Richard Russo

Richard Russo

Né en 1949 aux États-Unis, Richard Russo a longtemps enseigné la littérature à l'université.

Il se consacre désormais à l'écriture de scénarios et de romans dans sa maison du Maine.

Ailleurs est son neuvième livre publié à Quai Voltaire après Un homme presque parfait (1995), Un rôle qui me conv...

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Né en 1949 aux États-Unis, Richard Russo a longtemps enseigné la littérature à l'université.

Il se consacre désormais à l'écriture de scénarios et de romans dans sa maison du Maine.

Ailleurs est son neuvième livre publié à Quai Voltaire après Un homme presque parfait (1995), Un rôle qui me convient (1998), Le Déclin de l'empire Whiting (2002, Prix Pulitzer), Le Phare de Monhegan (2004), Quatre saisons à Mohawk (2005), Le Pont des Soupirs (2008), Les sortilèges du Cap Cod (2010) et Mohawk (2011).

Articles (1)

Avis (14)

  • Couverture du livre « À malin, malin et demi » de Richard Russo aux éditions Table Ronde

    catherine airaud sur À malin, malin et demi de Richard Russo

    Grâce au groupe « Picabo river book club » et le poche du mois, j'ai découvert un auteur et je vais continuer à lire ses romans. J'ai beaucoup apprécié passer 48 heures avec les protagonistes de ce roman : Nous sommes à Bath, dans l'Etat de NYC mais une ville industrielle frappée par la crise et...
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    Grâce au groupe « Picabo river book club » et le poche du mois, j'ai découvert un auteur et je vais continuer à lire ses romans. J'ai beaucoup apprécié passer 48 heures avec les protagonistes de ce roman : Nous sommes à Bath, dans l'Etat de NYC mais une ville industrielle frappée par la crise et où les habitants vivovent. Douglas Raymer est le shérif mais il se pose beaucoup de questions après la mort de sa femme trop belle et trop bien pour lui, Becka. Elle allait le quitter quand elle est tombée mortellement dans l'escalier. Il a trouvé une télé-commande de garage et depuis déambule dans les rues de la ville pour trouver la porte du garage de l'amant de sa femme. Il est aux obsèques du juge Flatt. Richard Russo va alors nous décrire la vie de cette ville à travers plusieurs personnages, des pieds nickelés. Je n'ai pas lâché ce texte et ai apprécié un humour décalé, des personnages touchants malgré leur côté sombre. Des personnages qui essaient de faire quelque chose de leur vie, Ruth, patronne de restaurant, son mari un ferrailleur qui a envahi la maison avec des aspirateurs déglingués, un abri de jardin qui devient plus grand que la maison, Sully, son ancien amant, qui a deux amis, Rub, un homme simple qui travaille au cimetière et son chien Rub, de beaux quiproquos lorsqu'ils sont tous les trois ensembles. Janey, la fille de Ruth et son amant violent, leur fille. Beaucoup de personnages mais paradoxalement on ne se perd pas, on est comme dans une série américaine un peu décalée, disjonctée. Des scènes restent en mémoire. Une lecture que l'on ne lâche pas facilement, un monde noir, sombre mais aussi beaucoup d'humour décalé. J'ai même regretté la fin du roman et de ne pas continuer un bout de chemin avec ces personnages. Mais je vais continuer ma découverte de cet auteur et avec en particulier « un homme presque parfait » Merci encore à Léa pour cette découverte.

  • Couverture du livre « Trajectoire » de Richard Russo aux éditions Table Ronde

    Marie-Laure VANIER sur Trajectoire de Richard Russo

    Trajectoire au singulier et pourtant c'est bien de quatre trajectoires dont il est question dans ces longues nouvelles ou courts romans qui mettent en scène des personnages ordinaires, des gens comme vous et moi, qui, à un moment donné de leur vie, souvent poussés par le hasard, sont amenés à...
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    Trajectoire au singulier et pourtant c'est bien de quatre trajectoires dont il est question dans ces longues nouvelles ou courts romans qui mettent en scène des personnages ordinaires, des gens comme vous et moi, qui, à un moment donné de leur vie, souvent poussés par le hasard, sont amenés à repenser au passé. Un retour en arrière qui leur fera considérer les choses autrement, qui les amènera à se demander s'ils ont fait le bon choix, si au fond, une autre route ne les aurait pas conduits vers un ailleurs meilleur peut-être, différent sans doute. Un regard vers le passé qui leur permettra de repartir vers un avenir, disons, peut-être plus apaisé.
    Quatre nouvelles donc dans lesquelles les personnages prennent conscience qu'ils n'ont peut-être pas vécu la vie dont ils rêvaient mais qu'il leur faut tout de même avancer.
    Face à James Cox, son étudiant, Janet est perplexe : il a triché, elle en est bien persuadée, mais elle ne sait comment réagir. Elle repense soudain au moment où, fière de son travail, elle s'était présentée un jour devant le fameux professeur Marcus Bellamy, celui qu'elle admirait tant et dont elle espérait des encouragements ou bien même, dans le secret de son coeur, des félicitations. Et pourtant, les mots qu'elle entendit ce jour-là ne furent pas ceux auxquels elle s'attendait : « C'est un devoir soigné. Impeccable. Seulement, ce n'est pas le vôtre… C'est comme si vous n'existiez pas. »
    En quoi, au fond, était-elle différente de ce James Cox qui est maintenant en face d'elle et dont elle ne sait que faire tandis que le doute s'empare d'elle ?
    Depuis cette rencontre avec ce professeur, a-t-elle vraiment réussi à être elle-même, à se révéler, à exister ou bien s'est-elle fondue dans un moule, le moule de l'Université et dans une pensée et un discours formatés ? Est-elle différente de ce gamin qu'elle accuse de plagiat et qui la regarde d'un air vaguement moqueur,  s'interroge Janet dans la première nouvelle intitulée « Cavalier »?
    Dans « Voix », mon récit préféré, un petit groupe de personnes originaires du Massachusetts arrivent à Venise pour la Biennale et parmi elles, se trouvent deux frères très différents l'un de l'autre : Nate, professeur d'université, célibataire, dépressif, doutant beaucoup de lui-même et Julian, le fonceur, le dominateur, le séducteur. Ils se sont peu vus ces derniers temps et leurs relations sont assez tendues. Pourquoi Julian a-t-il fait signe à son frère ? Que cherche-t-il ? Attend-il quelque chose, espère-t-il un changement ? Depuis l'enfance, depuis une mère alcoolique avec laquelle ils n'ont pas eu la même relation, chaque jour les a éloignés l'un de l'autre… Vont-ils profiter de ce voyage pour se retrouver ? Les petites ruelles de Venise ne risquent-elles pas de les perdre encore davantage ? Heureusement, les téléphones portables permettent de se rejoindre plus facilement qu'avant… encore faut-il tomber sur autre chose qu'une messagerie. Drôle de voyage pour ces deux frères… Tandis que le passé resurgit et vient assombrir un présent déjà bien terne, il faudra faire face et tenter de s'accepter tel qu'on est, condition nécessaire pour aller enfin vers l'autre, le frère, et l'aimer, enfin.
    Deux autres nouvelles encore : « Intervention » dans laquelle Ray, agent immobilier, essaie de vendre à un couple de Texans pas piqués des vers la maison surchargée de souvenirs d'une amie, tentant d'oublier ponctuellement une tumeur maligne pour laquelle il doit prendre un rendez-vous. Ce qu'il ne fait pas, reproduisant ainsi les erreurs de son père dont l'attitude le hante. Enfin, « Milton et Marcus » met en scène un narrateur romancier, Ryan, qui va accepter de retravailler un scénario pour un producteur de cinéma hollywoodien - pacte avec le diable - dans un but qui lui tient à coeur : avoir suffisamment d'argent pour pouvoir soigner sa femme.
    Les personnages de Russo, en butte à leur questionnement existentiel, à leurs doutes ou bien à leur maladie qui les empêchent de s'accepter, de s'aimer, d'être en phase avec eux-mêmes, sont tous à un tournant de leur vie. Ils ont quarante, cinquante, soixante ans, ces âges où l'on s'interroge, où l'on fait un bilan parce que l'on sait qu'il y a plus derrière que devant.
    C'est avec un sens du détail inouï, une très grande sensibilité et beaucoup de finesse que Richard Russo peint des personnages en souffrance qui, confrontés soudain à un événement douloureux du passé qui refait surface, finissent par avoir une nouvelle lecture d'un présent qu'ils vivent mal et qui pèse trop lourd. Soudain plus lucides, ils acquièrent alors la capacité de considérer leur trajectoire, de l'analyser, d'en soupçonner toutes les variantes qu'il leur aurait été possible d'envisager, et surtout, ils trouvent la force de poursuivre le chemin déjà commencé.
    Il y a beaucoup de mélancolie qui émane de ces pages, l'idée que la vie, au fond, n'a rien d'un long fleuve tranquille et que chacun s'en tire à sa façon, c'est-à-dire comme il peut.
    Pas beaucoup d'illusions en somme dans ces récits où les personnages sont parfois drôles, émouvants et toujours très humains. On ressent beaucoup de tendresse de la part de Russo pour l'humanité telle qu'elle est : médiocre, ordinaire, fragile, vulnérable et en même temps si attachante, si forte, si courageuse.
    Magnifique !

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  • Couverture du livre « Trajectoire » de Richard Russo aux éditions Table Ronde

    Mumu Dans le Bocage sur Trajectoire de Richard Russo

    Comprendre à travers des situations actuelles des événements du passé. Ne plus se mentir, jouer carte sur table, affronter ses peurs, ses comportements et prendre conscience d’un possible avenir, voilà ce que Richard Russo propose à travers quatre nouvelles se déroulant dans des milieux...
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    Comprendre à travers des situations actuelles des événements du passé. Ne plus se mentir, jouer carte sur table, affronter ses peurs, ses comportements et prendre conscience d’un possible avenir, voilà ce que Richard Russo propose à travers quatre nouvelles se déroulant dans des milieux différents mais qui sont sur la même trajectoire : celle de sa propre connaissance, de qui on est vraiment.

    Ne pas se fier aux apparences, rien n’est toujours comme il semble être. Chacun porte en soi des questions non résolues ou fausses. La vie est parfois constituée de mensonges, de non-dits, de manques. Nous n’en sommes que le résultat.

    A lire sa biographie, je découvre qu’il a un doctorat en philosophie avant d’avoir enseigné la littérature et écrit des scénarios….. tout s’explique. Il s’est inspiré à travers de son expérience dans ces domaines pour écrire ses quatre histoires. Chacune aborde le côté psychologique des différents protagonistes.

    Le Cavalier : Janet, professeur de littérature, doit affronter un élève qui a plagié un devoir et va la confronter à ses propres souvenirs d’étudiante, à sa rencontre avec son directeur de thèse qui l’avait confrontée à ses prises de position dans ses devoirs. Cherchait-elle à plaire au correcteur, refusait-elle de se révéler….. En se dissimulant n’avait-elle pas elle-même triché ?

    Voix relate le voyage de deux frères Nate, professeur,dépressif depuis une rencontre un an plus tôt dans son université et Julian, vendeur et bavard, à Venise, au sein d’un groupe de touristes. Tout oppose ces deux hommes : leurs vies, leurs tempéraments mais aussi un passé douloureux. Julian est le verre à moitié plein et Nate le verre à moitié vide, mais qui est finalement le plus heureux. Trouveront-ils le moyen de se parler, de se comprendre.

    Par contre, les pensées d’Opal, jaillies du terreau d’un cerveau unique et fertile, s’enchaînaient avec fluidité et élégance. Ses phrases étaient soigneusement construites afin d’accueillir avec précision, mais aussi avec grâce des citations tirées du texte original. Jamais elle n’utilisait des blocs de citations pour noircir du papier, contrairement à ses camarades paresseux. (…) Opal écrivait comme si le livre qu’elle commentait était important et, d’une certaine manière, coïncidait avec son expérience du monde. Nate se trouvait, à défaut d’un terme plus approprié, en présence d’une voix. (p90)

    Intervention, met en scène Ray, agent immobilier qui doit réussir à vendre la maison de Nicky, amie de sa femme, alors qu’il traverse une période familiale difficile et que rien ne facilite cette vente. Pourtant il y a une solution à tout problème et ne reproduit-on pas les mêmes schémas.

    Milton et Marcus se déroule dans le milieu cinématographique entre un réalisateur magouilleur et un scénariste dans l’urgence de trouver un engagement où tel est pris qui croyait prendre.

    Il y a des points communs aux quatre textes : l’occasion est donnée à chaque protagoniste, lors d’un événement actuel, de se pencher sur son propre passé ou sur une situation similaire qu’il a vécue et qu’il n’a pas, à l’époque, résolue ou mal, qu’il traîne comme un boulet et qui ressurgit. La découvrir grâce à une situation du présent, d’une rencontre, entrevoir enfin une possibilité de la comprendre, d’avancer, de l’accepter.

    Autre point commun : la maladie qu’elle soit physique (cancer) ou d’ordre comportementale (asperger, autisme, dépression), qui est un facteur aggravant de la situation : des décisions s’imposent, des choix doivent se faire, il y a parfois une urgence.

    La nouvelle que j’ai préférée est Voix : ce voyage organisé en groupe à Venise est à la fois poignant par le thème sous-jacent et drôle par les événements que vivent ce groupe de touristes qui chacun porte également un passé.

    Puis il y a ce couple de personnes extrêmement âgées qui, au repos, s’appuient l’une contre l’autre, épaule contre épaule, formant la lettre A . Si l’une des deux bougeait trop vite, il en résulterait à coup sûr une hanche brisée pour l’autre.(p70)

    Je ne connaissais pas l’écriture de Richard Russo, je l’avais vu récemment lors d’un interview et j’avais aimé cet œil malicieux, ce sourire toujours dessiné sur ses lèvres et j’ai retrouvé ces différents points dans son écriture. C’est concis, précis, construit. Il a choisi des milieux professionnels qu’il connaît pour les avoir pratiqués : université, cinéma, il décrit parfaitement le cheminement de chacun pour trouver sa réponse.

    Ce sont de courts récits, doux-amers, avec une écriture efficace qui installe rapidement le décor, les personnages, utilise les flashbacks qui éclairent au fur et à mesure de la lecture les situations, qui laisse planer le mystère quant aux situations, tout ne nous est pas révéler dès le début.

    Un auteur que je souhaite suivre car son écriture me correspond, ses sujets m’interpellent et qui dose habilement gravité et légèreté.

    Car les gens s’accrochent à la folie comme si c’était leur bien le plus précieux, ils la défendent, parfois violemment, contre une éventuelle sagesse. (p216)

  • Couverture du livre « À malin, malin et demi » de Richard Russo aux éditions Table Ronde

    Bono Chamrousse sur À malin, malin et demi de Richard Russo

    À MALIN, MALIN ET DEMI de Richard Russo
    Traduit par Jean Esch
    Éd. Quai Voltaire / La Table Ronde (grand format)
    Ed. 10/18 (poche)

    "Ça ne vous gêne pas de ne pas avoir tiré meilleur profit de la vie que Dieu vous a donné ?" C'est la question que Miss Beryl, professeur retraitée, posait...
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    À MALIN, MALIN ET DEMI de Richard Russo
    Traduit par Jean Esch
    Éd. Quai Voltaire / La Table Ronde (grand format)
    Ed. 10/18 (poche)

    "Ça ne vous gêne pas de ne pas avoir tiré meilleur profit de la vie que Dieu vous a donné ?" C'est la question que Miss Beryl, professeur retraitée, posait constamment à Sully dans "Un homme presque parfait". Une question qui s'adressait tout autant aux autres habitants de la ville de Bath qu'à la ville elle-même.
    Parce qu'il faut dire que dans la ville de Bath tout est toujours allé de travers alors que dans la ville d'à côté, Schuyler Springs, tout prospère. Même le projet de parc d'attraction a finalement échoué... les promoteurs ayant finalement opté pour la Californie car ils trouvaient les habitants de Bath trop bizarres pour être embauchés.

    Dix ans plus tard, dans "À MALIN, MALIN ET DEMI", rien n'a vraiment changé, les gens ont continué "de croire que la chance gouvernait le monde, qu'elle leur avait tourné le dos, depuis toujours et pour toujours, amen, un crédo qui les dédouannait et les dispensait de s'investir pour de bon dans le présent, et à plus forte raison dans l'avenir."
    Pourtant, le nouveau maire croît qu'il pourra changer les choses... et pour Sully, la chance semble avoir tourné en sa faveur mais il est condamné par les médecins suite aux excès qu'il a commis pendant toute sa vie... Douglas Raymer, le flic peu sûr de lui que Sully avait cogné suite à une bavure policière, est devenu chef de la police...

    En prenant Douglas Raymer comme personnage central de son roman Richard Russo nous démontre que même si aujourd'hui nous ne sommes pas "à la hauteur des tâches qui nous incombent", demain nous pouvons être "une meilleure personne qu'aujourd'hui".

    J'ai beaucoup aimé "À MALIN, MALIN ET DEMI" pour son humour mais je le trouve un cran en-dessous par rapport à "Un homme presque parfait". Il y a de (toutes) petites incohérences entre les deux récits (dans la biographie de certains personnages) qui m'ont un peu déçues... c'est pourquoi je déconseille de les lire à la suite l'un de l'autre (ce que j'ai fait) alors que les deux livres peuvent parfaitement se lire indépendamment l'un de l'autre.

    Livre mis à l'honneur dans le #PicaboRiverBookClub dans le cadre du "poche du mois d'octobre"

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