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Philipp Meyer

Philipp Meyer
Originaire de Baltimore, Philipp Meyer est à 38 ans reconnu comme l'un des écrivains les plus doués de sa génération. Lauréat du Los Angeles Times Book Prize pour son premier roman, "Un arrière-goût de rouille" (Denoël, 2010), il a connu un formidable succès avec son deuxième livre "Le Fils", ... Voir plus
Originaire de Baltimore, Philipp Meyer est à 38 ans reconnu comme l'un des écrivains les plus doués de sa génération. Lauréat du Los Angeles Times Book Prize pour son premier roman, "Un arrière-goût de rouille" (Denoël, 2010), il a connu un formidable succès avec son deuxième livre "Le Fils", salué par l'ensemble de la presse américaine comme l'un des cinq meilleurs romans de l'année 2013 et qui va être traduit en plus de vingt langues.

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    A redécouvrir : été 2015, les 10 romans à lire absolument !

    Chaque année révèle ses surprises et bien heureusement les pépites foisonnent !Un bon cru que celle-ci où les auteurs confirmés nous ont surpris, d'autres ont acquis leur notoriété en recevant de nombreux prix, certains sont carrément époustouflants par leur talent ou leur œuvre colossale. Prenez le temps de les lire, vous ne serez pas déçus !

Avis sur cet auteur (39)

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    Couverture du livre « American rust » de Philipp Meyer aux éditions Albin Michel

    Good Books Good Friends sur American rust de Philipp Meyer

    Après avoir passé plusieurs années à s'occuper de son père handicapé, Isaac, vingt ans, décide d'enfin partir, quitter cette région sinistrée et peut-être enfin faire sa vie.
    Loi de Murphy oblige, tout ne va pas se passer comme prévu et bientôt Isaac, sa sœur Lee, son meilleur ami Billie, la...
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    Après avoir passé plusieurs années à s'occuper de son père handicapé, Isaac, vingt ans, décide d'enfin partir, quitter cette région sinistrée et peut-être enfin faire sa vie.
    Loi de Murphy oblige, tout ne va pas se passer comme prévu et bientôt Isaac, sa sœur Lee, son meilleur ami Billie, la mère de ce dernier et le chef de la police locale vont voir leurs vies bouleversées.

    Il y a peu d'espoir dans American Rust, un peu comme dans le générique de Mad Men, vous voyez quand Don Draper tombe sans fin pendant sept saisons ?
    Dans cette vision sombre d'une Amérique brisée, les personnages sont d'une grande beauté et le contraste donne un roman intense.

    American Rust est une réédition du premier roman de Philipp Meyer, paru en 2009 et m'a donné une terrible envie de lire Le fils, son roman suivant.

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    Couverture du livre « Le fils » de Philipp Meyer aux éditions Albin Michel

    Sandrine Fernandez sur Le fils de Philipp Meyer

    De 1936 à nos jours, la saga des McCullough. Du patriarche Eli, dit Le Colonel, à son arrière-petite-fille, Jeannie la femme d’affaires, en passant par son fils Peter, le cow-boy et surtout la honte de la famille. Trois générations, trois personnalités et à travers leurs parcours, c’est toute...
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    De 1936 à nos jours, la saga des McCullough. Du patriarche Eli, dit Le Colonel, à son arrière-petite-fille, Jeannie la femme d’affaires, en passant par son fils Peter, le cow-boy et surtout la honte de la famille. Trois générations, trois personnalités et à travers leurs parcours, c’est toute l’histoire du Texas qui se dessine. De 1936, année de la naissance d’Eli et de l’indépendance du Texas jusqu’à nos jours où une Jeannie au crépuscule de sa vie doit affronter les démons du passé familial. Leur saga commence donc avec Eli qui, à treize ans, voit sa famille se faire massacrer par les Comanches qui l’enlèvent et finissent par l’intégrer à leur tribu. Pendant trois ans, il est comanche, il chasse, il manie l’arc, il scalpe. Quand il revient à la civilisation, il s’engage chez les Rangers et combat avec les confédérés. Après la guerre, il pose enfin ses valises et se reconvertit en éleveur. De ses trois fils, c’est Peter qui reprendra les rênes du ranch. Mais Peter n’est pas Eli. Peter est épris de justice, Peter est non violent, Peter est inadapté au monde qui l’entoure. Dans cette époque où l’on tue pour une parcelle de terre, où l’élevage est moribond, remplacé par la prospection pétrolière, Peter fait tache. Mais il se tait et vit sous le joug de son despote de père. Sa rébellion tardive entraînera des conséquences tragiques sur sa descendance. Et sa descendance, c’est Jeannie, la fille de son fils Charles. Elle a grandi dans un monde d’hommes, en vénérant son arrière-grand-père et, quand elle hérite de la fortune familiale à tout juste dix-neuf ans, elle est d’abord décontenancée. Mais le choc passé, elle deviendra une femme d’affaires intuitive, une reine du pétrole prête à tout pour porter haut le nom des McCullough.

    Quel roman époustouflant ! A la fois saga familiale, fresque historique et sociale, western, roman d’aventures, Le fils est le grand roman du Texas, territoire à l’histoire compliquée, mexicain, indépendant pour finir américain. On y croise des cow-boys, des Indiens, des vaqueros, des Anglos, des Mexicains, des hommes prospères, des pauvres hères. C’est une terre que l’homme a volée, a conquise, a peuplée, surpeuplée, a creusée, a épuisée. C’est une terre où l’on réglait ses comptes à coups de fusil ou d’une flèche plantée en plein cœur, où l’on réussissait en volant son voisin, en enterrant son ennemi, en corrompant les shérifs et les juges. C’est à travers le destin des McCullough que Philipp Meyer raconte la conquête de l’ouest qui s’est faite dans le sang et les larmes. Le fils est un livre violent, car l’homme est un animal barbare qui viole, pille et détruit. On le lit avec avidité, porté par son souffle épique, et on le referme avec un sentiment de tristesse. Tristesse pour toutes les vies brisées qu’il a fallu pour faire d’une famille de pionniers des rois du pétrole. Tristesse pour les Indiens qui ont dû quitter les plaines fertiles pour se voir parqués dans des réserves. Tristesse pour les Garcia, les voisins mexicains des McCullough qui ont payé de leurs vies l’ambition du Colonel. Tristesse pour les Comanches décimés par les maladies des blancs. Tristesse pour Eli, jeune homme téméraire et sympathique devenu un patriarche despotique. Tristesse pour Peter, ses remords, ses fantômes et son amour impossible. Tristesse pour Jeannie trop ambitieuse pour aimer ses enfants, trop bouffie de sa propre importance pour ouvrir son cœur. Tristesse pour les bisons, les cow-boys, les grandes plaines, le Texas et le rêve américain.
    Des paysages à couper le souffle, des personnages inoubliables, une épopée magistrale !

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    Couverture du livre « American rust » de Philipp Meyer aux éditions Albin Michel

    Madame Tapioca sur American rust de Philipp Meyer

    Les éditions Albin Michel ont décidé de rééditer le premier roman de Philipp Meyer dans une traduction révisée de Sarah Gurcel, 10 après sa parution sous le titre « Un arrière-goût de rouille ».
    Bonne idée parce que nous sommes nombreux à avoir été impressionné par « Le fils », une saga...
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    Les éditions Albin Michel ont décidé de rééditer le premier roman de Philipp Meyer dans une traduction révisée de Sarah Gurcel, 10 après sa parution sous le titre « Un arrière-goût de rouille ».
    Bonne idée parce que nous sommes nombreux à avoir été impressionné par « Le fils », une saga familiale ambitieuse et incroyablement maitrisée que je vous recommande fortement.

    Autrefois à Buell, ville sidérurgique de Pennsylvanie, les gens pouvaient gagner 30 $ à 40 $ de l'heure. Mais ça c’était avant. Avant que les usines ferment où soient délocalisées. Il ne reste plus que quelques jobs à 5 ou 7 $ de l’heure. Beaucoup de personnes sont parties à la recherche d’un avenir meilleur mais pour ceux qui sont restés, « La moitié des gens se sont tournés vers les services sociaux, les autres sont redevenus chasseurs-cueilleurs. Une exagération, mais pas tant que ça. ».

    Les deux personnages principaux sont deux amis, Isaac English et Billy Poe. Isaac est un jeune homme brillant mais qui est resté coincé à Buell, s’occupant de son père veuf et malade alors que sa sœur, Lee, a fui faire ses études à Yale où elle a trouvé un riche mari. Billy Poe, lui, était la star du football à l’école, les universités étaient prêtent à l’accueillir mais il n’a jamais franchi le pas et finalement il végète dans le mobil home de sa mère.
    Isaac va décider de prendre la route et comme tout bon personnage steinbeckien, il part à pied pour la Californie. Il demande à son ami de l'accompagner pour une partie du voyage sauf qu’il ne vont pas aller bien loin avant qu'un événement tragique les stoppe et change leur vie à jamais.

    Voilà pour l'intrigue dont je ne vous parlerai pas en détail afin de ne rien divulgâcher. On est typiquement dans le genre de roman qui plonge le lecteur dans le cœur de l’Amérique contemporaine, celle économiquement dévastée, celle de la crise, des maisons abandonnées, celle du rêve perdu et du désespoir. Je suis très bon public des histoires de ce genre même si on peut reprocher à celle-ci de nous parvenir alors que d’autres auteurs ont déjà merveilleusement exploité la thématique. Je pense à Michael Farris Smith, à David Joy et consorts. Il y a forcément une impression de déjà-vu. Il convient donc de ne pas oublier qu’il a été écrit en 2009 pour ne pas bouder son plaisir.

    Car plaisir, il y a ! Elle fonctionne plutôt très bien cette histoire (même si à mon gout ça lambine un peu par moment). Meyer écrit avec une telle assurance, avec un tel réalisme qu'en quelques chapitres, vous êtes ferré. Les paysages du déclin industriel sont très bien rendu, tout comme les répercussions sur les choix et les décisions des habitants. La narration alterne entre les personnages à chaque nouveau chapitre et l’auteur compresse une énorme quantité d'informations sur les personnages dans d’efficaces dialogues internes qui vous donnent l'impression de les suivre depuis déjà 4 tomes.

    Si je ressors de ma lecture avec un plaisir mitigé en raison d’un petit côté réchauffé, j’ai globalement apprécié cette histoire qui met au centre l’amitié et la loyauté avec cette question : jusqu'où peut-on aller pour protéger un être cher ? Faut-il se sauver ou sauver l’autre au risque de sa propre sécurité ?

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    Couverture du livre « Le fils » de Philipp Meyer aux éditions Albin Michel

    Mumu Dans le Bocage sur Le fils de Philipp Meyer

    Philipp Meyer retrace à travers la famille Mc Cullough à la fois une page d'histoire d'un état américain, le Texas, mais également une page sociétale de 1850 à nos jours à travers les voix de trois de ses membres. La première est celle de Eli, le Colonel, le doyen, la figure tutélaire du roman...
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    Philipp Meyer retrace à travers la famille Mc Cullough à la fois une page d'histoire d'un état américain, le Texas, mais également une page sociétale de 1850 à nos jours à travers les voix de trois de ses membres. La première est celle de Eli, le Colonel, le doyen, la figure tutélaire du roman de par son parcours, enlevé à 13 ans par les comanches après le massacre de sa famille et qui va vivre dans leur tribu pendant trois ans s'imprégnant de leur culture. Puis Peter, son fils,  sur fond de révolution mexicaine va se dresser contre ce père despotique et ambitieux et être le fils impuissant, subissant mais dont la conscience n'est jamais en paix. Dernière voix : celle de Jeannie, arrière petite fille du patriarche, celle par qui le changement va s'opérer, celle qui va saisir l'air du temps et transformer la fortune territoriale en fortune pétrolière.

    Quand on commence ce roman on s'embarque dans une lecture addictive, passionnante, instructive. Ce roman s'intitule Le fils mais c'est l'image du père qui flotte, à mon avis sur l'ensemble du récit, celui qui a construit un empire mais également une lignée. A travers lui j'ai découvert et été passionnée par un peuple, les comanches, leur façon de vivre, de penser, de chasser, de s'habiller et de se nourrir. Avec Eli, j'ai fait l'apprentissage d'une éducation comanche, faite de combats, de chasse mais également de liberté, d'espace, de rapports à la terre, à la nature et aux esprits. Comme Eli, je me suis attachée à sa deuxième famille, au lien qui s'est créé sans pour autant renier ni oublier sa famille décimée par eux, gardant une sorte de philosophie comanche mais également un lien spirituel avec eux.

    Peter se révèle à travers son journal dans lequel émergent ses sentiments les plus intimes, ses rapports avec sa famille et des luttes qu'il n'approuve pas, et ne comprend pas sans pouvoir chasser totalement les fantômes qui le hantent. 

    Et puis Jeannie, femme dans un milieu d'hommes, où elle va devoir faire ses preuves en tant que femme, se battre pour imposer ses choix et qui, suite à une chute qui l'immobilise au sol, naviguant entre conscience et souvenirs, va refaire le parcours qui l'a conduit jusqu'à diriger l'empire McCullough.

    Trois narrateurs, trois sensibilités, trois visions d'un état américain, le Texas, dont la construction passe par les massacres et rivalités de territoires entre Blancs, Indiens, Mexicains mais également par les richesses qu'offrent son sol que ce soit pour le bétail mais également pour ce qu'il contient et engendre comme rivalités et convoitises.

    C'est un roman qui mêle très habilement l'Histoire avec un H majuscule mais également l'Humain avec ses différents comportements, adaptations et revirements. L'auteur choisit les trois époques clés d'une famille face à son destin, devant trouver les moyens soit de survie, soit d'adaptation avec ce qu'ils ont parfois de contradictoires. Et pourtant trois caractères et sensibilités différents mais avec un seul but, celui de perdurer même si parfois la tentation est grande de lâcher les rênes d'un empire qui s'est parfois bâti dans les larmes et le sang.

    Un pavé de près de 700 pages mais que l'on ne lâche pas tellement l'auteur explore toutes les pistes, faisant tour à tour de ses personnages des héros, des lâches, des meurtriers, les faisant passer d'un camp à l'autre, celui des possesseurs ou des voleurs, les bourreaux ou des victimes. C'est une fresque familiale qui se mêle à l'histoire territoriale mais également nationale par les différentes guerres menées : Sécession, mondiale, frontalière, où les pertes se comptent par dizaine de milliers, où les hommes et la terre réclament leur dû et que j'ai dévorée sans bouder mon plaisir, malgré les massacres, malgré les violences parce qu'il s'agit d'une plongée sans prise de position de l'auteur qui démontre parfaitement les mécanismes qui poussent un être à passer d'un camp à l'autre, certes par la force des événements mais qui s'adapte à son environnement et même y trouve plus de grandeur que dans celui dont il est issu.

    Plus de deux siècles d'histoire menés de main de maître, où l'intérêt ne se relâche jamais, dans lesquels souffle un vent d'histoire, de romanesque, une tension et un page-turner, un ouvrage richement documenté tout en gardant la fluidité du récit, à la manière d'une longue chevauchée dans des canyons encore marqués par les luttes qui s'y sont déroulées.

    J'ai beaucoup aimé.