Olivier Rolin

Olivier Rolin
Né en 1947, Olivier Rolin est un auteur largement traduit. Son œuvre est constituée d'une vingtaine de romans, dont les très remarqués L'Invention du monde (1993), Port-Soudan (1994, prix Femina) et Tigre en papier (2002, prix France Culture). Il est également auteur de récits de voyage et de nom... Voir plus
Né en 1947, Olivier Rolin est un auteur largement traduit. Son œuvre est constituée d'une vingtaine de romans, dont les très remarqués L'Invention du monde (1993), Port-Soudan (1994, prix Femina) et Tigre en papier (2002, prix France Culture). Il est également auteur de récits de voyage et de nombreux reportages. Il a découvert la Russie en 1986. Depuis, il y est retourné une vingtaine de fois.

Avis (17)

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    Couverture du livre « Baïkal-Amour » de Olivier Rolin aux éditions Paulsen

    Jean-Paul Degache sur Baïkal-Amour de Olivier Rolin

    Nous faire vivre du côté du lac Baïkal, Sylvain Tesson l’a remarquablement fait avec Dans les forêts de Sibérie mais, en nous emmenant dans ces mêmes contrées, Olivier Rolin propose une autre aventure, un voyage truffé d’observations passionnantes, pertinentes, instructives. Baïkal – Amour est...
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    Nous faire vivre du côté du lac Baïkal, Sylvain Tesson l’a remarquablement fait avec Dans les forêts de Sibérie mais, en nous emmenant dans ces mêmes contrées, Olivier Rolin propose une autre aventure, un voyage truffé d’observations passionnantes, pertinentes, instructives. Baïkal – Amour est une vraie plongée dans la Russie profonde, lointaine, souvenir de tant de vies sacrifiées. C’est tellement loin de nous que les cartes jalonnant le récit sont précieuses.

    Le transsibérien a permis à Olivier Rolin et à Valéry, son compagnon de voyage, d’arriver jusqu’à Taïchet pour prendre une autre ligne, bien moins connue à l’Occident : le BAM, la Magistrale Baïkal – Amour. À partir de là, les souvenirs du passé vont remonter à la surface et les références à des poètes, des écrivains, des hommes politiques, d’autres grands voyageurs se bousculent.
    Soljenitsyne a parlé de Taïchet mais c’est le poète Anatoli Jigouline qui raconte que, parmi les déportés qu’il découvre en arrivant dans cette ville, il a vu beaucoup de Républicains espagnols. Des destins se sont fracassés dans ce Goulag comme celui de ces 100 000 prisonniers gardés autour de Taïchet pour la construction du BAM.
    En effet, comme le lui dira plus tard, la responsable d’un musée, ce chemin de fer roule sur une quantité infinie d’ossements et le récit le prouve presque à chaque page mais il est important « de ne pas juger avec ce que nous croyons être nos confortables certitudes. »
    À Sinelga, il découvre le site de prospection de l’uranium pour la bombe atomique russe où trois cents chercheurs profitaient du travail de 3 500 zeks regroupés dans des camps. Dans les sous-bois, traînent encore beaucoup d’objets témoignant de l’exploitation d’un site abandonné en 1951.
    « La Sibérie est le pays des fleuves et des rivières » et Olivier Rolin le souligne tout au long de son récit. Ce BAM, projet lancé en 1934 ou 1937, est abandonné puis repris en 1974, sous Brejnev. Il n’était plus question de travail forcé mais les komsomols (jeunesses communistes) venaient travailler pleins d’entrain. Malgré cela, cette ligne ferroviaire de 4 300 km, qui va de Taïchet à Sovietskaïa Gavan a causé le sacrifice de milliers de vies dont le décompte n’a jamais été fait.
    « Ainsi va la vie, cahin-caha, au rythme lent du train, cependant que défilent des paysages désespéramment monotones (mais cette monotonie a sa majesté et sa griserie : ceux qui ne comprennent pas ça n’aimeront jamais la Russie), plaines, hautes collines, forêt, brûlis, marais, rivières. » Olivier arrive enfin au détroit de Tartarie après avoir laissé l’Amour terminer sa course dans une plaine marécageuse.

    L’auteur souligne à de nombreuses reprises l’état de décrépitude des lieux qu’il visite. Certains Russes rencontrés sont nostalgiques des soviets. Il visite aussi l’île de Sakhaline où Tchékhov alla visiter les bagnards en 1890, et termine son périple à Vladivostok.

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    Couverture du livre « Baïkal-Amour » de Olivier Rolin aux éditions Paulsen

    Dominique JOUANNE sur Baïkal-Amour de Olivier Rolin

    Remarquable récit de voyage alimenté par un important travail de recherche, historique, littéraire et géographique, par lequel on suit l’auteur pas à pas lors de son voyage le long de la ligne de chemin de fer russe construite pour le train nommé BAM (Baïkal-Amour Magistral), partant de Taïchet...
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    Remarquable récit de voyage alimenté par un important travail de recherche, historique, littéraire et géographique, par lequel on suit l’auteur pas à pas lors de son voyage le long de la ligne de chemin de fer russe construite pour le train nommé BAM (Baïkal-Amour Magistral), partant de Taïchet à Sovietskaïa Gavan situé sur le détroit de Tartarie en face de l’île de Sakhaline, soit 4300 kilomètres. La construction débute fin des années 1930 avec une main d’œuvre entièrement constituée de déportés du Goulag. Elle stoppe en 1941 et reprend en 1945 avec en plus des déportés, des prisonniers de guerre allemands et japonais. Elle aura alors coûté des dizaines de milliers de vies. Les travaux connaissent un nouvel arrêt à la mort de Staline en 1953 pour reprendre 20 ans après avec l’enthousiasme populaire et particulièrement la jeunesse communiste qui s’attèle à la tâche pour l’honneur et quelques avantages matériels comme par exemple s’acheter une voiture ce qui est en 1974, un bien inaccessible au citoyen soviétique moyen. Elle sera opérationnelle en 1990. Nous découvrons le trajet dans la Russie d’aujourd’hui. Olivier Rollin nous offre un texte riche et généreux. Son écriture est simple et de grande qualité. Récit dépaysant, instructif, passionnant et talentueux ! Encore une fois, un grand merci à Olivier Rolin pour ce nouveau moment de lecture savoureux.

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    Couverture du livre « Baïkal-Amour » de Olivier Rolin aux éditions Paulsen

    NADIA D'ANTONIO sur Baïkal-Amour de Olivier Rolin

    Cinq mille kilomètres en train, un autre train du Transsibérien, (dans le BAM ligne Baïkal-Amour, surnommé aussi le train du goulag), c’est que nous propose Olivier Rolin dans ce livre « Baïkal-Amour » - une traversée qui part de la Sibérie jusqu’à l’Océan Pacifique.
    Si c’est un voyage avec...
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    Cinq mille kilomètres en train, un autre train du Transsibérien, (dans le BAM ligne Baïkal-Amour, surnommé aussi le train du goulag), c’est que nous propose Olivier Rolin dans ce livre « Baïkal-Amour » - une traversée qui part de la Sibérie jusqu’à l’Océan Pacifique.
    Si c’est un voyage avec des descriptions des villes et paysages parcourus, c’est aussi un récit sur le tragique passé de la Russie. L’auteur nous livre des explications historiques, nous raconte comment s’est passée la construction de cette ligne et nous apprenons qu’elle a été effectuée par des prisonniers du goulag (dont nombreux sont morts), d’où le surnom.
    L’atmosphère n’est pas vraiment gaie dans ce récit mais cela n’empêche pas qu’il est passionnant. Il est également agrémenté de quelques touches humoristiques et d’une certaine poésie.
    Mais ce qui ressort de ce voyage, c’est une grande grisaille - celle de certains lieux – mais aussi la gentillesse des habitants (alors que d’autres se montrent franchement antipathiques).
    L’auteur traverse d’immenses espaces, des villes de pionniers abandonnées… De plus, il s’attache énormément au passé, à l’Histoire de cette Russie, de la Sibérie (si grande qu’elle pourrait contenir plusieurs pays), à l’âme russe si particulière (peut-être parce que empreinte de son lourd passé fait de nombreux sacrifices) et qui continue à être soumise à un régime sans concessions.
    La vie à bord du train n’est pas très facile car il est mal pourvu en commodités, mais chacun s’arrange à sa façon pour ce voyage à petite vitesse dans cette immense étendue.
    Olivier Rolin est arrivé avec succès à nous décrire son périple tout en évoquant l’Histoire (assez méconnue par la plupart) de ce pays fait de magnifiques steppes, ainsi que de la taïga qu’il surnomme « un continent d’arbres ».
    C’est donc un voyage très enrichissant (d’autant plus qu’il évoque de nombreux écrivains) et émouvant que ce « Baïkal-Amour » qu’a écrit l’auteur qui connaissait déjà la Russie et qui a voulu, cette fois, aller un peu plus en profondeur. Une de ses réflexions est celle de savoir comment Vladimir Poutine a pu être élu à nouveau alors que son caractère répressif est connu de par le monde.
    Mais cela reste une très belle expérience qui ne laissera pas le lecteur indifférent car on ressent très bien l’amour de l’auteur pour ce pays fait de multiples contradictions.
    Alors, pourquoi ne pas embarquer dans ce BAM et se laisser porter par la nostalgie et la beauté de ce continent ? En voiture et laissez-vous guider !
    Nota : venant de chroniquer « Nina » se passant également en Russie, j’ai voulu rester encore un peu dans ce pays si riche en émotions pour moi pour les souvenirs familiaux que cela implique. Mais à présent, je vais changer de continent.
    Je ressors de cette lecture, assez bouleversée mais heureuse car l’auteur a su me prendre par les sentiments.

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    Couverture du livre « Veracruz » de Olivier Rolin aux éditions Verdier

    Joëlle Guinard sur Veracruz de Olivier Rolin

    « Un jour de juin 1990, j’attendais au bar El Ideal, calle Morelos, une jeune chanteuse cubaine qui ne vint jamais… Une pluie furieuse, que le vent tordait comme une serpillière sale, battait Veracruz. »
    Le narrateur, assis au bar El Ideal à Veracruz, attend et raconte sa rencontre avec une...
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    « Un jour de juin 1990, j’attendais au bar El Ideal, calle Morelos, une jeune chanteuse cubaine qui ne vint jamais… Une pluie furieuse, que le vent tordait comme une serpillière sale, battait Veracruz. »
    Le narrateur, assis au bar El Ideal à Veracruz, attend et raconte sa rencontre avec une jeune cubaine Dariana. Cette rencontre a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt à Véracruz alors qu'il s'était rendu au Mexique pour donner une conférence sur Proust.
    C’est à la fin d’une soirée tequila qu'il fit sa connaissance de cette femme belle et mystérieuse, s'ensuivit une grande passion « C’était un amour-faucon. Surprise et rapidité…étaient sa loi. » mais Dariana disparut brutalement un jour le laissant complètement sonné.

    Un jour, alors qu'il se perd dans ses souvenirs et dans l'alcool, il reçoit par la poste une enveloppe contenant quatre récits. Qui les envoie? Dariana ? Pourquoi ?

    Avec ces quatre récits, Olivier Rolin nous plonge dans un puissant drame en quatre actes. Les voix d'Ignace, Miller, El Griego et Suzana, s’enchaînent dans un huis-clos étouffant dans un palais décadent dans la ville de Véracruz plongée dans l'anxiété et la torpeur qui précèdent l'arrivée d'un cyclone.

    Quatre monologues qui racontent une même situation du point de vue des quatre personnages reclus dans ce palais. Trois hommes vivent autour de la belle Suzana qu'ils contemplent, ivres de désir. Ignace, un jésuite défroqué, employé de Suzana qu'il convoite; Miller, son mari, un truand notoire d'une brutalité bestiale et El Griego, son père, qui vit dans l'ombre et se souvient de la relation incestueuse qu'il a eue avec elle et qu'il rêve de revivre. Enfin, Suzana parle la dernière, crachant son désir de vengeance, « Me farder moi de leur sang, y tremper mes mains, mes mains si fines, aux doigts qui se recourbent comme des arcs, comme des dards de scorpions, me maquiller d’écarlate, me parer de leur vie finie, me souiller de leur mort, m’ont-ils assez souillée. » .

    Ces quatre récits brefs, intenses et terriblement sombres vibrent de tension, de violence et de fureur, ils semblent préluder à une catastrophe imminente. Ils offrent un contraste saisissant par leur noirceur avec les chapitres lumineux où le narrateur se souvient de Dariana.

    Comment ne pas imaginer que Dariana se trouve derrière ces récits ? De quel message ce cadeau est-il porteur ? Olivier Rolin ne nous donnera pas la réponse, il nous livre plutôt une belle réflexion sur la littérature...

    « Nous voulons toujours que tout ait un sens…. Nous nous épuisons à ce rêve de maîtrise au lieu de vivre tout simplement… Le monde se joue aux dés à chaque instant. Il est un kaléidoscope dont les éclats colorés se recomposent pour former de nouvelles figures. »
    « Nous voulons que le temps aille sans jamais se retourner, que les événements s'enchaînent, que les livres aient un plan, une signification cachée, l'histoire une fin ... D'où tient-on qu'il y a toujours des causes ? Pourquoi toutes choses au monde doivent-elles être cause ou effet? "

    Ce court texte d’une beauté époustouflante, à l'écriture dense et lyrique et à la structure ouverte surprend à chaque chapitre.
    A lire et à relire


    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2016/03/veracruz-dolivier-rolin.html

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