Sara

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Sara est auteur et illustrateur. Elle a reçu, en décembre 2005, La Pomme d'or à la Biennale internationale d'illustrateurs de Bratislava. Elle est publiée chez de nombreux éditeurs : Seuil jeunesse, Autrement Jeunesse, Rue du monde, Thierry Magnier... Son travail original repose principalement su... Voir plus
Sara est auteur et illustrateur. Elle a reçu, en décembre 2005, La Pomme d'or à la Biennale internationale d'illustrateurs de Bratislava. Elle est publiée chez de nombreux éditeurs : Seuil jeunesse, Autrement Jeunesse, Rue du monde, Thierry Magnier... Son travail original repose principalement sur le papier déchiré ce qui lui permet de construire des images avec de grands aplats aux bords incertains : un moyen pour elle d'amener le lecteur à laisser son imaginaire vagabonder au gré des formes et des couleurs. Sara est actuellement et pour toute l'année 2010 en résidence à Montreuil, une résidence organisée par le Salon du livre et de la presse jeunesse et l'association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis. Dans ce cadre, elle présente une exposition exceptionnelle intitulée « La Chambre abandonnée » ainsi qu'un film numérique.

Avis (3)

  • Couverture du livre « Évadée de Daech » de Sara et Amelia Mercier aux éditions J'ai Lu

    NADIA D'ANTONIO sur Évadée de Daech de Sara - Amelia Mercier

    Très difficile d’écrire une chronique pour un livre tel que « Sara – Évadée de Daech » de Célia Mercier. Lorsque l’on voit déjà écrit sur la couverture : « Ils nous traitaient comme des bêtes» et qu’on regarde la quatrième de couverture (eh oui, je le fais), on ne peut que s’attendre au...
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    Très difficile d’écrire une chronique pour un livre tel que « Sara – Évadée de Daech » de Célia Mercier. Lorsque l’on voit déjà écrit sur la couverture : « Ils nous traitaient comme des bêtes» et qu’on regarde la quatrième de couverture (eh oui, je le fais), on ne peut que s’attendre au pire.

    D’ailleurs, le simple nom de « Daech » nous révulse tout de suite. Alors penserez-vous, pourquoi le lire ? Tout simplement parce que c’est un témoignage véridique d’une personne atteinte par ce fléau (le mot est-il assez fort ? Non je ne crois pas et peut-être qu’il n’y a pas de mots assez forts…). De plus il permet de savoir exactement ce qui arrive à ces femmes qui subissent cette oppression. Car avec les médias, on n’entend que ce qu’ils veulent bien laisser filtrer, une bombe ici, un acte de terrorisme par là, une ville prise d’assaut… Mais la population ? Elle fuit quand elle peut mais on ne connait pas vraiment les conditions inhumaines qu’elles subissent.
    C’est donc un livre que j’ai choisi librement dans le cadre de l’opération « Un livre offert par les Éditions J’ai Lu » qui propose bien des ouvrages intéressants. De plus, un livre étant fait pour être lu, surtout ici avec ce témoignage, je ne pouvais pas passer à côté.

    Célia Mercier est journaliste et auteure. Elle a travaillé au Pakistan en tant que correspondante pour le journal « Libération » ainsi qu’en Afghanistan et en Inde. Elle a effectué plusieurs séjours en Irak, en 2015, afin de relater la situation des yézidis. Ici, elle nous raconte Sara qui a réussi à sortir de l’enfer mais à quel prix ?

    Célia écrit en page 9 : « C’est dans cette demeure en construction, sur une colline boueuse qui surplombe un camp de tentes à perte de vue, que j’ai rencontré pour la première fois Sara et sa famille. Quelques rescapés parmi ce million et demi de personnes jetées sur les routes du Kurdistan par la guerre, fuyant pour sauver leur vie et installées dans des abris de fortune. Pour les yézidis, une minorité religieuse kurde à laquelle appartient Sara, la tragédie a commencé en août 2014. »

    Mais il faut aussi retenir en page 12 : « Le récit glaçant et courageux de Sara, corroboré tout au long de ce livre par ceux d’autres victimes, met en évidence le dessein de Daech : détruire tout un peuple.
    Des voix qu’il faut entendre pour dénoncer avec elles cette barbarie insoutenable. »

    Sara avait tout pour être heureuse, une famille aimante, mais elle appartenait au peuple yézidi qui n’était pas reconnu officiellement. On vidait les villages yézidis, on entassait la population dans des camps.
    Sara a cinq ans lorsque l’opération « Tempête du désert » est lancée le 17 janvier 1991 pour venir au secours du Koweït. Ce sont des milliers de personnes qui ont du fuir leurs maisons.
    En 2005, ont lieu les premières élections démocratiques de son pays, cela malgré la menace terroriste et pour la première fois, c’est un président kurde qui est élu : Jalal Talabani. En 2006, Saddam Hussein est pendu à Bagdad.
    La région de Sara, le Sinjar, intéresse les Kurdes qui voudraient l’intégrer. Or, le pays est encore secoué par la guerre civile entre chiites et sunnites ainsi que al-Quaida. « Et voilà qu’en 2014 Daech déferle sur l’ouest de l’Irak. » (p.44).
    Alors que Sara menait une vie insouciante avec ses deux sœurs Nadia et Yasmine, très romantiques, elle se croit amoureuse de Shivan et envisage même de l’épouser. Elle avait eu, auparavant, une expérience malheureuse avec un certain Merwan qui va se montrer d’une jalousie insensée. L’affaire est donc close. Sara a aussi un frère, Azad, qui travaille dans un hôtel où le business est plus que florissant.
    Pendant ce temps, des villes tombent entre les mains des terroristes : Tal Afar, à seulement une heure de Sinjar où l’on se croit encore à l’abri. Mais Sinjar tombe aussi aux mains de Daech. Il faut partir le plus vite possible, fuir les hommes en noir en emportant ce que l’on peut. La pénurie d’essence se fait sentir depuis la chute de Mossoul et ils ont juste assez pour faire un peu de route.

    Vont s’ensuivre de nombreux événements tous plus terribles les uns que les autres pour en arriver au kidnapping des femmes et des enfants. On sépare les femmes âgées des plus jeunes qui vont devenir une marchandise que l’on regarde, que l’on juge, que l’on choisit pour passer la nuit et là c’est le chef, l’amir, Abou Ahmed, qui a le premier le droit au choix.
    Les femmes n’ont qu’un seul but en tête : réussir à quitter ces monstres sans foi ni loi.
    La nourriture est insipide, l’eau est croupie, l’alimentation semble être droguée et même les enfants ne bronchent pas. Ces victimes tentent tout ce qu’elles peuvent avec leurs faibles moyens mais leur volonté est farouche.

    Ce que raconte Sara nous laisse pantois, nous démontre à quel point nous ne sommes pas au courant de « au moins la moitié » des faits. Il a fallu que ce soit elle qui s’érige en porte-parole pour toutes ces victimes en qui, heureusement, l’espoir est le seul moyen de « tenir le coup ».

    Avec ce récit de Célia Mercier, où je ne peux pas donner plus de détails car beaucoup ne le supporteraient pas, même dans des citations, tout ce que je peux dire c’est que, m’attendant à un ouvrage dérangeant mais ô combien véridique, j’ai rempli plusieurs pages de réflexions qui me venaient à l’esprit mais que je vais garder pour moi.

    C’est une belle leçon de courage que cette ténacité, non seulement dans les épreuves endurées, mais aussi dans ce désir de vouloir raconter au monde entier qu’il y a des personnes qui souffrent toujours sans que l’on nous en parle.

    En Annexes, est jointe une carte du Nord de l’Irak nous permettant de bien situer le territoire du Gouvernement du Kurdistan. On y trouve également le témoignage d’Amina Saeed, ancienne parlementaire irakienne (2010-2014) ainsi que celui de la jeune Nada (seize ans).

    Le mot de la fin revient à Sara : « Combien d’autres victimes ? » car il ne faut pas oublier que rien n’est fini. C’est un livre qui devrait être lu par de nombreuses personnes (sauf les personnes trop sensibles) car il nous informe de la situation dramatique de la communauté yézidie (mais il y en existe d’autres ailleurs malheureusement, il ne faut pas se voiler la face).

  • Couverture du livre « Ils nous traitaient comme des bêtes » de Sara et Celia Mercier aux éditions Flammarion

    Jean-Paul Degache sur Ils nous traitaient comme des bêtes de Sara - Celia Mercier

    Recueillir le récit de toutes les horreurs dont on nous parle puis que nous oublions sauf si leurs auteurs viennent frapper chez nous, n’est pas chose aisée. Pourtant, il faut lire ce que Sara (les prénoms ont été changés pour des raisons évidentes de sécurité) a confié à Célia Mercier, une...
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    Recueillir le récit de toutes les horreurs dont on nous parle puis que nous oublions sauf si leurs auteurs viennent frapper chez nous, n’est pas chose aisée. Pourtant, il faut lire ce que Sara (les prénoms ont été changés pour des raisons évidentes de sécurité) a confié à Célia Mercier, une journaliste qui connaît bien ces pays d’Orient et du Moyen-Orient où les pires sévices sont infligés aux filles et aux femmes.

    Dans ce livre, elle attire notre attention sur les drames que vivent les Yézidis depuis août 2014, dans la région du Sinjar, en Irak. Daech veut faire disparaître un peuple qui subit un soixante-quatorzième massacre en moins d’un millénaire.
    Dans la première partie du livre, Sara s’attache à nous montrer combien la vie était organisée suivant les traditions dans son village de Kocho, province de Ninive. Elle nous détaille les bases d’une religion qui tente de respecter la vérité, la connaissance et le mérite. Le peuple Yézidi a résisté, subissant les persécutions de l’islam, des Kurdes musulmans, du Califat arabe, de l’empire ottoman et enfin, aujourd’hui, de Daech.
    Sara est née en 1986 dans une famille qui compte onze enfants. Chaque homme de la famille a un parrain musulman sunnite. On élève principalement des ovins et l’on cultive du blé, de l’orge, récoltant aussi tomates, pommes de terre, oignons, pastèques, ail, olives…
    Sara suit un enseignement en kurde mais doit arrêter l’école à la fin du primaire alors que ses frères continuent en secondaire à 30 km du village. Certains hommes partent travailler en Allemagne : « Un homme qui travaille là-bas peut faire vivre trois familles ici. » Elle détaille aussi les débuts de sa vie amoureuse.
    Le récit de Sara est entrecoupé par les aventures de son frère, par les histoires de Nadir, de Myriam, de Samia et se conclut avec le témoignage d’Amina Saeed, ancienne parlementaire irakienne et enfin par celui de Nada, 16 ans.
    Tout au long de ces pages, les sévices subis, les assassinats en nombre perpétrés par ces hommes en noir se succèdent sans interruption et se poursuivent aujourd’hui : « Ces hommes n’ont aucune pitié, aucune humanité… Nous sommes livrées à des bêtes sauvages, des monstres. »

    « Le 3 août 2014, Daech a capturé plus de 5 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants. » Les filles, à partir de 9 ans ont été violées, battues et personne n’a bougé devant ce véritable génocide, s’insurge Amina Saeed alors que le malheur continue de s’abattre sur un peuple qui ne sait plus ce que c’est que vivre en paix.

  • Couverture du livre « Ils nous traitaient comme des bêtes » de Sara et Celia Mercier aux éditions Flammarion

    Aurelien Baehl sur Ils nous traitaient comme des bêtes de Sara - Celia Mercier

    A l’automne 2014, une première coalition internationale a été créée contre Daech. Cette évolution majeure dans le conflit qui secoue l’Irak et la Syrie trouve différentes explications, l’une d’entre elles résidant dans les exactions infligées par Daech aux différentes minorités présentes dans...
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    A l’automne 2014, une première coalition internationale a été créée contre Daech. Cette évolution majeure dans le conflit qui secoue l’Irak et la Syrie trouve différentes explications, l’une d’entre elles résidant dans les exactions infligées par Daech aux différentes minorités présentes dans ces régions.
    Le témoignage de Sara illustre très concrètement cet aspect du conflit. Yézidie, elle est prise au piège avec tout son village durant l’été 2014, lorsque Daech s’empare de la zone de Sinjar. Sa communauté religieuse, qui compte environ 600 000 personnes, est présente depuis des millénaires dans cette région limitrophe du Kurdistan irakien. Persécutés à des dizaines de reprises au cours des siècles, les Yézidis sont honnis et pourchassés par les hommes de Daech, qui les considèrent comme des adorateurs du diable.
    Le traitement que Daech leur réserve est ignoble ; le témoignage de Sara nous impose d’ouvrir les yeux sur cette situation qui se déroule loin des yeux des journalistes, qui ne peuvent accéder aux zones contrôlées par Daech.
    Les bébés affamés, les jeunes filles mineures violées plusieurs fois par jour, les mères de familles séparées de leurs enfants, les hommes exécutés par dizaines dans des fosses communes, les trahisons d’anciens amis musulmans qui les dénoncent à Daech, tout cela donne la nausée. Mais une nausée salutaire, qui nous empêchera pour toujours de nous cacher derrière un lâche « je ne savais pas ».
    Ma seule réserve sur ce témoignage est son style littéraire, trop journalistique à mon goût, mais là n’est vraiment pas l’essentiel.
    Pour finir, une – petite - bonne nouvelle : depuis l’écriture de ce témoignage, la région de Sinjar a été libérée par les forces kurdes, appuyées par des raids aériens de la coalition internationale. Pour autant, beaucoup de Yézidis ayant fui au Kurdistan ne souhaitent pas revenir dans leurs villages, ne faisant plus confiance à leurs voisins dont certains se sont avérés des traîtres.

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