Osamu Tezuka

Osamu Tezuka
Né en 1928 dans la région d'Osaka, Osamu Tezuka a laissé l'empreinte d'un géant dans l'histoire de la bande dessinée japonaise. Durant sa carrière, qui traverse cinq décennies (1946 - 1989), celui que les Japonais ont surnommé « le dieu du manga » explore inlassablement de nouveaux genres. Apr... Voir plus
Né en 1928 dans la région d'Osaka, Osamu Tezuka a laissé l'empreinte d'un géant dans l'histoire de la bande dessinée japonaise. Durant sa carrière, qui traverse cinq décennies (1946 - 1989), celui que les Japonais ont surnommé « le dieu du manga » explore inlassablement de nouveaux genres. Après deux décennies consacrées au manga pour la jeunesse, Tezuka s'adresse aux adultes dès la fin des années 1960. À sa disparition, le 9 février 1989, il laisse près de 200 000 planches en legs à ses lecteurs mais aussi de nombreux films et séries d'animation. Les grands jalons de sa carrière - le Roi Leo (1951), Astro boy (1952), Black Jack (1973) ou encore l'Histoire des 3 Adolf (1982) - sont aujourd'hui célèbres dans le monde entier. Mais son immense bibliographie abrite encore bien des trésors, inconnus des lecteurs français

Avis (14)

  • add_box
    Couverture du livre « Pluto T.3 » de Naoki Urasawa et Osamu Tezuka aux éditions Kana

    Louis LUCAS, auteur sur Pluto T.3 de Naoki Urasawa - Osamu Tezuka

    Amorcée dans le tome précédent, la décentralisation narrative s'opère pleinement dans ce troisième opus dans lequel Gesicht apparaît très peu. L'intrigue se resserre dans cet album sur deux personnages bien distincts, d'un côté Uran, sœur d'Astro mystérieusement introduite dans le tome précédent...
    Voir plus

    Amorcée dans le tome précédent, la décentralisation narrative s'opère pleinement dans ce troisième opus dans lequel Gesicht apparaît très peu. L'intrigue se resserre dans cet album sur deux personnages bien distincts, d'un côté Uran, sœur d'Astro mystérieusement introduite dans le tome précédent et Adolf, un nouveau personnage humain, dont Naoki Urasawa va se servir pour nous amener à découvrir le KR, sorte de Klu-Klux Clan qui voue une haine féroce envers les robots.

    Adolf est le prototype même du militant de ce type d'organisation. Malgré une vie de famille en apparence équilibrée et un emploi qui lui permet de faire subsister sa femme et son fils, celui-ci traîne depuis l'enfance des blessures qui peinent à cicatriser. Livré à lui-même lorsqu'il était enfant, il ne doit sa réussite sociale qu'au sacrifice de son frère qui n'a pas hésité à se salir les mains pour lui sortir les pieds de la boue. Lorsque Urasawa l'introduit dans l'histoire, Adolf apprend qu'il va pouvoir récupérer le corps de son frère, abattu par la police il y a trois ans lors d'une affaire criminelle. Lors de l'identification du corps, Adolf remarque que la blessure est particulière et se persuade qu'elle a été faite par des balles en alliage de Zéronium dont seul un robot peut se servir.

    Le KR, organisation anti-robot dont Adolf fait partie, exploite l'émotion de l'homme pour nourrir son discours et découvre l'identité de Gesicht grâce aux ramifications à l'oeuvre dans les hautes sphères. Contraint de laisser le KR s'occuper de ses affaires, Adolf assiste sans défense à leurs manigances, ce qui exacerbe encore son ressentiment envers Gesicht et l'incite à se préparer à l'action, sous le regard désapprobateur de l'organisation qui s'autorise toute latitude pour arriver à ses fins.

    Le KR n'est pas le seul ennemi identifié de ce tome, un nouveau personnage mystérieux fait son apparition : le Professeur Abdullah. En visite au Japon, l'homme rend visite à l'Inspecteur Tawashi avec lequel ils évoquent le 39ème conflit qui a opposé leurs deux pays et auquel ils ont participé, le Professeur Abdullah étant désormais l'un des dirigeants d'Asie centrale. Si leur échange laisse à penser qu'ils partagent des idées semblables au sujet des robots, la suite de l'histoire démontrera le contraire.

    Tout comme ses prédéceurs, ce troisième tome creuse encore un peu plus le sillon des fluctuations imprévisibles de l'intelligence artificielle en mettant en valeur l'humanité enfouie des robots. Pour ce faire, il s'appuie d'une part sur le personnage d'Epislon, dont la beauté des traits n'est pas sans rappeler le Johann de Monster - bien que la mélancolie qui se dégage du robot tend à le distinguer du tueur - et d'autre part sur la dernière partie du manga au cours de laquelle Uran fait la connaissance d'une machine dysfonctionnelle qui dissimule autant de laideur que de beauté dans ses circuits.

    Toujours aussi prenant et habile dans sa construction, Pluto distille dans ce troisième tome les éléments nécessaires pour faire avancer l'intrigue à bon rythme tout en gardant sufisamment de zones d'ombre pour nous inciter à poursuivre la lecture.

  • add_box
    Couverture du livre « Pluto T.4 » de Naoki Urasawa et Osamu Tezuka aux éditions Kana

    Louis LUCAS, auteur sur Pluto T.4 de Naoki Urasawa - Osamu Tezuka

    Depuis le début de Pluto, le 39ème Conflit en Asie Centrale revient régulièrement hanter les personnages qui en gardent des séquelles, une blessure à l'âme qui, pour certains, s'apparentent à un stress post-traumatique. Les origines de ce conflit ressemblent à s'y méprendre à la Seconde Guerre...
    Voir plus

    Depuis le début de Pluto, le 39ème Conflit en Asie Centrale revient régulièrement hanter les personnages qui en gardent des séquelles, une blessure à l'âme qui, pour certains, s'apparentent à un stress post-traumatique. Les origines de ce conflit ressemblent à s'y méprendre à la Seconde Guerre du Golfe. Persuadés que l'ennemi prépare des robots de destruction massive, les États-Unis de Thracia envoient sur place des scientifiques spécialistes de la robotique pour évaluer la menace et vérifier l'exactitude des informations en sa possession. Regroupé sous le nom de Commission Bora, ces hommes reviendront - en apparence - bredouilles mais cela n'empêchera pas les États-Unis de Thracia de déclarer la guerre au Royaume de Perse. Toute ressemblance avec... Tout comme les sept robots les plus forts du monde, les membres de cette ex commission sont tués un à un. Alors que ce quatrième tome démarre, le Professeur Ochanomizu se retrouve placé dans le viseur lorsqu'un étrange interlocuteur qui a un joué un rôle marquant dans le 39ème Conflit se présente à lui et le menace. Ce sera ensuite au tour du Professeur Hoffman qui s'occupe de la maintenance de Gesicht.

    Ces trois actes qui ouvrent le manga vont être les catalyseurs d'une succession de rebondissements et de révélations qui vont nous permettre de mieux comprendre les forces à l'oeuvre derrière cette machination qui vise à bousculer les fondements d'une société dans laquelle robots et humains cohabitent paisiblement. Au début de l'album, robots et ex-membre de la Commission Bora ont plusieurs ennemis identifiés : le KR, la ligue anti-robot, le Professeur Abdullah dont l'origine des motivations nous sont brièvement révélés et un étrange ours en peluche qui semble tout diriger. Viennent s'ajouter dans cet album Darius XIV, l'ancien leader du Royaume de Perse et l'énigmatique Professeur Tenma même si ses intentions ne sont pas clairement identifiés.

    Dans ce quatrième tome, Naoki Urasawa, bien qu'évoluant toujours dans un univers créé par Osamu Tezuka, s'affranchit largement de l'ombre de son illustre aîné en supprimant l'un des personnages principaux de l'histoire, une façon quelque peu métaphorique de "Tuer le père" pour mieux s'approprier un univers qui lui est désormais propre. Dans cette optique, il nourrit avec habileté les intrigues secondaires, obligeant Adolf, le membre du KR persuadé que Gesicht a tué son frère à collaborer avec son ennemi, donnant une importance croissante à Epsilon tout en développant un mystère autour du Professeur Tenma.

    Depuis le début de la lecture de ce manga, certains aspects de l'histoire, certains personnages m'évoquent Gunnm. Dans le tome précédent, le robot sans puce électronique recueilli par Uran est doué d'une capacité à ressentir et à traduire par le dessin. Dans le manga de Yukito Kishiro, le personnage de Kaos est capable par radiesthésie de reproduire les gestes de quelqu'un à partir d'un objet qu'il a manipulé y compris un instrument de musique. Dans le même ordre d'idées, les premières informations concernant le Professeur Tenma laisse à penser qu'il s'agit d'un apprenti sorcier, d'un scientifique dont les projets s'affranchissent sans mal des considérations éthiques, à la façon d'un Desty Nova. La comparaison s'arrête là, l'univers dans lequel Gally évolue étant à des années lumières de celui de Gesicht et d'Astro. Les quatre tomes suivants affirmeront ou infirmeront cette impression, cette éventuelle filiation qui ne font que renforcer la légitimité de cette série.

    Ce quatrième tome démontre une fois encore la maîtrise scénaristique d'Urasawa qui, par le biais de personnages fouillés, réussit sans mal à s'approprier un mythe du manga tout en s'installant avec aisance et un style qui n'appartient qu'à lui dans un genre très codifié.

  • add_box
    Couverture du livre « Pluto T.5 » de Naoki Urasawa et Osamu Tezuka aux éditions Kana

    Louis LUCAS, auteur sur Pluto T.5 de Naoki Urasawa - Osamu Tezuka

    Introduits dans le quatrième tome, Darius XIV et le Professeur Tenma occupent tous deux une place importante dans les chapitres de ce nouvel opus.

    Venu faire ses adieux à sa création, le Professeur Tenma décide contre toute attente d'essayer de redonner vie à Astro en état de mort cérébral...
    Voir plus

    Introduits dans le quatrième tome, Darius XIV et le Professeur Tenma occupent tous deux une place importante dans les chapitres de ce nouvel opus.

    Venu faire ses adieux à sa création, le Professeur Tenma décide contre toute attente d'essayer de redonner vie à Astro en état de mort cérébral depuis sa confrontation avec l'ange de la mort responsable de la destruction des robots les plus forts du monde. Ces tentatives de réparation seront l'occasion d'une discussion avec le Professeur Ochanomizu au cours de laquelle seront révélées nombre d'informations sur les travaux passés de Tenma, sur l'origine d'Astro - réincarnation robotique de son fils - et sur ce qu'il pourrait advenir de sa création si elle parvenait à se réveiller.

    D'un point de vue narratif, l'intrigue se resserre toutefois autour de Gesicht même si Epsilon et Hercule sont également de la partie avec à la clef un affrontement sans merci entre la créature et ce dernier. du côté de l'inspecteur robot, l'accusation proférée par Adolf Haas concernant la mort de son frère va faire resurgir des souvenirs que la machine avait enfouis. Là encore, Naoki Urasawa et son complice Takashi Nagasaki excellent dans la construction de l'histoire, dans la distillation d'indices et nous offrent un intéressant flashback au cours duquel une troublante révélation va nous être faite : Gesicht est habité par la haine. Entre la protection d'Adolf et le contact permanent qu'il entretient avec Epsilon afin d'anticiper les prochaines exactions du destructeur, Gesicht a fort à faire d'autant plus lorsqu'il devient officiellement la cible du KR. Les informations récoltées par Adolf l'avait mis sur la piste de Darius XIV, une voie qu'il décide de suivre , ce qui aboutira à un échange troublant avec l'ancien leader du Royaume de Perse, source d'informations sur l'énigme Pluto.

    En postface de ce tome, les éditions Kana ont inclu un commentaire de Tomihimo Murakami, un critique de manga et Professeur à l'Université de jeunes filles de Kobe Soin. Ce parfait inconnu en France, visiblement spécialiste de l'oeuvre d'Osamu Tezuka, nous explique que Naoki Urasawa a inséré dans Pluto nombre de références et d'allusion à l'oeuvre de l'auteur dont il s'est inspiré - « Black Jack », « Le Roi Léo » - et puise dans d'autres histoires d'Astro pour nourrir son histoire. J'ai lu beaucoup de manga de Tezuka mais ma connaissance de l'oeuvre de l'auteur est trop légère pour apprécier comme il se doit ces clins d'oeil. Toutefois, cela démontre, si besoin était, combien Urasawa s'implique dans son art et montre envers ses illustres aînés un respect qui mérite d'être souligné.

  • add_box
    Couverture du livre « Pluto T.3 » de Naoki Urasawa et Osamu Tezuka aux éditions Kana

    lesmiscellaneesdepapier .com sur Pluto T.3 de Naoki Urasawa - Osamu Tezuka

    lien vers ma chronique: http://www.lesmiscellaneesdepapier.com/pluto-naoki-urasawa.html

    extrait:Comme dans tous ses mangas, Naoki Urasawa amène le lecteur à s’interroger. Ici, sur des questions éthiques vis-à-vis de l’intelligence artificielle, mais il n'approfondit malheureusement pas la...
    Voir plus

    lien vers ma chronique: http://www.lesmiscellaneesdepapier.com/pluto-naoki-urasawa.html

    extrait:Comme dans tous ses mangas, Naoki Urasawa amène le lecteur à s’interroger. Ici, sur des questions éthiques vis-à-vis de l’intelligence artificielle, mais il n'approfondit malheureusement pas la réflexion. Bien qu'il n'y ait eu que huit tomes, je trouve que l'intrigue s’essouffle au fil des pages après avoir pris une forte accélération, notamment dans le premier tome. Globalement un peu déçue, un sujet qui ne me parle pas, un manque d'approfondissement psychologique et un rythme dissonant; il a fait de plus beaux mélanges...

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !