Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Santiago H. Amigorena

Santiago H. Amigorena

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis sur cet auteur (36)

  • add_box
    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Musemania sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Chroniquer un livre relatif à la Shoah n’est certes pas un travail aisé. Je le fais car ce livre est le livre retenu par mes collègues lectrices du jury du Grand Prix des Lectrices Elle 2020 pour le mois d’octobre dans la catégorie « littérature ».

    Vicente a émigré en Argentine en 1928 où il...
    Voir plus

    Chroniquer un livre relatif à la Shoah n’est certes pas un travail aisé. Je le fais car ce livre est le livre retenu par mes collègues lectrices du jury du Grand Prix des Lectrices Elle 2020 pour le mois d’octobre dans la catégorie « littérature ».

    Vicente a émigré en Argentine en 1928 où il s’est marié, a trouvé un emploi et y a fondé une famille. Polonais d’origine, il y avait notamment fait partie de l’armée. Sa mère ainsi que son frère et sa famille sont restés quant à eux là bas. Mais quelques années plus tard, le monde change et les nazis montent au pouvoir en Allemagne, défigurant le visage de l’Europe. Alors que les nouvelles n’arrivent qu’au compte-goutte en Amérique du Sud, Vicente ne peut que s’inquiéter pour sa famille restée au pays.

    J’ai apprécié les apports historiques que l’auteur a inséré dans son histoire. Il nous apprend l’évolution de la mise en place du régime nazi au fil des mois, en parallèle à la vie menée par Vicente à Buenos Aires.

    J’avoue, qu’à certains moments par contre, j’ai eu des difficultés à supporter le comportement apathique du personnage de Vicente. Alors qu’il tombe dans ce qu’on pourrait qualifier de profonde dépression suite au sort incertain réservé à sa famille en Pologne et au vu des lettres de sa mère, il se complait dans une espèce de léthargie complète par rapport à son travail, à sa femme et enfants, à ses amis. Finalement, il ne fait quasi rien pour que sa mère et son frère fuient l’Europe et s’installent comme lui en Argentine….

    Effectivement, il leur a bien suggéré dans l’une ou l’autre lettre de fuir la Pologne, mais son rôle actif s’est arrêté là. Bien entendu, vu les moyens limités de communication de l’époque, cela n’aurait pas été aussi facile qu’à l’heure actuelle. Mais, je l’ai parfois trouvé « lâche » quant à la façon de traiter son épouse, Rosita, et leurs enfants qui n’étaient pas coupables de ce qui se passait en Pologne.

    L’écriture de l’auteur, Santiago H. Amigorena est très sensible et en fait un livre émouvant mais à certains égards, très sombre. Le fait d’écrire sur sa famille comme il l’a fait n’a certainement pas dû être facile, puisqu’il fallait faire un saut dans le temps, à une époque si difficile, vu le sort réservé à sa famille maternelle. Malgré quelques redondances et un silence plus que très pesant, j’ai malgré tout apprécié ce livre touchant.

    Ce livre a déjà remporté comme prix littéraire, Le Prix des Libraires de Nancy – Le Point et est en lice pour le prix Goncourt.

  • add_box
    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Nicolemotspourmots sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    C'est peut-être ça, la littérature. Trouver un angle qui permette de faire ressentir autrement, des faits pourtant bien connus, des faits dont les romanciers se sont si souvent emparés. J'ai beaucoup lu sur la Shoah. Des essais, des romans, du très bon et du très fort. Mais ce que j'ai ressenti...
    Voir plus

    C'est peut-être ça, la littérature. Trouver un angle qui permette de faire ressentir autrement, des faits pourtant bien connus, des faits dont les romanciers se sont si souvent emparés. J'ai beaucoup lu sur la Shoah. Des essais, des romans, du très bon et du très fort. Mais ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman est tout à fait inédit. Je l'ai pris directement dans le ventre, me suis trouvée à plusieurs reprises au bord de la nausée. Pas de scène spectaculaire pourtant. Pas de description d'horreur, d'autres l'ont déjà écrit ou montré. Non, tout est dans l'angle par lequel l'auteur invite le lecteur à prendre connaissance de son histoire. Une histoire de silence, quand les mots deviennent impuissants. Et cette façon d'opposer le silence à la parole, de pointer l'horreur par l'absence de mots est tout simplement bouleversante.

    Vicente Rosenberg a quitté la Pologne en 1928, s'est installé à Buenos Aires, s'est marié avec Rosita et est devenu père de trois enfants. Il a atteint le but qu'il s'était fixé : s'émanciper, s'extirper de la tutelle pesante de sa mère, restée à Varsovie. Il en a presque oublié qu'il était juif, une composante comme une autre de son identité pensait-il, jusqu'à ce que le nazisme se charge de lui rappeler que c'est ça, et uniquement ça qui le définit. Mais il y a désormais plus de 10 000 kms entre lui et les murs du ghetto qui sont en train d'encercler et de confiner la population juive de Varsovie et, parmi eux, sa mère et le reste de sa famille. Sa mère qui a refusé de le rejoindre, même s'il reconnait ne pas avoir beaucoup insisté à l'époque, vers 1936, partagé entre l'inquiétude vis à vis des bruits venus d'Europe et le désir de préserver sa toute nouvelle liberté. Comment imaginer ?

    "Peut-on penser l'impensable ? Peut-on comprendre l'incompréhensible ? Peut-on imaginer ce que personne n'a jamais vu, ce que personne n'a jamais cru que l'homme serait capable de faire ? Il y a des événements, de temps en temps, qui renouvellent ce que nous sommes capables d'imaginer, qui amplifient le domaine du possible jusqu'à des limites que personne auparavant n'avait supposé qu'on pourrait atteindre."

    Il y a donc cette culpabilité qui le taraude autant que l'impuissance. L'incompréhension face aux bribes de nouvelles qui lui parviennent par de rares courriers de sa mère avant le silence et par des entrefilets dans la presse, qui laissent présager le pire sans pour autant troubler l'ordre d'un monde très éloigné des terrains de chaos et de mort. Un monde qui au contraire s'épanouit grâce à l'afflux de réfugiés qui booste son économie. Alors Vicente se tait, comme emmuré dans son ghetto intérieur, étouffé par les sentiments qui l'accablent, mettent à mal les bases de son identité.

    "Que sont les mots ? A quoi servent-ils ? Pourquoi lui parler ? Pourquoi essayer de lui dire ce que je ne peux même pas me dire à moi-même ? Il faudrait que je lui raconte toute l'histoire. Depuis le tout début. Depuis que je suis parti de Varsovie. Depuis qu'on est partis de Chelm quand j'avais douze ans. Mais comment lui raconter tout ça ? Comment lui raconter maintenant alors que je ne lui ai rien raconté pendant toutes ces années ?..."

    La douleur naît de la distorsion entre ce que certains subissent pendant que d'autres vivent comme si de rien n'était parce qu'ils ne peuvent pas savoir. C'est exactement ce même sentiment qui vous envahit lorsque vous apprenez l'accident d'un proche après coup et que vous êtes tout étonné de n'avoir rien senti qui vous alerte ; des gens chantent, mangent, font l'amour, rient pendant que d'autres entrent dans les chambres à gaz. C'est cette dimension que l'auteur parvient à capter et qui vous retourne l'estomac. Peut-être parce qu'il l'a lui-même ressentie dans sa chair, héritier du silence de Vicente, son grand-père.

    "Est-ce qu'on charrie vraiment, dans ce liquide qui nous fait vivre, ou qui nous tue, des histoires qui peuvent se dire par des mots ? J'ai souvent affirmé, en écrivant, que j'écrivais seulement pour survivre à mon passé. J'ai souvent écrit que l'oubli était plus important que la mémoire. (...) J'aime penser, comme je vieillis, que quelque chose de mon passé vit en moi - de même que quelque chose de moi, j'espère, vivra dans mes enfants".

    Attention, livre essentiel.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

  • add_box
    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Manonlitaussi sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Vicente Rosenberg, juif de Pologne s’installe en Argentine en 1928 laissant sa mère en Pologne. Pologne envahie par les Allemands durant la deuxième guerre mondiale. Les juifs sont alors tassés dans des ghettos soumis à la maladie et surtout à la faim.
    Lorsque l’étau se referme sur sa mère...
    Voir plus

    Vicente Rosenberg, juif de Pologne s’installe en Argentine en 1928 laissant sa mère en Pologne. Pologne envahie par les Allemands durant la deuxième guerre mondiale. Les juifs sont alors tassés dans des ghettos soumis à la maladie et surtout à la faim.
    Lorsque l’étau se referme sur sa mère qu’il n’a pas pu convaincre de le rejoindre avant et dont les conditions de vie se rappellent à lui sous forme de lettres qu’il n’ose même pas dévoiler à sa femme, la culpabilité envahit Vicente qui s’enferme dans un mutisme qui l’isole de sa femme et de ses enfants. Ce mutisme, cet enfermement sont comme des punitions qu’ils s’infligent, c’est sa réflexion sur qui il est : juif ? polonais? Argentin ?
    L’auteur dévoile également ce qui se prépare doucement, les étapes et les conditions qui ont amenées la “solution finale”, les chambres à gaz, l’inimaginable, la volonté de destruction, d’extermination. La Grande Histoire s'insère dans le récit, ne le rendant que plus effroyable.
    L’auteur nous livre un personnage touchant, bouleversant en toute simplicité sans s’y morfondre. Mais il le met en parallèle à toute cette effroyable projet de “la solution finale”. Ce qui ne fait, pour le lecteur que montrer son impuissance, face à la situation de sa mère et face à ce qu’il ne peut soupçonner. Un personnage minuscule à son échelle, victime lointaine géographique d’un projet qui paraît irréel, inimaginable, mais que l’on sait programmé.
    C’est une très belle plume que celle de Santiago H. Amigorena. Une plume fluide, agréable, tendre. il y a également et heureusement beaucoup de tendresse dans ce récit. Cette tendresse c’est celle qui est décrite entre le couple de Vicente et Rosita, la tendresse envers leurs enfants et surtout celle dans les lettres de la mère de Vicente.

  • add_box
    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Jen sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Beaucoup d’ouvrages tentent d’expliquer la Shoah, de continuer de la faire vivre pour conjurer l’oubli. Certains seraient tentés de dire qu’on est arrivé au bout de ce qui peut être dit, voir que tout a été dit. Mais peut-on vraiment venir à bout de l’infamie?

    Ce roman auto –biographique...
    Voir plus

    Beaucoup d’ouvrages tentent d’expliquer la Shoah, de continuer de la faire vivre pour conjurer l’oubli. Certains seraient tentés de dire qu’on est arrivé au bout de ce qui peut être dit, voir que tout a été dit. Mais peut-on vraiment venir à bout de l’infamie?

    Ce roman auto –biographique hybride possède une force incroyable. Il continue d’interroger l’indicible à travers les yeux de la troisième génération. La réflexion en est complètement modifiée.

    L’auteur aborde l’extermination des juifs par un prisme nouveau et quasi sociologique. L’écrit prend des allures documentaires. Il constate encore et de nouveau les d’atrocités commises à la fois avec la lucidité et l’objectivité de la distance mais également avec l’intérêt et l’attention de la familiarité.

    Les questionnements sont multiples, l’auteur s’emploie à déconstruire des certitudes, des habitudes de langages, de pensées. L’importance du sens des mots, les notions d’appartenance et d’identité sont abordées avec une grande finesse.

    Sans pathos, il nous touche par cet impossible deuil, cette tristesse insondable de n’avoir pas su, pas pu, pas voulu. Continuer de perdre, puisque la perte est insurmontable. S’abandonner à la mort pour ne plus vivre avec l’innommable.

    Un récit impressionnant de rigueur et de sensibilité.

    https://unmotpourtouspourunmot.blogspot.com/2019/09/le-guetto-interieur-de-santiago.html

Thèmes en lien avec Santiago H. Amigorena

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !