Roger Martin

Roger Martin
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Avis (10)

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    Couverture du livre « Jusqu'à ce que mort s'ensuive » de Roger Martin aux éditions Cherche Midi

    Margot Drochon sur Jusqu'à ce que mort s'ensuive de Roger Martin

    Je n'ai pas trop aimé ce roman. Tout d'abord, le premier chapitre dure 85 pages, avec beaucoup de descriptions et peu de dialogues, et personnellement, ça me gêne et ça m'empêche de rentrer dans l'histoire. Cela m'a beaucoup ennuyé.

    L'histoire aurait pourtant pu me plaire car Douglas, le...
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    Je n'ai pas trop aimé ce roman. Tout d'abord, le premier chapitre dure 85 pages, avec beaucoup de descriptions et peu de dialogues, et personnellement, ça me gêne et ça m'empêche de rentrer dans l'histoire. Cela m'a beaucoup ennuyé.

    L'histoire aurait pourtant pu me plaire car Douglas, le personnage principal, part à la recherche de ses ancêtres, de l'histoire de sa famille. Il en apprend beaucoup d'ailleurs. Il comprend le comportement si hautain et méchant de son père envers certaines personnes mais reste tout de même dans une incompréhension dû à son éducation.

    Certains passages sont longs... j'ai failli décroché.

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    Couverture du livre « Il est des morts qu'il faut qu'on tue » de Roger Martin aux éditions Cherche Midi

    Jean-Paul Degache sur Il est des morts qu'il faut qu'on tue de Roger Martin

    Avec ce roman paru en 2016, Roger Martin réalise une extraordinaire fresque historique qui éclaire une période lointaine mais qu’il faut connaître si l’on veut comprendre les drames du XXe siècle.

    Pour cela, l’auteur de "Dernier convoi pour Buchenwald" a créé Romain Delorme et c’est son...
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    Avec ce roman paru en 2016, Roger Martin réalise une extraordinaire fresque historique qui éclaire une période lointaine mais qu’il faut connaître si l’on veut comprendre les drames du XXe siècle.

    Pour cela, l’auteur de "Dernier convoi pour Buchenwald" a créé Romain Delorme et c’est son parcours qui va permettre au lecteur de vivre cette période très troublée avec un antisémitisme atteignant des sommets, entre 1890 et 1905.
    Pour commencer, l’auteur fait un saut dix années plus tard en plongeant son héros dans les tranchées où il est commandé par le Lieutenant Louis Pergaud : « Pergaud, instituteur laïc, anticlérical affiché et socialiste, auteur de livres dont un avait obtenu un prix qui avait fait parler de lui à Paris… » Le caporal Serge Lévy remplace Pergaud, blessé, et sauve Romain, sérieusement touché, qui découvre un juif courageux, perdant alors ses préjugés. Hélas, Pergaud et Lévy sont tués le 8 avril 1915 par les « canons de 75 de leur propre armée. »
    De retour à Paris, Romain Delorme règle ses comptes avec son père. Il se souvient du 3 juin 1908, jour du transfert des cendres d’Émile Zola au Panthéon. Droite et extrême-droite rivalisent de violence. Nationalistes et royalistes hurlent : « Mort à Zola ! » Il ajoute : « Mais bon Dieu, il était déjà mort, ils ne le savaient donc pas ces abrutis ! » Lui revient alors en mémoire ce vers attribué à Fernand Desnoyers (1826-1869), s’en prenant au défunt Casimir Delavigne : « Il est des morts qu’il faut qu’on tue ! »
    Le lendemain, la cérémonie officielle voit le gouvernement, autour du président Fallières, de Clémenceau, d’Alfred Dreyfus, de Mme Zola, de ses enfants et de Jeanne Rozerot, maîtresse de l’écrivain, rendre un hommage plein d’émotion et de tristesse à Émile Zola.
    Remontent ensuite les souvenirs de la Commune avec des massacres ignobles avant un saut en 1934 et un antisémitisme toujours aussi virulent. Les nationalistes ont choisi : « Plutôt Hitler qu’un Front populaire », mot d’ordre du patronat. Comme les policiers à la retraite, il est temps pour Romain Delorme d’écrire ses mémoires…
    1892 : son père exécrait Zola. Quand il décède : « Je n’assistais ni à la messe au Sacré-Cœur, cette monstruosité érigée à la gloire des assassins des communards, ni à l’hommage… » ajoutant : « il m’interdisait de lire Zola, le « bâtard vénitien », Maupassant « le vérolé », George Sang « la tabatière »… » C’est à ce moment-là, qu’il fait connaissance avec Louis Andrieux, ex-procureur, préfet, député, sénateur, journaliste, écrivain et père naturel de Louis Aragon.
    Andrieux fait de Delorme un journaliste et un agent secret chargé de s’infiltrer dans les milieux d’extrême-droite et cela nous plonge dans un nationalisme à l’antisémitisme virulent. Sur les pas du marquis de Morès qui veut « nettoyer notre pays des juifs et des francs-maçons », il nous emmène chez les bouchers de La Villette, à Verdun, en duel contre le capitaine Mayer et dans des journaux comme "La Libre Parole" et "Le Petit Journa" qui débordent de haine.
    Avant de finir avec l’assassinat d’Émile Zola, Roger Martin fait le récit complet et détaillé des quarante jours de siège de ce qui restera Fort Chabrol… en plein Paris, durant l’été 1899, pendant le procès Dreyfus se passant à Rennes ! Sous la direction de Jules Guérin, ils publient "L’Antijuif" dans les locaux du Grand Occident de France.
    Enfin, Henri Buronfosse, fumiste, couvreur, « catho sincère comme un croisé », hait juifs, francs-maçons, protestants, clame qu’il faut « fumer le bâtard vénitien. » Émile Zola concentre les haines les plus féroces. Il fait front. « Inlassablement, il réclame la révision du procès Dreyfus pendant qu’on rivalise d’abjection contre les juifs »… jusqu’à ce 3 octobre 1940, Radio-Paris annonce une nouvelle loi signée par le Maréchal Pétain : « Loi portant sur le statut des Juifs… » On connaît la suite : « Ça ne finira donc jamais ! »

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    Couverture du livre « Jusqu'à ce que mort s'ensuive » de Roger Martin aux éditions Cherche Midi

    Jean-Paul Degache sur Jusqu'à ce que mort s'ensuive de Roger Martin

    Dès les premières lignes, Roger Martin place le lecteur au cœur du dramatique problème posé par son livre. Ce thriller très réussi attire notre attention sur le traitement subi par les Noirs dans l’armée des États-Unis d’Amérique. Nous sommes le 14 août 1944, dans la salle de classe de l’école...
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    Dès les premières lignes, Roger Martin place le lecteur au cœur du dramatique problème posé par son livre. Ce thriller très réussi attire notre attention sur le traitement subi par les Noirs dans l’armée des États-Unis d’Amérique. Nous sommes le 14 août 1944, dans la salle de classe de l’école primaire de Derville, en Normandie, et Robert Bradley, soldat noir US, va être pendu pour des faits qu’il nie avoir commis.

    Basant son récit sur des faits authentiques, l’auteur revient à l’époque actuelle, à Atlanta, pour suivre Douglas Bradley (22 ans), fils de William Bradley, Directeur des ventes de Coca-Cola. Chez lui, il n’emploie que des Noirs mais n’aime pas qu’ils revendiquent : « S’il y avait quelque chose que William Bradley détestât plus qu’un Noir paresseux, c’était un Nègre contestataire. »
    Douglas, contre l’avis de son père, va entrer dans l’armée mais une lettre lui apprend que l’armée ne veut pas de lui sans lui dire pourquoi. C’est David Clarkson, son ancien professeur de physique à l’université, héros du Vietnam, qui lui apprend la vérité. Très difficilement, son père reconnaît que la tombe sur laquelle il l’emmenait enfant, était celle d’un homonyme mais rappelle qu’on le traitait comme « le fils du violeur nègre » avant qu’il rompe complètement avec sa famille.
    Commence alors une quête extraordinairement haletante pour Douglas. Il retrouve sa grand-mère qu’on disait morte, sa tante, Rosa et deux cousins… Encouragé par ses découvertes incroyables, Douglas se rend à Philadelphie où le père Davis James (92 ans) lui remet le journal de son grand-père : « Soldat 2e classe Robert Bradley, armée des États-Unis, 958e Régiment noir d’infanterie. » Ce qu’il trouve ne plaît pas du tout en haut lieu et la mort rôde autour du parcours de notre homme qui va mettre en lumière les luttes des Noirs pour l’égalité. Ce n’est qu’en 1948, avec le décret Truman, que celle-ci sera reconnue mais appliquée seulement durant la guerre de Corée.
    L’épopée de Douglas se poursuit en France avec des rebondissements maintenant le lecteur en haleine. L’actrice Myriam Boyer lui remet des dossiers contenant une chemise intitulée « Jusqu’à ce que mort s’ensuive… », révélant des renseignements précieux sur la mort de son grand-père et sur le lieu où il est enterré. Au fil de ses rencontres, il découvre la France, à l’opposé des clichés imposés depuis son enfance. Le thriller atteint son apogée lorsqu’il va au cimetière US de Fère-en-Tardenois et la tension ne faiblit pas lors de son passage en Belgique où Eddy, ancien compagnon d’arme de Robert Bradley livre un témoignage poignant : « On traitait mieux les prisonniers de guerre allemands ou italiens que les soldats de couleur. »
    Ainsi, l’auteur nous apprend les massacres de soldats noirs dans les camps d’entraînement américains mais « on attend toujours la commission d’enquête indépendante qui permettrait d’élucider, parmi une trentaine d’affaires sanglantes, ce que certains appellent « le mystère du 364e régiment d’infanterie », qui aurait vu le massacre délibéré de plus de mille soldats noirs stationnés au camp Van Dorn, à quelques kilomètres de la petite ville de Centreville, au cœur d’un Mississipi gangrené par le racisme. »

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    Couverture du livre « L'honneur perdu du commandant K. » de Roger Martin aux éditions Oslo

    Jean-Paul Degache sur L'honneur perdu du commandant K. de Roger Martin

    Parti d’un souvenir d’enfance, Roger Martin a enquêté pour reconstituer la trame de ce qui s’est passé à Blida, en 1961.

    Quand son voisin est assassiné et que des cris transpercent le silence d’un dimanche matin ensoleillé, cela vous marque forcément. Nous sommes le 24 juin 1962, à...
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    Parti d’un souvenir d’enfance, Roger Martin a enquêté pour reconstituer la trame de ce qui s’est passé à Blida, en 1961.

    Quand son voisin est assassiné et que des cris transpercent le silence d’un dimanche matin ensoleillé, cela vous marque forcément. Nous sommes le 24 juin 1962, à Aix-en-Provence. L’auteur n’oubliera jamais ces moments ni la réflexion d’un camarade plus âgé : « Ils l’ont poignardé et achevé au pistolet, ces bâtards, ces fascistes… »
    « Le commandant est mort »,lui a dit simplement son père et lui revient alors toute l’ambiance de cette époque. Il n’a que 12 ans, adore lire, mais cet événement lui fait connaître la peur. Des manifestations pour la paix en Algérie sont organisées mais l’on parle aussi « d’arracher le chiendent. »
    Comme Émile Zola et Paul Cézanne, Roger Martin est élève au Lycée Mignet, ex-collège Bourbon. Il se souvient de ces tracts « Algérie française » distribués à la sortie de ce lycée où beaucoup d’élèves étaient politisés.
    51 ans après, Roger Martin a 63 ans et revient sur l’assassinat du commandant K. Il sait que le chef du commando est devenu le Monsieur Sécurité de la ville de Nice et que son bras droit a même été décoré de la Légion d’honneur… mais il veut savoir ce qui s’est passé à Blida et nous voilà, à 50 km d’Alger, le 20 avril 1961 où les appelés du contingent se sont mobilisés, comme partout en Algérie, pour ne pas suivre les généraux putschistes.
    Le colonel commandant la base ayant disparu, c’est le commandant Joseph Kubasiak qui a pris ses responsabilités, résistant avec un immense courage à la pression de ses supérieurs et à la présence très intimidante des paras. Pour récompense, le commandant K. sera mis un mois aux arrêts de rigueur « pour prise illégale de commandement ».

    "L’honneur perdu du commandant K". est un récit bref, précis, tellement important dans une période où tout se mélange, où les mécontentements les plus basiques laissent craindre des votes en faveur de l’extrême-droite alors que nous savons tous que « le sang sèche vite en entrant dans l’Histoire », comme le chante Jean Ferrat.

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