• Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    Emma C sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Les dernières heures du Reich au fond du bunker de Hitler, le combat d’une mère fuyant les camps pour sauver sa petite fille née en captivité, le désespoir d’un père qui tente d’entrer en contact avec sa fille qui l’a renié, trois histoires parallèles qui vont se recouper, trois histoires liées...
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    Les dernières heures du Reich au fond du bunker de Hitler, le combat d’une mère fuyant les camps pour sauver sa petite fille née en captivité, le désespoir d’un père qui tente d’entrer en contact avec sa fille qui l’a renié, trois histoires parallèles qui vont se recouper, trois histoires liées par un petit tube de cuir, témoin d’un relais mortel mais tellement symbolique.
    Un livre magnifique qui parle du devoir de mémoire et du combat des mères.
    Fela qui ira au bout de ses forces pour protéger Ava et Magda qui offrira à la cause le sacrifice ultime.
    Des personnages très forts, une écriture brillante, un grand moment.

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    SoniaB sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Magnifique premier roman qui aborde les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale sous un angle original. On y suit les derniers jours de Magda Goebbels, "première dame du IIIème Reich", femme froide, calculatrice et cupide, prête à tout pour assouvir ses ambitions, même à renier ses origines......
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    Magnifique premier roman qui aborde les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale sous un angle original. On y suit les derniers jours de Magda Goebbels, "première dame du IIIème Reich", femme froide, calculatrice et cupide, prête à tout pour assouvir ses ambitions, même à renier ses origines... Dans le même temps, nous suivons Judah, Fela, Ava, des survivants des camps, passeurs de mémoire et porteurs d'une histoire que Magda aimerait ne jamais voir révélée: les lettres de Richard Friedländer s'adressant à sa fille. J'ai été happée par ce livre, à l'écriture forte, ciselée, à l'ambiance presque intimiste qui donne l'impression d'être aux côtés des protagonistes. Un roman fort et très émouvant que je recommande vivement ! Un vrai coup de coeur!

  • Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    Anne Marie PHILIPPE sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Un livre dont on n'en sort pas indemne. Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale, c'est la débâcle pour les Allemands, les alliés entrent dans Berlin. Dans un bunker se cachent Hitler et ses fidèles dont Magda Goebbels, épouse de Joseph Goebbels, l'un des dirigeants le plus puissant du...
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    Un livre dont on n'en sort pas indemne. Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale, c'est la débâcle pour les Allemands, les alliés entrent dans Berlin. Dans un bunker se cachent Hitler et ses fidèles dont Magda Goebbels, épouse de Joseph Goebbels, l'un des dirigeants le plus puissant du régime nazi. Elle tuera ses enfants et se suicidera. Parallèlement les camps sont libérés, ces survivants avancent et au milieu se trouve Ava, serré contre elle un rouleau de cuir avec des témoignages de juifs persécutés, elle est leur mémoire, elle ne le lâchera pas, il faut que le monde sache ce qu'il s'est passé...

  • Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    nathalie vanhauwaert sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Quel premier roman magnifique que celui de Sébastien Spitzer. C'était un de mes premiers achats de la rentrée littéraire et je l'ai enfin sorti de mon immense Pal à l'occasion d'une rencontre au salon de Lire c'est libre à Paris fin janvier.

    Sébastien Spitzer s'est arrêté sur les derniers...
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    Quel premier roman magnifique que celui de Sébastien Spitzer. C'était un de mes premiers achats de la rentrée littéraire et je l'ai enfin sorti de mon immense Pal à l'occasion d'une rencontre au salon de Lire c'est libre à Paris fin janvier.

    Sébastien Spitzer s'est arrêté sur les derniers jours de la seconde guerre mondiale et de la fin de la domination des nazis, en particulier sur une femme et pas la moindre car elle était la première dame de la grande Allemagne, j'ai nommé Magda Goebbels.

    L'histoire, nous la connaissons, Magda se terre dans le bunker, dernier refuge d'Hitler et de ses proches, elle choisira pour la grandeur de l'Allemagne de supprimer ses enfants à la gloire du pays pour leur éviter le monde qui survivra après le troisième Reich.

    En parallèle, les survivants des camps de l'enfer sont sur la route, ils marchent, s'accrochent à leur vie, résistent. Parmi eux, une petite-fille - Ava - née dans les camps, sauvée par la bienveillance de sa mère Fela qui l'accompagne et surtout par le fait d'une infirmière Stanislava Leszczynska à qui elle doit son prénom.

    Ava est dépositaire de cette tragique mémoire, elle s'accrochera à ce qu'il reste de ses rencontres : un rouleau de cuir contenant des témoignages des survivants des camps mais surtout des lettres d'un certain Richard Friedländer, un père raflé parmi les premiers juifs. Tout aurait pu être différent pour lui si sa fille avait parlé, plutôt que de garder le silence. Sa fille : Magda Goebbels !

    C'est un premier roman magnifique, une fiction fidèle à l'Histoire qui contribue au devoir de mémoire. Ce livre m'a touchée au plus profond de moi. Il dégage une charge émotionnelle énorme et suscite pas mal de réflexion quant à la psychologie de Magda.

    Comment peut-on condamner ceux qui vous ont forgé ? Par ambition, pour le paraître ? Qu'est-ce qui pousse Magda à tant d'horreur, de froideur ? La fidélité à une idéologie ?

    Je me suis posé beaucoup de questions.

    Et puis, simultanément à cette noirceur, il y a l'histoire d'Ava, la lumineuse Ava portée par la vie après tant d'horreurs.

    J'ai posé le livre à plusieurs reprises en cours de lecture, l'émotion prenant le dessus. La plume est magnifique, poétique. Les personnages sont très bien travaillés. C'est sans conteste une plume à suivre. Un récit magnifique que je vous conseille vivement. Laissez vous emporter par ces rêves qu'on piétine.

    C'est un coup de ♥

    Les jolies phrases

    C'est la peur qui fait mal. La peur que la mort prenne son temps.

    La révolution passe par les murs avant de gagner la rue.

    La vie c'est la vitesse, le mouvement. La mort, c'est l'arrêt.

    Plonger dans ce bunker. Se résoudre à la fin et se défaire de tout, tout ce qui avait fait d'elle une grande dame, respectée,exaltée, prise pour modèle par des millions de femmes. Magda n'aura plus de printemps, ni de villa, ni de jardin, ni de jasmin.

    Dénombrer, c'est attirer le "mauvais oeil". On ne dénombre pas les Juifs. On ne les désigne pas. Ils sont. Ils existent. Ils vivent. Les chiffres qu'on leur a tatoués sur la peau sont une désignation mortelle, un doigt comptable qui les livre à la mort. On ne compte pas les Juifs.

    Elle lit des heures pour combler ces néants. Elle en a fait descendre des livres. Des caisses pleines. Pour se soûler de mots, d'autres mots que tous ceux qui l'entourent, que ceux des tables à cartes et du poste radio. Assoiffée de mots d'amour, de mots de mer, d'océan, de voyages. Des mots dans tous les sens et d'ailleurs d'où qu'ils soient. Elle enchaîne les volumes, comme de bons vieux alcools. Elle s'assomme.

    C'est bien tout ce qui nous reste, les convictions, quand on n'a plus rien pour convaincre, pour rameuter les autres à soi.

    C'est sans doute le propre des grandes civilisations que d'atteindre des sommets dans l'art de faire le mal.

    Pas une fille. Pas sa fille. Dans ces camps de prisonniers-là, il n'y avait plus de mère, plus d'enfant, jamais de filiation. L'hérédité comme l'amour étaient proscrits. Ils n'avaient plus le droit d'être, ces rescapés.

    L e dos tourné des survivants est bien plus douloureux que le mal des bourreaux. L'injustice altère. L'ignominie réduit. La soumission gangrène.

    Elle va bientôt franchir la frontière qui sépare l'homme de l'animal. L'animal pris au piège se ronge le membre captif. Pas l'homme. Il attend qu'on le libère. Il peut se laisser mourir.

    Ces deux imbéciles peuvent bien jouer les héros, ils sont solubles comme le sucre sur cette table. Et quand vient la défaite, les héros disparaissent, au profit des héros ennemis. Magda sait qu'il n'y a pas d'Histoire. Il n'y a que des victoires et des défaites, les récits des vainqueurs et l'oubli des vaincus. Memento mori. Tout passe.

    https://nathavh49.blogspot.be/2018/02/ces-reves-quon-pietine-sebastien-spitzer.html

  • Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    Lilia Tak-Tak sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Ils sont des milliers à arpenter les routes des territoires de l’Est. Des rescapés, affaiblis, hébétés, qui tentent de retrouver le chemin de la liberté, de fuir l’horreur des camps. Il y a Aimé, Fela, sa fille Ava, et aussi Judah qui détient dans un rouleau en cuir la mémoire des camps.
    Au...
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    Ils sont des milliers à arpenter les routes des territoires de l’Est. Des rescapés, affaiblis, hébétés, qui tentent de retrouver le chemin de la liberté, de fuir l’horreur des camps. Il y a Aimé, Fela, sa fille Ava, et aussi Judah qui détient dans un rouleau en cuir la mémoire des camps.
    Au même moment dans Berlin assiégée, les hauts dignitaires, réunis au Konzerthaus, reçoivent un carré de cuivre par personne, une dose de cyanure pour leur permettre de partir la tête haute. Parmi eux, Magda Goebbels, figure féminine la plus puissante du troisième Reich qui part rejoindre le bunker du führer où elle va préparer sa mort et celle de ses enfants.
    Avec une très belle plume, Sébastien Spitzer dépeint des personnages forts et uniques aux destins dramatiques. Il réussit à mêler réalité et fiction pour apporter une lumière atypique sur cette période si particulière de fin du nazisme. Il fait parler à tour de rôle ses personnages. Au fur et à mesure on apprend à les connaître. On découvre la survie de Fela dans les camps, sa fille Ava conçue et née dans le bloc 24-A à Auschwitz, celle de Richard Friedländer raflé parmi les premiers juifs et condamnés sans appel malgré la position et l’influence de sa belle- fille, Magda Goebbels dans le troisième Reich. On tente aussi de comprendre la personnalité complexe de cette dernière, ses motivations sans y voir juste le monstre.
    Un tableau singulier qui laisse néanmoins une part d’humanité à chaque personnage.

    Un premier roman fouillé, profond qui réveille en nous toutes sortes d’émotions et ne manque pas de poésie. Un tour de force qui montre le grand potentiel de Sébastien Spitzer.
    https://lamadeleinedelivres.blogspot.fr

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    Valérie L. sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Peut-être que d'avoir lu récemment des auteurs rescapés des camps comme Semprun et Anthelme a joué contre ce roman mais avouons-le, je m'y suis ennuyée. J'ai été gênée par ce mélange de fiction et de réel (qui peut parfois ne pas me gêner et je ne sais pas expliquer ce qui fait pencher la...
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    Peut-être que d'avoir lu récemment des auteurs rescapés des camps comme Semprun et Anthelme a joué contre ce roman mais avouons-le, je m'y suis ennuyée. J'ai été gênée par ce mélange de fiction et de réel (qui peut parfois ne pas me gêner et je ne sais pas expliquer ce qui fait pencher la balance d'un côté ou de l'autre) et sans doute aussi par le personnage de Magda et ce qu'en fait Sébastien Spitzer. Et je ne vois pas l'intérêt d'avoir inventé les lettres du père à la fille. Je crois que je peux comprendre qu'on brode sur du réel mais pas sur des lettres, qui sont pour moi les fenêtres les plus intimes ouvrant sur un être. Pour que j'aime un roman sur les camps, maintenant que j'en ai tant lu, il faut qu'il adopte un point de vue original et soit particulièrement bien écrit, comme Kinderzimmer. Je me demande parfois si tout n'a pas déjà écrit sur le sujet. Evidemment, il reste utile de lire sur le thème, mais d'écrire? C'est une question à laquelle je me garderai évidemment de répondre faute de détenir la vérité.

  • Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    carole laulhere sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Encore un livre sur la seconde guerre mondiale, me direz-vous? Non, plutôt un livre sur la fin d’un règne. Sébastien Spitzer nous entraîne en effet à la fin du régime du IIIè Reich, en se positionnant à la fois du côté des victimes et de celui des bourreaux. Au delà de l’aspect historique et son...
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    Encore un livre sur la seconde guerre mondiale, me direz-vous? Non, plutôt un livre sur la fin d’un règne. Sébastien Spitzer nous entraîne en effet à la fin du régime du IIIè Reich, en se positionnant à la fois du côté des victimes et de celui des bourreaux. Au delà de l’aspect historique et son côté tragique (rappelons qu’il s’agit d’un roman), je retiendrai surtout de très beaux portraits de femmes.

    Du côté des bourreaux, commençons par Magda Goebbels : femme la plus puissante du Reich, épouse du ministre de la Propagande, l’auteur nous livre à travers ses yeux, le cheminement détaillé l’effondrement du régime et la fin de son propre pouvoir. Sans porter de jugement, il nous montre comment et jusqu’à quel point cette femme perd ses illusions et ses rêves sur un régime qui lui avait permis de prendre la revanche d’une enfance difficile, et au nom duquel elle n’a pas hésité à sacrifier ses enfants, après avoir déjà sacrifié son père.
    Du côté des victimes, Ada est le deuxième personnage féminin très fort de ce roman. Enfant née dans le camp 24 A d’Auschwitz, elle est littéralement portée par un instinct de vie. Au gré de ses rencontres, elle se retrouve dépositaire d’un rouleau de cuir qui contient les lettres d’un père juif (Richard Friedlander) à sa fille adoptive (Magda) depuis les camps de concentration.
    Enfin, Lee, journaliste américaine qui croisera le chemin d’Ada, représente la liberté et aidera à la divulgation des lettres cachées, ouvrant un pan entier des camps de concentration aux yeux de tous.
    Notons également le rôle des lettres : ne sont-elles pas elles aussi un personnage féminin? Elles nous sont progressivement et subtilement distillées au fil du récit, tel un lien mêlant les destins croisés des différents protagonistes dans le temps et dans l’espace, jusqu’à la chute finale et l’anéantissement des rêves de tous les protagonistes.
    Sur la forme, mention spéciale à l’écriture très fine, détaillée et travaillée de Sébastien Spitzer mais aussi à la construction tant habile qu’efficace qui alterne les ressentis des différents protagonistes et l’intrusion ponctuelle des lettres du père disparu. Fruit d’un travail de documentation à la hauteur du sujet (Sébastien Spitzer est journaliste), il offre en outre et peut-être surtout une mise à distance qui permet de se concentrer sur les caractères des différents personnages, et en fait un livre très sombre mais envoûtant et dont on ne ressort pas indemne.
    https://accrochelivres.wordpress.com/2018/01/24/ces-reves-quon-pietine-sebastien-spizter/

  • Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    yves MONTMARTIN sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Les orgues de Staline bombardent Berlin, dans le bunker sont terrés les derniers représentants du Reich, les membres du dernier cercle, des tableaux de maîtres sont accrochés au mur de béton. Magda assiste à la dernière représentation du philharmonique, Speer distribue des capsules de poison...
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    Les orgues de Staline bombardent Berlin, dans le bunker sont terrés les derniers représentants du Reich, les membres du dernier cercle, des tableaux de maîtres sont accrochés au mur de béton. Magda assiste à la dernière représentation du philharmonique, Speer distribue des capsules de poison pour eux et pour leurs proches, au cas où…

    Magda est une fille naturelle élevée par des soeurs dans un pensionnat en Belgique, une petite fille qui chaque soir jure qu'elle portera des belles robes, que son mari fera la pluie et le beau temps. Trentenaire divorcée, plein d'allant et sans contrainte, dans un meeting elle assiste à un discours enflammé de Goebbels, elle est tombe amoureuse, non pas de l'homme mais de ce qu'il incarne, devenir la première dame du Reich. Goebbels un nain à la gueule de rat qui traîne sa patte folle dans les coulisses des théâtres, dans les studios de cinéma en quête de proies pour assouvir ses vices sexuels.

    Ils sont des dizaines de milliers lancés sur les routes de l'Europe,cohortes de guenilles maculées, survivants comme lui, Aimé avance un rouleau de cuir caché dans la doublure de sa veste, il contient des lettres enroulées mémoire des camps, témoin de leurs vies effacées, des mots écrits par des dizaines de mains.

    La grange est fermée du dehors, c'est plein de paille, ça empeste l'essence, ils savent qu'ils vont brûler. Judah, n'a que 15 ans, il a repéré une fracture entre deux planches, Judah récupère un rouleau de cuir sur un corps qui entrave le passage et réussit à échapper au brasier en compagnie d'une jeune femme Fela et de sa petite fille Ava , née dans un camp une bâtarde rejetée, un rejeton de soldat allemand. Une fenêtre qui vole en éclat, des centaines de plombs fendent la boite crânienne de Judah. Fela avec sa jambe gauche menacée de gangrène et Ava reprennent la route avec les précieuses lettres. Les américains, un camion avec une croix rouge, un homme en blouse blanche « putain d'infection, jamais vu une jambe dans cet état. » Eva est maintenant toute seule, dernier maillon d'une chaîne de ceux qui ont transporté le rouleau de cuir.

    Parmi toutes ces lettres, celles écrites dans le camp de concentration de Buchenwald par Richard Friedländer commerçant juif, l'amour absolu et à sens unique d'un père pour sa fille adoptive Magda…

    Sébastien Spitzer nous fait vivre l'intimité des dernières heures d'Hitler enfermé dans son bunker à travers le portrait d'une femme ambitieuse, mariée à Goebbels, l'âme damnée d'Hitler. Toute la famille Goebbels sert la propagande nazie et donne l'image parfaite d'un ménage modèle, avec Hitler comme bon oncle. Elle n'hésitera pas à accomplir l'impensable, empoisonner ses six enfants.

    Avec une écriture réaliste et épurée il alterne la fin du Reich avec la lutte pour la survie des passeurs d'Histoire, dépositaire de la mémoire de l'horreur des camps de concentration. L'auteur dans une Postface éclaire parfaitement son récit entre fiction et réalité. Un premier roman tout à fait remarquable.

  • Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    Colette LORBAT sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    « Un pas. Une pierre. Un chemin de poussière. Un printemps qui bourgeonne. » Le rythme de cet extrait me fait penser à la chanson de Moustaki ; malheureusement, là s’arrête la ressemblance.
    En effet, ce chemin sur lequel Aimé est une énième descente en enfer. « Il sait qu’ils sont des milliers...
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    « Un pas. Une pierre. Un chemin de poussière. Un printemps qui bourgeonne. » Le rythme de cet extrait me fait penser à la chanson de Moustaki ; malheureusement, là s’arrête la ressemblance.
    En effet, ce chemin sur lequel Aimé est une énième descente en enfer. « Il sait qu’ils sont des milliers comme lui, à arpenter les routes des territoires de l’Est. Des cohortes de guenilles maculées de mois de crasse, tiraillées par le manque. La faim, la soif, les proches, l’avenir. Des cadavres en mouvement. » Judah, Féla, Ava et tant d’autres marchent, marchent à la rencontre de leurs morts pour beaucoup.
    L’armée allemande est en déroute, les survivants des camps sont brinquebalés pour un ailleurs sans espoir. Aimé a récupéré sur le cadavre d’un comme lui, caché dans la doublure de sa veste. « La mémoire des camps. Témoin écrit de leurs vies effacées. »
    Ce rouleau passe de mains en mains, toujours caché, toujours gardé, comme les coureurs se passent le relais. Dedans, les lettres désespérées d’un père juif à sa fille, témoignage de ce qu’ils ont vécu.
    Cette fille est…. Magda, épouse Goebbels. Présentement, elle assiste, au Konzerthaus à un ultime concert, le Crépuscule des dieux. Maintenant, ils vivent dans le bunker, dans Berlin bombardée. Ils sont tous là les têtes mal pensantes du Reich, comme des rats.
    « A quarante-cinq ans, deux mariages, sept enfants, trois villas, deux berlines, dont une somptueuse Hispano-Suiza, une cuisinière, des caves où vieillissent les pus grands crus d’Europe, des films par dizaines tournés tout à sa gloire, … Elle est même passée maître dans l’art de fourber son monde, de duper les plus simples, de berner les plus glorieux, trigaudant des faussetés pour préserver sa place, son profit, son mieux-être. Puissante et respectée. »
    « La gloire l’a portée quinze années durant ». Elle s’est habituée à cette gloire, elle, la première femme du Reich, car l’autre, celle que le Führer a épousée juste avant de mourir ne compte pas pour Magda. Mais toi, alors, c’est qui ton Christ ?
    C’est le Reich, ma chérie. Le Reich a fait de nous des reines, des princes et des princesses. »


    « Le gauleiter espérait une famille nombreuse.
    Magda voulait des égards.
    Il voulait le triomphe
    Elle voulait qu’on la regarde.
    Il avait le pouvoir.
    Elle gomma son passé.
    Il découvrit l’existence de Viktor.
    Elle laissa faire.
    Il découvrir l’identité de son père.
    Elle nia. Fit nier sa mère.
    Il devint taciturne.
    Elle sombra dans une profonde atonie.
    Leur pacte était fragile. »
    Fille abandonnée, mise à l’orphelinat de Vilvoorde, dans la misère et la promiscuité. « Choisir c’est renoncer. Magda avait choisi » ; oui elle a choisi de sacrifier ce père, obligé sa mère à le renier pour sa gloire à Elle « Q’importe tant qu’on la reconnaissait, lui cédait le passage, lui offrait des fleurs et des sourires et tout ce qu’elle voulait. Tout ça la faisait jouir, bien plus sûrement que lui, bien mieux que dans un lit. »
    Telle est la fille de cet homme mort dans un camp qui lui a écrit des lettres jamais lues ou reçues par sa destinataire.

    Une autre femme se retrouve détentrice du rouleau de cuir si important. Elle s’appelle Féla. Enfermée dans un camp parce qu’elle cherchait l’homme, le soldat allemand qu’elle aimait. A trop énerver une colonne allemande, elle se retrouve dans un camp, dans un bordel à militaires où elle met une fillette au monde.
    Quand les soviétiques avancèrent, elle est dirigée dans un autre camp et « fut reléguée par les anciennes du baraquement à la plus mauvaise place, celle du fond, tout en bas, près des filles dysentriques qui lui coulaient dessus. La pute du camp d’avant, l’ancienne protégée avec se robe et ses talons, était mise à l’amende. La petite la suivit. Elle était la bâtarde. La saleté. Le rejeton des soldats allemands. Quand venait l’heure de la soupe, elles étaient poussées devant mère et fille. » Le haut de la marmite ne contenait que de l’eau, les morceaux et légumes étaient au fond. Fela découvre que son passé, bien que contraint, la condamnait à une dégradation pire car ce sont les prisonnières elles-mêmes qui décrètent leurs chutes. C’est donc beaucoup plus dur. « Le dos tourné des survivants est bien plus douloureux que le mal des bourreaux. L’injustice altère. L’ignominie réduit. La soumission gangrène. Fela allait vivre les pires mois de sa survie. ». Elle tiendra pour et par sa fille jusqu’à la rencontre avec les américains.
    Deux femmes qui, à priori, n’auraient jamais dû connaître le destin qu’elles ont suivi.
    En effet, Magda n’est pas de race pure puisque son père est juif alors que Léa est parfaitement aryenne. La première a organisé sa vie par calcul et ambition, l’autre s’est laissée avoir par l’amour. L’une a gravi toutes les marches de son ambition, l’autre a dégringolé toutes les marvhes de l’inhumanité. L’une a vécu dans la lumière et la gloire approchant son « soleil », l’autre était dans la nuit noire du désespoir. L’une a couché et épousé par calcul et ambition, l’autre parce que c’était cela ou le crématoire.
    Magda s’est servie des hommes pour assouvir sa soif de pouvoir son désir d’être regardée, crainte. Léa a été utilisée par les hommes pour satisfaire leurs libidos, leurs besoins bestiaux.
    Malgré le désir d’extermination des nazis, les survivants des camps de la mort sont là pour témoigner et Ava est l’ultime dépositaire du rouleau de cuir. Recueillies par les américains. Féla meurt et Ava reste seule sous la protection de Gary, un conducteur de jeep américain et Lee reporter de guerre.
    Les rêves de millions de déportés, de soldats morts ont été piétinés, mais dans leurs combats, je crois qu’il y a toujours eu une infime lueur de cet espoir qu’Ava porte en elle.
    Sébastien Spitzer a fait un travail de recherches absolument remarquable. Par son talent et son écriture, il a su mettre du mouvement, rendre vivants les personnages de son roman. Il nous fait toucher du doigt la réalité historique avec des phrases puissantes, évocatrices, réalistes et par là, dures … J’ai apprécié le style de l'auteur. Un premier livre maitrisé, une belle écriture ; un coup de cœur, coup de poing.
    Une très belle découverte 68 premières fois

  • Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    Madame Tapioca sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Je ne suis pas arrivée à m'enthousiasmer autant que je le pensais pour ce livre. le sujet est en soi passionnant et la construction de ce roman est remarquable mais malgré cela je n'ai ressenti aucune émotion. Une certaine lassitude est même apparue à certains moments. 3 étoiles tout de même car...
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    Je ne suis pas arrivée à m'enthousiasmer autant que je le pensais pour ce livre. le sujet est en soi passionnant et la construction de ce roman est remarquable mais malgré cela je n'ai ressenti aucune émotion. Une certaine lassitude est même apparue à certains moments. 3 étoiles tout de même car l'auteur à indéniablement du talent mais il me manque quelque chose, le petit truc indéfinissable qui fait que l'on a envie de dévorer un livre et que l'on sait qu'il restera longtemps en mémoire.

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