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Robert Goolrick

Robert Goolrick
Robert Goolrick a déjà publié aux éditions Anne Carrière : Féroces, Une femme simple et honnête, La chute des princes et Arrive un vagabond pour lequel il a reçu le Grand Prix des Lectrices Elle en 2013.

Articles en lien avec Robert Goolrick (2)

  • L’Amérique voit la vie en noir
    L’Amérique voit la vie en noir

    Né aux États-Unis pendant la Grande Dépression, le « roman noir » a fait les grandes heures de la littérature américaine au XXe siècle. Les ouvrages de l’époque décrivaient sous différents angles, en suivant des figures de policiers durs à cuire ou de privés impassibles, les bas-fonds d’une société violente et corrompue. Aujourd'hui, peut-être en réaction aux soubresauts de la crise de 2008, les auteurs réunis du 11 au 14 septembre à Vincennes (Val-de-Marne) à l’occasion du festival America semblent revisiter une nouvelle fois, et en profondeur, la face obscure du rêve nord-américain.

  • Une femme simple et honnête de Robert Goolrick
    Honni soit qui mal y pense

    Il ne faut pas se fier aux titres des livres :  Une femme simple et honnête raconte en fait l’épouvantable machination ourdie par une femme au tournant du XXe siècle, dans un petit village du Wisconsin. Un premier roman écrit par un auteur plus si jeune, mais qui ne manque pas de ressource.

Avis sur cet auteur (42)

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    Couverture du livre « Une femme simple et honnête » de Robert Goolrick aux éditions 10/18

    MAPATOU sur Une femme simple et honnête de Robert Goolrick

    Ralph Truitt est un industriel prospère d'une petite ville du Wisconsin. Veuf depuis 20 ans, il attend en cette fin d'après-midi de l'hiver 1907 sur le quai de la gare la jeune femme qui a répondu à son annonce matrimoniale parue dans le journal quelques semaines plus tôt.

    Or quand Catherine...
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    Ralph Truitt est un industriel prospère d'une petite ville du Wisconsin. Veuf depuis 20 ans, il attend en cette fin d'après-midi de l'hiver 1907 sur le quai de la gare la jeune femme qui a répondu à son annonce matrimoniale parue dans le journal quelques semaines plus tôt.

    Or quand Catherine Land descend du train, Ralph constate qu'il ne s'agit pas de la femme de la photo échangée lors de leur brève correspondance.

    Va-t-il la renvoyer ? Quelles sont les motivations de cette femme bien plus jeune que lui ?

    Au début du roman, on peut penser que Goolrick va nous raconter l'histoire de deux êtres réunis un peu par hasard et que nous allons assister à la construction d'une romance ou pas.

    Or, ce roman est bien plus complexe que ça. Les personnages principaux ont des caractères torturés, des secrets, des parts d'ombre.

    « C'était une histoire banale, où le froid pénétrait dans les os des êtres pour ne plus jamais les quitter, où les souvenirs s'enfonçaient dans leur coeur pour ne plus jamais le laisser en paix. C'était l'histoire de leur douleur et de l'amertume qu'on endurait dans l'enfance, quand on était sans défense mais capable de reconnaître le visage du mal, de secrets maudits qu'on ne pouvait raconter à personne, de la vie qu'on s'inventait contre sa douleur et la douleur des autres, impuissant à changer quoi que ce fût, l'histoire de la fin déjà écrite. »

    Un roman profond nourri des passions humaines.

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    Couverture du livre « Arrive un vagabond » de Robert Goolrick aux éditions 10/18

    GeorgesSmiley sur Arrive un vagabond de Robert Goolrick

    Arrive un Vagabond et, très vite, se forme un triangle amoureux peu conventionnel. Une femme enfant, un homme bon et sympathique qui, à peine son sac posé, tombe sous le charme, et un innocent petit gamin qui, s’attachant à ce nouvel ami, va être témoin de choses qu’il n’aurait pas du voir.
    Il...
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    Arrive un Vagabond et, très vite, se forme un triangle amoureux peu conventionnel. Une femme enfant, un homme bon et sympathique qui, à peine son sac posé, tombe sous le charme, et un innocent petit gamin qui, s’attachant à ce nouvel ami, va être témoin de choses qu’il n’aurait pas du voir.
    Il y a aussi le mari, mais il ne joue qu’un rôle secondaire :
    « Le cinéma lui coûta sa femme, car une fois éteintes les lumières dans le State Theater, dès que la première image se mit à clignoter sur l'écran, dès qu'elle vit ces images énormes et magnifiques et qu'elle entendit ces voix parler comme dans aucun autre pays que celui du cinéma, Sylvan cessa instantanément et définitivement de lui appartenir. A partir de cette première séance, elle appartint corps et âme au cinéma. »
    La femme fatale rêvait donc d’une vie en cinémascope, se prenant pour Lauren Bacall aux côtés de Bogart. L’enfant croyait avoir trouvé, avant l’heure des Marvel, son super-héros. Charlie, le héros, croyait vivre le grand amour mais n’était qu’un figurant.
    « C'était la fin de l'après-midi, et la deuxième fois qu'il la voyait. Mais cela avait suffi. Le film avait démarré. »
    Dans la Virginie rurale de la fin des années 40, voici que se met en place un fatal engrenage sur fond de tradition, de résignation, de ségrégation raciale assumée et acceptée, mais aussi de convoitise, de secrets, de prêches et de sermons enflammés. Cela sent très fort la tragédie grecque même si tout commence de façon bucolique, en musique et au cinéma dont les jeunes générations ont du mal à imaginer la féérie qu’il représentait au lendemain de la guerre.
    « Toute cette musique country était une découverte pour lui, et il aimait ça. Il se sentait chez lui parmi ces voix de montagne fluettes qui racontaient le paradis et l'enfer, la trahison et le deuil. Parfois les chansons parlaient d'amour et de meurtre… quelque chose qui rappelait à Charlie ce qu'on ressentait quand on était amoureux, et qui lui donnait l'envie de l'être de nouveau. »
    « Ce soir-là, on donnait Le Grand Sommeil. Les subtilités de l'intrigue (lui) échappèrent totalement …, mais il y avait Lauren Bacall, une fille pratiquement du même âge qu'elle,… et elle tombait amoureuse de Bogart, un homme qui … ne jouait même pas la comédie ; il était cette façon de parler et de fumer ses cigarettes. A l'évidence, il était assez vieux pour être son père. Elle sut immédiatement qu'elle était Bacall,... Et si une chose était bien certaine, c'est que Boaty (son mari) n'était pas Bogart. »
    On apprécie la description de la société rurale et traditionnelle de la Virginie dont est issu l’auteur et qu’il pare, au fil de son récit, de vertus touristiques assez peu inattendues. Les personnages sont attachants, y compris les seconds rôles (les parents de l’enfant, le frère du « vagabond », la couturière), il y a beaucoup de bons sentiments ce qui, d’ordinaire donne des récits ennuyeux. Ici, nous avons l’exception qui confirme la règle. La lecture est très agréable, l’intrigue captivante et le récit très cinématographique, ce qui est bien naturel eu égard à l’un des thèmes du roman, mais pas si facile que ça à réussir.
    Ce livre a eu beaucoup de succès. Si vous ne l’avez pas encore lu, allez-y. Remontez le temps et partez pour Brownsburg, vous ne le regretterez pas. Et surtout, ne pensez pas qu’il s’agit d’une histoire à l’eau de rose. Charlie avait pourtant été prévenu :
    « Monsieur Beale, je ne vois pas vraiment quelle différence cela peut faire que je sois mariée. En outre, sachez … que je fais toujours très attention à mon cœur. Faites-en autant. »

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    Couverture du livre « Une femme simple et honnête » de Robert Goolrick aux éditions 10/18

    Anita Millot sur Une femme simple et honnête de Robert Goolrick

    Catherine Land, la trentaine, plutôt belle et vénale a répondu à une annonce dans un journal. Ralph Truitt, la cinquantaine fatiguée, riche veuf terriblement solitaire, constate à son arrivée qu’elle n’est pas la femme banale de la photo reçue dans sa correspondance.
    Premier mensonge … Il y en...
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    Catherine Land, la trentaine, plutôt belle et vénale a répondu à une annonce dans un journal. Ralph Truitt, la cinquantaine fatiguée, riche veuf terriblement solitaire, constate à son arrivée qu’elle n’est pas la femme banale de la photo reçue dans sa correspondance.
    Premier mensonge … Il y en aura d’autres … Catherine se fera épouser et a un plan bien établi, une fois la bague au doigt ! Mais rien ne va se passer comme elle l’avait odieusement prévu !
    Un roman plutôt agréable à lire bien qu’un peu trop prévisible à mon goût.
    J’avoue avoir acheté ce livre après avoir lu la quatrième de couverture de la collection 10-18 … et surtout cette critique qui compare le roman de Robert Goolrick - je cite - “à Jane Eyre et aux Hauts de Hurlevent des soeurs Brontë” … Bon, loin s’en faut ! Si l’intrigue tient la route et que l’écriture est tout à fait honorable, ce compliment est très exagéré car nous sommes bien en deçà des chefs d’oeuvre de Charlotte et d’Emily !

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    Couverture du livre « Une femme simple et honnête » de Robert Goolrick aux éditions 10/18

    GeorgesSmiley sur Une femme simple et honnête de Robert Goolrick

    Noir et blanc. Noir comme le passé des personnages, noir comme leurs pensées et leurs projets, noir comme leur avenir. Blanc comme la neige qui tombe pendant des jours et des semaines sur l’hiver du Wisconsin (on pense à Fargo des frères Coen, le film ou la série, à voir et à revoir), sur des...
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    Noir et blanc. Noir comme le passé des personnages, noir comme leurs pensées et leurs projets, noir comme leur avenir. Blanc comme la neige qui tombe pendant des jours et des semaines sur l’hiver du Wisconsin (on pense à Fargo des frères Coen, le film ou la série, à voir et à revoir), sur des paysages plats et nus, silencieux et désolés. Blanc comme la neige qui ensevelit tout, y compris la saleté et la pourriture des personnages qui se laissent prendre à penser qu’ils pourraient repartir de zéro.
    « La neige était éternelle, infinie. Elle recouvrait la cour, le toit de la grange, redescendait vers la petite mare ronde au pied du champ le plus éloigné. Pas une empreinte, pas une marque dans toute l’étendue de ce paysage, rien d’autre que le manteau impénétrable et glacé d’argent de la neige. La perfection… Tu vois, se disait Catherine, tôt ou tard tout repart de zéro. »
    Un hiver infernal qui rend les gens fous, qui les conduit aux pires extrémités, aux « faits d’hiver » atroces qu’on lit, atterré, dans le journal, fruits effroyables de la misère (économique et affective) qui sévissait dans ces contrées il y a un siècle. L’auteur précise, à la fin du roman, dans un dernier chapitre qu’il intitule « reconnaissance de dette », que ces faits divers sont pour la plupart véridiques et issus d’un livre « qui causa pareil embrasement de mon cœur et de mon cerveau… (et) ouvre la boîte de Pandore de cette vie dans les campagnes et nous en expose l’âme sombre et les ravages. »
    « Rien ne dit que l’enfer flambe, pensa Ralph Truitt, planté dans son costume sobre sur le quai de cette gare minuscule, à la gerçure de nulle part. L’enfer peut bien ressembler à cela. Plus sombre de minute en minute. Si froid que la peau se rétracte sur les os. »
    Un hiver qui n’a rien à voir avec les nôtres, ceux des climats tempérés. Souvenons-nous, puisque Thanksgiving pour cause de commerce nous est à présent imposé, que cette fête commémore la première récolte d’automne en 1621 de la première colonie débarquée l’année précédente. Ils étaient cent-dix à descendre du Mayflower à Plymouth (aujourd’hui Boston) et le premier hiver en tua la moitié. Le froid est un personnage à part entière de ce roman, il symbolise parfaitement la situation des personnages, lui congelé dans son chagrin, elle glacée dans son égoïsme, et l’autre figé dans son ressentiment et sa haine.
    Robert Goolrick fait partie de ces écrivains capables de vous faire ressentir réellement les émotions ou les sensations qu’ils décrivent. Le premier chapitre (le héros attend sur un quai de gare, le blizzard se lève, la neige va venir, le silence est total, le paysage et les hommes sont figés, déjà gelés) est formidable de suggestion. Lisez ce premier chapitre (en accès libre) si vous hésitez encore.
    « Ce qu’il avait voulu, c’était une femme simple et honnête. Une vie tranquille. Une vie dans laquelle tout pourrait être préservé et où personne ne deviendrait fou. »
    Bien sûr,… « Elle n'était ni douce ni romantique, ni simple ni honnête. Elle était à la fois désespérée et pleine d'espoir. »
    L’intrigue est poisseuse à souhait et, même si ce n’est pas l’objet principal du roman, le suspens dure, aussi longtemps que l’hiver. L’héroïne rêve de fleurs et de fruits, de senteurs et de couleurs (très belles pages de botanique), mais ce n’est qu’un rêve. Rien ne pousse, rien ne survit à l’hiver, enfin presque rien, parce que… voyez vous-mêmes.
    « Chaque jour, l’hiver reculait. L’éteule réapparut dans les champs, les après-midi s’allongèrent. Le fleuve noir n’avait pas quitté sa carapace de glace mais les portes de la prison paraissaient s’ouvrir et les gens, attendre le premier jour de douceur, celui ou les filles pourraient enfin apparaître dans leurs robes d’été. Il y avait un avenir. »
    Croyez-le ou pas, mais, en refermant ce livre extraordinaire, j’ai ressenti physiquement un dernier frisson. Bien naturel à l’issue de cette lecture glaçante à tous points de vue. Brrrr !

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