Pierre Michon

Pierre Michon
Depuis Vies minuscules (Gallimard, prix France-Culture 1984), signalé par la critique comme une oeuvre de premier plan, Pierre Michon a publié de nombreux livres, souvent traduits et plusieurs fois récompensés.

Avis (9)

  • Couverture du livre « Les onze » de Pierre Michon aux éditions Gallimard

    Alex Mot-à-Mots sur Les onze de Pierre Michon

    J’ai choisi ce titre de l’auteur, car le propos de base est de décrire un tableau et d’imaginer le commanditaire.

    J’ai été quelque peu désarçonné par le style de l’auteur à la fois érudit et gouailleur. Qui répète à l’envie que « Dieu est un chien » (sic), allant même le proférer en...
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    J’ai choisi ce titre de l’auteur, car le propos de base est de décrire un tableau et d’imaginer le commanditaire.

    J’ai été quelque peu désarçonné par le style de l’auteur à la fois érudit et gouailleur. Qui répète à l’envie que « Dieu est un chien » (sic), allant même le proférer en patois.

    Il a d’ailleurs la dent dur contre les Limousins. Posture du narrateur ?

    Et puis j’ai appris un joli mot à replacer dans une prochaine conversation : anacréontisme. Parfaitement. Ne le cherchez pas dans le dictionnaire, il n’y est pas.

    Mais là où l’auteur excelle, c’est à nous parler d’un tableau qui n’existe pas, allant jusqu’à citer Michelet pour preuve de l’existence du-dit tableau.

    L’image que je retiendrai :

    Celle que désire le commendataire : que parmi les onze personnages du tableau, on n’en remarque que trois.

    http://alexmotamots.fr/?p=2489

  • Couverture du livre « Le roi vient quand il veut (édition 2016) » de Pierre Michon aux éditions Albin Michel

    Yves MABON sur Le roi vient quand il veut (édition 2016) de Pierre Michon

    Pierre Michon est cet écrivain entré en littérature en 1984 avec Vies minuscules -que je viens de ressortir, parce que la lecture de ce recueil d'entretiens m'a donné envie de le relire. Il n'est pas un auteur prolifique qui publie une fois l'an son roman de la rentrée, puisque depuis, il n'a...
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    Pierre Michon est cet écrivain entré en littérature en 1984 avec Vies minuscules -que je viens de ressortir, parce que la lecture de ce recueil d'entretiens m'a donné envie de le relire. Il n'est pas un auteur prolifique qui publie une fois l'an son roman de la rentrée, puisque depuis, il n'a fait paraître qu'une quinzaine de livres. J'ai aimé Vies minuscules, et Maîtres et serviteurs et Les Onze, j'ai buté sur La grande Beune et suis très tenté par tout le reste ; ce livre d'entretiens est à la fois passionnant, éclairant et redondant (on élimine tout de suite ce qui pêche un peu, cette redondance d'un entretien à un autre, où l'on retrouve des questions similaires et des réponses logiquement similaires elles-aussi, bon pas trop grave, on les lit plus rapidement).

    Il vaut sans doute mieux connaître les ouvrages de Pierre Michon avant d'entreprendre la lecture de ce recueil, mais peut-être est-ce là une simple impression et qu'un futur lecteur y trouvera matière à plonger très vite dans les écrits de l'auteur. Bon, je ne vous cache pas que le livre est parfois technique sur l'écriture, qu'il vaut mieux avoir quelques références littéraires, on y parle beaucoup de Flaubert, Faulkner, Rimbaud, Mallarmé, Balzac, mais aussi de Lautréamont, Hugo, Gracq, ... J'ai pu parfois me sentir dépassé, jamais au point d'abandonner la lecture, plutôt l'envie alors de passer quelques pages pour me retrouver plus loin sur des propos que j'entendais davantage.

    Pierre Michon s'exprime souvent sur la brièveté de ses romans : "La brièveté est essentielle. J'incline à penser que j'écris des romans courts -densifiés, resserrés, dégraissés- plutôt que des nouvelles. Je rêve d'un roman plus pur que l'autre..." (p.24), sur la quantité impressionnante de documentation qu'il a ingurgitée avant d'écrire : "Je demande à la littérature que j'écris d'être brève, mais je tiens à ce que cette brièveté soit informée de tout ce qui a été pensé et dit depuis qu'il y a des hommes. Et sans aller chercher si loin, pour que le bref soit fulgurant, il faut que sa formulation soit totalement exacte." (p.205/206). Comme quoi la simplicité, la brièveté, c'est beaucoup de boulot ! Et puis, comme je suis amateur des romans brefs, je suis le bon client pour ce genre de propos. Je suis persuadé qu'écrire un roman court, dense et dégraissé, épuré n'est pas plus évident que d'en écrire un long, gros avec pas mal de vacuité ; de même pour la la lecture des-dits romans.

    Dans ce livre, il est aussi question de peinture puisque P. Michon a beaucoup écrit sur les peintres et que la contemplation des grands maîtres l'a littérairement sauvé, ce sont eux qui lui ont permis de réécrire après Vies minuscules. Pierre Michon parle aussi de ses goût littéraires, tous ceux que j'ai cités un peu plus haut, avec pas mal de temps consacré à Flaubert et Rimbaud et un chapitre entier, le dernier à Julien Gracq, sans oublier ceux avec qui il se sent des vraies affilnités d'écriture -et plus-, Pierre Bergounioux et Antoine Volodine (que je n'ai pas encore lus, mais, je note, je note...).

    Vous l'aurez compris, sans être simple, c'est un livre que je recommande pour comprendre l'écriture de Pierre Michon, l'écriture tout court et pour entrer un peu plus profondément dans l'œuvre de l'écrivain. Une réédition bien vue, sans elle, je serais sans doute passé à côté.

  • Couverture du livre « Les onze » de Pierre Michon aux éditions Gallimard

    Jean-Paul Degache sur Les onze de Pierre Michon

    Écartons tout de suite tout risque de confusion ou de mauvaise piste. Pierre Michon, reconnu comme un de nos meilleurs auteurs contemporains, ne traite pas ici d’un sport collectif bien connu mais d’un fameux tableau signé François-Élie Corentin et représentant le Comité de salut public qui, en...
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    Écartons tout de suite tout risque de confusion ou de mauvaise piste. Pierre Michon, reconnu comme un de nos meilleurs auteurs contemporains, ne traite pas ici d’un sport collectif bien connu mais d’un fameux tableau signé François-Élie Corentin et représentant le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II, ce qui entraîna la Terreur.

    D’emblée, le lecteur est saisi par la qualité de l’écriture et par le style de l’auteur. Avec des phrases riches, denses, longues, Pierre Michon nous emmène à Combleux, en 1730, près d’Orléans pour que nous fassions connaissance avec la famille de François-Élie Corentin qu’il nomme à plusieurs reprises comme le Tiepolo de la Terreur(1). Il parle beaucoup de ces maçons limousins qui ont construit les levées de chaque côté de la Loire. Arrive enfin Anacréon, ce poète lyrique grec du Vème siècle avant J.C. et qui semble avoir beaucoup marqué l’auteur. En effet, Pierre Michon use et abuse de l’adjectif anacréontique décrivant une poésie célébrant l’amour et la bonne chère.
    Régulièrement, l’auteur revient à cet impressionnant tableau de 4,30 mètres sur 3, exposé au Louvre, où figurent entre autres, Carnot, Robespierre, Saint-Just, Collot. Revient aussi l’enfance passée entre deux femmes, sa mère et sa sœur à l’amour dévorant. Il décrit bien la situation politique du moment, parle du récit que fait Jules Michelet de ces Onze. Le grand historien a vu dans ce tableau une cène laïque. Quant à Pierre Michon, il offre au lecteur une description détaillée, pleine de sensibilité de la période révolutionnaire.

    Ce livre est écrit avec un style puissant, étonnant, unique, original, au vocabulaire riche et souvent très recherché, une véritable œuvre littéraire.

    (1) Tiepolo (1696-1770) : peintre et graveur, dernier des grands décorateurs baroques italiens.

  • Couverture du livre « Vie de Joseph Roulin » de Pierre Michon aux éditions Verdier

    beatrice bourrier sur Vie de Joseph Roulin de Pierre Michon

    A découvrir absolument comme tout ce qu'écrit Michon.L'histoire de cet homme simple, un facteur qui aima Van gogh,pas pour passer à la notoriété juste pour l'humanité de ce fou génial, magistral dans l'élégance sans pathos, superbe plume.

    A découvrir absolument comme tout ce qu'écrit Michon.L'histoire de cet homme simple, un facteur qui aima Van gogh,pas pour passer à la notoriété juste pour l'humanité de ce fou génial, magistral dans l'élégance sans pathos, superbe plume.

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