Olivier Rolin

Olivier Rolin
Né en 1947, Olivier Rolin est un auteur largement traduit. Son œuvre est constituée d'une vingtaine de romans, dont les très remarqués L'Invention du monde (1993), Port-Soudan (1994, prix Femina) et Tigre en papier (2002, prix France Culture). Il est également auteur de récits de voyage et de nom... Voir plus
Né en 1947, Olivier Rolin est un auteur largement traduit. Son œuvre est constituée d'une vingtaine de romans, dont les très remarqués L'Invention du monde (1993), Port-Soudan (1994, prix Femina) et Tigre en papier (2002, prix France Culture). Il est également auteur de récits de voyage et de nombreux reportages. Il a découvert la Russie en 1986. Depuis, il y est retourné une vingtaine de fois.

Avis (16)

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    Couverture du livre « Le météorologue » de Olivier Rolin aux éditions Points

    Dominique JOUANNE sur Le météorologue de Olivier Rolin

    Par le biais de la biographie d'Alexeï Féodissievitch Vangengheim, un météorologue passionné par son travail, Olivier Rolin nous livre un article d’actualité détaillé et objectif sur la Russie de la fin des années 30, période de purges et de dénonciations gratuites entrainant au fin fond des...
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    Par le biais de la biographie d'Alexeï Féodissievitch Vangengheim, un météorologue passionné par son travail, Olivier Rolin nous livre un article d’actualité détaillé et objectif sur la Russie de la fin des années 30, période de purges et de dénonciations gratuites entrainant au fin fond des goulags, la mise à mort de milliers de pauvres hères innocents, cultivés ou non.

    Le météorologue habité par l’espoir que l’erreur de sa condamnation soit reconnue, est un personnage attachant qui malgré l’injuste verdict à 10 ans d’enfermement dans un camp de travail sis aux îles Solovki, archipel dans la Mer Blanche, au nord-ouest du pays, puis par la suite, à 10 ans supplémentaires, va rester fidèle à Staline ou tout du moins l’écrira-t-il dans ses nombreux courriers à son épouse et sa chère petite fille, son « étoile », ou peut-être était-ce pour les protéger d’être elles aussi déportées, en sachant que les lettres étaient lues. Il enverra une description de son quotidien sans s’en plaindre sinon la fatigue et sa mauvaise santé. Il destinera à sa fille de touchants dessins de rébus et herbiers qu’Olivier Rolin a récupérés dans la foule des documents réunis pour créer ce livre et dont il nous livre quelques planches illustrées en toute fin. C’est terriblement émouvant… Sa femme et sa fille attendront Alexeï en vain et ne connaitront son sort véritable qu’après la mort de Staline. Fusillé. Où ? Quand ? Elles ne le sauront jamais et l’enfant qui deviendra une femme au métier de paléontologue, ne se consolera jamais de cette exécution au motif si dérisoire voire inexistant. Elle mettra fin à ses jours le 28 décembre 2011.

    Le livre a 3 parties : la vie d’Alexeï avant et pendant son accusation ; sa vie au goulag ; puis les démarches faites par trois membres de l’association Mémorial qui, après 2011, finiront par découvrir et dénoncer les charniers.

    Olivier Rolin brosse les paysages et la société russe passée et présente de façon simple, distante et talentueuse sans oublier le regard des intellectuels de gauche étrangers.

    « J’ai raconté aussi scrupuleusement que j’ai pu, sans romancer, en essayant de me tenir à ce que je savais, l’histoire d’Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, le météorologue. Un homme qui s’intéressait aux nuages et faisait des dessins pour sa fille, pris dans une histoire qui fut une orgie de sang. Qu’est-ce qui a fait basculer sa vie dans la longue épreuve de la déportation et e la séparation, puis dans l’épouvante de la fin ? A partir de quand, de quelle dénonciation calomnieuse, de quel incident passé inaperçu, de quelle plaisanterie imprudente, se déclenche le processus inexorable qui aboutit à l’arrestation, le huit janvier 1934, puis à l’exécution, le trois novembre 1937 ? Je ne le sais pas précisément, et personne, apparemment, ne le sait plus. Il n’était pas besoin de grand-chose, à cette époque, pour se retrouver avec le canon d’un revolver sur la nuque. »

