Sabri Louatah

Sabri Louatah
Sabri Louatah est un écrivain français né à Saint-Étienne de parents kabyles le 25 septembre 1983.

Avis sur cet auteur (10)

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    Couverture du livre « Les sauvages t.4 » de Sabri Louatah aux éditions Flammarion

    Enpochezmoi sur Les sauvages t.4 de Sabri Louatah

    Depuis quelques jours je vois fleurir un peu partout des affiches sur la série événement de Canal+. J’ai mis quelques temps avant comprendre qu’il s’agissait de l’adaptation de la saga éponyme de Sabri Louatah dont la lecture les trois premiers tomes m’avait enthousiasmée (voir ici et là).

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    Depuis quelques jours je vois fleurir un peu partout des affiches sur la série événement de Canal+. J’ai mis quelques temps avant comprendre qu’il s’agissait de l’adaptation de la saga éponyme de Sabri Louatah dont la lecture les trois premiers tomes m’avait enthousiasmée (voir ici et là).

    En réalisant que la diffusion de la série débutait le 23 septembre je me suis dit qu’il fallait absolument que je finisse cette saga sur papier avant de la voir sur le petit écran. Et me voilà donc replongée dans l’histoire d’une France alternative dans laquelle la perspective d’un président de la République issu de l’immigration maghrébine n’est pas que pure science-fiction (ou pur cauchemar selon vos accointances politiques

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    Couverture du livre « Les sauvages t.2 » de Sabri Louatah aux éditions Flammarion

    Enpochezmoi sur Les sauvages t.2 de Sabri Louatah

    Commencer à lire une saga en plusieurs tomes c'est inéluctablement faire face à deux alternatives : soit on se demande dans quel pétrin on s'est fourré avec nos ambitions délirantes de lectrice soit on réalise qu'on a mis le doigt dans un engrenage irrésistible. C'est un petit peu ce qui s'est...
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    Commencer à lire une saga en plusieurs tomes c'est inéluctablement faire face à deux alternatives : soit on se demande dans quel pétrin on s'est fourré avec nos ambitions délirantes de lectrice soit on réalise qu'on a mis le doigt dans un engrenage irrésistible. C'est un petit peu ce qui s'est passé quand j'ai commencé cet été "Les sauvages" le roman en 4 tomes de Sabri Louatah. Pour ma plus grande honte j'avoue que je n'avais jamais entendu parler de lui avant de tomber sur son premier tome dans les étagères fournies de ma belle-maman.

    A l'époque en lisant la quatrième de couverture je n'ai pu retenir un sourire en me disant que cette tribu Nerrouche toute bruissante, joyeuse et cédant souvent à des éclats de dramaturgie que n'aurait pas renié Shakespeare ressemblait décidément sacrément à ma famille. Comme la mienne elle est issue de St Etienne, ville dans laquelle sont nés et ont grandi mon père & mes tantes...et comme la mienne elle porte fièrement son algérianité d'origine à la différence que les Nerrouche sont kabyles alors que nous sommes "juste" algériens.

    Alors cet été je suis plongée dans la découverte de ce premier tome et j'en suis ressortie ravie au point de filer illico sur le net m'acheter les 3 volumes suivants de la saga. Las, la patience n'étant pas mon fort, le temps que le colis arrive j'étais déjà partie à l'abordage d'autres aventures littéraires. Le temps a passé et si je n'avais pas vu sur Instagram d'autres lectrices partager leur enthousiasme sur cette épopée j'avoue je ne me serais pas replonger de sitôt dedans compte tenu des dizaines de livres qui s'accumulent en dépit du bon sens et de la modération dans ma PAL.

    Quelle erreur monumentale que de ne pas avoir immédiatement enchaîné avec ce second opus !!!

    A la lecture du 1er j'avais eu quelques réticences dues à certaines longueurs mais la fin m'avait enthousiasmée car elle laissait présager une aventure qui irait crescendo. C'est exactement ce qui s'est passé dans le second tome à tel point que je l'ai lu en une après-midi sans réussir à me décrocher de mon canapé exception faite du remplissage religieux de ma tasse de thé (et des pauses techniques subséquentes ;-) )Contrairement à la première partie qui se laissait le temps de décrire un à un les personnages & leurs environnements, ce tome 2 lui se lit comme un polar haletant.

    Au fur et à mesure des chapitres les ficelles de la pelote se tirent, se croisent et se nouent jusqu'à amener le lecteur à envisager 1001 scénarios qui pourraient expliquer qui se cache véritablement derrière cette tentative d'assassinat du candidat à la magistrature suprême. Ce qui apparait comme le coup de folie d'un jeune à la dérive manipulé par la brebis galeuse et machiavélique de la famille Nerrouche va s'avérer être un imbroglio politico-juridico-médiatique bien plus pervers que les apparences ne le laissent supposer.

    La force de ce second tome est de vous entrainer dans une sarabande absolument vertigineuse d'hypothèses et de coups de théâtre habilement fomentés par des forces qui s'opposent en coulisse. Face à cela, les membres de la famille Nerrouche se trouvent en position de pantins désarticulés et malmenés par la vindicte populaire qui a fait d'eux des coupables idéalement placés sous les feux de la rampe. Le cynisme et les magouilles pour leur faire porter le chapeau se jouent à tous les étages et on se demande bien comment Rabia, Dounia, Fouad et les autres membres innocents de cette famille vont pouvoir sortir indemne de ce drame dans lequel le naïf Krim et le pervers Nazir les ont plongé.

    Personnellement j'ai A-DO-RE ce second tome, voire même je l'ai préféré au premier. L'intrigue y est addictive et les personnages se retrouvent confrontés à des situations quasi ubuesques pour le commun des mortels. Les tractations en sous-main et les magouilles permanentes des hommes politiques et de leurs affidés m'ont fait penser à la maestria de cet autre auteur que j'adore tant, DOA, dont les livres sont de véritables chefs d'œuvres décrivant les arcanes du pouvoir et les collusions permanentes entre ses différentes branches. Bref à ce jour je n'ai qu'une hâte, pouvoir rentrer et attaquer le 3ème tome en espérant qu'il sera à la hauteur de celui-ci qui m'a totalement emballée.

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    Couverture du livre « Les sauvages t.1 » de Sabri Louatah aux éditions Flammarion

    Enpochezmoi sur Les sauvages t.1 de Sabri Louatah

    Quand j’étais petite j’habitais à proximité d’une petite commune à mi chemin entre Roanne et Lyon qui s’appelait les Sauvages. Chaque fois qu’on prenait la voiture en direction de Lyon pour les inénarrables journées shopping chez Baadourian Place Dupont (autrement connue sur le nom de place...
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    Quand j’étais petite j’habitais à proximité d’une petite commune à mi chemin entre Roanne et Lyon qui s’appelait les Sauvages. Chaque fois qu’on prenait la voiture en direction de Lyon pour les inénarrables journées shopping chez Baadourian Place Dupont (autrement connue sur le nom de place Dibon pour les intimes mais nombreux maghrébins de la région qui s’y rendaient alors comme en pèlerinage chaque samedi), mon père prenait sa grosse voix pour nous dire « attention on arrive chez les Sauvages ». Ce qui immédiatement nous faisait hurler et nous cacher sous les couvertures dans le coffre où ma sœur et moi avions nos places d’élection (eh oui autre temps autres mœurs en matière de sécurité routière) quand mes frères eux se recroquevillaient sur le siège arrière (les héritiers mâles avaient la préséance et inconsciemment quitte à perdre un gosse dans un accident il était préférable que ce soit une femelle ;-) )

    Pour moi ce terme de sauvages est un rappel à ces rares moments de complicité et de bonheur familial de mon enfance.  Sauvages c’est aussi le terme par lequel on présente encore aujourd’hui avec affection toute fratrie de la communauté maghréboise dès lors que le niveau de décibels qu’elle émet dépasse le niveau acceptable pour mes chastes oreilles. Alors quand je suis tombée chez ma belle belle-môman sur cet opus dans sa bibliothèque cela m’a aussitôt fait sourire et aiguisé ma curiosité insatiable. Et quand j’ai découvert que l’auteur partageait non seulement mes origines algériennes mais qu’il était né comme toute ma famille à St Etienne où se déroule une grande partie de son histoire, alors là c’était plié il me fallait le lire !

    Et je l’ai donc lu !

    Et je ne demande qu’une chose désormais : en lire la suite !

    Les Nerrouche c’est une famille kabyle et algérienne (et oui on peut être les deux même si l’un comprend l’autre mais pas inversement, pour toute explication complémentaire s’en référer à l’histoire de l’Algérie tome 1 alinea 12 page 3479) qui vit à St Etienne dans la Loire. D’eux on en apprend beaucoup lors de ce premier tome, mais à la fin le suspens est haletant et on en demande encore plus. Quel bonheur que cette famille : elle rassemble à elle seule tout ce qui fait justement le propre des familles d’origines maghrébines : l’éclectisme ! Car oui comme disait Tolstoï (NDA : Notez comme elle se la pète.com de citer un auteur russkof alors qu’elle a honteusement pioché cette citation dans un livre de Galvada) :

    « Toutes les familles heureuses se ressemblent,

    mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon. »

    Et cette famille est à la fois heureuse et malheureuse à sa façon. Chacun des individus qui la composent n’est pas identique à son prochain et chacun vit son altérité de français issus de l’immigration maghrébine de façon différente.

