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Sam Millar

Sam Millar
Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique au sein de l'IRA et aux États-Unis comme droit commun après y avoir accompli un des hold-up les plus spectaculaires de l'histoire du pays, le fameux casse de la Brinks de Rochester. Après sa condamna... Voir plus
Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique au sein de l'IRA et aux États-Unis comme droit commun après y avoir accompli un des hold-up les plus spectaculaires de l'histoire du pays, le fameux casse de la Brinks de Rochester. Après sa condamnation, il est rentré à Belfast pour écrire. Son expérience est décrite dans On the Brinks. Il a reçu de nombreux prix littéraires et ses livres ont été traduits dans plusieurs langues.

Avis sur cet auteur (16)

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    Couverture du livre « Un sale hiver » de Sam Millar aux éditions Points

    Yv Pol sur Un sale hiver de Sam Millar

    Troisième tome des aventures du détective privé irlandais qui le plonge cette fois-ci encore dans les bas-fonds de Belfast avec une sortie à Ballymena. Drogue, prostitution, bars louches font le quotidien de Karl qui ne touche qu'aux derniers : sa seule drogue c'est le Hennessy XO, mais en ce...
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    Troisième tome des aventures du détective privé irlandais qui le plonge cette fois-ci encore dans les bas-fonds de Belfast avec une sortie à Ballymena. Drogue, prostitution, bars louches font le quotidien de Karl qui ne touche qu'aux derniers : sa seule drogue c'est le Hennessy XO, mais en ce domaine, il n'est pas sectaire, il peut alterner avec d'autres boissons alcoolisées. De planques fastidieuses, en découvertes, de coups de bol en travail productif, Karl Kane va se mettre en danger et défricher le travail de la police. Il a l'art de se retrouver dans des situations douteuses, sordides voire dangereuses. Agaçant pour ses adversaires, car il ne lâche rien et il a toujours une vacherie au bord des lèvres, même dans les situations désespérées. Il n'aime pas les policiers qui le lui rendent bien, pensant qu'ils sont -presque- tous corrompus et/ou des brutes basses de plafond. Même à l'enterrement d'un ex-flic, il ne mâche pas ses mots :

    "Tu crois pas que la police aurait pu envoyer quelques types pour faire nombre ?

    - Il y avait plus de participants à la Cène, mais je suppose que tu vas dire que la bouffe gratuite était une motivation pour cette auguste assemblée." (p.130)

    Toujours excellentes ces aventures de Karl Kane narrées par Sam Millar qui a une plume au vitriol et très drôle. Un détachement évident et bienvenu pour décrire des événements glauques, violents mais sans hémoglobine dégoulinante, ce dont je lui sais gré, je ne suis pas adepte des flots sanguins. Un privé classique, qui prend les codes du genre en ajoutant un flegme irlandais à -presque-toute épreuve.

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    Couverture du livre « On the brinks » de Sam Millar aux éditions Points

    Yv Pol sur On the brinks de Sam Millar

    Sam Millar a dix-sept ans lorsqu'il est enfermé dans la prison de Long Kesh, l’enfer pour le militants de l'IRA, torturés, humiliés, battus quotidiennement. Il fait partie des blanket men, ceux qui refusent de porter l'uniforme de l'établissement et de travailler, ce qui leur vaut la haine et...
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    Sam Millar a dix-sept ans lorsqu'il est enfermé dans la prison de Long Kesh, l’enfer pour le militants de l'IRA, torturés, humiliés, battus quotidiennement. Il fait partie des blanket men, ceux qui refusent de porter l'uniforme de l'établissement et de travailler, ce qui leur vaut la haine et les châtiments évoqués. Ils sont nus dans leurs cellules nues elles aussi. Rien, un simple matelas et une couverture pour se couvrir. Huit années de sévices, de violences subies, d'humiliations physiques et verbales. Puis la sortie, et Sam tente sa chance aux États-Unis. Il y sera croupier illégal, puis tentera un gros coup, le cambriolage du dépôt de la Brinks à Rochester. Un gros coup, plus de 7 millions de dollars. Et un autre séjour en prison...

    Quel bouquin ! Quelle vie ! Puisque c'est sa vie que Sam Millar raconte, ses huit années de détention en tant que militant de l'IRA, mais aussi la vie à Belfast dans les années 60/70 et la violence omniprésente, la vexations envers les catholiques qui ne peuvent pas prétendre à des emplois en vue. L'humiliation et le pouvoir exacerbé de l'Angleterre dans les rues, et encore davantage dans les murs de Long Kesh. Les matons sadiques qui inventent mille et un moyen de rabaisser les Irlandais emprisonnés, de nier leur condition humaine, de les traiter encore pire que des animaux. "Les cellules étaient désormais privées de tout mobilier en châtiment de notre comportement non civilisé. La peinture d'un blanc écœurant avait été remplacée par un marron encore plus écœurant, qui, malheureusement, n'était pas de la peinture vu que les matons, avec leurs gants de caoutchouc épais -les mêmes que ceux dont ils se servaient pour nous donner notre bouffe- avaient rejeté nos excréments dans les cellules, nous forçant à les étaler sur les murs." (p.96)

    C'est glaçant, certains passages m'ont pétrifié. Lorsque l'on croit que le pire est atteint, les matons inventent une torture encore plus redoutable. Mais comment ces hommes ont pu tenir ? Huit ans pour Sam Millar.

    J'ai découvert Sam Millar il y a quelques années et approfondi la connaissance de son œuvre plus récemment, et je retrouve dans ce roman autobiographique pas mal de situations décrites par l'auteur dans ses polars, souvent durs. Ce n'est pas l'histoire d'un surhomme, mais celle d'un homme qui ne veut pas plier devant l'injustice, l'autoritarisme, qui ne veut pas renier ses valeurs. C'est une lecture forte, puissante, dérangeante car elle fait frissonner de peur qui même si depuis des années le conflit nord-irlandais semble apaisé montre qu'il est loin d'être fini. Le Sinn Fein est au pouvoir depuis peu, mais a laissé un peu de côté les revendications d'indépendance ou d'unification de l'Irlande. Affaire à suivre.

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    Couverture du livre « Le cannibale de Crumlin Road » de Sam Millar aux éditions Points

    Yv Pol sur Le cannibale de Crumlin Road de Sam Millar

    Deuxième tome avec Karl Kane, l'archétype du privé : divorcé, deux enfants, une ex avec laquelle les rapports sont tendus, pareil pour les flics du coin, toujours à la recherche d'une affaire juteuse car les finances sont systématiquement au plus bas, joueur, louant un bureau qui lui sert...
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    Deuxième tome avec Karl Kane, l'archétype du privé : divorcé, deux enfants, une ex avec laquelle les rapports sont tendus, pareil pour les flics du coin, toujours à la recherche d'une affaire juteuse car les finances sont systématiquement au plus bas, joueur, louant un bureau qui lui sert d'appartement et entretenant une relation très suivie et parfois houleuse avec sa secrétaire. Une fois que l'on a dit cela, on pourrait croire que l'on se trouve dans un énième roman de détective, mais c'est sans compter avec le talent de Sam Millar qui connaît et décrit les bas-fonds de Belfast comme personne et aime plus que tout autre mettre en ses histoires des personnages hors normes telle Ivana, transsexuelle pilier du bar gay le Billy Holiday's, voisin du bureau de Karl et grande amie du couple Karl-Naomi. Il y a l'histoire aussi bien sûr et les difficultés qu'éprouve Karl à enquêter dès lors que la police lui met des bâtons dans les roues ou que lui-même fonce sans réfléchir et donc mesurer les conséquences de ses emportements. Si l'on connaît le présumé coupable assez vite, Karl le sait au fond de lui, le suspense est maintenu par son machiavélisme, son aptitude incroyable à se sortir de toutes les situations et les doutes quant à la possibilité du détective à le confondre.

    Et puis, il y a le franc-parler de Karl, ses réparties cinglantes, sarcastiques, ironiques et drôles :

    -"Tu soupçonnes tout le temps quelqu'un de quelque chose. C'est ta nature qui est soupçonneuse, Hicks.

    - De quoi s'agissait-il ? demanda Naomi qui avait attendu que Karl mette fin à la communication.

    - C'était Hicks. On dirait que Belfast a un serial killer sur les bras, et que la merde ne va pas tarder à percuter le ventilateur." (p. 74)

    L'écriture de Sam Millar est un pur bonheur et est magnifiquement traduite par Patrick Raynal, lui-même auteur de polars. Franchement, j'en redemande, c'est pourquoi j'ai déjà le tome 3 en stock...

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    Couverture du livre « Les chiens de Belfast » de Sam Millar aux éditions Points

    Yv Pol sur Les chiens de Belfast de Sam Millar

    Séduit par le dernier livre de Sam Millar, Un tueur sur mesure, j'ai décidé de creuser la production littéraire de l'auteur irlandais. Et j'ai commencé avec le premier de la série Karl Kane. Et comme, pour ne rien vous cacher, j'ai beaucoup aimé, j'ai déjà les tomes suivants qui...
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    Séduit par le dernier livre de Sam Millar, Un tueur sur mesure, j'ai décidé de creuser la production littéraire de l'auteur irlandais. Et j'ai commencé avec le premier de la série Karl Kane. Et comme, pour ne rien vous cacher, j'ai beaucoup aimé, j'ai déjà les tomes suivants qui m'attendent.

    Du pur polar qui ne s'attarde pas autour de question sociétales, philosophiques ou historiques. Karl Kane est un privé divorcé-deux-enfants qui habite un appartement-bureau avec sa secrétaire Naomi qui est, évidemment, davantage que sa secrétaire et dans ce cas précis, bien davantage. Il est de mauvaise foi, un peu buveur, joueur de poker assez malchanceux, ex-beauf d'un flic avec tout un passif entre eux. Karl n'aime pas trop les flics, il les chambre aussi durement qu'il a la dent. C'est le roi de la répartie drôle, vacharde qui n'appelle pas de réponse sauf à se prendre une remarque encore plus vache en retour. Direct. Toujours prêt à défendre la veuve et l'orphelin -s'il y a de l'argent au bout, c'est mieux, ça aidera à payer les retards des divers fournisseurs-, à se lancer sans toujours réfléchir. Il ne relie pas toujours toutes les informations qu'il a à sa disposition et ça lui joue des tours. Mais je l'aime bien, c'est l'archétype du privé, celui qu'on aime bien retrouver dans des aventures parfois rocambolesques, parfois dangereuses, parfois les deux.

    Et puis, il y a la patte Sam Millar, tout en punchline, en phrases qui marquent, qui vont vite. Des dialogues incisifs, drôles, méchants... Enfin tout pour plaire. La première rencontre avec Karl Kane débute ainsi, très intime : "Mince comme un fil mais d'une taille respectable, Karl Kane fit jaillir une goutte de crème du tube et, pour un homme aussi grand, l'appliqua plutôt délicatement sur la partie douloureuse de son postérieur. Jurant à mi-voix, il grimaça quand le froid de la crème atteignit sa cible. Quelques secondes plus tard, son visage moite se détendit à mesure que la crème produisait ses effets." (p19)

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