Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Sebastien Raizer

Sebastien Raizer
Sébastien Raizer est le cofondateur des Éditions du Camion Blanc, qui ont publié des cargaisons d'ouvrages sur le rock, et de la collection Camion Noir, aliénée aux cultures sombres. Il vit à Kyoto.

Avis sur cet auteur (3)

  • add_box
    Couverture du livre « 3 minutes, 7 secondes » de Sebastien Raizer aux éditions La Manufacture De Livres

    Nigrafolia sur 3 minutes, 7 secondes de Sebastien Raizer

    Le vol MU 729 a quitté Shanghai pour rejoindre Kyoto. Le vol va entrer en collision avec un missile balistique nord-coréen. A l’intérieur, le personnel naviguant et les passagers. Il ne leur reste que 3 minutes et 7 secondes pour donner un sens à ces derniers instants.

    Et voilà. Sebastien...
    Voir plus

    Le vol MU 729 a quitté Shanghai pour rejoindre Kyoto. Le vol va entrer en collision avec un missile balistique nord-coréen. A l’intérieur, le personnel naviguant et les passagers. Il ne leur reste que 3 minutes et 7 secondes pour donner un sens à ces derniers instants.

    Et voilà. Sebastien signe un court roman original. Anticonformiste. Une nouvelle fois, comme par le passé avec sa trilogie des Équinoxes, du hasard, nait l’alignement parfait. Celui de plusieurs facteurs, un retard au décollage, un typhon qui s’approche de la côté japonaise, un commandant de bord qui change sa route pour conserver son avancement et un missile. Pourtant rien n’est du au hasard. Comme le commandant de bord qui porte le véritable prénom de Mishima, Hiraoka.

    Le lecteur est jeté dans un ralenti. Comme le vivent les personnages, le commandant de bord, Nomura, son second, Sagawa, et le personnel naviguant (2 stewards et 2 hôtesses) et 2 passagers, Glenn Wang, concepteur de jeux vidéo, et Yan van Welde, photographe professionnel, chaque voyage est d’abord un voyage en soi.

    Dans ces derniers moments, l’acuité et la folie semblent éliminer les frontières. Chaque personnage interprète des sentiments qui lui sont propres. L’un voudra voir l’amour brut, l’autre puisera son équilibre dans la réalité virtuelle, un autre regrettera que personne ne pourra lire les notes qui auraient dues accompagner ses images et un autre y trouvera l’occasion de célébrer ce qui est à ses yeux le sacrifice suprême. En cela, durant ces 3 minutes fatidiques, ils ne jouent d’aucune panique. Pourtant, cette carlingue du Boeing devient le lieu d’un huis-clos parfait, où se mêle avec virtuosité la peur et la colère, les regrets et le déni. 3 minutes 7 secondes, pourrait être une tragédie tant ce court roman ramènent les personnages à leur racines, à ce qu’ils sont au plus profond d’eux-mêmes. Mais c’est bien plus. De l’obscurité nait la lumière.

    Sebastien, en une centaine de pages, pose savamment ses mots, comme un archétype parfaitement codifié de la philosophie Zen. C’est captivant.

    Naître un instant T. Mourir à un instant T + x. Entre les deux, vivre. C’est aussi simple que cela. On accepte comme allant de soi le premier événement tandis qu’on nie de toutes nos forces le second. Toute l’incapacité de vivre vient de là. Vivre, c’est d’abord accepter de mourir. 3mn, 7s. Le temps n’a d’importance que ce que l’on en fait.

  • add_box
    Couverture du livre « Minuit à contre-jour » de Sebastien Raizer aux éditions Gallimard

    Nigrafolia sur Minuit à contre-jour de Sebastien Raizer

    Il est des romans où le moment de la lecture a de l’importance. Où il faut savoir être en accord avec le livre. Avec Minuit à Contre-Jour, paru l’année dernière, Gallimard shoote dans sa collection Série Noire pour nous servir un très grand thriller. Il m’a fallu attendre pour être mûr, pour...
    Voir plus

    Il est des romans où le moment de la lecture a de l’importance. Où il faut savoir être en accord avec le livre. Avec Minuit à Contre-Jour, paru l’année dernière, Gallimard shoote dans sa collection Série Noire pour nous servir un très grand thriller. Il m’a fallu attendre pour être mûr, pour être apte à le déguster comme on savoure un grand cru.
    Car Minuit à Contre-Jour clôt un triptyque hors du commun. C’est un nouveau souffle sur le roman noir. Ambitieux et glaçant. C’est sans aucun doute, le tome le plus abouti pour ce qui est de l’écriture. Et Dieu sait que mon attente était forte. C’est sans conteste pour cela que cette chronique sera plus longue qu’habituellement.
    S’il est du tempérament inné de l’homme de vouloir dominer la Nature plutôt que d’être dominé, nous évoluons dans un monde fait de perception et parfois d’illusion. Et nous ne voulons voir que ce qui nous sied…
    Pour entrer dans l’univers de Sébastien Raizer, il faut à mon sens commencer par le début. Il s’agit d’un véritable parcours quasi initiatique. La lecture de Minuit à Contre-Jour est exigeante, car ce roman est empreint de mythologie et bien entendu d’une belle once de philosophie japonaise [je vous renvoie par ailleurs au Petit éloge du zen du même Sébastien]. Au-delà de cela, ce thriller pose une œuvre forte tournant au de l’humanité et de l’inclinaison qu’a l’homme à se détruire. La technologie devient alors un médium pour atteindre son écroulement, pour accélérer sa dislocation. A travers l’intelligence artificielle, les nanotechs, la société reprogramme sa politique, engendre des antagonismes sociétaux, des mouvements sociaux. Aussi, L’alignement des équinoxes et Sagittarius sont à lire préalablement pour comprendre, pour s’immerger dans les voies prises par Wolf, Silver, Diane et Karen. C’est impératif sans quoi le lecteur sera désorienté plus que de raison.
    Lecteur, boucle ta ceinture ! Cale-toi dans ton fauteuil ! Il est grand temps de charger ton Desert Eagle. Garde-le à portée de main. Face à toi, il y a du lourd ! L’auteur est sans pitié. Quand on pénètre dans une trilogie pareille, on n’en ressort pas indemne.
    Revenons brièvement à la situation de départ. Hors de question de déflorer l’histoire mais il faut tout de même faire le point sur le gang paradoxal dans sa quête sur la neurotoxique créée par la Vipère. Le gang a littéralement explosé. Linh Schmidt, alias Silver est pilotée par le commissaire Lacroix / BigJim - toujours obsédé par l’idée de récupérer une neurotoxine hallucinogène jouant que les perceptions sensorielles - sur une enquête qui implique un groupe radical. Cela l’amène à un site listant des personnalités à abattre créé par Antoine Marquez, le théoricien du chaos social, Shoot To Kill. Si Silver progresse tant bien que mal, aux côtés de Liwayway, le souvenir de la fillette qu’elle était, de son côté, Wolf / Luc Hackman, son alter ego et coéquipier, est plongé dans un coma profond suite à une overdose de la neurotoxine. Wolf est perdu dans un univers fait de néant, baladé au son des mélodies de l’alignement des équinoxes. Pour aller jusqu’au bout, comme Wolf, Silver va devoir progresser plus encore dans les mondes interlopes car la vipère, Diane - son archange noire, Karen - la fille samouraï, ont poussé les frontières de la réalité vers un monde de silicium. Pas la peine d’en dire davantage ; le reste c’est à prendre dans tes mirettes. Il te revient, lecteur de choisir ou non de plonger.
    Dit comme cela, Minuit à Contre-Jour fait frémir. Mais le jeu en vaut la chandelle.
    Je me répète pour ceux qui ont lu mes précédentes chroniques, mais on touche du doigt des univers variés mais concomitants. Ceux de William S. Burroughs à travers ses romans hallucinés, Philip K. Dick, seigneur es-science-fiction, uchronie et anticipation et Maurice G. Dantec, concepteur d’un cyber-polar. Je l’avais déjà écrit. Je persiste et signe des deux mains.
    Au fait, pourquoi diable Sébastien Raizer n’a pas de lettre intercalée entre son nom et son prénom ??
    Avec les deux premiers opus, le lecteur que je suis a appris le lâché-prise, à me faire porter par les mots, l’histoire et le parcours des héros. Pourtant je suis à nouveau secoué par Sébastien Raizer qui me perd, non qui m’emmène sur des voies parallèles. Il y prend un malin plaisir. Là on je cherche la symétrie, l’harmonie, il livre un terreau en forme de capharnaüm. Pourtant je me laisse porter dans ce chaos ordonné, qui autour de moi, voit la montée d’une société arrangée, harmonisée ( ?) et régentée par la science, se trouve des thèmes comme la manipulation mentale, les notions de réalité et quelques théories du complot. En d’autres termes, une terrifiante idée de la virtualité. La prochaine évolution de l’humanité ?
    Bref Minuit à Contre-Jour est un thriller qui transcende la réalité, certains diraient trans-réaliste. On y oscille entre deux mondes au gré de quelques inclinaisons cyber-punk. Les vérités se méritent. Elles sont dissimulées. Pour les voir, il convient de se laisser porter et de suivre Silver et Wolf. Il me faut les voir se déconstruire pour se re-bâtir une vision pure, pour regarder derrière l’image. Je deviens un lecteur soumis aux effets de la neurotoxique.
    Minuit à Contre-Jour transcende le royaume des apparences. C’est joyeusement perturbant. Deux réalités s’associent. Les suggestions foisonnent. Seul le poète est capable de déchirer les mystères du monde. Et pour se faire, il lui faut rompre avec les certitudes de notre monde.
    Mais si j’évoque ici le symbolisme qui a toute sa place dans cet ouvrage, il ne faut pas oublier ce qui construit un roman noir. Ce thriller est fort, vigoureux. Il a sa dose d’adrénaline. Ça castagne dur, ça se court après. Les flingues sont chargés à bloc. C’est violent et mis en musique par une bande son qui a toujours son importance. Elle grince parfois et distille des rifts de métal et des mélopées au gré des pages.
    Les personnages sont plus marqués. Raizer dessine leur psychologie, il la grave en profondeur. On s’y attache vraiment. Mais la force vient aussi de la qualité d’écriture. Par-delà l’histoire de ce triptyque, les mots, la phraséologie de Sébastien aspire littéralement le lecteur. Cela se dévore avec une vraie jouissance.
    Rares sont les romans qui troublent mes sensations. Sébastien donne un coup de fouet au roman noir. Il le hisse à un niveau rarement atteint ces derniers temps. Offrir au lecteur de regarder derrière le réel. Appelle cela lever le voile, transcender, ou bien prendre du recul. De toute manière, c’est bien d’une projection dans une analyse sans concession de l’humanité et de sa vision occidentale de ses évolutions sociale et technologique affamées, qu’il s’agit.
    Et cela est aussi terrifiant que bon.

