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Pierre Bayard

Pierre Bayard

Pierre Bayard, né en 1954, est professeur de littérature française à l'Université Paris 8 et psychanalyste. Il est l'auteur de nombreux essais dont "Qui a tué Roger Ackroyd ?" (1998) "Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?" (2007) ou encore "La Vérité sur Dix petits nègres" (2019).

 

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Pierre Bayard, né en 1954, est professeur de littérature française à l'Université Paris 8 et psychanalyste. Il est l'auteur de nombreux essais dont "Qui a tué Roger Ackroyd ?" (1998) "Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?" (2007) ou encore "La Vérité sur Dix petits nègres" (2019).

 

© photo : Hélène Bamberger

Articles en lien avec Pierre Bayard (1)

Avis sur cet auteur (11)

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    Couverture du livre « Oedipe n'est pas coupable » de Pierre Bayard aux éditions Minuit

    Marie-Laure VANIER sur Oedipe n'est pas coupable de Pierre Bayard

    Je conseille à la Police Judiciaire d’embaucher illico Pierre Bayard parce qu’avec lui, on peut dire adieu aux enquêtes qui piétinent et aux meurtres non élucidés. Rien ne résiste en effet à la logique implacable de ce prof de littérature. Et quand il s’empare du mythe d’Oedipe, il dépoussière...
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    Je conseille à la Police Judiciaire d’embaucher illico Pierre Bayard parce qu’avec lui, on peut dire adieu aux enquêtes qui piétinent et aux meurtres non élucidés. Rien ne résiste en effet à la logique implacable de ce prof de littérature. Et quand il s’empare du mythe d’Oedipe, il dépoussière Freud, la psychanalyse et remet en question tous les fondements de la mythologie grecque voire de la Grèce elle-même. C’est dire !
    Bon, c’est d’abord l’histoire d’un beau-frère, celui de Bayard, qui achète une maison à Methoni, village dans le sud du Péloponnèse. Il invite Bayard qui se promène ici et là, visite le palais de Nestor, héros de l’épopée homérique et prend soudain conscience d’une chose incroyable : il visite le palais d’UN ÊTRE DE FICTION et ceci n’a l’air de poser de problème à personne. En effet, la Grèce semble être un pays où l’on efface volontiers la frontière entre réalité et fiction. C’est bizarre mais c’est comme ça. Et ça convient parfaitement bien à notre auteur !
    Alors, prenons pour des êtres réels les Laïos, Jocaste, Oedipe, Créon et tutti quanti et allons-y !
    Le mythe, vous le connaissez. En revanche, ce que vous ne savez peut-être pas ( il faut remonter un peu dans le temps pour le découvrir), c’est qu’après la mort de son père, Laïos est recueilli à la cour du Roi Pélops qui lui confie l’éducation de son fils Chrysippe. Or, Laïos l’enlève, le viole et Chrysippe se suicide. Pélops en appelle donc à la vengeance d’Apollon : si un jour il a un fils, ce dernier le tuera et il fera l’amour avec sa mère. Cette faute originelle a toute son importance : en effet, la future victime (Laïos) a fauté, la victime est AUSSI coupable.
    Et notre Oedipe dans tout ça ? Comme vous le savez, cherchant à fuir Polybe et Mérope, ses parents adoptifs qu’il pense être ses parents biologiques, il quitte Corinthe après que la Pythie lui a annoncé ce que vous savez. C’est sur la route entre Delphes et Thèbes qu’il croise Laïos. Le chemin est étroit (Bayard le constate en allant sur la scène du crime), on peut imaginer que Laïos se trouve sur un char, qu’il est entouré d’une escorte (il est roi hein) et précédé par un héraut qui souhaite que la place soit libre. La bagarre a lieu puis le meurtre. Arrivé à Thèbes, il répond aux questions de la Sphinge, épouse sa mère et devient le souverain de Thèbes. Il est heureux, a quatre enfants et certainement repense souvent à ses parents restés à Corinthe. Un fléau s’abat sur la ville, peut-être la peste. L’oracle est sans appel : tant que le meurtre de Laïos n’aura pas été élucidé, rien ne s’arrangera. L’assassin lance une enquête sans même savoir qu’il est LE coupable. (C’est assez génial!)
    Or, un tas de choses ne « collent » pas dans cette histoire : comment est-il possible qu’Oedipe SEUL, à pied, ait pu tuer son père, un Roi, protégé par des gardes ? (sans compter qu’il est fort possible qu’Oedipe garde des séquelles (cicatrices, claudication) de la blessure qui lui a été infligée à sa naissance… Et avec ça, il se serait battu vaillamment contre un roi ?
    Et parlons un peu de la mère, Jocaste : comment n’a-t-elle pas reconnu son fils aux chevilles percées ? N’avait-il pas une cicatrice bien particulière ?
    Pourquoi, alors que Jocaste est morte et Oedipe aveugle, la malédiction semble-t-elle se poursuivre ? Car trois des enfants de Jocaste et d’Oedipe meurent, de même que le fiancé d’Antigone et la femme de Créon. Pourquoi le massacre continue-t-il alors même que la vengeance d’Apollon a eu lieu a priori ? Par ailleurs, pourquoi Oedipe ne meurt-il pas alors ? Pourquoi Apollon, à l’origine de la malédiction proférée contre Laïos, ordonne-t-il, après que sa première prophétie a été réalisée, qu’une épidémie se répande sur Thèbes si l’assassin n’est pas démasqué ? Pourquoi se met-il en colère alors que sa malédiction a eu lieu ?
    Bref, dans le fond, a-t-on eu jusqu’à présent une lecture correcte de la pièce ? Ne nous sommes-nous pas fourvoyés dans une analyse erronée (aidés par notre ami Freud qui a vu dans ce texte ce qu’il a bien voulu voir - comme toujours avec Freud….) ?
    Et finalement, si Oedipe n’est pas coupable, qui l’est ???
    Comme toujours avec Bayard, on se régale. Non seulement, ce texte nous tient en haleine d’un bout à l’autre comme le ferait un roman policier, mais en plus quel air frais ! Franchement, comment avons-nous pu passer à côté d’invraisemblances qui auraient dû nous crever les yeux (ah ah). Les textes de Pierre Bayard sont vifs, intelligents, stimulants, parfaitement rigoureux et tellement drôles. Il a l’art et la manière de semer le doute dans nos esprits et de nous inviter à une relecture d’un texte que nous croyons posséder complètement.
    Un vrai délice que je vous conseille très vivement !

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    Couverture du livre « La vérité sur

    Pascale Pay sur La vérité sur "dix petits nègres" de Pierre Bayard

    Exercice intéressant, tant il est vrai que la récente relecture de Dix petits nègres m'a laissée perplexe. Je ne me souvenais pas avoir trouvé la solution quelque peu bâclée à la première lecture. Quoi qu'il en soit, relire un Agatha Christie est toujours un plaisir et ce petit ouvrage de Pierre...
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    Exercice intéressant, tant il est vrai que la récente relecture de Dix petits nègres m'a laissée perplexe. Je ne me souvenais pas avoir trouvé la solution quelque peu bâclée à la première lecture. Quoi qu'il en soit, relire un Agatha Christie est toujours un plaisir et ce petit ouvrage de Pierre Bayard m'a bien amusée.

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    Couverture du livre « Comment parler des faits qui ne se sont pas produits ? » de Pierre Bayard aux éditions Minuit

    Marie-Laure VANIER sur Comment parler des faits qui ne se sont pas produits ? de Pierre Bayard

    Qui n'a jamais menti ? Qui n'a jamais eu recours à la fiction pour rendre le réel supportable, rassurer ses proches, soulager ses peines ou celles de ses amis ? Faut-il vraiment combattre les fables ? Doit-on absolument lutter contre les fake news ? Est-il nécessaire de rechercher à tout prix la...
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    Qui n'a jamais menti ? Qui n'a jamais eu recours à la fiction pour rendre le réel supportable, rassurer ses proches, soulager ses peines ou celles de ses amis ? Faut-il vraiment combattre les fables ? Doit-on absolument lutter contre les fake news ? Est-il nécessaire de rechercher à tout prix la vérité ? Et si, paradoxalement, le faux était plus fécond que la vérité ? S'il débouchait sur une forme de vrai que la stricte conformité au réel serait bien en peine d'atteindre ?
    C'est à ces questions que se confronte Pierre Bayard, professeur de littérature à Paris-VIII Vincenne-St-Denis et psychanalyste, dans un essai (au titre pour le moins provocateur) VRAIMENT passionnant, fondé sur des exemples concrets, précis et très variés qui conduisent à une réelle prise de conscience de la nécessité de recourir à la fiction. Et ce, pour plusieurs raisons !
    Je ne résiste pas au plaisir de vous raconter deux exemples analysés par l'auteur, vous verrez concrètement de quoi il retourne… Ne vous inquiétez pas, il y en a plein d'autres et de bien plus savoureux encore !
    En 1971, lorsque M-A Macciocchi, femme politique italienne appartenant au Parti Communiste, publie le récit de son journal en Chine, le succès est immédiat : elle y décrit un monde moderne, des ouvriers efficaces mais ayant tout le loisir de s'accorder des pauses-lecture sur les heures de travail, des intellectuels dans l'obligation de faire l'expérience du travail en usine ou dans les rizières. Toujours, le collectif est mis en avant : il ne viendrait à personne l'idée de demander une augmentation de salaire ou davantage de vacances : trop perso tout ça. Le « nous » passe forcément avant le « je ».
    Bref, « De la Chine » séduit tous les intellectuels français qui se rallieront rapidement à la doctrine maoïste : Sollers, Barthes, Kristeva etc se rendent eux-mêmes sur place pour visiter ce pays idéal et novateur. Or, aucun d'eux ne semble avoir alors suffisamment d'esprit critique pour voir 1) que le récit de Macciocchi est truffé d'erreurs, 2) qu'ils visitent en réalité un état totalitaire.
    Comment un tel aveuglement a-t-il été possible ? Outre le fait que Macciocchi a certainement été manipulée par les autorités chinoises lors de ses différents voyages, on peut penser qu'elle est arrivée en Chine avec des convictions bien ancrées et une belle grille de lecture dans laquelle elle s'est efforcée de placer tout ce qu'elle voyait : c'est ce que les spécialistes en sciences cognitives ont appelé la notion de « biais de confirmation », à savoir que l'on sélectionne dans la réalité tous les éléments qui vont précisément dans le sens de ce que l'on veut démontrer.
    A cela s'ajoute certainement « un besoin de croire » : les intellectuels français de cette époque ont perdu leurs illusions face au communisme sauce soviétique, il faut donc qu'ils se raccrochent à autre chose (ça fait vivre de croire en un idéal qui donne un sens à la vie) et donc ils mettent en place une espèce de « processus d'idéalisation » pour se protéger eux-mêmes d'une trop grande déception et surtout pour continuer d'avancer en évitant la dépression…
    On a tous besoin de croire en quelque chose et d'une certaine façon, la fable, la fiction nous rassurent et nous protègent. Et finalement, on ne voit pas ce que l'on ne veut pas voir. C'est bien pratique, hein !
    Allez, vite fait, je vous propose un autre exemple tout aussi fascinant (ils le sont tous!).
    Le 13 mars 1964, à New York, une jeune femme est assassinée au pied de son immeuble. L'enquête révèle que 38 personnes ont été témoins de ce crime. Or personne n'a appelé la police ni tenté de porter secours à la pauvre femme. Les sociologues se sont emparés du sujet et après plusieurs expériences en ont conclu que plus les témoins sont nombreux, plus les interventions individuelles sont rares. Au contraire, moins il y a de témoins, plus les interventions personnelles sont à la fois nombreuses et rapides. Ce concept s'appelle « effet du témoin » et il a été attesté par de nombreuses expériences.
    Très bien.
    Mais, en reprenant le dossier de cette terrible histoire, il s'est avéré qu'en réalité, l'agression avait eu lieu dans le hall d'un immeuble et qu'elle n'était donc pas visible par d'éventuels témoin. Ainsi, le faux récit, espèce de légende urbaine, a néanmoins permis d'accéder à une vérité « scientifique », à savoir que plus on est nombreux et moins on agit.
    Je ne vous rapporte ici que deux exemples très intéressants développés dans cet essai extrêmement clair, intelligent et tellement divertissant ! Franchement, ce texte  est un pur bonheur de lecture et en plus, il rend intelligent ! Il montre en effet comment on a besoin de la fiction pour supporter l'existence ou bien, de façon étonnante, pour rendre compte du réel de façon plus intense, plus saisissante : en effet, il faut parfois déformer le vrai, en donner une image tronquée ou exagérée pour accéder à l'essence même des êtres ou des choses. Ainsi les Grecs n'hésitaient-ils pas à fausser les lignes des colonnes des temples qu'ils bâtissaient pour que, de loin, la perspective semble parfaite.
    Et puis, finalement, existe-t-il une vérité objective dans la mesure où nous sommes contraints de passer par le prisme de notre moi pour accéder au réel (avec le poids bien lourd de notre inconscient qui pèse sur nos jugements, nos ressentis, nos actions)  ? Et cette « vérité subjective » n'est-elle pas authentique pour le sujet qui la perçoit ?
    Bref, on a besoin de la fiction, elle nous est indispensable, elle stimule notre curiosité, notre imagination mais aussi notre perspicacité, notre esprit critique, elle ouvre la voie aux découvertes scientifiques, nous protège des déceptions de l'existence et nous permet d'accéder peut-être plus directement, plus essentiellement et de façon plus marquante à la compréhension des êtres et des faits politiques passés ou présents: gardons-nous donc de vouloir à tout prix la vérité (si tant est qu'on puisse l'atteindre), elle pourrait nous empêcher d'atteindre le vrai et elle nous rendrait à coup sûr malheureux et tristes.
    A bas donc les chicaneurs, les rabat-joie, les empêcheurs de fabuler, d'inventer, de rêver! Qu'ils retournent à leurs tristes enquêtes, à leurs vérifications, à leurs calculs. Notre vérité est plus vraie que la leur. Et plus belle aussi...

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    Couverture du livre « La vérité sur

    Matatoune sur La vérité sur "dix petits nègres" de Pierre Bayard

    Évidemment, l’auteur balade son lecteur jusqu’à la fin pour faire livrer le nom de l’assassin ! Pour les amateurs de romans policiers, ce livre, à la fois essai et roman, est une véritable mine d’or. Pierre Bayard détaille les dernières découvertes au niveau de l’aveuglement, les illusions...
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    Évidemment, l’auteur balade son lecteur jusqu’à la fin pour faire livrer le nom de l’assassin ! Pour les amateurs de romans policiers, ce livre, à la fois essai et roman, est une véritable mine d’or. Pierre Bayard détaille les dernières découvertes au niveau de l’aveuglement, les illusions d’optique appelés biais cognitifs. Il applique ses connaissances littéraires avec brio au polar. C’est un régal d’intelligence et de connaissances !

    Avec humour, suspens et décalage, Pierre Bayard nous entraîne dans une contre-enquête extrêmement documentée sur le plus connu des romans policier de « type chambre close ». Un vrai régal !

    Présentation complète ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2019/09/17/la-verite-sur-dix-petits-negres-pierre-bayard/