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Roberto Saviano

Roberto Saviano

Né à Naples en 1979, Roberto Saviano est aujourd'hui considéré comme un écrivain contemporain majeur. Après des études de philosophie, il se lance dans le journalisme. Collaborateur de L'Espresso et de La Repubblica, il vit, depuis l'immense succès de Gomorra (Gallimard, 2007), sous protection po...

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Né à Naples en 1979, Roberto Saviano est aujourd'hui considéré comme un écrivain contemporain majeur. Après des études de philosophie, il se lance dans le journalisme. Collaborateur de L'Espresso et de La Repubblica, il vit, depuis l'immense succès de Gomorra (Gallimard, 2007), sous protection policière permanente. Aux éditions Robert Laffont, il a publié en 2010 Le contraire de la mort et La beauté de l'enfer.

Avis sur cet auteur (21)

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    Couverture du livre « Gomorra ; dans l'empire de la camorra » de Roberto Saviano aux éditions Gallimard

    kryan soler sur Gomorra ; dans l'empire de la camorra de Roberto Saviano

    "Le port de Naples, cette blessure. Grande ouverte."

    Roman édifiant et minutieux d'un écrivain journaliste courageux.

    "Le port de Naples, cette blessure. Grande ouverte."

    Roman édifiant et minutieux d'un écrivain journaliste courageux.

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    Couverture du livre « Piranhas » de Roberto Saviano aux éditions Gallimard

    Genli sur Piranhas de Roberto Saviano

    L’auteur de Gomorra, toujours sous protection policière, choisit cette fois la fiction pour raconter la genèse et les méfaits d’une jeune bande de voyous (leur âge va de 10 à 18 ans), sans scrupules ni freins moraux, prêts à tout pour suivre les traces de leurs aînés de la Camorra.
    Le héros,...
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    L’auteur de Gomorra, toujours sous protection policière, choisit cette fois la fiction pour raconter la genèse et les méfaits d’une jeune bande de voyous (leur âge va de 10 à 18 ans), sans scrupules ni freins moraux, prêts à tout pour suivre les traces de leurs aînés de la Camorra.
    Le héros, Nicolas, 15 ans au début du roman, grand fan de Machiavel, ne désire que cela : régner sur Naples. Cette ambition l’amène à échafauder des plans audacieux et dangereux totalement dépourvus de respect pour la vie humaine.La bande communique par le biais des réseaux sociaux, se forme au maniement des armes via You Tube, et se retrouve, tous sur leurs scooters derrière leur chef Nicolas, pour trafiquer, terroriser, tuer, sans se soucier de la mort ou de la prison.
    On dirait qu’ils jouent, mais le jeu est d’une telle violence que le prix à payer sera très lourd. Cela, c’est le final du roman, stupéfiant.
    Le livre est écrit à toute vitesse, à un rythme qui s’accélère et des scènes de plus en plus violentes jusqu’à la scène finale. Une écriture faite pour devenir un scénario de film, ce qui s’est effectivement réalisé.
    C’est un livre direct, sans fioritures, qui tient surtout par l’angle choisi pour la narration, celui du point de vue des enfants du gang qui sont nourris par les séries policières, les films de gangsters, des gamins inadaptés à l’école, éblouis par l’argent facile, et qui considèrent qu’il n’y a qu’un seul choix pour s’en sortir : "choisir le camp des baiseurs", comme dit Nicolas, plutôt que celui de ceux qui subissent.
    Un roman aux accents nihilistes plutôt terrifiant.

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    Couverture du livre « Baiser féroce » de Roberto Saviano aux éditions Gallimard

    Jean-Paul Degache sur Baiser féroce de Roberto Saviano

    Gomorra, Le contraire de la mort, Extra-pure, Piranhas, déjà quatre livres lus, tous signés Roberto Saviano, un homme, un écrivain immensément courageux. Avec sa plume, il dénonce, met en exergue ce qui gangrène son pays, l’Italie. Il s’attaque à la mafia napolitaine, la camorra, à plusieurs...
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    Gomorra, Le contraire de la mort, Extra-pure, Piranhas, déjà quatre livres lus, tous signés Roberto Saviano, un homme, un écrivain immensément courageux. Avec sa plume, il dénonce, met en exergue ce qui gangrène son pays, l’Italie. Il s’attaque à la mafia napolitaine, la camorra, à plusieurs trafics mais surtout au trafic de drogue, un mal mondial.

    Dans Piranhas, il a étonné en racontant l’ascension de quelques ados ne résistant pas au désir fou d’imiter leurs aînés afin d’amasser un maximum d’argent en un minimum de temps. Qu’importe les dégâts collatéraux ! S’il romance, la réalité, nous le savons, peut dépasser la fiction. Alors, voici la suite, Baiser féroce, parue en France en mars 2019.
    Il faut s’accrocher et ne pas avoir peur du sang pour suivre la paranza, nom hérité d’un bateau de pêche côtière définissant, par extension, une bande de jeunes armés liés à la camorra, à Naples et dans sa région, comme le rappelle fort à propos Vincent Raynaud, le traducteur.
    Drogue, mensonge, faux-semblants, courage imbécile, goût immodéré pour l’argent, la liste serait longue. Roberto Saviano poursuit l’histoire de ces gamins, ados plutôt, qui veulent imiter les grands et surtout les dépasser. La violence est présente à chaque page d’un roman qui se lit comme un thriller mais qui va bien plus loin puisqu’il révèle le piège atroce tendu à cette jeunesse prise dans le tourbillon des nouvelles technologies et surtout engluée dans la fange générée par toutes ces drogues qui inondent Naples comme nos grandes villes.
    La police intervient toujours à contretemps. On annonce à grand renfort de titres dans les journaux la moindre saisie de drogue mais nous savons que c’est une infime partie émergée d’un immense iceberg. Comme je l’ai entendu récemment sur France Inter, on stigmatise les quartiers nord de Marseille mais ce sont les habitants des beaux quartiers les meilleurs clients des dealers !
    Alors, au fil de ma lecture, j’ai un eu un peu de mal avec tous ces surnoms, ces familles, ces amis/ennemis mais j’ai suivi cet engrenage infernal qui mène ces jeunes vers l’argent facile brisant ainsi leur vie qui commence à peine. Maharaja qui s’appelle en fait Nicola Fiorillo, rêve de dominer son quartier de Forcella puis sa ville. Il faut allégeance à l’Archange, Don Vittorio, ce parrain qui semble en fin de vie, mais il se fait manipuler.
    Exécutions, vengeances, meurtres, la liste des victimes est longue et les familles pleurent. Je suis saisi d’une infinie tristesse devant un tel tableau tellement proche de la réalité. La paranza de Maharaja fait peur, attendrit aussi par tant d’insouciance mais où est la responsabilité de ceux qu’on dit adultes ? Les parents sont dépassés mais l’attrait pour le luxe, la vie facile, l’étalage insolent de ces gens qui forment ce qu’on nomme la jet-set, ne peut que séduire des esprits aussi malléables, jeunes influencés par certains films trop complaisants envers ces mafieux.

    Roberto Saviano, depuis Gomorra et Extra-pure, vit sous protection policière car sa vie est menacée parce qu’il dénonce tout ce monde du trafic de drogue dont la prospérité ne semble pas fléchir. Avec Piranhas et Baiser féroce, il a choisi la fiction, le roman, et il a bien fait. Cela ne peut qu’attirer de nouveaux lecteurs et faire comprendre, je l’espère, tout le drame d’une jeunesse livrée à elle-même dans un monde où tout paraît possible.

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Extra pure ; voyage dans l'économie de la cocaïne » de Roberto Saviano aux éditions Gallimard

    Jean-Paul Degache sur Extra pure ; voyage dans l'économie de la cocaïne de Roberto Saviano

    Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra, vit sous protection policière depuis plus de huit ans. À la fin d' Extra pure, il note : « Merci à Salman Rushdie qui m'a appris à être libre même entouré de sept hommes armés. » Enfin, ces pages très émouvantes de remerciements se terminent ainsi : « Merci...
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    Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra, vit sous protection policière depuis plus de huit ans. À la fin d' Extra pure, il note : « Merci à Salman Rushdie qui m'a appris à être libre même entouré de sept hommes armés. » Enfin, ces pages très émouvantes de remerciements se terminent ainsi : « Merci à ma famille qui paie par ma faute un prix exorbitant. Malgré tous les remerciements du monde, je ne pourrai jamais me faire pardonner et je le sais. »
    Ces remerciements de l'auteur sont le reflet des risques pris et des souffrances endurées : « J'ai observé l'abîme et je suis devenu un monstre… Fouiller. Déchirer. S'enfoncer… Les parrains, les massacres, les procès. Les tueries, les tortures, les cartels. Les dividendes, les actions, les banques. Les trahisons, les soupçons, les délations. La cocaïne… La vie qui m'est échue est une vie de fuyard, de coureur d'histoires, de multiplicateur de récits. Une vie sous protection, une existence de saint et d'hérétique… »
    Fruit d'un énorme travail de recherche et d'enquête très poussées, "Extra pure" commence par un constat d'une lucidité effroyable : « La coke, quelqu'un autour de toi en prend… » Suit une énumération qui n'oublie personne et balaie toutes les professions, jusqu'aux plus prestigieuses.
    Après, il faut suivre l'auteur dans ses recherches, ses récits foisonnant de noms, de lieux, d'histoires terribles, sanglantes où un seul dieu règne en maître : l'argent. Il n'élude aucune responsabilité comme celle des USA ordonnant aux gomeros, paysans d'Amérique centrale, de cultiver à nouveau le pavot parce que ce pays avait besoin de morphine pour la guerre. le Mexique a dû fournir plus d'opium et, peu à peu, se sont mis en place les cartels, groupes gérant la production de cocaïne, encaissant les profits, contrôlant prix et distribution. Les saisies policières donnent une idée bien faible par rapport à la réalité. le Mexique est à l'origine de tout mais, comme une gangrène, la coke a contaminé le monde entier et Roberto Saviano en décortique les filières, « cette folie meurtrière sans limites vers laquelle le trafic de drogue a poussé le Mexique aujourd'hui. »
    La cocaïne rapporte cent fois plus que les meilleures actions en bourse avec « un océan d'esclaves interchangeables qui perpétuent un système d'exploitation dont seuls quelques-uns profitent… L'économie de la coke croît sans limites et se glisse partout. » L'auteur n'oublie pas le blanchiment de l'argent : « Aujourd'hui, New York (Wall street) et Londres (la City) sont les deux plus grandes blanchisseries d'argent du monde. »
    Enfin, il y a le continent africain : « L'Afrique est au Mexique ce qu'un hypermarché est à un grossiste de denrées alimentaires. La cocaïne est comme l'une des épidémies qui se sont répandues sur tout le continent africain à une vitesse effrayante. »
    Roberto Saviano rappelle le souvenir de Christian Poveda, abattu par les maras, gangs de rue les plus dangereux du monde, après avoir tourné son fameux documentaire La vida loca. « Raconter, c'est mourir » mais devant l'ampleur du désastre, il débat du problème de la légalisation et se dit favorable à cela afin de casser la spéculation, la loi de l'offre et de la demande.
    "Extra pure" est une livre dont on ne sort pas indemne mais Roberto Saviano note : « du respect pour ceux qui lisent… Connaître, c'est commencer à changer. »

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/