  • add_box
    Couverture du livre « L'alignement des équinoxes » de Sebastien Raizer aux éditions Gallimard

    Benoit LACOSTE sur L'alignement des équinoxes de Sebastien Raizer

    L'alignement des équinoxes est le premier roman de Sébastien Raizer. Pour ceux qui aiment la musique, cet auteur ne vous est certainement pas inconnu. Il a en effet écrit de bons bouquins sur ce thème la (U2, Noir Désir, Nirvana...).

    Dément! Voilà le terme qui décrit le mieux les quelques 470...
    Voir plus

    L'alignement des équinoxes est le premier roman de Sébastien Raizer. Pour ceux qui aiment la musique, cet auteur ne vous est certainement pas inconnu. Il a en effet écrit de bons bouquins sur ce thème la (U2, Noir Désir, Nirvana...).

    Dément! Voilà le terme qui décrit le mieux les quelques 470 pages de ce roman noir. Amateur du genre, vous ne pouvez pas passer votre chemin. Cette lecture est OBLIGATOIRE. Raizer frôle la perfection dès son premier ouvrage.

    Comment décrire cette sensation ? Je dirai: Une lecture de dingue qui vous hypnotisera, vous engloutira dans des profondeurs les plus noires, vous fera trembler et frissonner, mais également réfléchir.
    Une fois entré dans l'alignement des équinoxes, vous n'en ressortirez pas intact!

    N'attendez pas de moi que je parle de l'histoire. Elle n'est tout simplement pas résumable. Disons juste qu'elle est singulière, moderne, jalonnée de méandres...

    Sachez juste que le "couple" Wolf / Silver, deux officiers de la Police Judiciaire à la Brigade Criminelle est aussi complémentaire qu'attachant (oui le mot est bizarre je vous l'accorde mais c'est ainsi).
    Que la traque de la Vipère est aussi palpitante que terrifiante.
    Que la samurai Karen Thilliez (première partie du livre) ou l'impératrice d'or Diane Lempereur (la deuxième partie) vous feront avoir des suées froides...
    Et que dire de l'équinoxe de la vipère (la 3e et dernière partie)? Elle se résume par les deux dernières phrases de ce premier livre:
    - On dirait qu'on a traversé l'enfer non?
    - Et d'après toi, on est sortie? demanda-t-il?

    Bref, vous serez irrésistiblement attiré dans l'univers maléfique de la Vipère et cette expérience de la Terreur (chapitre récurrent qui introduit chaque partie). C'est passionnant!

    Vous l'aurez compris: le style est parfait pour maintenir le lecteur en haleine. Le rythme est en effet soutenu, les multiples thèmes abordés (le dark web, les hautes technologies, la vidéo surveillance, les habitudes alimentaires de notre société de consommation, l'auto-destruction, la psychologie, la folie, la métaphysique, ...) parfaitement intégrés au récit. Rien ne vous sera épargné. Mention particulière à la petite équipe de la Brigade Criminelle qui travaille dans la plus totale illégalité ;)

    L'écriture vous passionnera comme vous perdra. Raizer manie la plume avec talent et vous fera forcément vous interroger.
    Ajoutez y la musique, omniprésente . C'est même une pièce maitresse du livre: elle rythme le récit, décrit et définit les personnages. Je ne connaissais que peu mais c'est souvent du très bon son.

    On ne ressort pas indemne d'une telle lecture. Elle n'est vraiment pas facile.
    Je suis certain que je n'ai pas tout bien saisi ni compris. Je serai bien incapable de vous décrire ce qu'est la loi de l'alignement ou l'alignement des équinoxes.
    Mais j'ai appris également plein de choses. J'ai beaucoup aimé cette violence insidieuse, douce et poétique, ce mélange de la folie des hommes et de la quête du graal...

    En conclusion, L'alignement des équinoxes est un pur régal. Chapeau bas M. Raizer!

    Je lirai sans aucun doute le tome 2!

    4/5

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !