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Pierre Chavagne

Pierre Chavagne
Pierre Chavagné, 40 ans, est dirigeant d'une entreprise de biotechnologie. Son premier roman, Auteurs Academy (Grasset, 2010) a été sélectionné sur les listes des prix Orange et Carrefour.

Avis sur cet auteur (4)

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    Couverture du livre « La femme paradis » de Pierre Chavagne aux éditions Le Mot Et Le Reste

    smartybook sur La femme paradis de Pierre Chavagne

    "La femme Paradis" m'a bouleversé. Ce court roman est tendre et cruel. Il possède tout ce que j'aime dans une lecture : une histoire captivante, une héroïne marquante, du rythme et une tension.

    On ne s'ennuie pas. Tout coule, les descriptions poétiques du ciel, de la forêt, de la roche sont...
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    "La femme Paradis" m'a bouleversé. Ce court roman est tendre et cruel. Il possède tout ce que j'aime dans une lecture : une histoire captivante, une héroïne marquante, du rythme et une tension.

    On ne s'ennuie pas. Tout coule, les descriptions poétiques du ciel, de la forêt, de la roche sont remarquablement bien écrites et très évocatrices. Ils complètent parfaitement l'action. On est transporté avec cette femme qui vit dans le monde sauvage. Les rares dialogues font mouche. Il y a une économie de mot à la Clint Eastwood, car oui, la femme paradis ressemble a un western crépusculaire. L'histoire commence par une détonation, puis en vrac il y a des couteaux, une winchester, une traque, de le neige, des loups, des pièges, de l'or. Les réactions de cette femme sont imprévisibles et terriblement humaine, on est sonné et on lui pardonne tout, il y a des rebondissements et une intrigue tout cela en 150 pages. Chapeau. C'est ce que j'ai lu de plus enthousiasmant depuis longtemps. C'est beau, émouvant et pure comme une tragédie grecque.

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    Couverture du livre « La femme paradis » de Pierre Chavagne aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Evlyne Léraut sur La femme paradis de Pierre Chavagne

    Tragique et sublime, fascinant et bouleversant, « La Femme paradis » est crépusculaire, dans le sombre des arborescences. La nature, dont il est précieux de saisir le moindre souffle. Elle est ici. Pourquoi ?
    « Face à soi-même, il est impératif de rechercher plus que la survie ». « En forêt,...
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    Tragique et sublime, fascinant et bouleversant, « La Femme paradis » est crépusculaire, dans le sombre des arborescences. La nature, dont il est précieux de saisir le moindre souffle. Elle est ici. Pourquoi ?
    « Face à soi-même, il est impératif de rechercher plus que la survie ». « En forêt, chaque jour est une saison, un enseignement de lenteur ».
    Les années ont passé sur elle. Tenace, vigoureuse, à l’affût, elle est devenue l’alliée des mousses et des buissons, des arbres et des bruissements. Seule et vive, endurante, sa carapace ne tient qu’au journal qu’elle écrit et à sa liseuse qui la raccroche à l’existence. L’autarcie en majesté, elle ne tue que pour se nourrir, pêche dans la rivière les truites, rit de fierté et pleure de froid. On ressent l’ampleur d’un monde sauvage, hostile, craquant comme du bois mort sous ses pieds. Le moindre bruit méconnu est un danger.
    « Les leçons ont été apprises et retenues. J’ai survécu aux gelées, aux canicules et aux plus formidables intempéries ».
    Son refuge est l’Alcazar, son nouveau paradis, sa survie. Elle a fui le monde d’avant. La société en péril. Taire ce qui fût, car ici est le point d’appui de ce récit magistral. Elle écrit et s’emmure dans ses pensées. Moitié déshumanisée, les rites : pour ne pas sombrer. Elle entend une détonation. La présence humaine, la peur proie, le regard en chasse, elle abat avec une violence inouïe, l’homme pourtant pacifique, réfugié dans une grotte avec femme et enfants, en quête de pain et d’eau.
    La détonation attise ses craintes, dérange l’hostilité quelque peu apprivoisée. Femme seule et vulnérable. « J’étais heureuse d’être forte et indépendante, la gardienne de ma propre frontière ».La traque commence immanquablement. « Elle refuse d’être proie. Elle ne se dérobe plus. Il reste six balles ».
    Le récit est dans cette architecture où tout est en place, magnifiquement. L’écriture de Pierre Chavagné est à l’instar de la canopée, l’ourlet du monde et chacun des signes est feuillage et espace. La nature souveraine qui coopère aux évènements passés dans sa vie d’antan quand tout a bousculé irrévocablement.
    « Un rocher assis sur le rebord de la falaise scrute l’horizon. C’est comme s’il avait été posé là, il y a des millions d’années, vieux sage minéral face à l’immensité. L’homme a la manie de nommer les choses ». « La forêt est dévoreuse d’espoir. Elle vous autorise à passer, rarement à rester. Même la forêt du Paradis ». « Ce qui m’a tirée de la torpeur, c’est le balancement régulier d’une branche de marronnier ».
    La détonation symbolise la terreur, pavlovienne et insistante. Les rémanences de l’avant sonnent l’alarme. « Le Paradis », son antre-habitacle prend l’eau. Elle est transie, figée dans ses peurs. Les émanations sont des empreintes, le danger en puissance. Elle ne pense pas à un alter-ego. Elle imagine le pire. Tue par méprise, bête aux abois.
    « La Femme paradis » est un roman qui excelle les infinies douleurs. Elle, intranquille, poignante. Pourquoi ce refuge au fond des bois ? Ongles gercées, chevelure-griffures, larmes invincibles qui percent sa poitrine, goutte-à-goutte ravageur.
    « Elle a crée son propre paradis, sa grotte et son ermitage. Recluse dans l’immensité, elle a choisi l’envers du monde. Elle s’est aventurée trop loin des hommes pour revenir. »
    Que va-t-il se passer dans cette orée spéculative ? Dans cette nature dont les rais de lumière sont des poésies d’exil et de transhumance ? « L’arbre de toutes les peines . »
    Ce récit bleu-nuit, profond, est d’ombre et de lumière. Taire les pages finales. Ici même, où la littérature est éminente. Une apothéose. Publié par les majeures Éditions Le Mot et le reste.

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    Couverture du livre « La femme paradis » de Pierre Chavagne aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Pascal Gillet sur La femme paradis de Pierre Chavagne

    Quelle histoire et quelle plume ! Tout est tendu, construit de main de maître, blanc, sec, serré. Une fin amenée comme un violent accomplissement quasi inéluctable... Adéquation réussie et plutôt éblouissante entre style et narration.
    "La femme paradis", c’est le rude quotidien d’une femme qui...
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    Quelle histoire et quelle plume ! Tout est tendu, construit de main de maître, blanc, sec, serré. Une fin amenée comme un violent accomplissement quasi inéluctable... Adéquation réussie et plutôt éblouissante entre style et narration.
    "La femme paradis", c’est le rude quotidien d’une femme qui vit seule dans la forêt depuis déjà quelques années. La nature qu’elle côtoie est belle et sa sauvagerie est dure. On est dans un futur proche, où la société contemporaine ne semble plus être d’actualité, une sauvagerie généralisée est de mise et dans ce chaos apocalyptique, une femme s’est retirée là-haut. Elle tient son journal intime, grâce auquel on va découvrir quelques pans de sa vie antérieure.
    Je suis entré dans ce livre vite comblé et éberlué. J'en sors hypnotisé.

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    Couverture du livre « La femme paradis » de Pierre Chavagne aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Domi Mots sur La femme paradis de Pierre Chavagne

    « Elle n’a pas ôté la vie à un être pensant. Lors de l’agression, elle n’a pas tenté de lui adresser la parole, ne lui a pas laissé l’occasion de se justifier. Elle ne connait pas le son de sa voix. Elle a tiré sans un coup de semonce. (…) Elle s’est battue comme une bête. Le piège et...
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    « Elle n’a pas ôté la vie à un être pensant. Lors de l’agression, elle n’a pas tenté de lui adresser la parole, ne lui a pas laissé l’occasion de se justifier. Elle ne connait pas le son de sa voix. Elle a tiré sans un coup de semonce. (…) Elle s’est battue comme une bête. Le piège et l’agression, c’est elle. La violence et la mort aussi. Le paysage était en paix, la neige immaculée. »

    Pierre Chavagné nous raconte l’histoire d’une femme « sauvage », vivant dans le causse depuis plusieurs années. Sauvage, guerrière, organisée contre toute intrusion humaine.
    Comment en est elle arrivée là ? Qu’est ce qui l’a poussée à choisir – car il s’agit d’un vrai choix – à devenir cette femme dépourvue de toute humanité ?

    Petit à petit, le lecteur va mieux comprendre : en même temps que l’auteur raconte le quotidien de la femme, celle-ci écrit ses impressions, ses souvenirs, sa vie dans la nature.

    Elle a bâti sa vie dans la forêt, le plus loin possible des hommes. Elle chasse, pêche (ce qu’il lui faut pour subsister), médite, fait du yoga. Elle a aménagé une grotte en habitation troglodyte. Un animal parmi les autres et comme les autres.
    Elle se fond dans la nature, accepte ses lois, mais surtout se protège avec une discipline inflexible, de celui qui lui apparait comme le plus grand des prédateurs, l’homme : « Lorsqu’elle est seule, tout est autorisé, alors elle doit se surveiller, et le cas échéant, se punir. L’intransigeance est la clef. (…) Elle a édicté une loi, sa loi. Les pénitences s’étalonnent suivant un barème strict : la procrastination équivaut à la privation d’un repas, une tâche bâclée, deux privations. La récidive est sanctionnée par un jeûne de trois jours. La complainte ou les pensées négatives double les corvées physiques. Le délaissement d’une activité de sécurité – acte le plus grave – est puni d’auto flagellation avec une branche de saule. »

    Petit à petit, grâce à ses écrits, on en sait un peu plus sur elle. Elle parle de son enfance, de la mort de ses parents, on comprend qu’elle a été mariée, qu’elle a choisi la solitude et la forêt suite à un événement. S’en souvient-elle ?
    Elle est dure, inhumaine mais très lucide. Et cela aussi, c’est étonnant. Ce n’est pas une brute dépourvue de cerveau, elle s’interroge, comprend son comportement, le juge même sévèrement, tout en restant distanciée de ses actes . il n’y a pas de retour en arrière possible, de remords, de compassion. Sans doute est-elle passée « au delà de l’amour, de la culpabilité et de la morale »….

    Une nuisible, dont le moteur central est la peur. Elle attaque avant d’être attaquée. « Elle a agressé avant d’être agressée. Violente plutôt que violentée »

    Elle provoque l’incompréhension et la répulsion. L’opposé d’une femme paradis comme la surnomment les villageois. Ils disent d’elle que : « « c’est une sorcière, qu’elle punira les humains de leurs méfaits. On la surnomme « Valkyrie », « Eve » ou « la femme paradis. »

    Seul moment de grâce où elle parait retrouver un peu d’humanité : celui de l’épisode avec un vieil homme qui va bientôt mourir… et encore, elle bâcle les choses. « Je l’ai enseveli tel quel sous un tas d’argile humide. C’était bien suffisant pour quelqu’un qui m’avait abandonnée. »

    Le suspens est bien mené et il est difficile de lâcher le livre avant de savoir pourquoi elle a choisi ce genre de vie.
    Un roman noir, tout noir, jusqu’au bout.

    Merci à la Fondation Orange et aux Éditions Le mot et le reste de m'avoir permis de lire ce roman passionnant.