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Santiago H. Amigorena

Santiago H. Amigorena

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Avis sur cet auteur (36)

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Itzamna librairie sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Ce texte est très riche de réflexions sur la guerre et l'extermination massive de millions de juifs. Mais il questionne aussi la volonté de savoir, ou de se voiler la face pour continuer à vivre dans un semblant de normalité. Il interroge l'identité, sujet très fort dans ce récit : identité du...
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    Ce texte est très riche de réflexions sur la guerre et l'extermination massive de millions de juifs. Mais il questionne aussi la volonté de savoir, ou de se voiler la face pour continuer à vivre dans un semblant de normalité. Il interroge l'identité, sujet très fort dans ce récit : identité du peuple juif, exclusive de toute autre identité et qui porte le poids de la culpabilité et de l'Histoire. Santiago H. Amigorena analyse également le poids des mots, leur signification et leur portée historique. A travers sa propre histoire, il met en lumière le poids de l'histoire familiale également, ce que l'on appelle aujourd'hui la psychogénéalogie et comment le silence d'un aïeul peut affecter l'existence de sa descendance. Les réflexions portées par l'auteur sont très riches et passionnantes.

    Néanmoins, je n'ai pas été touchée par l'émotion. Je n'ai pas ressenti d'empathie pour cet homme qui se laisse emporté par la culpabilité d'avoir abandonné sa mère dans l'oeil du cyclone, un homme qui s'enferme en lui-même pour ne plus avoir à penser à ce que vivent sa mère et son frère au coeur du Ghetto de Varsovie. Emporté par ce qui finit par s'imposer à lui, il ne peut que se couper de tout ce qu'il ressent et du monde qui l'entoure, de sa femme et de ses enfants, pour ne plus avoir à imaginer l'inimaginable. Cette réaction, pour compréhensible qu'elle peut être, m'a laissée distante. Ce silence a finit par m'exaspérer. Cette rengaine incessante de l'auteur autour du silence et de l'introspection, cette façon de toujours y revenir alors que rien n'évolue, ont fini par me lasser. Là où les autres lecteurs ont été touchés par l'émotion, j'ai pour ma part souvent eu envie de sauter quelques pages pour revenir au volet historique. Dommage car cela m'a empêcher d'apprécier réellement cet ouvrage.

    https://itzamna-librairie.blogspot.com/2019/12/le-ghetto-interieur-santiago-h-amigorena.html

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Cécile sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Je savais en débutant ce roman de Santiago H. Amigorena, faisant partie de la sélection d'octobre du Grand Prix Elle, que ça n'allait pas être une lecture joyeuse. Bon et bien, déjà je ne me suis pas trompée, c'est effectivement assez triste mais aussi très émouvant.
    Santiago H. Amigorena nous...
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    Je savais en débutant ce roman de Santiago H. Amigorena, faisant partie de la sélection d'octobre du Grand Prix Elle, que ça n'allait pas être une lecture joyeuse. Bon et bien, déjà je ne me suis pas trompée, c'est effectivement assez triste mais aussi très émouvant.
    Santiago H. Amigorena nous offre un point de vue sur la Shoah différent de ceux que l'on a déjà pu lire : la vision qu'il nous présente, c'est celle d'un homme à des milliers de kilomètres de sa mère restée à Varsovie, un homme qui ne sait pas ce qu'il se passe, qui ne peut que l'imaginer et se sentir coupable.
    Cet homme, c'est Vicente, polonais, juif ou argentin, il ne le sait plus trop en ces temps troublés de la Deuxième Guerre Mondiale, pendant que des hommes décident du sort des juifs en Pologne, décident qu'ils n'ont plus le droit de vivre.
    Alors, il se renferme, ne parle à personne de ce qu'il ressent, comme si ça allait suffire à repousser l'horreur loin de lui. Il arrête de parler et s'enferme dans son ghetto intérieur.
    Comment ne pas se sentir concerné par les questions que Vicente se pose, lorsqu'il déjeune en famille et qu'il se sent coupable d'avoir autant à manger alors que sa mère souffre de la faim, lorsqu'il se dit qu'il aurait du insister et la ramener de force en Argentine avec lui ?
    Une lecture poignante servie par une belle écriture.

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    Joëlle Guinard sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    COUP DE CŒUR

    0https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/09/le-ghetto-interieur-de-santiago-h.html

    Buenos-Aires, 1940. Vicente Rosenberg, trente-huit ans, vit en Argentine depuis qu'il a quitté la Pologne en 1928. Il a épousé Rosita et a trois jeunes enfants. Sa mère avait refusé de le...
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    COUP DE CŒUR

    0https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/09/le-ghetto-interieur-de-santiago-h.html

    Buenos-Aires, 1940. Vicente Rosenberg, trente-huit ans, vit en Argentine depuis qu'il a quitté la Pologne en 1928. Il a épousé Rosita et a trois jeunes enfants. Sa mère avait refusé de le suivre choisissant de rester près de son fils aîné à Varsovie. Vicente a éprouvé du soulagement d'avoir réussi à s'éloigner de sa mère, il se sent maintenant bien plus argentin que juif ou polonais. L'exil a permis à Vicente de devenir indépendant. Sa mère lui écrit des lettres auxquelles il ne répond pas toujours.

    Avec ses amis juifs qu'il retrouve au café, il s'inquiète de ce qui se passe en Europe, ils n'ont qu'une idée très vague de ce qui se passe réellement à 12000 kms de l'Argentine. Les lettres de sa mère deviennent plus rares et de plus en plus alarmantes, les nazis exproprient les juifs, construisent un mur autour des logements dans lesquels ils les confinent, c'est le ghetto de Varsovie dans lequel sont enfermées quatre cent mille personnes sur à peine trois kilomètres carrés. Comment d'Argentine, imaginer ce qu'est réellement la vie à l'intérieur du ghetto? Quelques rares articles évoqueront les camps d'extermination à partir de 1942 mais ils auront peu d'écho... un jour Vicente ne reçoit plus de lettres de sa mère. " S'éloigner de sa mère en 1928 l'avait tellement soulagé - être loin d'elle aujourd'hui le torturait tellement."

    Le jeune homme qui ne s'est jamais vraiment senti juif, qui avait même éprouvé de la honte à être juif se pose des questions sur son identité. Commence à poindre le sentiment de se sentir de plus en plus juif et d'être fier de cette identité. Vicente regrette de ne pas avoir insisté dans les années précédentes pour que sa mère le rejoigne en Argentine avec son frère alors que la montée de l’antisémitisme était flagrante et que des pogroms avaient eu lieu. Il n'a pas insisté mais peut-être n'avait-il pas vraiment eu envie qu'elle le rejoigne dans ce pays où il avait pu devenir lui-même...

    L'inquiétude, la culpabilité de ne rien pouvoir faire pour sauver sa mère et l’impossibilité de continuer à vivre comme il l'avait fait jusque-là entraînent Vicente dans un ghetto intérieur, il s'enferme dans une prison de silence et de jeu, il se désintéresse de tout, de son travail, de sa femme et leurs enfants, passant ses nuits à jouer au poker, jouant pour se punir et pour oublier. "Vicente avait voulu savoir et, en même temps, il avait préféré ne pas savoir."

    Ce récit d'une incroyable force retrace l'histoire du grand-père de l'auteur, c'est une vraie page d'histoire. Ce roman décortique la sidérante descente dans la mélancolie de Vicente, un homme affreusement torturé qui ne veut pas savoir, qui ne veut pas imaginer ce qui se passe en Europe et ce que vit sa famille restée à Varsovie. Il se coupe du monde, son esprit se referme pour pouvoir survivre. Il se réfugie dans un mutisme qu'il transmettra à certains de ses enfants et petits-enfants, dont l'auteur qui dit avoir commencé à écrire pour combattre le silence qui l'étouffe depuis sa naissance. Un récit bouleversant dont l'intensité va crescendo. L'auteur dépeint un homme qui, lorsqu'il apprendra la réalité de la Shoah, se sentira coupable d'avoir manqué à sa destinée, de ne pas avoir été là où il aurait dû être et vivra à partir de ce moment-là "comme un fantôme, silencieux et solitaire." Inoubliable roman sur la culpabilité des survivants...

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    Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l

    parcequecmoi sur Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

    Librement inspirée de la vie de son grand-père maternel, Santiago H. Amigorena nous livre l’histoire de Vicente Rosenberg, jeune juif polonais qui a fui en 1928 sa ville natale de Varsovie en laissant sur place sa mère Gustawa, son frère et sa famille, et sa sœur réfugiée en Russie. Il arrive à...
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    Librement inspirée de la vie de son grand-père maternel, Santiago H. Amigorena nous livre l’histoire de Vicente Rosenberg, jeune juif polonais qui a fui en 1928 sa ville natale de Varsovie en laissant sur place sa mère Gustawa, son frère et sa famille, et sa sœur réfugiée en Russie. Il arrive à Buenos Aires, avec un ami de jeunesse, rencontre sa femme Rosita avec qui il aura 4 enfants, se trouve un bon job. Il vivra les années de guerre européenne de là-bas. De sa mère, il aura des nouvelles par lettres, de moins en moins fréquentes, de plus en plus dures à lire et à comprendre. D’ailleurs ce qu’il comprendra de ce qu’il se passe en Pologne et en Europe en général concernant les juifs, il ne le découvrira réellement qu’après la fin de la guerre.

    Le pitch étant posé, l’auteur nous fait entrer dans l’intime de son personnage, il nous fait vivre ses sentiments de l’intérieur. En effet, Vicente coule une vie tranquille et en toute sécurité en Argentine auprès de ses amis et de sa nouvelle famille, avec un bon métier qui rapporte (il tient un magasin de meubles anciens), dans la chaleur de l’Amérique du Sud. Quand, en 1940, il entend les terribles nouvelles qui lui parviennent d’Europe, le sort réservé aux juifs, le ghetto de Varsovie, la faim, la misère, les déportations, et tous les morts, il ressent une tristesse infinie, et il se mure dans un silence dépressif qui va durer des mois. C’est d’abord le goût du remord, puis de la culpabilité qui l’assaille, et enfin de la trahison envers les siens laissés sur place face à une mort certaine. Il pense à son exil égoïste quand il était presque content de s’éloigner de sa mère, il repense au fait qu’il n’a pas beaucoup insisté pour qu’elle, la famille de son frère et sa sœur le rejoignent à Buenos Aires. Le silence sera son propre ghetto intérieur, ainsi que ses nuits cauchemardesques, et la souffrance qu’il ressent. Ce sera sa façon toute personnelle d’affronter l’insoutenable, ne plus parler de rien avec personne, jamais. Il pense que le silence va l’apaiser, va l’aider à oublier ses tourments, va l’éloigner de ces horreurs. Ne pas dire, pour ne pas faire vivre ou revivre les choses, ne pas mettre de mots sur l’indicible. Mais la pensée reste bien présente si les mots, les phrases et les paroles sont devenus muets. Impossible de combattre par le silence. Le silence n’arrange rien, il détruit. Il détruit Vicente et tous ceux qui sont autour de lui, sa femme, ses enfants, ses amis, son travail, la vie qu’il s’est construite à Buenos Aires. Cela le conduit au bord du suicide, sauvé in extremis par Rosita qui vient lui annoncer qu’elle est de nouveau enceinte.

    L’auteur nous offre une vision différente que celle que l’on a l’habitude de lire sur le sujet du nazisme, de l’antisémitisme et des horreurs de la Shoah. Il nous montre tout cela à travers un fils, exilé à plus de 12000 kms de l’Europe, qui verra sa famille polonaise juive décimée. Santiago H. Amigorena nous raconte la culpabilité non pas des survivants des camps, mais celle de ceux qui ont quitté l’Europe avant la guerre, pour refaire leur vie loin, en sécurité, qui restent impuissants devant ce drame européen. En fil rouge, l’auteur nous raconte par bribes, le long des jours qui s’écoulent paisiblement en Argentine, les lourdes décisions prises par les allemands pour décimer les juifs.

    Il y a de très belles pages sur ce que c’est d’être juif, de se sentir juif, sur les différentes définitions qui sont possible, sur le comment et le pourquoi « être juif », sur l’identité d’être juif, et n’être plus réduit qu’à ça. Des dizaines de questions que se posent le narrateur Vicente (Wincenty en polonais, comme le prénomme toujours sa mère), et sur lesquelles il discute avec ses amis, ou dans sa tête pour lui seul sans jamais apporter de réponses, lorsqu’il s’enferme dans mutisme déstabilisant.

    L’auteur nous livre un roman emprunt de vérité, sa vérité, puisqu’il raconte à travers « le ghetto intérieur », un pan de la vie de son grand-père. Cela donne de l’émotion et de la puissance au texte qui est tout sauf banal. Un livre très personnel, qui se révèle douloureux pour le narrateur, mais aussi pour le lecteur qui vit cette impuissance et ce silence empli de mots dans la pensée de Vicente. Santiago H. Amigorena rend ainsi la parole à ce grand-père qu’il n’a jamais entendu raconter ses souffrances en tant que victime collatérale, ni même conter la vie et la mort de sa famille restée en Pologne. Le sujet est bouleversant, il nous fait réfléchir sur les juifs, la guerre, la Shoah, c’est un roman court mais long à lire.

    A chacun son ghetto intérieur. Tout écrivain et tout lecteur a le sien.

    Par la force qu’il inflige à son roman, l’auteur nous bouleverse. C’est l’histoire de ses grands-parents qui vient s’inscrire dans l’Histoire du monde, notre histoire. Certes, il y a des pages somptueuses de beauté, il y a une atmosphère très spéciale, languissante en Argentine, et une écriture plus incisive lorsqu’il parle de ce qui se passe en Europe. L’écriture est fluide. Santiago H. Amigorena signe un beau livre autobiographique.

    Néanmoins, je suis réservée sur l’avenir d’un tel livre. Oui, on est happé lors de sa lecture, mais l’engouement part vite une fois le livre refermé. Une lecture intéressante mais qui ne marque pas spécialement sur la durée. Que va-t-il en rester ? Un énième livre sur la Shoah, mais vu d’un autre angle, celui d’une victime qui s’est éloignée sciemment du malheur pour en vivre quand même la douleur à 12000 kilomètres. Le personnage de Vicente n’a pas la carrure d’un héros, ni celle d’un anti-héros dont on se souviendra. Si l’auteur n’était pas si connu et reconnu, et s’il racontait une vraie fiction sur ces évènements, quel serait l’avenir de ce livre ?

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