Samira Sedira

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Avis sur cet auteur (12)

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    Couverture du livre « Des gens comme eux » de Samira Sedira aux éditions Rouergue

    HEIM sur Des gens comme eux de Samira Sedira

    Un livre fort et glaçant d'un quintuple meurtre et du procès du meurtrier qui s'ensuit. Le cadre et l'atmosphère sont bien posés, le village calme sans histoires, des gens qui se connaissent et s'apprécient, et une famille nouvelle qui s'installe, faisant voler en éclat le vernis de ce doux...
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    Un livre fort et glaçant d'un quintuple meurtre et du procès du meurtrier qui s'ensuit. Le cadre et l'atmosphère sont bien posés, le village calme sans histoires, des gens qui se connaissent et s'apprécient, et une famille nouvelle qui s'installe, faisant voler en éclat le vernis de ce doux tableau.
    Le récit propose une double narration, celle du procès avec l'interrogatoire du suspect et celle de la femme du prévenu relatant le déroulement des événements, comme une observatrice elle-même victime de la folie de son mari.

    L'histoire nous évoque vaguement quelque chose car inspirée d'un fait divers mais le roman montre avec beaucoup de justesse comment un homme considéré comme "normal" peut un jour craquer et dégoupiller, au point de commettre l'irréparable sans qu'il ne soit capable de se ressaisir et de relativiser les choses. C'est aussi une réflexion intéressante sur la condamnation à perpétuité qui pourrait être au départ une sentence trop douce face à ce genre de drame.

    A lire à découvrir !

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    Couverture du livre « Des gens comme eux » de Samira Sedira aux éditions Rouergue

    Bernard Letellier sur Des gens comme eux de Samira Sedira

    Une alternance entre le récit d’un procès et les pensées intimes de la femme de l’assassin. L’idée est intéressante. Las ! Le récit ne démarre vraiment qu’à la page 90 (presque les deux tiers du livre), à la suite d’une question très banale : « Tu cherches quelqu’un pour le ménage ? » C’est...
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    Une alternance entre le récit d’un procès et les pensées intimes de la femme de l’assassin. L’idée est intéressante. Las ! Le récit ne démarre vraiment qu’à la page 90 (presque les deux tiers du livre), à la suite d’une question très banale : « Tu cherches quelqu’un pour le ménage ? » C’est cette phrase qui va déclencher le drame, sans que personne ne s'en doute. Après, tout va s’enchaîner inexorablement. Le récit aurait presque pu démarrer à cet endroit, après que les personnages et le contexte eussent été campés. La fin manque également de panache. Dommage parce que l’écriture n’est pas mauvaise en soi.

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    Couverture du livre « Des gens comme eux » de Samira Sedira aux éditions Rouergue

    Calimero29 sur Des gens comme eux de Samira Sedira

    Je découvre Samira Sedira avec ce roman coup de poing que j'ai lu d'une traite, happée par la mécanique implacable qui fait d'un homme sans histoire un quintuple assassin.
    Ce roman s'inspire de l'affaire Xavier Flactif, en 2003, au Grand-Bornand qui avait défrayé la chronique. Dans un village...
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    Je découvre Samira Sedira avec ce roman coup de poing que j'ai lu d'une traite, happée par la mécanique implacable qui fait d'un homme sans histoire un quintuple assassin.
    Ce roman s'inspire de l'affaire Xavier Flactif, en 2003, au Grand-Bornand qui avait défrayé la chronique. Dans un village de montagne, replié sur lui-même, où tout le monde se connaît, arrivent un couple et ses 3 enfants qui respirent l'aisance matérielle et la joie de vivre. Ils organisent des réceptions où sont conviés les gens du village et parmi eux Constant et Anna, leurs voisins. Une relation ambiguë s'établit entre les deux couples, créant un climat malsain : Anna est embauchée comme femme de ménage par le couple, Constant ne le supporte pas, se sentant rabaissé; Constant confie les économies de ses parents au couple qui lui fait miroiter une rentabilité élevée mais lorsque Constant, subodorant une affaire pas nette, lui réclame son argent, il n'arrive pas à le récupérer.
    Un jour, obsédé par cet argent, symbole de ses échecs accumulés, lui qui aurait pu devenir un grand champion de saut à la perche si un accident n'avait réduit ses espoirs à néant, aveuglé par la haine qui n'a cessé de croître face à la condescendance et au mépris du couple, rongé par une jalousie d'autant plus viscérale qu'elle se double d'un racisme qui ne dit pas son nom (le voisin est noir), il massacre les cinq membres de la famille.
    La narratrice, Anna, suit le procès de son mari et se rappelle comment tout a commencé. A travers sa voix, Samira Sedira dissèque les ressorts qui peuvent transformer un homme "normal" comme le qualifient ses amis en assassin. L'élément déclencheur, ici, une grimace mal interprétée de la fille aînée du couple, paraît sans aucune proportion face à l'acte mais il s'insère parfaitement dans le schéma mental de Constant, qui se sent méprisé.
    Au cœur de ce roman, apparaissent des thèmes comme la peur de l'étranger dans un milieu fermé et homogène, le fossé entre des classes sociales différentes, thèmes qui semblent chers à l'auteur.
    C'est glaçant mais magistral; l'écriture est ciselée, percutante, tendue; même si on connaît le dénouement d'entrée de jeu, on veut comprendre comment cet homme lambda a pu se transformer en quelques minutes en assassin.

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    Couverture du livre « La faute à Saddam » de Samira Sedira aux éditions Rouergue

    Sophie Gauthier sur La faute à Saddam de Samira Sedira

    Janvier 1991 : un soldat français s'est suicidé dans le désert d'Arabie et la scène envahit tout notre espace mental, avec ses réminiscences rimbaldiennes et son décor asséché par la brutalité du soleil. Voici ensuite ses camarades qui découvrent le corps et qui, dans un cortège funèbre sans...
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    Janvier 1991 : un soldat français s'est suicidé dans le désert d'Arabie et la scène envahit tout notre espace mental, avec ses réminiscences rimbaldiennes et son décor asséché par la brutalité du soleil. Voici ensuite ses camarades qui découvrent le corps et qui, dans un cortège funèbre sans pleurs, le portent jusqu'au camp. On sait, dès lors, que c'est dans ce décor aride que se nouent et se disjoignent les destins.

    De leur enfance à Toulon, Cesare et Adel ont construit une puissante amitié, un lien quasi gémellaire peut-être en partie dû à leur statut commun de fils d'immigrés, italiens chez le premier, maghrébins pour le second. Si bien que lorsqu'après le bac, Adel s'engage dans l'armée, Cesare suit la même voie. Adel convaincu de pouvoir ainsi se fondre dans l'histoire française ; Cesare incapable de s'orienter dans une vie dont Adel serait absent. Appartenant tous deux à un régiment de spahis, ils sont envoyés dans le Golfe en 1990. La peur rampante, la promiscuité, l'attente qui s'éternise, corrompent les rapports entre les soldats nourris à la mamelle de la virilité exacerbée et du rejet violent de tout ce qui est différent. Adel devient la cible de toutes les moqueries, de toutes les venimeuses insinuations et de l'amalgame avec les ennemis à combattre. Silence et sourire sont ses seules armes contre les humiliations incessantes et Cesare voit soudain la fragilité de son ami, fragilité qu'il assimile à une faiblesse repoussante.

    Février 1992, en France, Cesare n'émerge plus jamais des cauchemars qui n'attendent pas son sommeil pour le torturer. Revenu chez sa soeur, Gabrielle, après la guerre du Golfe, il ne trouve d'exutoire à sa souffrance indicible que dans la marche. Gangrené par son sentiment de culpabilité, par cette pitié mêlée de dégoût qu'il s'est vu capable d'éprouver envers son ami, Cesare arpente les rues parisiennes sans jamais trouver la paix, ni ces larmes qu'il reprochait silencieusement à Adel. Mais le silence d'un cimetière toulonnais, où ne fredonne que le vol d'un bourdon, peut bruire de tous les pardons.

    Dès le début, j'ai su que le roman de Samira Sedira me saisirait le coeur, tant par l'histoire qu'il raconte que par les mots qui la racontent. L'écriture, d'une pureté absolue, rend à chaque chose ses couleurs et son intensité par un mouvement ample, sans images superflues, sans aucune scorie qui viendrait détourner de l'essentiel. Je ne sais pourquoi précisément cette écriture n'a cessé de m'évoquer le Flaubert de la seconde "Education sentimentale". Dans ce dépouillement sans sècheresse et dans le rythme des phrases, peut-être, qui permettent d'exprimer et de rendre sensible l'écoulement de la vie. Cette beauté et cette puissance ont porté mes émotions tout au long de ce roman superbe.

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