    Entre le self made man expatrié à Londres qui brasse des millions, le petit jeune paumé qui crapote du matin au soir, le vieux chibani qui perd la boule et reste incompréhensiblement accroché à sa chapka en fourrure en plein été,  ses femmes dans la force de l’âge qui la trouvent encore pour trainer sur meetic dans l'espoir d'y rencontrer un homme et les plus jeunes filles qui croquent l’avenir avec détermination et enthousiasme  : un seul point commun : ce sont des Nerrouche et ils s’aiment en dépit ou plutôt pour leurs différences. Cette famille avec ses disparités si criantes et si réjouissantes m’a immédiatement fait penser à la mienne avec ses réunions où le bruit moyen de chaque conversation ferait exploser le sonotone de n’importe quel petit vieux, où le lancer de savates est une discipline olympique à laquelle nos parents excellent et où l’amour coule à flots entre deux engueulades et trois claquements de portes.

    Ce premier tome est une sorte d’introduction à cette famille à l’occasion du mariage d’un de ses membres dont on arrive très rapidement à douter de l’orientation sexuelle. Mariage qui va cristalliser toutes les tensions, toutes les rencontres et sera le point d’orgue d’une journée particulière où le futur président de la république qui pourrait être d’origine algérienne s’apprête à être potentiellement élu face à un Sarkozy en peine dans les sondages. Chaque scène est d’une intensité et d’une vivacité telle que parfois on perd un peu le fil et qu’on se demande bien comment la pelote va se reformer mais plus le roman avance mieux le dessin et les destins individuels et collectifs se forment.

    Trafic de shit à la petite semaine, complot terroriste, engueulade familiale dantesque sous fond de mariage, rencontre sur le web improbable, enlèvement d’un roumain transsexuel…on se demande bien comment autant d’intrigues peuvent se rejoindre mais c’est là la réussite de ce premier tome c’est que tout tombe sous le sens et que tout s’éclaire avant la dernière scène.

    Mais surtout et par-dessus tout ce qui m’a plus enchantée c’est l’irrésistible drôlerie et l’amour farouche avec lequel l’auteur dépeint ses personnages. S’agit il de membres de sa propre famille qu’il décrit ainsi avec brio ou de personnages tout droit sorti de sa fertile imagination, on ne le saura peut être jamais mais quel bonheur de tourner les pages avec un sourire permanent aux lèvres et un rire niché au fond de la gorge qui ne demande qu’a être libéré. Et puis je n’oublie pas le personnage central du livre : la ville de St Etienne que je connais surtout de par les souvenirs de ma famille qui y a longtemps vécu. Elle est présentée avec beaucoup de tendresse alors qu’il ne s’agit pourtant pas de la ville la plus « aimable » qui soit.

    Bref un véritable page turner et un coup de cœur définitif pour le premier tome de cette saga dont j’ai déjà acheté les deux prochaines opus pour ne pas rester sur ma faim. Au passage je commence à me dire qu’il va falloir que je crée une nouvelle catégorie dans mon blog « lectures algériennes » afin de lister tous ces auteurs qui me ravissent et dont j’apprécie tellement les œuvres et cela en toute objectivité bien sur et sans lien aucun avec le degré de bogossitude de leurs auteurs ;-)

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    Couverture du livre « Les sauvages t.1 » de Sabri Louatah aux éditions Flammarion

    Carine Serodes sur Les sauvages t.1 de Sabri Louatah

    Une écriture fluide - on lit mais surtout on entend tout ces personnages parler - et toute en tensions.
    On passe d'un personnage à l'autre et petit à petit l'intrigue est posée. On se dit que ça va mal finir ces histoires et on dévore page après page pour vite découvrir la suite.
    J'adore ce...
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    Une écriture fluide - on lit mais surtout on entend tout ces personnages parler - et toute en tensions.
    On passe d'un personnage à l'autre et petit à petit l'intrigue est posée. On se dit que ça va mal finir ces histoires et on dévore page après page pour vite découvrir la suite.
    J'adore ce type de roman où à la fin du tome 1, je me jette sur le tome 2 pour retrouver les personnages.
    Un roman à dévorer qui en appelle d'autres :)

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