Primo Levi

Primo Levi

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Avis sur cet auteur (40)

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    Couverture du livre « Dernier Noël de guerre » de Primo Levi aux éditions 10/18

    Bill sur Dernier Noël de guerre de Primo Levi

    Dans ce recueil de nouvelles, Primo Levi nous offre une palette des différentes facettes de son écriture.

    Un récit étonnantet émouvant se déroule quelques jours avant le Noël 1944 - la nouvelle qui a donné son nom au recueil - côtoie l'absurde avec Buffet qui ouvre ce recueil, où on trouve...
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    Dans ce recueil de nouvelles, Primo Levi nous offre une palette des différentes facettes de son écriture.

    Un récit étonnantet émouvant se déroule quelques jours avant le Noël 1944 - la nouvelle qui a donné son nom au recueil - côtoie l'absurde avec Buffet qui ouvre ce recueil, où on trouve également des récits de montagne voire des  documentaires animaliers comme ses interviews de goéland ou de girafe qui clôturent ce livre.

    Un recueil éclectique donc, qui m'a régalée 

    L'art de la nouvelle est difficile, mais Primo Levi démontre ici qu'il le maîtrisait très bien ...

    Un auteur que je n'avais pas lu depuis bien longtemps mais que je vais certainement relire, ce recueil, trop court, m'ayant laissée sur ma faim !

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    Couverture du livre « Si c'est un homme » de Primo Levi aux éditions Pocket

    Mireille B sur Si c'est un homme de Primo Levi

    Primo Levi, juif italien arrêté en 1943 puis déporté à Auschwitz a écrit cette autobiographie entre 1945 et 1947. Depuis, beaucoup de ses « frères » rescapés ont témoigné sur la shoah. On pourrait donc croire que tout a été dit et redit, croire que tout cela est désormais au rang de l’Histoire,...
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    Primo Levi, juif italien arrêté en 1943 puis déporté à Auschwitz a écrit cette autobiographie entre 1945 et 1947. Depuis, beaucoup de ses « frères » rescapés ont témoigné sur la shoah. On pourrait donc croire que tout a été dit et redit, croire que tout cela est désormais au rang de l’Histoire, croire que l’Homme d’aujourd’hui ….
    Ayant déjà beaucoup lu sur ce sujet toutes ces années pour essayer, si ce n’est de comprendre l’incompréhensible, de ne rien ignorer de l’instinct bestial que peuvent déployer certains individus pour éliminer leurs semblables.

    Malgré cela, je qualifierais ce témoignage de particulier. Il est certes d’une grande précision sur le quotidien et sur le sort des prisonniers du « Lager », mais il est surtout surprenant par le ton linéaire employé, froid, mais qui jamais ne laisse paraître la haine ou l’esprit de vengeance.

    Cet ouvrage est davantage une analyse de l’Homme. Outre les stratégies des nazis, l’auteur évoque notamment la honte du survivant, les réactions des prisonniers en position d’autorité dans la hiérarchie de la déshumanisation, l’instinct de survie paralysant l’altruisme…

    Il me semble inutile de discourir sur ce récit poignant, porté par une traduction qui révèle avec force la tragédie des camps de concentration. « Si c’est un homme » constitue une ressource historique sur la vie dans les camps de concentration qu’il convient de mettre absolument entre les mains des jeunes générations, et de celles de certains anciens qui pensent et affirment « que c’était mieux avant » !

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    Couverture du livre « Si c'est un homme » de Primo Levi aux éditions Pocket

    Mumu Dans le Bocage sur Si c'est un homme de Primo Levi

    Il y a des livres dont on sait qu'il nous faut les lire. Celui-ci était sur mes étagères depuis très très longtemps mais il faut choisir le moment pour le lire car on sait qu'on ne ressortira pas indemne, même si l'on connaît les faits, qu'on a déjà lu des témoignages entre autre celui de Simone...
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    Il y a des livres dont on sait qu'il nous faut les lire. Celui-ci était sur mes étagères depuis très très longtemps mais il faut choisir le moment pour le lire car on sait qu'on ne ressortira pas indemne, même si l'on connaît les faits, qu'on a déjà lu des témoignages entre autre celui de Simone Veil, que c'est une plaie qui ne se refermera jamais.

