Richard Powers

Richard Powers
Richard Powers est né en 1957 aux États-Unis. Trois fermiers s'en vont au bal, son premier roman, a valu à l'auteur d'être cité par le magazine Esquire comme l'un des trois plus grands auteurs de la décennie, aux côtés de Martin Amis et de Don DeLillo. Richard Powers a écrit depuis une dizaine d'... Voir plus
Richard Powers est né en 1957 aux États-Unis. Trois fermiers s'en vont au bal, son premier roman, a valu à l'auteur d'être cité par le magazine Esquire comme l'un des trois plus grands auteurs de la décennie, aux côtés de Martin Amis et de Don DeLillo. Richard Powers a écrit depuis une dizaine d'autres ouvrages, dont Le temps où nous chantions, élu meilleur livre de l'année 2003 par le New York Times et le Washington Post, et La Chambre aux échos, couronné par le National Book Award. Il vit aujourd'hui dans l'Illinois. Après Générosité et Gains, il signe son nouveau roman, Le dilemme du prisonnier, aux éditions du Cherche-Midi.

Avis (21)

  • Couverture du livre « L'arbre- monde » de Richard Powers aux éditions Cherche Midi

    Nicole Grundlinger sur L'arbre- monde de Richard Powers

    "Vous et l'arbre de votre jardin êtes issus d'un ancêtre commun. Il y a un milliard et demi d'années, vos chemins ont divergé. Mais aujourd'hui encore, après un immense voyage dans des directions séparées, vous partagez avec cet arbre le quart de vos gènes..."

    Dans ce livre grandiose, il y a...
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    "Vous et l'arbre de votre jardin êtes issus d'un ancêtre commun. Il y a un milliard et demi d'années, vos chemins ont divergé. Mais aujourd'hui encore, après un immense voyage dans des directions séparées, vous partagez avec cet arbre le quart de vos gènes..."

    Dans ce livre grandiose, il y a un moment où l'une des héroïnes, Pat Westerford, Docteur en botanique explique à ses élèves que si on devait concentrer la création du monde en une heure, la naissance des sols, des montagnes, des fleuves et des végétaux occuperait une bonne quarantaine de minutes tandis que l'homme arriverait dans les trente dernières secondes ; et il ne lui en faudrait qu'une poignée pour tout asservir. Lors de ses recherches, Pat Westerford a mis en évidence qu'il existe un système de communication extrêmement développé dans le monde végétal. Les arbres se parlent, se préviennent des dangers. L'écosystème végétal s'organise, se régénère, se réinvente sans cesse. Dans une forêt, l'individu n'existe pas, tout est lié, y compris ce qui semble mort, chaque chose a son utilité. Mais l'homme passe et la forêt trépasse. L'homme suit le cycle infernal de ce qu'il appelle la croissance. Il ignore tout du pouvoir des végétaux. Il combat la nature pour gagner de la place et faire croitre ses activités, plutôt que de chercher à s'intégrer harmonieusement dans un environnement qui était là avant lui et qui demeurera très certainement après lui.

    Ce que nous propose ici Richard Powers est encore une fresque monumentale ; j'y ai retrouvé la puissance narrative et démonstrative de Gains (toujours une interrogation sur le progrès mais du côté du monde de l'entreprise) avec un supplément d'âme lié à la thématique de l'environnement. Ce roman est celui de la vie. De la transmission. Non pas d'une lignée. La transmission à travers les âges. Un plaidoyer pour tenter de rendre les hommes moins aveugles... même si cela semble déjà trop tard. Construit selon le miracle de la nature, symbolisé par l'arbre, le roman aligne quatre parties : racines, tronc, cime et graines ; quatre parties qui relient peu à peu une dizaine de personnages qui n'ont au départ pas grand-chose en commun. Si ce n'est, quelque part en germe une intuition, un lien, un intérêt pour la nature plus ou moins avéré. S'ils prennent des chemins différents, chacun d'entre eux se trouve à un moment concerné, préoccupé ou engagé dans un processus qui vise à changer les choses. Nicholas l'artiste, Mimi l'ingénieure, Adam le psychologue, Ray le spécialiste de la propriété intellectuelle, Pat la botaniste, Neelay le petit génie de l'informatique, Douglas et Olivia. Certains passeront par l'activisme. D'autres continueront à prêcher la bonne parole en misant sur une prise de conscience. Certains écriront des livres, d'autres les liront. D'autres encore verront dans la technologie un moyen de changer le monde.

    On apprend des tas de choses dans ce roman, sur le pouvoir vivifiant des végétaux et sur la nocivité des hommes. Mais Richard Powers va plus loin que ces constats. Il cherche, par l'intermédiaire de ses personnages les raisons pour lesquelles la majorité nie l'évidence ou refuse de voir ; il expérimente, veut croire que des arborescences informatiques complexes (arborescences, oui... c'est intéressant) pourraient peut-être contribuer à... quoi ? convaincre ? faire changer les comportements ? On retrouve ici la volonté déjà affichée dans Gains de ne pas désigner de coupable trop facile. Même si son camp est visiblement déjà choisi.

    Non seulement le voyage est passionnant mais on en sort avec forcément un regard très différent sur les arbres auxquels on ne prêtait pas grande attention en sortant de chez soi. Imprégné par l'atmosphère qui se dégage du livre et qui invite à réfléchir sur le miracle quotidien de la nature, convaincu que si l'homme gesticule, hurle et veut toujours plus, ce n'est pas forcément lui qui gagnera à la fin. D'ailleurs il semble avoir déjà perdu tant les dégâts qu'il inflige au monde végétal se retournent contre lui.

    Il y a tout cela dans ce roman, et bien plus encore. Car c'est une petite prouesse de construction, pour un résultat aussi foisonnant que le petit monde qui s'agite de façon invisible et imperceptible à l'homme dans un sous-bois. L'Arbre-Monde est un livre extraordinaire. Un très grand livre.

  • Couverture du livre « L'arbre- monde » de Richard Powers aux éditions Cherche Midi

    Amandine Cirez sur L'arbre- monde de Richard Powers

    Lien : https://www.livresselitteraire.com/2018/10/larbre-monde-de-richard-powers.html

    Aux côtés d’un psychologue, d’une chercheuse en botanique, d’un créateur de jeu vidéo, d’un photographe, d’un couple à l’épreuve, d’une ingénieure, d’un ancien militaire et d’une étudiante, Richard Powers...
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    Lien : https://www.livresselitteraire.com/2018/10/larbre-monde-de-richard-powers.html

    Aux côtés d’un psychologue, d’une chercheuse en botanique, d’un créateur de jeu vidéo, d’un photographe, d’un couple à l’épreuve, d’une ingénieure, d’un ancien militaire et d’une étudiante, Richard Powers nous offre une fresque de vie, une double fresque qui se croise, s’entrecroise, se déchire. La fresque de vie de ce qui est plus grand que nous : la nature, la planète, les arbres. Et puis celle des Hommes, bien sûr. Neuf personnages, racines de ce récit, arbre de vie, qui n’ont à priori rien en commun. Tous sont de générations, d’origines, d’horizons différents et pourtant, tous ont un lien plus ou moins fort avec les arbres. Par conviction, souvenir ou transmission. Une transmission qui jamais ne quittera ni l’histoire ni le lecteur. Car au travers de L’arbre-monde, Richard Powers a créé un véritable plaidoyer à destination de l’Homme et du monde.

    Ici, l’apprentissage constitue le message. Quatre parties : racines, tronc, cimes et graines où l’on y apprend que les arbres communiquent entre eux, s’alertent lors d’un danger, s’adaptent au monde, lèguent leur héritage à la terre. On y apprend que si le tronc, les branches, les feuilles sont visibles il y a tant à découvrir sous terre. L’âme de ces lieux.

    Lorsqu’on déroule le fil de l’histoire, qui s’accélère au fil des pages comme la destruction massive de cette flore, on ne peut s’empêcher de penser que nous avons tant à apprendre d’eux… De l’activisme à l’éco-terrorisme, en passant par la technologie Richard Powers interroge : que faire, laisser l’Homme détruire des hectares pour se chauffer, se loger, cultiver plus que de raison ? Laisser les industriels tuer l’écosystème pour toujours plus de rentabilité, de pouvoir, de pognon ? Pour quoi au final ? L’arbre est bien plus vieux que l’homo-sapiens… Que croient-ils, que croyons-nous, que nous survivront sans eux ?

    Notre rapport à la nature, nos liens avec elle, les enjeux financiers, écologiques, nos dérives volontaires ou non, nos erreurs, notre besoin de reconnexion sont autant de thèmes abordés dans ce roman dense, passionnant et nécessaire. Et l’arbre y est un personnage à part entière. Il est même, à mon sens, le personnage principal de ce roman. Celui qui s’exprime dans les silences. Qui semble être imperturbable face à la folie de l’Homme. Il est celui qui soutient le monde. Celui qui porte en lui l’intelligence. La clé de notre survie. Une espèce bien plus solidaire que toute communauté humaine.

    Et dans ces cinq cent pages d’amour à la forêt, et de croyance en l’humanité malgré nos comportements abjects, l'auteur avec tout son génie et celui de son traducteur Serge Chauvin, parvient à nous serrer le cœur, nous donner le vertige face à des constats alarmants. Alors, peut-être vous direz-vous que nous n’avons pas besoin d’un moralisateur, que nous n’avons pas besoin d’un roman pour ouvrir les yeux sur l’évidence. Peut-être oui, mais alors qu’attendons-nous pour sauver ce qui peut encore l’être ? Qu’attendons-nous pour arrêter de nous prendre pour les rois du monde ?

    Une chose est sûre, si vous prenez la peine de lire le sensible L’arbre-monde, soyez conscients qu’une fois refermé, plus jamais vous ne regarderez un arbre de la même manière.
    Vous l’observerez, enfin. Vous y verrez sa grandeur.

  • Couverture du livre « L'arbre- monde » de Richard Powers aux éditions Cherche Midi

    Dominique Lemasson sur L'arbre- monde de Richard Powers

    Un gros pavé écologique autour de l'incapacité de l'espèce humaine à prendre soin de son environnement et tout particulièrement des arbres. Autour de quelques destins individuels que rien ne prédisposait à devenir des activistes virulents de la défense des forêts, on en apprend beaucoup sur les...
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    Un gros pavé écologique autour de l'incapacité de l'espèce humaine à prendre soin de son environnement et tout particulièrement des arbres. Autour de quelques destins individuels que rien ne prédisposait à devenir des activistes virulents de la défense des forêts, on en apprend beaucoup sur les arbres, leurs bienfaits et même sur la façon dont ils communiquent entre eux.
    C'est didactique, rempli de citations éclairées ou d'images très explicites sur la façon dont notre espèce continue à massacrer son environnement naturel. « le monde comptait six billions d'arbres quand les humains sont apparus. Il en reste la moitié. Dont la moitié encore aura disparu dans cent ans. »
    « Vous et l'arbre de votre jardin êtes issus d'un ancêtre commun (et) aujourd'hui encore vous partagez avec cet arbre le quart de vos gènes. »
    Brrr, les chênes et les noyers de mon jardin, que j'aperçois par ma fenêtre en rédigeant ce billet, m'apparaissent sous un jour nouveau même si je ne suis pas encore tout à fait mûr pour discuter avec eux quand je profite de leur ombre ou de leurs noix.
    C'est vrai qu'après avoir terminé cette lecture dense et touffue comme une forêt de séquoias, la perspective change. Reste la sensation mitigée de m'être engagé dans un très beau sous-bois puis, ayant perdu mes repères et commencé à tourner en rond, de n'avoir plus eu que l'envie d'en trouver la sortie. Ennuyeux ? Un peu, oui.

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