Orhan Pamuk

Orhan Pamuk

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Avis (14)

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    Couverture du livre « La femme aux cheveux roux » de Orhan Pamuk aux éditions Gallimard

    Bernault Jean-Serge sur La femme aux cheveux roux de Orhan Pamuk

    L'intrigue de ce roman est simple: un adolescent croise un jour le regard d'une jeune femme aux cheveux roux, il en tombe amoureux.
    Dès les premières pages de ce livre, j'ai été happé par le récit. Ceci grâce au style fluide, sans fioritures d'Orhan Pamuk. Petit extrait:

    "Je ne pouvais...
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    L'intrigue de ce roman est simple: un adolescent croise un jour le regard d'une jeune femme aux cheveux roux, il en tombe amoureux.
    Dès les premières pages de ce livre, j'ai été happé par le récit. Ceci grâce au style fluide, sans fioritures d'Orhan Pamuk. Petit extrait:

    "Je ne pouvais m'empêcher de penser à l'instant où je l'avais vue devant sa porte: la vivacité de sa gestuelle, ses petites mains, sa grande silhouette élancée, ses lèvres rondes, l'expression de tendresse et de tristesse qui imprégnait ses traits, et par-dessus tout, cet air moqueur qui se peignait sur son visage quand elle riait. Ces rêveries éclosaient continuellement comme des fleurs sauvages dans ma tête."

    Ce livre est un roman sur l'apprentissage et les relations maître/apprenti, sur les relations père-fils, sur la quête du remplacement du père absent par un père de substitution.
    C'est aussi une réflexion sur le parricide et le filicide au travers des personnages d'Oedipe et Sohrâb et Rostam (tirés du Livre des Rois de Ferdxowsi) que j'ai découvert.

    et comme le dit la Femme aux cheveux roux à la fin du livre:

    "La vie rejoue la légende..."

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    Couverture du livre « Cette chose étrange en moi » de Orhan Pamuk aux éditions Gallimard

    Colette LORBAT sur Cette chose étrange en moi de Orhan Pamuk

    « Voici l’histoire de Mevlut Karatas, vendeur de yaourt et de boza. L’histoire de sa vie et de ses rêves. »
    Mevlut à 25 ans, enlève celle qu’il veut épouser, enfin celle qu’il pensait épouser. Il l’avait vue quatre ans auparavant à un mariage et était tombé amoureux de ce visage. S’ensuit pour...
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    « Voici l’histoire de Mevlut Karatas, vendeur de yaourt et de boza. L’histoire de sa vie et de ses rêves. »
    Mevlut à 25 ans, enlève celle qu’il veut épouser, enfin celle qu’il pensait épouser. Il l’avait vue quatre ans auparavant à un mariage et était tombé amoureux de ce visage. S’ensuit pour lui, un amour épistolaire, jusqu’au jour de l’enlèvement en pleine nuit. Oui, mais voilà, ce n’est pas elle, mais sa sœur aînée qu’il a enlevée avec l’aide de son cousin. Il faut d’abord que la sœur ainée soit mariée. Ainsi fut tramé dans le dos de Mevlut qui s’en arrangea, il ne pouvait faire autrement. L’amour leur vint.
    C’est le trait du caractère de Mevlut, accepter et transformer pour quelque chose de mieux, ce qui lui arrive. Il est d’un optimiste à tout crin, mais pas b »at. Il doit se battre, garde toujours espoir.
    Tout au long de ses déambulations nocturnes à vendre de la boza aux stambouliotes, Mevlut voit les changements de la ville « Il y a de l’alcool¬ dans la boza, mais très peu. A l’époque ottomane, les gens pieux désireux de s’égayer un peu affirmaient au contraire qu’il n’y a pas d’alcool dans la boza, comme ça, en toute bonne conscience, ils pouvaient descendre une dizaine de verre et goûter à l’ivresse. Mais quand Atatürk a libéralisé la consommation du raki et du vin à l’époque républicaine, la boza a perdu sa raison d’être »,
    Je suis Mevlut et les siens sur cinquante années où Orhan Pamuk montre la transformation d’Istanbul et de ses habitants. Mevlut, le rêveur nostalgique, l’optimiste, l’âme pure transporte sa mélancolie avec sa charge de boza. Comme cette boisson qui a tendance à disparaitre, lui semble d'un autre temps.
    Un livre passionnant qu’il faut prendre le temps de déguster, faire des allers et retours dans le temps, dans les quartiers d’Istanbul, de déguster la boza, d’accepter les changements, bref de vivre la vie de Mevlut.
    Un gros livre envoûtant.

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    Couverture du livre « Cette chose étrange en moi » de Orhan Pamuk aux éditions Gallimard

    La Viduite sur Cette chose étrange en moi de Orhan Pamuk

    La vie d'une vie, Istambul, à travers les déambulations noctambules d'un de ces citoyens rêveur définitif. Dans Cette chose étrange en moi Pamuk nous livre un roman captivant sur les modifications urbaines et le changements dans le cœur des hommes qu'elle suscite. Un livre à découvrir comme tous...
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    La vie d'une vie, Istambul, à travers les déambulations noctambules d'un de ces citoyens rêveur définitif. Dans Cette chose étrange en moi Pamuk nous livre un roman captivant sur les modifications urbaines et le changements dans le cœur des hommes qu'elle suscite. Un livre à découvrir comme tous les Pamuk.

    https://viduite.wordpress.com/2017/09/02/cette-chose-etrange-en-moi-orhan-pamuk

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    Couverture du livre « Cette chose étrange en moi » de Orhan Pamuk aux éditions Gallimard

    Audrey Light And Smell sur Cette chose étrange en moi de Orhan Pamuk

    L’histoire d’un marchand ambulant, de celle de sa famille et de ses amis dans la Turquie de 1969-2012

    Dès la première page, l’auteur arrive à créer un climat de complicité qui vous enjoint à vous poser confortablement afin d’arpenter virtuellement les rues d’Istanbul et de découvrir la vie de...
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    L’histoire d’un marchand ambulant, de celle de sa famille et de ses amis dans la Turquie de 1969-2012

    Dès la première page, l’auteur arrive à créer un climat de complicité qui vous enjoint à vous poser confortablement afin d’arpenter virtuellement les rues d’Istanbul et de découvrir la vie de Mevlut et de ses amis. A cet égard, je trouve le titre complet du livre beaucoup plus parlant que son raccourci : Cette chose étrange en moi. La vie, les aventures, les rêves du marchand de boza Mevlut Karatas et l’histoire de ses amis et tableau de la vie à Istanbul entre 1969 et 2012, vue par les yeux de nombreux personnages.

    Ce titre révèle, en partie, ce que l’auteur vous propose : découvrir une saga familiale/amicale et le contexte socio-culturel, économique et politique dans lequel elle évolue. L’auteur aborde ainsi différents sujets comme la corruption, la haine raciale et les tensions entre les différentes communautés, l’islamisme, les meurtres politiques, la question de la place de la femme dans une société où elle est en permanence sous le joug d’un homme, l’urbanisation presque sauvage et très rapide d’Istanbul, l’industrialisation et les nouvelles normes d’hygiène… Néanmoins, le roman n’ayant pas de vocation idéologique ou politique, ces différents sujets sont toujours abordés sous le prisme de l’impact plus ou moins direct qu’ils ont sur la vie personnelle et professionnelle de Mevlut et de ses amis. L’auteur ne s’attarde donc pas sur les différents événements ce qui évite d’alourdir une histoire déjà très riche.

    Cette chose étrange en moi, c’est avant tout l’histoire d’un homme ordinaire, de ses amis et de sa famille. Le caractère banal de notre protagoniste permet à l’auteur d’aborder des thèmes universels : les relations enfants/parents, la famille avec l’amour que l’on porte à ses membres mais également les dissensions qui peuvent séparer ses membres, l’amitié et les disputes, les soirées entre amis, les premiers questionnements sur sa sexualité, la recherche d’un travail, l’argent, la solitude, la quête de soi et du sens de la vie et bien sûr, l’amour. Nous découvrons ainsi les premiers émois amoureux de nos protagonistes, et notamment de Mevlut à travers ses lettres d’amour. Elles n’arriveront jamais à la bonne destinataire, mais scelleront pourtant pendant quelques années son destin, et son bonheur auprès d’une femme qu’il n’aura de cesse d’aimer. Je ne suis pas forcément très sensible aux histoires d’amour, mais j’ai trouvé celle de notre protagoniste plutôt belle, car parfaitement ancrée dans la réalité.

    A noter que Gallimard vous propose, en fin d’ouvrage, une chronologie très bien pensée des principaux événements de la vie de Mevlut et de ses amis, entremêlée avec les faits historiques de la période 1954-2012. Je n’ai pas ressenti le besoin de la consulter durant ma lecture, mais cela peut se révéler utile si vous vous sentez perdus.

