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Sandor Marai

Sandor Marai
Né en 1900 à Kassa, en Hongrie, Sándor Márai fait ses études à Leipzig, puis vit à Francfort, Berlin et Paris, avant de rentrer dans son pays où il devient, dans les années 30, un auteur adulé. Tombé dans l'oubli après 1948, date de son exil en Europe puis en Californie, il se suicide, à San Dieg... Voir plus
Né en 1900 à Kassa, en Hongrie, Sándor Márai fait ses études à Leipzig, puis vit à Francfort, Berlin et Paris, avant de rentrer dans son pays où il devient, dans les années 30, un auteur adulé. Tombé dans l'oubli après 1948, date de son exil en Europe puis en Californie, il se suicide, à San Diego, en 1989. Son oeuvre a été redécouverte dans les années 90. Le roman La Soeur, qui succède aux Braises, est le dernier que Márai publia en Hongrie, en 1946.

Avis sur cet auteur (18)

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    Couverture du livre « L'heritage d'esther » de Sandor Marai aux éditions Lgf

    lplbordeaux sur L'heritage d'esther de Sandor Marai

    l'un et l'autre nous entraînent loin...

    l'un et l'autre nous entraînent loin...

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    Couverture du livre « Métamorphoses d'un mariage » de Sandor Marai aux éditions Lgf

    Christlbouquine sur Métamorphoses d'un mariage de Sandor Marai

    Un homme et deux femmes. L’homme a été marié à ces deux femmes. Péter, Illonka et Judit. Chacun à son tour va raconter son histoire dans un long monologue et va revenir sur la relation qui les lie. Péter et Illonka se sont mariés. Issus du même monde bourgeois, leur union allait de soi. Mais...
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    Un homme et deux femmes. L’homme a été marié à ces deux femmes. Péter, Illonka et Judit. Chacun à son tour va raconter son histoire dans un long monologue et va revenir sur la relation qui les lie. Péter et Illonka se sont mariés. Issus du même monde bourgeois, leur union allait de soi. Mais très vite, Illonka a senti une fêlure chez son mari. Elle a compris qu’elle était seule à aimer, que Péter était pris ailleurs. De désillusions en dialogues qui tournent court le couple se délite jusqu’au divorce. De son côté Péter est un être constamment insatisfait, toujours en quête de quelque chose qu’il n’a pas. Et ce qu’il n’a pas, c’est cette autre femme qui occupe tout son cœur et son esprit. Judit, domestique chez ses parents et pour qui il éprouve une attirance irrépressible. Judit pour qui il finira par quitter Illonka et qu’il épousera. Avant de découvrir que cette femme ne l’aime pas mais l’a utilisé pour sortir de sa condition.

    Un jeu de miroir semble donc s’être installé entre Ilonka qui aime Péter sans retour et Péter qui aime Judit sans être aimé d’elle. 

    Chronique de la déception, de l’échec amoureux, de la solitude et de l’exil ce livre possède une véritable atmosphère. Sans grandiloquence et de manière feutrée Sándor Márai donne la parole à ses trois personnages livrant des vies faites de compromis, de renoncements ou de prises de décisions à la fois courageuses et irrévocables. Des vies conditionnées par une appartenance à une classe sociale, à un sexe, à une époque, à un pays. Mais des vies qui se dévoilent sans far dans ce qu’elle ont de plus magnifiques comme de plus mesquins, ne cachant rien de leurs sentiments et de leurs actes. 

    C’est magnifiquement écrit, dans une langue pleine, riche et élégante qui donne toute sa dimension aux récits des trois personnages. Ainsi malgré la longueur des monologues le lecteur n’éprouve aucun ennui, totalement happé par les confessions des personnages. L’aspect historique et politique joue aussi son rôle dans ce roman donnant au lecteur un aperçu de la Hongrie du XXème siècle jusqu’au delà de la seconde guerre mondiale. Un récit d’une grande profondeur qui se lit à plusieurs niveaux.

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    Couverture du livre « La nuit du bucher » de Sandor Marai aux éditions Lgf

    Anne-Marie Lemoigne sur La nuit du bucher de Sandor Marai

    C'est une longue lettre, une lettre de de 272 pages .
    Celle qu'écrit d'Italie en 1600 à ses frères inquisiteurs restés à Avila, un moine espagnol venu prendre des leçons d'inquisition auprès du tribunal ecclésiastique de Rome.

    Il y présente un bilan de ses 16 mois passés en compagnie des...
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    C'est une longue lettre, une lettre de de 272 pages .
    Celle qu'écrit d'Italie en 1600 à ses frères inquisiteurs restés à Avila, un moine espagnol venu prendre des leçons d'inquisition auprès du tribunal ecclésiastique de Rome.