    Au moment où je rédige cette chronique je ne peux m'empêcher de songer qu'il y a des coïncidences (et ce n'est qu'une coïncidence) troublantes. En rentrant hier soir d'un comité de lecture, j'apprenais que Marceline Loridan-Ivens, autre voix-témoin des atrocités des camps de déportation, nous quittait. Comme Simone Veil, Primo Levi et elle (et d'autres anonymes ou non) œuvraient inlassablement pour que l'on n'oublie pas, jamais.

    J'ai refermé ce livre avec un profond sentiment d'indignation vis-à-vis des bassesses humaines. Jusqu'où peut aller la folie humaine, les atrocités perpétrées par certains qui au-delà des souffrances physiques vont jusqu'à s'attaquer à l'âme de l'homme, le ramener plus bas que terre, n'être plus rien, transparent, ignoré, n'être plus qu'un numéro 174 517 tatoué sur la peau qui, même pour les survivants, restera la trace de leur passé.

    Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste. (p34)

    Marquer des êtres humains comme on marque un troupeau et encore ceux-là avaient une petite chance de survie d'un jour, quelques jours..... Les courts numéros étaient peu nombreux à son arrivée. Tenir un jour de plus relevait de l'exploit, de petite magouilles, d'entraide et parfois de haine et Primo Levi narre de façon presque urgente, comme si ce genre de souvenirs pouvaient s'oublier (Si c'est un homme a été publié 2 ans après sa sortie du camp).

    La redoutable sélection, ceux qui vont rester, ceux qui vont disparaître,  les exécutions, la potence, les travaux inhumains dans le froid qui finissent de détruire les corps qui n'ont déjà plus l'apparence d'êtres humains, la Faim omniprésente, trouver un peu plus que l'ordinaire pour tenir, pour ne pas faire partie des faibles qui disparaîtront à la prochaine sélection, les rivalités, les kapos et puis l'attente insoutenable des libérateurs, sans pratiquement aucune ressource. Le compte à rebours est lancé : qui les verra, qui vivra ce jour tant attendu et après......

    Primo Levi veut rendre hommage à tous ceux qui n'en sortiront jamais et à ceux qui une fois sortis, n'ont pas survécu parce que le passé encore trop présent, parce que le passé a laissé trop de traces, trop de douleurs, parce que même pour l'auteur survivre a été un combat à l'époque mais aussi après (il s'est suicidé en 1987).

    Le récit se divise en deux parties : son arrestation, le voyage vers l'enfer, l'arrivée, la découverte et la vie dans le camp. Le processus d'annihilation totale des êtres humains est extrêmement bien restituée, disséquée : la méthode, la dureté des traitements, la lucidité du narrateur sur son environnement.

    Les loques ne se révoltent pas. (p288)

    Primo Levi a ensuite jugé intéressant de partager dans un appendice à la fin du livre les principales questions qui lui étaient posées lors de conférences ou de rencontres afin de témoigner, d'expliquer inlassablement, ce dont il avait été témoin afin d'espérer qu'un jour cela ne puisse pas se reproduire.... Il explique parfaitement pourquoi et comment les nazis pensèrent et mirent en œuvre l'anéantissement des juifs, les peuples connaissaient-ils l'existence de ces camps, a-t-il retrouvé des survivants qui partageaient son bloc.

    J'ai trouvé intéressant sa réponse à la question :

    On ne trouve pas trace de haine à l'égard des Allemands (...) ni même de désir de vengeance. Leur avez-vous pardonné ?
    La haine est assez étrangère à mon tempérament. Elle me paraît un sentiment bestial et grossier, et dans la mesure du possible, je préfère que mes pensées et mes actes soient inspirés par la raison ; c'est pourquoi je n'ai jamais, pour ma part, cultivé la haine comme désir primaire de revanche, de souffrance infligée à un ennemi véritable ou supposé, de vengeance particulière. (p277)

    On ressent à la fois l'implacabilité des faits, l'absurdité (parfois avec une pointe d'humour) de certaines consignes, certains réglements, l'humiliation permanente, la faim, le froid, la promiscuité,  ne nous faisant part uniquement de ce qu'il a vécu, vu, entendu, se jugeant privilégié car ayant survécu grâce à sa formation de chimiste qui lui a permis les derniers mois d'avoir un poste "enviable" dans le camp, de tenir mais aussi la douleur, un sentiment de culpabilité qui l'envahissent petit à petit, car au-delà du quotidien du camp c'est aussi un regard sur notre humanité, ce que l'homme peut devenir : bourreau, victime.

    Ce livre est un témoignage écrit dans l'urgence de faire connaître au monde l'horreur, il n'y a pas une recherche d'écriture, la construction du récit est chronologique, dans la restitution d'un vécu, comme un journal des 9 mois vécus à Auschwitz et comme il le dit lui-même dans sa préface :

    J'ai eu la chance de n'être déporté à Auschwitz qu'en 1944, alors que le gouvernement allemand, en raison de la pénurie croissante de main-doeuvre, avait déjà décidé d'allonger la moyenne de vie des prisonniers à éliminer, améliorant sensiblement leurs conditions de vie et suspendant provisoirement les exécutions arbitraires individuelles (...) Il me semble inutile d'ajouter qu'aucun des faits n'y est inventé. (p7-8)

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    Couverture du livre « Si c'est un homme » de Primo Levi aux éditions Pocket

    Nath Bertrand sur Si c'est un homme de Primo Levi

    « Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte : la démolition d'un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît : nous avons touché le fond. Il est impossible d'aller plus bas: il n'existe...
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    « Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte : la démolition d'un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît : nous avons touché le fond. Il est impossible d'aller plus bas: il n'existe pas, il n'est pas possible de concevoir condition humaine plus misérable que la nôtre. Plus rien ne nous appartient: ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures, et même nos cheveux; si nous parlons, ils ne nous écouteront pas, et même s'ils nous écoutaient, ils ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom: et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste. »



    J’évoque souvent ici de « lectures nécessaires ». Elles le sont pour moi dès l’instant où elles évoquent des notions qui me semblent aussi indispensables que vitales, à savoir la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la Paix.

    J’ai envie aujourd’hui de vous rappeler une œuvre magistrale. De celles que l’on ne peut oublier. La preuve, elle reste gravée dans ma mémoire depuis mes années lycée, il y a… quelque temps. Un texte qu’il convient de transmettre, de partager, encore et toujours. Un grand « classique ». Il s’agit de « Si c’est un homme » de Primo Levi.

    Il est bien difficile, j’en suis consciente, d’en extirper la substantifique moelle, tant aborder ce témoignage est compliqué, car il est si… (vous mettrez dans ces pointillés ce que vous en aurez retenu), que plaquer des mots dessus pourrait revenir à le banaliser. Et pourtant !

    Primo Levi est un rescapé d’Auschwitz. L’un des rares juifs a avoir survécu à l’horreur. Il témoigne de l’indicible, de l’inadmissible totalement admis dans un pays soumis au régime nazi.

    Si c’est un homme n’est pas un énième témoignage sur l’horreur concentrationnaire. L’auteur aborde le sujet sans haine. Pour dire. Pour perpétuer ce devoir de mémoire qui me semble indispensable en ces temps où l’extrémisme le plus nauséabond répand d’infects effluves, partout dans le Monde. Le sujet, dans toute son horreur, est abordé d’un ton neutre, quasi journalistique, ce qui ne fait qu’accroître ce sentiment d’effroi qui vous saisit au fil des pages.

    Primo Levi livre donc là un témoignage unique, parsemé d’allusions à la Divine Comédie de Dante, notamment le chant d’Ulysse. Il parvient à déposer des traces humaines au plus profond d’un cloaque d’inhumanité. Sans doute pour survivre. Certainement pour dire. Pour qu’à notre tour, nous disions.

    « La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine »