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Santiago H. Amigorena

Santiago H. Amigorena

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Avis sur cet auteur (36)

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Ghislaine DEGACHE sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Au début du roman, le 13 septembre 1940, Vicente Rosenberg retrouve au café Tortoni, deux amis, Ariel Edelsohn, rencontré à Varsovie quand ils avaient 18 ans et Sammy Grunfeld qu'ils ont tous deux connu en 1928, pendant le trajet en bateau de Bordeaux à Buenos Aires en Argentine où ils vivent...
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    Au début du roman, le 13 septembre 1940, Vicente Rosenberg retrouve au café Tortoni, deux amis, Ariel Edelsohn, rencontré à Varsovie quand ils avaient 18 ans et Sammy Grunfeld qu'ils ont tous deux connu en 1928, pendant le trajet en bateau de Bordeaux à Buenos Aires en Argentine où ils vivent actuellement. Vicente était parti en Argentine pour se libérer un peu de l'emprise maternelle et tenter sa chance. Il y mène une existence heureuse, marié à Rosita, ils ont trois enfants.
    Quand il prend peu à peu connaissance de la guerre qui se mène en Europe, il va commencer à regretter de n'avoir pas davantage écrit à sa mère restée en Pologne et d'avoir aussi peu insisté pour qu'elle le rejoigne, même s'il le lui a proposé à plusieurs reprises mais sans grande conviction. Il s'en veut de ne pas partager le sort des siens et va petit à petit se refermer sur lui-même, devenir imperméable à tout son environnement, ne s'intéressant plus ni à ses amis, ni même à sa femme et à ses enfants, s'enfermant dans un quasi mutisme, se punissant, se fuyant et se haïssant lui-même. Ce Ghetto intérieur, titre de l'ouvrage, que vit Vicente, l'écrivain le décrit de manière bouleversante et terrifiante.
    Ce sont donc les questions de l'identité et de la transmission que Santiago H Amigorena aborde dans ce roman autobiographique puisqu'il raconte en fait, l'histoire de son grand-père, juif polonais émigré en Argentine, alors que la Shoah décime sa famille restée à Varsovie, la généalogie des personnages étant expliquée dans l'épilogue.
    L'histoire de la Shoah, l'auteur nous la donne à lire et à ressentir de façon terrifiante par les articles de journaux, les chiffres et aussi par la terrible dernière lettre envoyée par Gustawa, mère de Vicente.
    Ce livre ne peut laisser insensible. Il m'a beaucoup touchée et marquée. L'exil, la culpabilité, la quête d'identité, le repliement sur soi, l'irréversibilité du silence, le traumatisme collectif, autant de thèmes abordés qui relient l'intime et l'universel.
    Pour terminer, je citerai Santiago H. Amigorena qui termine ainsi son livre : "J'aime penser, comme je vieillis, que quelque chose de mon passé vit en moi - de même que quelque chose de moi, j'espère, vivra dans mes enfants."
    Un grand livre!

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Miss Marple sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    A chaud, peut être un tort. Il est 3h du matin, je l'ai lu dans la journée ! Incapable de le fermer, j'ai bien essayé de le quitter cde ghetto, en allant me coucher ! Mais ..
    Le ghetto, j'en avais lu des tonnes, sur celui de Varsovie, de Lodz, de Cracovie avec les écrits de Wiezel, Appelfeld et...
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    A chaud, peut être un tort. Il est 3h du matin, je l'ai lu dans la journée ! Incapable de le fermer, j'ai bien essayé de le quitter cde ghetto, en allant me coucher ! Mais ..
    Le ghetto, j'en avais lu des tonnes, sur celui de Varsovie, de Lodz, de Cracovie avec les écrits de Wiezel, Appelfeld et bien d'autres : les descriptions et les récits ne manquent pas, les images non plus.
    Ce ghetto là est tout aussi émouvant, et peut être même plus que les vrais enfermements dans les murs montés par des ennemis pour asservir et réduire à l'état animal la population juive de la Pologne puis de l’Europe entière.
    Il est l’œuvre de l'homme lui même, Vicente, juif non pratiquant , qui ne se sent pas juif, vit en Argentine après avoir émigré seul en 1927, marié avec une jeune fille juive aussi mais née là bas de parents ayant échappé aux pogroms européens du début du XX siècle, heureux papa de 3 enfants, propriétaire d'un magasin de meubles, plutôt aisé. Il ne se sent pas juif, il a même embauché un jeune allemand pour l'aider dans son commerce.
    Son souci : sa mère juive.. qu'il a fuie.. pour se libérer et qu'il voudrait bien voir le rejoindre mais qui ne fait rien pour qu'elle vienne, ou pas assez ! Et la voilà prisonnière du ghetto de Varsovie ! Trop tard pour la faire sortir.
    Il lit peu de journaux, puis plus du tout, parle beaucoup puis plus du tout, à personne et l'auteur décrit parfaitement bien son enfermement, la culpabilité qui l'assaille , trop tard, encore trop tard, il fallait réagir plus tôt, comme son ami d'enfance Ariel. Il a laissé passer le temps, laissé s'installer le silence avec sa famille lointaine et le fossé se creuse avec sa famille en Argentine, il se tait, se ferme, se renferme. Silence ! Comme dans les journaux européens qui se sont tus, les hommes politiques qui savaient et qui se sont tus. Il s'est tu !

    C'est une histoire vraie, tristement vraie, incroyablement vraie et profondément vraie. C'est pour cela qu'elle nous touche au plus profond de nous. Nous aussi nous nous taisons !

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    RebFox sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Ce livre a été une incroyable découverte grâce au regard vraiment différent porté sur la "Shoah".
    Ce livre est profond par sa réflexion faite sur les victimes "collatérales" de ces déportations des juifs pendant la deuxième guerre mondiale.
    Le personnage principal est étonnant dans sa...
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    Ce livre a été une incroyable découverte grâce au regard vraiment différent porté sur la "Shoah".
    Ce livre est profond par sa réflexion faite sur les victimes "collatérales" de ces déportations des juifs pendant la deuxième guerre mondiale.
    Le personnage principal est étonnant dans sa démarche, dans sa réaction face à la situation de mise dans un ghetto de sa famille : il devient silencieux. Au début, on aurait envie de le secouer, de lui dire de profiter de la vie à Buenos Aires où il s'est réfugié avant le début de la guerre, de profiter de sa femme, de ses enfants en bonne santé, de continuer à travailler. Mais au fil des pages, on parvient à comprendre son désarroi face à cette effroyable situation contre laquelle il ne peut rien faire et donc son mutisme.

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Marie-Laure VANIER sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Il part. En 1928, il quitte la Pologne pour l'Argentine, Varsovie pour Buenos Aires, laissant sa mère, son frère et sa soeur à des milliers de kilomètres derrière lui. Il part et a le sentiment de se libérer enfin de l'emprise maternelle, il souhaite respirer un peu et se lancer dans une...
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    Il part. En 1928, il quitte la Pologne pour l'Argentine, Varsovie pour Buenos Aires, laissant sa mère, son frère et sa soeur à des milliers de kilomètres derrière lui. Il part et a le sentiment de se libérer enfin de l'emprise maternelle, il souhaite respirer un peu et se lancer dans une nouvelle vie, faire fortune peut-être, loin de la vieille Europe, loin d'une famille étouffante, loin d'une mère juive qui l'empêche presque d'être lui-même.
    « Les Juifs me font chier. Ils m'ont toujours fait chier. C'est lorsque j'ai compris que ma mère allait devenir aussi juive et chiante que la sienne que j'ai décidé de partir. »
    Le jeune et beau Vicente Rosenberg (double du grand-père de l'auteur) se marie, a des enfants. Il oublie le yiddish, parle espagnol, apprend à danser le tango. La vie lui sourit et Vicente Rosenberg aurait dû être un homme heureux. Mais il ne le sera pas : au même moment, de l'autre côté de l'Atlantique, le pire s'abat sur l'Europe. Il a pour nom nazisme et pour conséquence le meurtre de six millions de Juifs.
    L'impensable.
    L'innommable.
    L'insensé.
    La Shoah.
    Si à son arrivée,Vicente Rosenberg propose à sa mère de venir le rejoindre à Buenos Aires, il ne fait pas l'effort de retraverser l'Atlantique pour aller la chercher et il faut bien l'avouer, il lit d'un œil assez distrait les premières lettres qu'il reçoit d'elle et ne lui répond que lorsqu'il en a le temps. Mais très vite, il sent que quelque chose est en train de basculer, là-bas, en Europe. Et il sent aussi que sa mère se trouve dans l'oeil du cyclone et qu'enfermée dans le ghetto de Varsovie, elle ne s'en sortira peut-être pas.
    Et ça, Vicente Rosenberg ne pourra jamais le concevoir.
    Il est parti et maintenant c'est trop tard. Il a abandonné les siens, sa mère, son frère, sa soeur mais aussi d'une certaine façon, les autres Juifs d'Europe. Il ne s'est pas trouvé là où il aurait dû être. Il n'a pas vécu l'enfer que les autres ont subi. Il a honte. Écrasé par une douleur extrême et un sentiment de culpabilité immense, Vicente s'enferme petit à petit dans un mutisme absolu. Que dire en effet quand tout paraît vain ou dérisoire ? De quoi parler quand plus rien n'a de sens et que les hommes sont devenus fous ? Comment vivre en sachant que sa mère souffre et vit le pire ? Comment ne pas se réfugier dans le silence quand les mots n'ont plus de sens et qu'il n'en existe aucun pour exprimer le pire ?
    N'étant plus que l'ombre de lui-même, il ne lui reste plus qu'à s'isoler dans un ghetto intérieur dont il aura bien du mal à s'extraire… si c'est possible.
    « Il aspirait à un silence si fort, si continu, si insistant, si acharné, que tout deviendrait lointain, invisible, inaudible - un silence si tenace que tout se perdrait dans un brouillard de neige. »
    Comme vous l'aurez compris, le sujet abordé ici par Santiago H. Amigorena est extrêmement douloureux et je sens qu'il va falloir que je fasse un effort pour rester objective afin de parler de l'oeuvre elle-même sans être emportée par l'émotion (et avec une telle thématique, c'est difficile.)
    Bon, disons-le, j'ai un avis plutôt positif sur ce roman (certains aspects m'ont beaucoup plu) mais j'ai tout de même quelques réserves.
    Des livres sur la Shoah, nous en avons tous beaucoup lu. Or, Le Ghetto intérieur a ceci d'original qu'il fait le portrait d'un homme qui n'est pas sur le lieu même où les crimes sont commis. En effet, Vicente reçoit des bribes d'information et a bien du mal à appréhender la vérité. On comprend que les journaux ont parlé finalement (et pour différentes raisons) assez tardivement de tout ce qui se passait dans les camps de la mort. L'information circulait mal. Et puis, comment admettre l'impensable, comment considérer comme vrai ce qui dépasse l'entendement ?
    « Vicente, comme le reste de l'humanité, pouvait savoir mais ne pouvait pas savoir. Il ne pouvait mettre aucune image sur ce qui se passait à douze mille kilomètres de distance de là où se déroulait son drame personnel. Il ne pouvait mettre aucune image ni l'appeler d'aucun nom.»
    Cette distance géographique et donc physique va être très mal vécue par le narrateur qui a le sentiment de ne pas être à sa place. Un sentiment d'impuissance s'empare donc de lui. Il comprend qu'il est fondamentalement attaché à ceux dont il s'est éloigné : à sa famille mais aussi aux Juifs d'Europe. Lui qui avait plus ou moins rejeté son appartenance à toute forme de judéité se sent être fondamentalement juif, appartenir à une famille, une communauté qu'il avait délaissée. C'est donc en s'éloignant qu'il devient ce qu'il fuyait. J'ai trouvé passionnantes toutes les analyses tournant autour de cet écart géographique et ses conséquences sur l'évolution psychologique du personnage principal.
    M'ont aussi beaucoup intéressée les réflexions sur les mots permettant de désigner l'innommable : dire « Shoah » ou « Holocauste », mettre une majuscule ou pas, parler d' « événement » ou de « catastrophe », d' « apocalypse » ou de « génocide », cela n'a pas le même sens, ne sous-entend pas la même chose… Les mots ont ici une importance capitale car ce sont eux qui vont exprimer les faits, dire ce que beaucoup renonceront à dire, c'est par eux que sera révélée et transmise la vérité, celle que tout le monde doit savoir.
    Enfin, le questionnement sur l'identité juive est aussi passionnante d'autant que les réflexions ont lieu dans une langue assez simple qui pourrait être celle d'un jeune homme comme Vicente : il essaie en effet de comprendre qui il est, quel est le sens de cette identité unique qu'il n'a pas choisie (et que les nazis ont imposée aux gens qu'ils voulaient assassiner), pourquoi il serait plus juif que polonais, argentin, danseur de tango, joueur de football ou vendeur de meubles, il se demande si on peut avoir une identité qui nous définisse toute une vie, si ce mot a du sens pour lui et l'on assiste vraiment ici, notamment grâce au discours direct, à l'évolution de sa réflexion, un peu naïve dans sa formulation et donc très touchante :
    « - Oui, oui, c'est ça ! C'est exactement ça ! On est différents. On est différents de tout, on est différents de tous. On est différents de quoi que ce soit. C'est la seule chose qui compte. On est le seul peuple sans armée, sans État. Et on a été élus, mais on n'a jamais vraiment su pourquoi on avait été élus. On a été élus seulement pour se poser la question de pourquoi on a été élus !C'est ça ! On est juifs. Je suis juif. Mais on ne sait pas ce que c'est. On ne sait absolument pas ce que c'est. Et le plus beau et le plus triste à la fois, c'est qu'on n'arrêtera jamais de se le demander, et qu'on ne le saura jamais. »
    La simplicité des mots et des tournures de phrases confère une vraie force au propos. Et l'on sent soudain que l'on touche à l'essentiel, à quelque chose qui a à voir avec une forme de tragique et c'est beau à pleurer….
    Mon bémol réside finalement dans le récit lui-même que j'ai trouvé parfois (et notamment à la fin) très répétitif et trop long, d'autant que souvent, ce sont les mêmes expressions, les mêmes mots qui sont employés pour exprimer le quotidien de Vicente, ses sorties en ville, les cafés, les jeux, le désespoir de sa femme et son enfermement intérieur… Un livre sur un tel sujet supporte mal les longueurs. Certains passages manquent de rythme et les redites finales, trop nombreuses, alourdissent inutilement le récit.
    Il me semble aussi que l'auteur aurait pu donner encore plus de force au personnage de Vicente en exprimant peut-être de façon un peu plus progressive (plus nuancée?) sa lente plongée dans le silence. J'ai le sentiment qu'on y arrive trop vite, trop tôt dans le roman (p 52, son ami Ariel le trouve déjà « plus taiseux qu'il ne l'était depuis le début de la guerre »), ce qui oblige ensuite l'auteur à jouer sur le ressassement, la répétition tout le long des 140 pages restantes. Je pense qu'il y a ici un manque d'équilibre dans l'organisation romanesque et ce au détriment du personnage principal dont le portrait aurait, je pense, pu être plus affiné, plus fouillé.
    J'ai trouvé enfin qu'il y avait comme une distance entre le personnage de Vicente et le lecteur (moi-même en l'occurrence) : est-ce lié au récit à la 3e personne - mais comment faire autrement? ou à une certaine économie de moyens dans l'écriture (une certaine froideur) ?, ou bien aux références historiques assez nombreuses (et pas franchement nécessaires à mon avis) qui empêchent, me semble-t-il, la partie romanesque de se déployer véritablement? Je ne sais pas vraiment, en tout cas, cette distance a un peu retenu chez moi l'empathie voire l'émotion (qui auraient dû être là, présentes et immenses, dès les premiers mots). J'ose l'avouer, le personnage de Vicente ne m'a pas vraiment touchée (sauf quand il parle de sa mère - quel beau livre d'ailleurs sur les relations mère/fils...)
    Et pourtant, il aurait dû me bouleverser. Je trouve que quelque chose ne fonctionne pas vraiment dans le dispositif romanesque. Pourquoi ? I don't know. En tout cas, il m'a fallu attendre la fin pour que je me sente émue. (D'ailleurs, quand je dis que je n'ai pas été touchée plus que ça par Vicente, je ne l'ai pas été non plus par sa femme et ses enfants…) Je les ai vus comme de loin…

    Bon, allez, j'arrête là. Le Ghetto intérieur reste incontestablement un texte marquant et il ne faut pas vous fier à l'avis d'une vieille grincheuse au coeur de pierre !

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