Pauly Anne

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Avis (5)

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    Couverture du livre « Avant que j'oublie » de Pauly Anne aux éditions Verdier

    Mumu Dans le Bocage sur Avant que j'oublie de Pauly Anne

    Voilà un premier roman très prometteur et pourtant le sujet n'est pas des plus faciles. Le deuil. Il y a les démarches administratives nécessaires  mais aussi "sentimentales" suite à la perte j'allais dire d'un être cher mais ici la relation était beaucoup plus complexe, Anne Pauly, la...
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    Voilà un premier roman très prometteur et pourtant le sujet n'est pas des plus faciles. Le deuil. Il y a les démarches administratives nécessaires  mais aussi "sentimentales" suite à la perte j'allais dire d'un être cher mais ici la relation était beaucoup plus complexe, Anne Pauly, la narratrice, a en effet plus de souvenirs violents imbibés d'alcool que doux, complices avec ce père qui vient de décéder. A travers son absence mais aussi les marques de son passage dans la maison familiale, dans la ville où il vécut, les gens présents lors des obsèques, elle va découvrir peu à peu un autre homme dont elle va se rapprocher.

    Anne Pauly avec simplicité évoque le décès de son père, unijambiste et alcoolique, aux réactions parfois insolites ou brutales, dont elle pensait être presque la seule avec son frère à suivre le cercueil, tellement il lui apparaissait comme misanthrope, violent, solitaire et pourtant... Elle procède à l'inventaire d'une maison familiale qu'il faut vider mais aussi à l'inventaire des souvenirs qui la lient à cet homme, pensant ainsi se protéger pour finalement le découvrir sous un autre jour et réaliser qu'il l'aimait à sa manière.

    Une écriture simple, douce, parfaitement en adéquation avec le thème, l'évolution des sentiments, qui plonge le lecteur dans ce qu'il est amené un jour ou l'autre à connaître, à traverser lorsque les parents disparaissent : les affrontements parfois entre enfants sur les décisions à prendre, ce qu'il faut garder, jeter, tout un bric à brac, miettes d'une vie....

    Elle évoque dans certains passages les manies, subterfuges d'un homme pour boire, l'image au père totalement faussée, la difficulté à éprouver des émotions pour un parent dont on ne garde en mémoire que les scènes d'excès, de violence, loin de l'image que l'on voudrait avoir d'un père aimant et attentionné. J'ai trouvé incroyablement juste le cheminement de l'auteure, l'évolution au fur et à mesure des jours et semaines de ses sentiments vis-à-vis de lui, de la découverte d'un "autre" père, de faire la paix avec lui.

    Penser que la perte d'un père que l'on a presque haï se fera sans trouble, sans émoi est parfois loin de la réalité. Pour avoir vécu une telle situation, j'ai été à plusieurs reprises troublée par la similitude des ressentis oscillant entre haine, rancœur et incompréhension.

    Avec sincérité elle explore les sentiments qui nous habitent quand l'éloignement sera définitif, irrémédiable, que tout n'a pas été dit ou compris, quand ce que l'on croyait facile devient un chemin semé d'obstacles difficiles à franchir, le tout sans tomber dans la facilité d'en faire un récit pathétique ou glauque.

    Faire son deuil, quel qu'il soit, comporte des étapes nécessaires mais aussi utiles et c'est ce que propose Anne Pauly avec ce petit roman qui se révèle à la fois lucide et vrai sur des moments où chacun se révèle parce que dans ces moments là, difficile de ne pas se mettre à nu.

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    Couverture du livre « Avant que j'oublie » de Pauly Anne aux éditions Verdier

    Littéraflure sur Avant que j'oublie de Pauly Anne

    Voici un excellent premier roman. Comme souvent, c’est un premier roman autobiographique, chargé d’intimité, où l’émotion affleure. Mais à la différence de beaucoup de premiers romans, Anne Pauly n’a pas voulu « tout donner ». Sa sensibilité sert le récit, et non l’inverse. Le risque était...
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    Voici un excellent premier roman. Comme souvent, c’est un premier roman autobiographique, chargé d’intimité, où l’émotion affleure. Mais à la différence de beaucoup de premiers romans, Anne Pauly n’a pas voulu « tout donner ». Sa sensibilité sert le récit, et non l’inverse. Le risque était pourtant grand car elle a choisi d’évoquer la disparition de son père. Anne Pauly danse avec sa mort dans une valse à trois temps : le décès, l’enterrement et le deuil. Ses descriptions de l’hôpital, de la morgue, des pompes funèbres, de la messe et de l’enterrement sont justes, parfois aigre douces. Tantôt elle pleure, tantôt elle rit jaune, découvre ses canines et mord. La lassitude du personnel hospitalier, l’hypocrisie des fêtes de famille, l’absurdité de la liturgie catholique, elle n’épargne rien ni personne, sans méchanceté mais avec un aplomb salvateur. On a tous perdu un proche et traversé des épreuves similaires. Anne Pauly nous rejoue ce requiem avec finesse et met des notes sur nos chagrins. Les pages consacrées au deuil sont magnifiques. Notamment quand elle fait l’inventaire des souvenirs ; l’être aimé parti, il se réincarne dans les objets qui lui ont appartenu (p100). Quand elle décide d’enregistrer les bruits de fond de la maison où il a vécu, le décor sonore de sa vie (p97) ; quelle merveilleuse idée ! Quand elle décrit les manies du défunt qui, pour préserver sa santé mentale, répertoriait des tas de trucs comme d’autres font des mots croisés ou du Sudoku, ou se refusait à jeter les choses parce qu’il avait l’impression de s’amputer un peu plus. Et puis, il y a Juliette, l’amie d’enfance. Ses paroles et ses lettres exposent la maladresse du père, son humour, son narcissisme, et cette pudeur mal placée qui l’empêcha de dire ouvertement à ses enfants qu’il les aimait à la folie. Ce serait un beau Goncourt des lycéens.
    Bilan :

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    Couverture du livre « Avant que j'oublie » de Pauly Anne aux éditions Verdier

    Chantal Lafon sur Avant que j'oublie de Pauly Anne

    Avant que j’oublie Anne Pauly aux éditions Verdier

    J’avais écrit ma chronique avant de rencontrer Anne à la Machine à Lire, une rencontre humaine et la découverte d’une très belle voix sur ses mots qui résonnaient encore en moi.
    C’est un premier roman exceptionnel sur le deuil du père mais...
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    Avant que j’oublie Anne Pauly aux éditions Verdier

    J’avais écrit ma chronique avant de rencontrer Anne à la Machine à Lire, une rencontre humaine et la découverte d’une très belle voix sur ses mots qui résonnaient encore en moi.
    C’est un premier roman exceptionnel sur le deuil du père mais aussi sur la transmission.
    « Ton père était quelqu’un de généreux et d’intelligent, mais je le connaissais et il avait aussi ses défauts. Tu sais, un enterrement, ce n’est pas forcément faire l’apologie de quelqu’un. Je pense que c’est bien de lire ce texte parce qu’il parle de la manière de s’engager avec les autres et de donner le meilleur de soi sans compter, et ton père avait parfois du mal de ce côté-là. »
    En apparence il s’agit de l’histoire d’un père alcoolique et violent, d’une vie familiale cabossée. Une mère légèrement bigote c’est ainsi qu’elle trouve sa bulle d’oxygène pour supporter. Elle est présente dans tout le livre en filigrane, car elle, c’est une autre histoire. Elle est morte avant son mari « d’épuisement », c’est ainsi.
    Le terreau qui a vu pousser cet homme, c’est un milieu simple, très tôt éjecté de l’école, des rêves en pagaille sans pouvoir les réaliser par timidité, parce qu’il ne se sent pas à sa place, parce que son goût des livres et de certaines philosophies ne sont pas de ce milieu-là…
    Cela crée des frustrations, des angoisses qu’il est plus facile de noyer dans l’alcool que dans l’analyse.
    Mais Anne ne se répand pas, elle décrit, décortique cette vie simple et complexe avec élégance et humour.
    C’est la force de ce livre, le lecteur rit plus qu’il ne sèche sa larme à l’œil.
    Cela commence par le moment trouble de la mort d’un proche qui nous plonge dans une sorte d’hébétude et d’incompréhension au monde qui continue à s’agiter et nous demande de nous agiter pour régler les formalités. La mort oui, mais la vie continue, il faut faire face.
    La séance des pompes funèbres est hilarante.
    Et puis il y a aussi le temps des regrets, des si j’avais su…
    Anne n’est pas la seule enfant, il y a le frère. Mais face à cet événement majeur, chacun est seul face à cet inéluctable.
    Totalement replacé dans son contexte : époque années 70 et son milieu social, c’est une peinture d’une génération d’hommes à qui la société imposera un modèle dont le costume était souvent trop grand et le mode d’emploi illisible.
    L’enfant vit dans une inquiétude permanente même lorsqu’elle a quitté le nid. C’est une inquiétude viscérale, il faut trouver la bonne attitude, le bon équilibre pour aider son parent et se sauver en même temps.
    Le moment de s’occuper des affaires du défunt, ranger la maison, la vider, et découvrir qu’une vie de labeur peut être contenu dans une boîte à chaussures. Découvrir des obsessions, signes de solitude et d’angoisse. Prendre conscience.
    Cet homme simple aimait à sa façon, rustre mais peut-être efficace, c’est l’acte aussi de cette génération, la distribution de chèques pour tout : réussite, chagrin, maladie, sans les mots il pense à préserver des aléas du manque d’argent.
    « J’en ai tellement manqué quand j’étais jeune. J’ai tellement manqué de tout. »
    C’est aussi un acte d’amour de celui qui n’avait pas suffisamment une bonne opinion de lui-même pour donner des conseils, le trésor des mots enfouis en lui ne sortait pas. Il n’était pas dupe de la façon dont il avait conduit sa vie.
    Juliette son amour de jeunesse, écrit une très belle lettre qui montre à quel point les apparences sont un carcan, et qu’un homme simple a des complexités et des richesses.
    « On n’oublie jamais, on apprivoise le manque avec les moyens propres à chacun…Les mots sont souvent inefficaces. »
    Anne parsème des expressions comme des bulles de savon qui éclatent : « un touriste de la vie », « un courage de carnaval », « mais ta mère quelle sainte femme », « la vie cette partie de pêche. »
    C’est un roman d’amour filial, Anne a trouvé les mots forts et riches, qui sonnent, résonnent en chacun de nous.
    Je crois sincèrement que c’est l’héritage qu’il lui a transmis, la force de les faire surgir sous une plume aussi élégante qu’émouvante.
    Ses mots enfouis pour l’un, saint Graal pour elle et nous.
    Un livre bouleversant.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 10 novembre 2019.

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    Couverture du livre « Avant que j'oublie » de Pauly Anne aux éditions Verdier

    Mathilde81 sur Avant que j'oublie de Pauly Anne

    Anne vient de perdre son père et malgré sa peine elle repense à son enfance , à ses parents.
    Ce père qui ne savait pas montrer à ses enfants qu'il les aimait, ce père qui rentrait du boulot bourré, qui était violent avec sa femme, ce père qui a laissé à ses enfants de mauvais souvenirs.
    Le...
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    Anne vient de perdre son père et malgré sa peine elle repense à son enfance , à ses parents.
    Ce père qui ne savait pas montrer à ses enfants qu'il les aimait, ce père qui rentrait du boulot bourré, qui était violent avec sa femme, ce père qui a laissé à ses enfants de mauvais souvenirs.
    Le frère lui ne veut plus en entendre parler et laisse à Anne le soin de faire le tri et le rangement dans le capharnaüm .
    Et là , en fouillant elle a une autre vision de la vie de ses parents dans cette commune anciennement rurale et ouvrière mais surtout elle reçoit un courrier d'une ancienne copine de classe de son père ................
    Et en lisant ce courrier elle se rend compte qu'elle lui ressemble beaucoup ....... beaucoup plus qu'elle ne le croyait .......
    Un très bel hommage à un père qui n'a jamais su dire " je t'aime " .......

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