Pierre D Ovidio

Pierre D Ovidio

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Avis (3)

  • Couverture du livre « La tête de l'anglaise » de Pierre D Ovidio aux éditions Jigal

    Yves MABON sur La tête de l'anglaise de Pierre D Ovidio

    Élevé par un père adepte de la violence et du dressage, Joël est un enfant triste :

    "Un garçon taciturne, avait diagnostiqué sa maîtresse dès la première année de sa scolarité. "On ne l'entend pas beaucoup, votre garçon, Josiane. Il est comme ça à la maison ?" "Affirmatif" aurait dit...
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    Élevé par un père adepte de la violence et du dressage, Joël est un enfant triste :

    "Un garçon taciturne, avait diagnostiqué sa maîtresse dès la première année de sa scolarité. "On ne l'entend pas beaucoup, votre garçon, Josiane. Il est comme ça à la maison ?" "Affirmatif" aurait dit Alphonse. Josiane s'était contentée d'un "oui" étranglé, à peine audible. L'institutrice avait soupiré. Fin de l'entretien. Elle avait eu tort de rapporter l'avis de l'institutrice à son mari : le gamin s'était fait engueuler. Déjà qu'on ne l'entendait pas beaucoup, maintenant, il ne parlait que pour répondre aux questions directes. Un taiseux." (p.18/19)

    La suite n'est guère mieux et Joël subira toute son enfance cette violence tant physique que psychologique. Il n'est finalement guère surprenant de le retrouver quelques années plus tard au rayon des faits divers... Mais qu'on ne s'y trompe pas, le roman de Pierre d'Ovidio est bien plus fin que cette relation de cause à effets basique. Par une construction étonnante, absolument pas linéaire qui suit plutôt les méandres de la pensée qu'un rapport de police ou qu'un article de journaliste, le romancier excelle à brouiller les pistes. Il passe d'une période à une autre très rapidement et habilement, parfois dans le même paragraphe ; curieusement, le lecteur n'est pas dérouté, chaque fois, il s'y retrouve. Et pourtant, en plus de cela, Pierre d'Ovidio procède par allusions pour évoquer un événement pas encore connu, qu'il expliquera quelques pages plus loin, ce qui pourrait perdre un peu plus le lecteur. Que nenni, jamais je ne me suis senti largué, au contraire, cette construction puzzlesque maintient le lecteur en éveil jusqu'à ce que toutes les pièces lui soient données, elle augmente le suspense et tient en haleine jusqu'au bout du livre, tout au bout...

    L'écriture ajoute également à la tension, nerveuse, rapide, parfois très oralisée. C'est rural poisseux, ça colle aux basques comme la boue aux bottes de Joël. L'histoire se déroule au fin fond de la France, elle pourrait être transposée au cœur des États-Unis, dans un état rural et ça en ferait un roman noir américain excellent, sans doute remarqué, car remarquable. Du made in France à ne pas rater, de la belle ouvrage, des personnages qui marquent et restent en mémoire.

    PS : de Pierre d'Ovidio, j'avais déjà apprécié Étrange sabotage.

  • Couverture du livre « Étrange sabotage et grande confusion » de Pierre D Ovidio aux éditions Presses De La Cite

    Yves MABON sur Étrange sabotage et grande confusion de Pierre D Ovidio

    Le très bon point de ce bouquin, c'est de nous faire vivre l'époque de l'immédiat après-guerre en France. Une époque difficile, la IVe République est fragile, les gouvernements itou. Les communistes sont encore nombreux, actifs et pèsent sur la politique générale, notamment par la branche...
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    Le très bon point de ce bouquin, c'est de nous faire vivre l'époque de l'immédiat après-guerre en France. Une époque difficile, la IVe République est fragile, les gouvernements itou. Les communistes sont encore nombreux, actifs et pèsent sur la politique générale, notamment par la branche syndicale du Parti, la CGT. Les gaullistes tentent de s'implanter avec le nouveau parti créé par le Général en avril 1947, le Rassemblement du Peuple Français. Paul Ramadier est le Président du Conseil et Jules Moch, Ministre de l'Intérieur, inflexible contre les grévistes mineurs du Nord de la France. Ce contexte de violence et de répression musclée est fort bien décrit par Pierre d'Ovidio, il installe une tension tout au long du roman. Ajoutons à cela l'inflation qui explose, les tickets de rationnement qui sont toujours présents, les salaires qui stagnent, le froid de l'hiver nordiste, le manque d'argent pour chauffer les logements, et il n'y avait pas la coupe du monde de football pour réchauffer les cœurs (non, je déconne, la coupe du monde de foot ça ne réchauffe que les portefeuilles des joueurs, celui de la FIFA et des chaînes de télévision).
    Sur fond de société française en plein désarroi, en pleine déroute, Pierre d'Ovidio construit une intrigue politico-crimino-ferroviaire très réaliste, avec des personnages réels et d'autres fictifs. Les fictifs sont ceux qui sont mis en première ligne, les travailleurs et les flics ; Maurice Clavault a dû déjà résoudre des énigmes dans d'autres livres de l'auteur, mais pour moi c'est ma première rencontre avec lui, convaincante. Intrigue bien menée, maîtrisée dont j'ai cru un court moment qu'elle allait finir en queue de poisson, mais non, l'explication finale est là, claire, nette et précise. Nul doute que l'on retrouvera Maurice Clavault et sa compagne Ginette, la pétillante actrice pour des feuilletons radio qui étaient à l'époque très écoutés, et qui voudrait bien percer au cinéma.
    Fort bien écrit, une plume documentée et très à l'aise à la description des personnages, des faits et des lieux. Des dialogues, mais point trop.
    Un roman qui débute comme ceci :
    "Bel engin ! Ouais... Belle mécanique, pour sûr, pensa Jules, ahanant pour relever les barrières du passage à niveau. Même pour une ricaine, chapeau ! Faut reconnaître ce qui est : "ils" savent construire les locos. Le Parti a beau dire !" (p. 9)

  • Couverture du livre « Le paradis pour demeure » de Pierre D Ovidio aux éditions Presses De La Cite

    Yves MABON sur Le paradis pour demeure de Pierre D Ovidio

    Pas mal sur le papier, et puis finalement, rien de folichon. Cette rencontre très improbable pourrait être intéressante, mais j'ai trouvé que ça tournait en rond. Les procédés narratifs sont archi-connus : la rencontre entre deux êtres qu'absolument tout oppose, le paysan naïf et la petite jeune...
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    Pas mal sur le papier, et puis finalement, rien de folichon. Cette rencontre très improbable pourrait être intéressante, mais j'ai trouvé que ça tournait en rond. Les procédés narratifs sont archi-connus : la rencontre entre deux êtres qu'absolument tout oppose, le paysan naïf et la petite jeune de la banlieue parisienne qui a déjà vu pas mal de choses moches, le billet de 50€ déchiré par Bertrand pour attirer Marianne dans sa campagne, ... L'auteur le sait, il l'écrit que tout cela a déjà été dit : "La moitié de billet ? Le procédé ne lui paraissait plus aussi convaincant. Il avait dû lire ce truc ridicule dans une histoire de mafia. Ou d'espionnage..." (p.68/69), mais il persévère tout de même. Comme pour se donner bonne conscience d'écrire des banalités, ou prendre du recul ou de la hauteur ? Ou alors une forme d'humour que je n'ai pas comprise ?
    Alors, certes, les personnages évoluent, apparaissent beaucoup plus complexes qu'ils ne pourraient le laisser penser au départ, chacun ayant sa part de mystère ou ses énormes casseroles...
    Certes encore, la lecture n'est point désagréable, Pierre d'Ovidio emprunte à différents registres de langage donnant du rythme et une certaine réalité à son récit...
    Alors quoi ? Eh bien, tout ce que j'ai dit au départ fait que je n'adhère pas à ce bouquin, très visuel pourtant, les images viennent facilement à l'esprit : je m'imaginais presque un samedi soir de fatigue, devant un téléfilm un peu vieillot à l'intrigue éculée, avec des comédiens qui font ce qu'ils peuvent pour tenter de nous intéresser à leur histoire. Qui n'a pas vécu ce genre de soirée ? Pas insurmontable, presque pas désagréable. Reposante et loin d'être inoubliable

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