    Il y présente un bilan de ses 16 mois passés en compagnie des moines inquisiteurs italiens, de leurs pratiques pour amener à la repentance et l'abjuration ceux qui sont entre leurs mains, des différences entre les tortures infligées dans les deux pays, et dégage ainsi la spécificité des procédures qu'il a pu observer dans la ville papale .

    Le frère espagnol va parachever son parcours initiatique - qu'on appellerait actuellement « stage de perfectionnement » - en se voyant autorisé à suivre la dernière nuit de Giordano Bruno (dont on peut voir actuellement la statue sur la place du Campo dei Fiori où s'élevaient les bûchers sur lesquels on brûlait les hérétiques). Malgré les sept ans de prison et de tortures, ce prêtre apostat, intellectuel hérétique, ne s'est jamais rétracté . En cette dernière nuit où selon la coutume italienne un inquisiteur l'accompagne et l'exhorte à renier ses certitudes, il renonce fièrement, calmement et obstinément à se repentir et à reconnaître ses fautes .
    L'expérience de cette dernière nuit et de l'exécution publique au petit matin laissera des traces chez ce moine espagnol et ébranlera ses certitudes. L'objectivité du témoin et du chroniqueur laissera alors la place au regard critique du juge .

    Inspiré de documents d'époque dont Márai signale l'origine, c'est une plongée dans l'univers violent, cruel , impitoyable de ceux qui sont convaincus qu'ils sont les bras armés de Dieu et qui n'ont que méfiance à l'égard de la diabolique invention récente de l'imprimerie. Elle permettrait la propagation d'écrits jugés pernicieux car menaçant la foi aveugle en provoquant « la terrifiante possibilité d'une réflexion indépendante »

    Roman écrit par Sandor Márai en 1974 alors qu'il vit en exil en Italie, son œuvre ayant été jugée bourgeoise et dangereuse par le pouvoir communiste hongrois .
    Roman coup de poing, oppressant par son contenu qui entraîne le lecteur dans les coulisses de cette officine où les bourreaux opèrent au nom de Dieu, en toute bonne conscience, et roman souvent glaçant par la froideur apparemment détachée du compte-rendu précis et circonstancié que fait le moine de ce qu'il a observé .

    Si sa lecture m'a semblé bien éprouvante car il y est fait mention de tortures dignes de l'Enfer de Jérôme Bosch, je l'ai trouvée néanmoins salutaire car même si l'Inquisition a disparu des pratiques de l'Eglise des Chrétiens, la peste de l'intolérance religieuse est toujours bien présente au nom d'autres Dieux, dans d'autres pays où, telle un phénix, elle renaît de ses cendres , y exerce sa barbarie et y étend ses ravages .

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    Couverture du livre « La nuit du bucher » de Sandor Marai aux éditions Lgf

    Lettres & caractères sur La nuit du bucher de Sandor Marai

    Il y a quelques jours, j'ai pu prendre conscience de tout ce que la religion produisait de pire à l'heure actuelle grâce à Yasmina Khadra et à son inquiétant Khalil. Désormais je sais ce qu'elle a pu produire de pire par le passé grâce à Sandor Marai et à son terrifiant La nuit du bûcher....
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    Il y a quelques jours, j'ai pu prendre conscience de tout ce que la religion produisait de pire à l'heure actuelle grâce à Yasmina Khadra et à son inquiétant Khalil. Désormais je sais ce qu'elle a pu produire de pire par le passé grâce à Sandor Marai et à son terrifiant La nuit du bûcher. Pourtant je n'étais pas totalement ignorante des ignominies de l'Inquisition, ayant visité le musée de l'inquisition à Carcassonne il y a quelques années, j'en étais ressortie abasourdie et choquée. Mais de découvrir à travers ce roman les schémas de pensée de ces fanatiques religieux si peu sûrs du bien fondé de leurs propres croyances qu'ils se sentent obligés de massacrer des supposés hérétiques afin que ceux-ci ne mettent pas à mal leur dogme, il y a là un nouveau pas de franchi dans ce que l'humanité a pu engendrer de pire dans son histoire. Parce que, comme l'explique si bien le personnage central de ce récit, le carme d'Avila rendu à Rome pour prendre des cours de torture (pardon, d'Inquisition), il ne s'agit pas uniquement d'éradiquer des impies mais de leur faire vivre les pires supplices pour assouvir un appétit démoniaque (pardon, pour sauver leur âme). Après avoir lu des romans comme ceux-là, j'ai bien du mal à trouver une circonstance atténuante aux religions de toutes sortes mais heureusement pour moi, je peux aujourd'hui le dire haut et fort sans risquer de finir sur le bûcher.