    Des personnages nombreux… rendant la narration vivante

    En effet, bien que la maison d’édition propose un petit arbre généalogique en début d’ouvrage, la multitude de personnages, aux noms peu communs pour des Occidentaux, pourrait effrayer, décontenancer ou simplement perdre certains lecteurs. Pour ma part, ce ne fut pas le cas, car les différents personnages interviennent suffisamment pour que leurs noms nous deviennent rapidement familiers tout comme leurs liens avec Mevlut.

    J’ai apprécié que l’auteur ne se focalise pas seulement sur notre vendeur de boza, mais offre une place importante aux personnes qui ont compté dans sa vie. Il n’hésite d’ailleurs pas à leur donner la parole puisque ceux-ci s’adressent et interpellent régulièrement le lecteur. Je ne suis pas friande de ce genre de procédé, mais utilisé avec intelligence comme ici, je ne peux que l’apprécier. Cela crée une connivence entre le lecteur et les personnages, et donne un côté très vivant à la narration. J’ai parfois eu le sentiment d’entrer dans une conversation ou de suivre en direct un reportage où plusieurs intervenants échangent leurs points de vue sur un sujet et veillent à rétablir leur propre vérité.

    Mevlut et Istanbul

    Contrairement à son père que la vie à la ville a rendu aigri, envieux et médisant, Mevlut est ce genre de personne profondément optimiste qui voit le verre à moitié rempli plutôt qu’à moitié vide. Les différentes épreuves qu’il rencontrera le rendront parfois d’humeur chagrine et le conduiront à avoir de brusques emportements difficilement compréhensibles pour son entourage, mais il n’en demeure pas moins un homme bon, avec ses défauts et ses qualités. Tout au long du roman, il essaiera ainsi de vivre sa vie sans juger ni prendre parti tout en restant fidèle à ses valeurs. Cette neutralité lui sera d’ailleurs utile pour exercer son métier de vendeur ambulant sans trop d’encombres, et côtoyer des personnages aux opinions politiques et religieuses diamétralement opposées. Si son entourage est assez politisé, Mevlut n’aspire, quant à lui, qu’à une seule chose : être heureux. Cela peut parfois donner le sentiment qu’il se laisse porter par les événements se contentant de les constater et de s’ajuster sans vraiment anticiper, mais ça lui donne un côté rêveur et idéaliste qui le rendent assez touchant.

    Le roman nous permet de découvrir la vie de notre vendeur de boza et de ses amis, mais, tout au long du livre en filigrane, il y a Istanbul. Istanbul et ses rues, Istanbul et son foisonnement, Istanbul et son urbanisation, Istanbul et ses constants changements, mais surtout Istanbul et Mevlut dont la vie semble intrinsèquement liée à cette ville comme si elle était un peu sa vieille amie. Alors qu’il aurait été assez humain de rejeter toutes les évolutions de la ville en se réfugiant dans un passé idéalisé, Mevlut se contente de les observer tout en continuant à faire ce qui le rend véritablement heureux : arpenter les rues le soir en vendant de la boza, parler avec des clients et sentir ce vent de liberté qui s’offre à lui. Et peu importe que les clients se tarissent et que l’activité ne soit pas rémunératrice… Mevlut apparaît alors au lecteur ainsi qu’à la plupart de ses clients, comme l’un des derniers représentants du passé et des traditions dans une Istanbul sans cesse renouvelée.

    Enfin, j’ai beaucoup aimé la profusion des détails donnés par l’auteur, car ils permettent de se plonger complètement dans la vie de Mevlut et de sa famille et dans les rues d’Istanbul que l’on voit évoluer. Ils sont ainsi indispensables pour comprendre les personnages et le contexte dans lequel ils évoluent et rendent, paradoxalement, ce roman de plus de 600 pages facile et agréable à lire.

    En conclusion, avec Cette chose étrange en moi, Orhan Pamuk nous offre une très belle saga familiale dans une Istanbul en pleine évolution urbaine, culturelle, politique… Si le livre aborde différents thèmes allant de la corruption à la place de la femme dans la société turque en passant par l’urbanisation sauvage d’Istanbul, son intérêt principal réside ailleurs. Il réside dans la parole donnée à un protagoniste banal qui n’est pas un héros, qui n’est ni riche, ni méchant, et dont le seul objectif dans la vie est simplement d’être heureux. Et si, sous l’apparente naïveté de Mevlut dont l’entourage aime à se moquer, se cachait finalement une certaine sagesse ?

    Je conseillerais ce roman à toutes les personnes qui aiment les histoires où les nombreux détails font la richesse du récit et où le voyage est plus important que la destination.

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