’ai par contre été moins convaincue par la fin que j’ai trouvée rapide et qui laisse certaines de mes interrogations sans réponse… A découvrir.

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    Couverture du livre « L'homme gribouillé » de Serge Lehman et Frederik Peeters aux éditions Delcourt

    Laulau Bob sur L'homme gribouillé de Serge Lehman - Frederik Peeters

    "L'homme gribouillé" est une bande-dessinée dense de plus de 300 pages ce qui la rend déjà plutôt originale. On s'attend à découvrir une BD couleur et, surprise, l'intérieur nous présente des pages entièrement en noir et blanc, avec parfois des planches sans dialogues. [Lire la suite]

    Petit...
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    "L'homme gribouillé" est une bande-dessinée dense de plus de 300 pages ce qui la rend déjà plutôt originale. On s'attend à découvrir une BD couleur et, surprise, l'intérieur nous présente des pages entièrement en noir et blanc, avec parfois des planches sans dialogues. [Lire la suite]

    Petit topo sur l'histoire : Paris 2015, temps pluvieux et repas familial. Maud Couvreur, sa fille Betty, Clara sa petite-fille et Jasmine, son amie, sont réunies autour d'un repas au travers duquel les caractères des unes et des autres se font déjà ressentir. Betty Couvreur (Singer) est une femme un peu perdue qui semblent multiplier les conquêtes et qui élève seule sa fille, Clara. Elles vivent chez Maud, la grand-mère, depuis quelques temps du fait d'un dégât des eaux. Un soir, un homme étrange, masqué, vêtu de plumes noires et à l'allure effrayante, se présente de façon abrupte comme étant Max, et réclame un mystérieux paquet que Maud devait lui remettre. Suite à sa visite, s'ensuit un lot de péripéties et d'interrogations sur le mystère du lien entre Maud et Max. Betty va entamer une quête de vérité autour de son enfance, de ses ancêtres et du mystère qui entoure cet homme-corbeau. Son enquête va également la mener sur les traces de l'homme gribouillé, dont on retrouve la physionomie au travers des dives dessins réalisés par les femmes de la famille Singer ...

    Da façon générale j'ai été agréablement surprise par "L'homme gribouillé", je ne m'attendais pas du tout à un récit sombre, fantastique et parfois violent. Les personnages sont attachants, principalement Betty, la mère de Clara. Je trouve qu'elle est très bien dépeinte. D'un caractère plutôt fort, elle est victime de crise d'aphasie dès lors qu'elle rencontre un situation de stress. Son personnage est intéressant car totalement ancré dans la vraie vie, c'est à dire que l'on peut tout à fait s'identifier à elle et c'est plaisant de voir un personnage "imparfait". On voit également la relation d'avec sa fille évoluer au cours des pages. Elle apparaît comme une femme réservée, qui avoue difficilement ses sentiments mais dont les péripéties qu'elle va surmonter vont lui permettre de rassembler les pièces du puzzle qui manquent à sa vie et gagner en sérénité.

    En revanche, plusieurs points de l'histoire restent floues. Il est par exemple question d'un certain Philippe au début de l'histoire, mais je me suis demandée qu'elle était sa place dans le scénario. Prétendu "flic", il a pourtant disparu aussi rapidement que ce qu'il était apparu. Il en va de même en ce qui concerne les liens entre le culte mérovingiens, les papiers d'identités lors de la seconde guerre mondiale réalisés par un faussaire et le rôle exact de Max... serait-ce plusieurs histoires en une ? Certaines incohérences m'ont un peu laissée coi à la fin de ma lecture. J'ai pu lire sur le site des éditions Delcourt (lien ici) que les auteurs avaient été inspirés par le travail du photographe Charles Fréger, notamment par son ouvrage "Wilder Mann". Il est interessant de le notifier car on retrouve en effet cette inspiration au cours de notre lecture, inspiration qui apporte quelques réponses sur les cultes que l'on retrouve dans le scénario.

    Au niveau des illustrations je les trouve vraiment agréables à regarder. Frederik Peeters et Serge Lehman ne s'attardent pas particulièrement sur les détails des objets mais prennent soin de donner la parole aux bruits, ce qui permet au lecteur de se fondre dans l'action, de se l'imaginer pleinement (par exemple le bruit d'une canette que l'on ouvre ou d'un briquet que l'on actionne). C'est un petit détail, qui pour ma part, à beaucoup jouer au cours de ma lecture, développant ainsi mon imagination.
    Au niveau de Max le Corbeau, je trouve qu'il possède une allure maîtrisée, sa physionomie oscillant entre l'oiseau et l'homme est plutôt bien réalisée. On suit d'ailleurs sa transformation au cours du récit, transformation qui se réalise dès lors que sa colère gagne du terrain. Il est à noter également la beauté des paysages retranscrit par l'illustrateur. Certaines pages sont sans dialogues et invitent le lecteur à se fondre dans le décor, décor que l'on voit également évoluer.

    En conclusion, une bande-dessinée que j'ai trouvé originale, aux illustrations efficaces mais au scénario, qui manque parfois de cohérence (bien que l'on ressent un réel travail de recherche). Je pense qu'une deuxième lecture est nécessaire pour saisir le sens de tout le récit. Il y a beaucoup d'informations, des informations riches et intéressantes mais malheureusement pas suffisamment exploitées et pas suffisamment en lien entre-elles. Malgré un goût d’inachevé à la fin de ma lecture, je recommande quand même cette bande-dessinée qui nous happe de par son ambiance étrange et de par ses personnages attachants. Une BD bien mystérieuse ;)