Rachel Corenblit

Rachel Corenblit
Rachel Corenblit est un auteur de littérature de jeunesse française, née à Chicoutimi au Québec en 1969. Elle a vécu à Jérusalem, Nice, Paris, Albi et Marseille. Après des études de philosophie et diverses activités professionnelles, elle se tourne vers l'enseignement en 1997. Elle exerce aujourd... Voir plus
Rachel Corenblit est un auteur de littérature de jeunesse française, née à Chicoutimi au Québec en 1969. Elle a vécu à Jérusalem, Nice, Paris, Albi et Marseille. Après des études de philosophie et diverses activités professionnelles, elle se tourne vers l'enseignement en 1997. Elle exerce aujourd'hui à Toulouse en tant que professeur des écoles. Dans ses romans, elle aborde notamment la question de l'acceptation de soi, de la différence, de la maladie. Elle trouve ses sources d'inspiration dans le théâtre, les différents métiers qu'elle a exercés et la vie quotidienne.

Avis sur cet auteur (15)

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    Couverture du livre « Un peu plus près des étoiles » de Rachel Corenblit aux éditions Bayard Jeunesse

    Marie Kacher sur Un peu plus près des étoiles de Rachel Corenblit

    Le mois de novembre était censé être placé sous le signe de la fantasy … mais quand j’ai croisé ce titre dans la sélection Masse critique, j’ai allégrement balourdé (au sens figuré uniquement) mes gros pavés remplis de dragons, d’elfes et de batailles sanguinolentes pour me ruer sur ce court...
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    Le mois de novembre était censé être placé sous le signe de la fantasy … mais quand j’ai croisé ce titre dans la sélection Masse critique, j’ai allégrement balourdé (au sens figuré uniquement) mes gros pavés remplis de dragons, d’elfes et de batailles sanguinolentes pour me ruer sur ce court roman qui promettait d’être riche en émotions et en poésie. Pour lui, j’ai été jusqu’à interrompre ma lecture d’une saga – ce que je ne fais généralement qu’à contrecœur car j’aime lire tous les tomes d’une saga d’une seule traite ! Il y a quelque chose sur cette couverture, quelque chose dans ce titre, quelque chose dans ce résumé, qui m’a donné cette envie de tout laisser tomber pour me plonger aussi vite que possible dans cette lecture. Je le sentais, je n’allais pas en sortir tout à fait indemne, et la raison aurait voulu que j’attende d’être un peu moins déprimée pour m’y mettre … mais « le cœur a ses raisons que la raison ignore », semblerait-il.

    Rémi, quatorze ans, presque quinze, a déménagé dix-neuf fois pour suivre son père, médecin remplaçant qui semble s’être donné pour objectif de visiter tous les hôpitaux, cliniques et maisons de retraite de la France. Solitaire et introverti, le jeune homme ne prend même plus la peine d’essayer de s’intégrer dans les différents établissements scolaires qu’il fréquente quelques mois chacun. Il préfère se réfugier dans la musique, trimbalant où qu’il aille le vieux Walkman de sa mère pour écouter les cassettes que cette dernière a enregistré lorsqu’elle avait son âge. Dans ce cocon acoustique des années 80, Rémi tente de se convaincre que le monde ne peut pas l’atteindre … Jusqu’au jour où son père et lui débarquent dans un centre de repos pour les chirurgies réparatrices et qu’il croise Sara. Sara et son visage défiguré, monstrueux, repoussant. Sara et ses yeux magnifiques, envoutants, méprisants. Car malgré les avertissements de son père, Rémi n’a pas pu s’empêcher d’écarquiller les yeux, effaré par ce qu’il voyait. A partir de cet instant, le jeune garçon doit se rendre à l’évidence : il ne veut plus être seul. Et peut-être que ces jeunes écorchés pourraient bien être les seuls à l’accepter …

    Un, deux, trois … Les chuchotis de sa mère au début de chaque cassette rythme le quotidien de Rémi, notre héros et narrateur. Rengaine familière et rassurante qui berce le jeune homme jour après jour, tandis que grandit en lui le ras-le-bol d’être trimballé d’hôpitaux en hôpitaux, de collèges en collèges. On s’attache rapidement à Rémi, adolescent solitaire qui vit avec la crainte – mêlée à un incompréhensible espoir – d’avoir hérité de la folie de sa mère. Mère dont son père et lui ne parle jamais, et que Rémi ne connait finalement qu’à travers ses gouts musicaux enregistrés sur dix cassettes qu’il écoute en boucle. On a de la peine pour lui, mais cela ne nous empêche pas d’approuver Sara lorsque celle-ci le traite de blaireau après leur rencontre … Mais on ne peut cependant pas lui en vouloir complétement : il y a fort à parier qu’on aurait réagi exactement de la même manière en se retrouvant face à Sara et aux autres jeunes de ce centre de repos pour les patients qui viennent de subir une opération de chirurgie réparatrice. Face à une petite fille qui n’a pas de nez, face à une ado qui n’a plus de visage. Même en sachant que c’est mal, on n’aurait probablement pas pu empêcher notre cerveau de faire un arrêt sur image, nos yeux de fixer ces aberrations physiques, notre corps même d’avoir un petit mouvement de recul.

    A travers le personnage de Rémi, qui est loin d’être parfait, qui est juste éminemment humain, qui est juste exactement comme nous, l’autrice nous place finalement face à notre propre comportement. Elle nous oblige à nous rendre compte de notre « cruauté ordinaire ». Car malgré tous les beaux discours de tolérance, il ne faut pas se voiler la face : la différence fait peur, surtout quand cette différence est « moche ». Face à de telles difformités, on ne peut pas s’empêcher de détourner le regard – regard par ailleurs empli de pitié –, sans songer une seule seconde à la souffrance que cela fait naitre chez l’autre. Comme si cet autre, qui ressemble si peu à un humain, n’était plus tout à fait humain. Comme si sa malformation impliquait nécessairement qu’il ne pouvait pas comprendre et ressentir les choses. Rémi a toujours cru qu’il était « bienveillant », qu’il savait accepter la différence sans souci, mais cette rencontre lui fait douloureusement prendre conscience qu’il a encore bien du chemin à faire. Heureusement, malgré le fiasco de leur première rencontre, les sept jeunes de la « cabane thérapeutique » vont l’accepter parmi eux. Et lui apprendre à voir la beauté de l’âme et du cœur. La plus importante. Celle que rien ne peut altérer, pas même un dramatique accident de voiture ou l’explosion d’une bombonne de gaz. Pour reprendre l’expression de Saint Exupéry, une beauté qu’on ne voit pas avec les yeux mais avec le cœur. Et croyez-moi, le cœur de Rémi va apprendre à battre avec une ardeur nouvelle ….

    Ce livre, c’est un véritable ouragan littéraire. Au début, c’est le silence, le calme avant la tempête. Le temps semble suspendu, il y a comme une bulle de coton qui nous entoure. Il y a Rémi et sa musique, jour après jour. Il y a les descentes quotidiennes au réfectoire pour chercher un plateau repas. Il y a l’ennui et la solitude. Et soudain, le cataclysme se déclenche, et vous ne pouvez absolument rien faire pour lutter : la tornade vous entraine dans un tourbillon d’émotions et vous ne pouvez pas vous en sortir. Vous espérez, vous riez, vous pleurez, vous hurlez. Avec Rémi. Avec Sara et Adonis. Avec Clothilde et Maxime. Avec Pascal, Zoé et Milie. Avec ces huit jeunes. Sept gueules cassées et une âme brisé, qui se rencontrent et s’apprivoisent. Qui font face aux plus terribles épreuves. Qui se déchirent, aussi, quand Rémi n’a pas le courage suffisant pour assumer leur amitié au grand jour. Quand il se comporte comme un blaireau. Qui se réunissent à nouveau quand vient le moment de soutenir un d’entre eux. Car pour ces sept jeunes écorchés, le combat n’est jamais terminé : opérations après opérations, ils espèrent retrouver un visage qui n’attirera plus les regards. Un visage pour ne plus être à l’écart … C’est un livre déchirant, mais étonnamment profondément réjouissant en même temps. Ils sont beaux, ces sept jeunes, oui, ils sont si beaux.

    En bref, vous l’aurez bien compris, c’est un véritable coup de cœur pour ce bref récit coup de poing, qui ne laissera aucun lecteur indifférent. Comment rester de marbre face à cette magnifique histoire d’amour et d’amitié ? Comment ne pas s’attacher à Rémi et ses nouveaux amis, malmenés d’une façon ou d’une autre par la vie ? Comment ne pas avoir envie de les serrer dans nos bras, non pas pour exprimer notre pitié, mais bien pour les remercier d’exister, même uniquement sur le papier ? Ils nous donnent une formidable leçon de vie, par leur courage et leur générosité, mais aussi par leurs faiblesses et leurs erreurs. Si je pouvais vous donner un conseil, c’est vraiment de lire chaque chapitre en écoutant la chanson qui va avec. La musique des années 80 constitue ici un personnage à part entière, tant elle a d’importance dans la vie de Rémi, et ça permet vraiment de se plonger dans l’ambiance de ce récit vraiment émouvant et captivant que je conseille chaleureusement. Oui, c’est un roman déchirant, on en sort avec le cœur en miettes, mais on en sort aussi avec du baume au cœur, car c’est un roman d’une beauté rare, et d’une poésie inouïe. Une formidable découverte !

    https://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2020/01/un-peu-plus-pres-des-etoiles-rachel.html

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    Couverture du livre « L'année des pierres » de Rachel Corenblit aux éditions Casterman

    Nanou Anne sur L'année des pierres de Rachel Corenblit

    Fiction jeunesse autour de la 1ère Intifada, en décembre 1987.
    10 adolescents français se retrouvent scolarisés cette année-là en seconde dans un lycée français de Jérusalem. le narrateur s'appelle Daniel Mayer, 16 ans en 1987. Reconnu comme cancre à l'école, préférant sécher les cours pour...
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    Fiction jeunesse autour de la 1ère Intifada, en décembre 1987.
    10 adolescents français se retrouvent scolarisés cette année-là en seconde dans un lycée français de Jérusalem. le narrateur s'appelle Daniel Mayer, 16 ans en 1987. Reconnu comme cancre à l'école, préférant sécher les cours pour aller fumer des joints sur la plage avec ses copains, ses parents décident de l'envoyer redoubler sa seconde à Jérusalem, où vit son grand-père qu'il ne connaît pas.
    L'histoire commence le 20 mai 1987, date à laquelle chacun des 10 élèves, habitant alors en France, sait qu'il partira poursuivre sa scolarité au lycée français de Jérusalem à partir de septembre. Tous ces jeunes ont un lien plus ou moins poussé avec la religion juive. Certains partent pour Jérusalem de leur plein gré, d'autres y sont envoyés de force par leurs parents pour diverses raisons (mauvais comportement, rejet de la société etc…). Ces 10 jeunes se retrouvent ensemble à l'internat, où ils vont apprendre à se connaître, se lier d'amitié, se bastonner, s'aimer… .On suit l'évolution de leurs relations entre septembre 1987 et mars 1988. Avec un évènement majeur : une sortie à Jéricho, le 10 décembre, qui tourne mal puisque le bus scolaire se fait caillasser. C'est la première Intifada. Cet évènement, couplé à cette année scolaire passée loin de leurs parents, leur donne l'occasion de mûrir, de réfléchir à leurs vies et d'apprendre à prendre des décisions.

    C'est bien écrit, j'ai bien aimé l'histoire et les liens qui se tissent entre les personnages.

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    Couverture du livre « Les attachants » de Rachel Corenblit aux éditions Rouergue

    nathalie vanhauwaert sur Les attachants de Rachel Corenblit

    Emma est jeune enseignante et hérite bien entendu en début de carrière d'une classe dont personne ne veut. Elle se retrouve à l'école des Acacias, une école de douze classes, 300 élèves, dans un quartier défavorisé.

    "Une classe c'est comme un roman. Vingt-six histoires qui se combinent, qui...
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    Emma est jeune enseignante et hérite bien entendu en début de carrière d'une classe dont personne ne veut. Elle se retrouve à l'école des Acacias, une école de douze classes, 300 élèves, dans un quartier défavorisé.

    "Une classe c'est comme un roman. Vingt-six histoires qui se combinent, qui se heurtent, qui s'emboîtent. Cinq jours sur sept, de huit heures du matin jusqu'à la fin de l'après-midi, près de neuf mois dans une année, des histoires se tissent. Si l'on calcule le temps passé ensemble, on s'effraie de constater à quel point une classe absorbe les individus qui la constituent."

    Un roman, une fiction c'est pas si sûr que cela, l'auteure a été enseignante durant quinze ans puis formatrice d'enseignante. Elle nous présente une classe en milieu défavorisé. Elle rassemble certes beaucoup d'"attachiants", attachants, de chiants comme elle dit.

    On suivra en particulier l'histoire de Ryan dont les parents sont divorcés. Il arrive de Marseille en cours d'année. Il y a aussi Michel qui est mal dans sa peau, Lola dont la mère souffre d'un cancer et vit dans la misère à quatre dans un petit studio, Molly l'enfant maltraitée, Emir, une petite frappe au père redoutable, Allan livré à lui-même dont on ne s'occupe pas et d'autres destins malheureux.

    Emma essaiera d'établir le contact avec les parents démissionnaires. Elle ne comprendra pas toujours l'attitude de Aucalme, le directeur de l'établissement. Tous les deux feront de leur mieux avec les moyens dont ils disposent. Emma rencontrera Mathieu et nous contera en parallèle à tout cela sa vie sentimentale.

    Un regard sur notre société, sur le monde des enseignants,. Des doutes, des remises en question, de la difficulté mais aussi de la passion d'un métier ingrat donnant parfois des envies d'abandonner tout mais à d'autres moments de grandes joies et des petits moments de bonheur.

    Un très beau récit choc.

    Ma note : 8.5/10


    Les jolies phrases

    Le cadeau qu'on offre aux débutantes pleines d'enthousiasme et de zèle pour qu'elles comprennent que l'Education nationale était à l'image de la vie, un monde sans pitié où il fallait avant tout s'adapter. Pour qu'elles réalisent aussi que la vocation, c'était un mythe, un délire romantique, qu'il fallait vider de ses idéaux pour appréhender la substantifique moelle du métier : apprendre à survivre.

    On est pas là pour sauver la vie des gens, on ne peut pas changer les destins, on ne sert pas à grand- chose, finalement. Un caillou ne dévie pas le cours de la rivière et je suis quoi, moi, une caillasse, un galet, rien, et l'eau me passe dessus et les emporte, ces gosses, loin, sans que je puisse rien faire.


    Quand on essaie de se fixer quelque part et qu'on n'a pas de mari, pas d'enfant, pas de chat, rien qui compte dans les points du barème, on est sûr, en tant qu'enseignant débutant, de finir là où personne ne souhaite aller.

    Une classe, c'est comme un roman. Vingt-six histoires qui se combinent, qui se heurtent, qui s'emboîtent.

    A réfléchir sur la nécessité de vivre avec quelqu'un qu'on n'avait pas vraiment choisi. Qui s'était imposé et dont on aurait du mal à se débarrasser.

    Peut-être qu'elle voulait raconter à Emma comment c'était humiliant, de ne pas pouvoir aider son enfant, de la laisser se débrouiller dans une langue qu'elle ne possèdait pas. De ne pas être à la hauteur. Nos enfants nous dépassent, nos enfants nous enterrent, nos enfants nous survivent. Comment dit-on, en français, cette infinie tristesse de les contempler, de constater à quel point ils nous sont étrangers ?


    On pourrait sauver l'humanité rien qu'en sortant ces enfants des limites de leur territoire.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/09/les-attachants-rachel-corenblit.html

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    Couverture du livre « Les attachants » de Rachel Corenblit aux éditions Rouergue

    Mes échappées livresques sur Les attachants de Rachel Corenblit

    Emma est une jeune institutrice débutante qui effectue sa rentrée à l’école des Acacias. Durant une année, on va suivre la jeune femme à travers son quotidien et partir à la rencontre de ses élèves qui sont, pour la plupart, issus de milieux défavorisés.

    Dans cette fiction, Rachel Corenblit...
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    Emma est une jeune institutrice débutante qui effectue sa rentrée à l’école des Acacias. Durant une année, on va suivre la jeune femme à travers son quotidien et partir à la rencontre de ses élèves qui sont, pour la plupart, issus de milieux défavorisés.

    Dans cette fiction, Rachel Corenblit puise dans son expérience d’enseignante pour nous dépeindre avec justesse la réalité de la profession avec ses bons et ses mauvais côtés. Un métier prenant qui a de nombreux impacts sur la vie personnelle de l’héroïne.

    J’ai particulièrement aimé les différents portraits des enfants de la classe de la jeune femme. Malgré les situations difficiles auxquelles Emma doit faire face au quotidien avec ses élèves, un lien affectif se crée inévitablement avec eux. Des gamins attachants qui m’ont touchée chacun à leur manière.

    J’ai passé un excellent moment avec cette lecture touchante qui explore avec réalisme les différentes facettes du métier d’enseignant.