    « Je n’ai pas caché les faiblesses d’Alexeï Féodossiévitch, quand je les connaissais. Je n’ai pas cherché à en faire un héros exemplaire. Ce n’était ni un génie scientifique ni un grand poète, c’était à certains égards un homme ordinaire, mais c’était un innocent. » (…) « C’était un homme qui peut-être ne se posait pas assez de questions — mais il est facile de dire ça trois quarts de siècles plus tard. Un homme, en somme, qui les valait tous, et que valait n’importe qui, avec son honnêteté, sa fidélité, sa part de conformisme et de crédulité. »

    Je ne peux m’empêcher de me dire que certains pays connaissent encore cela de nos jours sur notre planète… Et je me dis chaque jour que j’ai de la chance de vivre sans peur dans un pays libre, libéré du nazisme entre autre… et que nous devons être vigilants à ce que la terreur de ces ignominies ne passent jamais plus nos portes.

    Mille mercis Monsieur Rolin pour, sans relâche, nous livrer des textes exceptionnels qui font poser questions et par les histoires du passé nous rappellent de ne pas oublier le présent…

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    Couverture du livre « Tigre en papier » de Olivier Rolin aux éditions Points

    Dominique JOUANNE sur Tigre en papier de Olivier Rolin

    Une volonté de changer le monde… Un livre d’une actualité saisissante sous la houlette d’une plume d’exception !

    Ils étaient engagés pour « la Cause », une révolution en marche… « On était ensemble jusqu’à l’absurde. »

    Interview Radio France d’Olivier Rolin :
    « Le livre met en scène...
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    Une volonté de changer le monde… Un livre d’une actualité saisissante sous la houlette d’une plume d’exception !

    Ils étaient engagés pour « la Cause », une révolution en marche… « On était ensemble jusqu’à l’absurde. »

    Interview Radio France d’Olivier Rolin :
    « Le livre met en scène une bande de jeunes révolutionnaires qui ressemble à celle à laquelle j'ai appartenu dans ces années-là. On y trouvait des saints et des balances, des castagneurs et des pleutres, des rebelles et des fayots, des rêveurs et des petites frappes. Une nuit, bien longtemps après, au début de notre siècle, dans une vieille DS tournant sur le périphérique (voiture dont Barthes fit une "mythologie"), Martin raconte à Marie, la fille de son ami Treize mort quand elle était enfant, leurs aventures d'autrefois. Il y a dans leur histoire du grotesque mais aussi de la poésie brute, la crédulité y côtoie beaucoup de romantisme, on peut appeler ça comme ça.
    Internet n'existait pas, alors, ni le TGV ni les portables ni le câble, le vocable "digitale" ne désignait qu'une fleur mauve, la télé était en noir et blanc, le président Pompe allait succéder à De Gaulle. Au Viêtnam la "guerre du peuple" était victorieuse de la puissante Amérique, les impérialistes étaient des tigres en papier, la Chine était rouge pour l'éternité, le Che plus grand mort que vivant. L'Internationale serait le genre humain. C'était dans la nuit des temps... »

    Gédéon, Judith, Chloé, d’Angelo, Fichaoui- dit Julot, Jean d’Audincourt, Juju, Amédée, Roger le Belge, Momo Mange-serrures, Reureu l’Hirsute, la Chiasse, Pompabière, Klammer…et Treize : une bande de potes dont les portraits peuvent rappeler certains journalistes, intellectuels et artistes de gauche d‘une mouvance maoïste non fictifs, propulsés avec talent dans un scénario romanesque d’actions révolutionnaires successives et digne d’une BD des Pieds Nickelés pour traduire leur besoin d’héroïsme tout en dévoilant l’actualité de l’époque dont les manifs, le terrorisme d’extrême gauche, la pensée fanatique et les volontaires partis combattre en Cochinchine auprès des soldats de l’armée rouge Viet-Minh (les descriptions du Viet Nam sont saisissantes) et aussi enrichi de références historiques et littéraires.

    Ce périph parisien qu’on a vu se construire « comme une piste autour d’un stade »… Pour peut-être mieux contenir les débordements révolutionnaires… Doublant les boulevards extérieurs. Ces enseignes nouvelles aux éclairages fluorescents et ces panneaux indiquant de nouvelles sorties à voies plus rapides… Ces nouvelles marques et démarques publicitaires éclairant la ville… Ce renouveau doublant l’ancien. Cette nouvelle vie se superposant à l’ancienne, celle des souvenirs lointains mais si proches. Cette mémoire qui appartient maintenant à « l’âge des clubs de gym et des radios du colon » transmise à une jolie jeune femme…

    Regard dans le rétroviseur, combattants antifascistes désespérés, un goût pessimiste d’impuissance dans l’abandon des luttes. Olivier Rolin, par ce texte magistralement bien écrit, nous livre une mémoire de sa jeunesse révolutionnaire avec force, humour et sensibilité.

    «Mais ces histoires dormaient dans les journaux d'il y a trente ans et personne ne les savait plus.» Marcel Proust. (Le Temps retrouvé)

    Pourtant ce qui suit, me semble faire résonner un passé très actuel…

    « Tu t’étais avancé vers la muraille sombre et scintillante de casques, de visières, de boucliers, de jambières, d’où fusait l’enivrant feu d’artifice des grenades, brandissant… quoi, d’ailleurs ? Curieusement tu te souviens très bien de la certitude que tu avais, commençant à courir en avant des premières lignes de la manif, qu’il allait t’arriver quelque chose, tu te souviens du choc et du démantibulement, de la chute et de la douleur, la cuiller de la grenade te cassant les dents, de la stupeur et en même temps de l’espèce de satisfaction de constater que quelque chose, en effet, était advenu, ces miettes sanglantes, ce goût salé dans ta bouche, et de l’obsession presque simultanée de te relever pour échapper aux ‘pigs’, ainsi que par référence aux Black Panthers US vous appeliez les flics quand vous ne les traitiez pas de SS : tout cela le temps d’une détonation, d’un coup de lance-patates ; mais tu as oublié ce que ta main droite s’apprêtait à lancer : pavé, cocktail Molotov ? Et cette main, ensuite, c’est Chloé qui la tient : tu es allongé dans le cabinet d’un salaud de médecin qui, tout en suturant le plus brutalement qu’il peut, te déclare que tu n’as ce que tu mérites : et ce con n’a pas l’air de comprendre que tu ne pouvais rien rêver de plus beau que ça, être couché sur sa foutue table, puant comme un blessé d’une vraie guerre, avec la gueule en sang et la main de Chloé tenant la tienne. Quelque chose comme le Paradis. Qu’est-ce qu’on était romantiques, fais-tu remarquer à la fille de Treize (parce que tout de même, le whisky aidant, qui rend immensément bavard, fait littéralement fourmiller de paroles, tu n’as pu t’empêcher de lui raconter cette histoire, au rythme de sa jambe qui bat dans la pénombre), et en même temps tu te dis que sans doute tu ne serais pas parti ainsi, absurdement, à l’assaut des casques et des boucliers, si tu n’avais pas lu L’Iliade, ni vu sur une photo célèbre de Robert Capa un milicien foudroyé d’une balle en pleine tête devant Cordoue, et qu’il se fait ainsi d’étranges cocktails Molotov dans la tête des jeunes gens, des caramboles explosives, des courts-circuits d’images. »

    La mémoire d’un homme de lettres, pour traduire le ressenti d’une forte espérance et de croyances en ruine.

    Et ce samedi, le vent porte aux fenêtres de mon appartement parisien l’écho d’une révolte qui gronde dans la rue… jusqu’aux derniers mots du livre :

    « Et après ? Après, rien. On s’en va, vous en faites pas. »

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    Couverture du livre « Veracruz » de Olivier Rolin aux éditions Verdier

    Pen Parrau sur Veracruz de Olivier Rolin

    L’auteur ou plutôt le narrateur raconte sa rencontre avec Dariana dans un bar de Veracruz et l’histoire brève et intense qui s’en suivit. Alors que Dariana est semble-t-il partie, il reçoit à son hôtel quatre textes. C’est avec la même passion qu’il l’a aimé que le narrateur va alors se plonger...
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    L’auteur ou plutôt le narrateur raconte sa rencontre avec Dariana dans un bar de Veracruz et l’histoire brève et intense qui s’en suivit. Alors que Dariana est semble-t-il partie, il reçoit à son hôtel quatre textes. C’est avec la même passion qu’il l’a aimé que le narrateur va alors se plonger dans la lecture de ces récits et chercher à comprendre sa disparition.

    J’ai été très sensible au besoin irrépressible de l’amoureux de créer du lien, du sens, de chercher des clefs dans les textes. Est-ce elle qui a déposé ces textes ? Lui livre-t’elle une raison à son départ ou bien est-ce sans lien ?

    La langue de Rolin est très belle, en quelques phrases le portrait d’un homme se dessine avec netteté. J’ai particulièrement aimé le récit de la rencontre de Dariana avec le narrateur et de ses errances dans Veracruz. Son regard ironique sur le monde et sur lui même m’ont réjouit.
    Quant à la langue des quatre récits au mystérieux auteur, elle est écarlate, orientale et presque empoisonnée. Ces quatre textes nous transportent dans un drame en huit clos étouffant et cruel.
    Je trouve ce livre aussi beau et mystérieux que la belle Dariana.

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    Couverture du livre « Baïkal-Amour » de Olivier Rolin aux éditions Paulsen

    Jean-Paul Degache sur Baïkal-Amour de Olivier Rolin

    Nous faire vivre du côté du lac Baïkal, Sylvain Tesson l’a remarquablement fait avec Dans les forêts de Sibérie mais, en nous emmenant dans ces mêmes contrées, Olivier Rolin propose une autre aventure, un voyage truffé d’observations passionnantes, pertinentes, instructives. Baïkal – Amour est...
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    Nous faire vivre du côté du lac Baïkal, Sylvain Tesson l’a remarquablement fait avec Dans les forêts de Sibérie mais, en nous emmenant dans ces mêmes contrées, Olivier Rolin propose une autre aventure, un voyage truffé d’observations passionnantes, pertinentes, instructives. Baïkal – Amour est une vraie plongée dans la Russie profonde, lointaine, souvenir de tant de vies sacrifiées. C’est tellement loin de nous que les cartes jalonnant le récit sont précieuses.

    Le transsibérien a permis à Olivier Rolin et à Valéry, son compagnon de voyage, d’arriver jusqu’à Taïchet pour prendre une autre ligne, bien moins connue à l’Occident : le BAM, la Magistrale Baïkal – Amour. À partir de là, les souvenirs du passé vont remonter à la surface et les références à des poètes, des écrivains, des hommes politiques, d’autres grands voyageurs se bousculent.
    Soljenitsyne a parlé de Taïchet mais c’est le poète Anatoli Jigouline qui raconte que, parmi les déportés qu’il découvre en arrivant dans cette ville, il a vu beaucoup de Républicains espagnols. Des destins se sont fracassés dans ce Goulag comme celui de ces 100 000 prisonniers gardés autour de Taïchet pour la construction du BAM.
    En effet, comme le lui dira plus tard, la responsable d’un musée, ce chemin de fer roule sur une quantité infinie d’ossements et le récit le prouve presque à chaque page mais il est important « de ne pas juger avec ce que nous croyons être nos confortables certitudes. »
    À Sinelga, il découvre le site de prospection de l’uranium pour la bombe atomique russe où trois cents chercheurs profitaient du travail de 3 500 zeks regroupés dans des camps. Dans les sous-bois, traînent encore beaucoup d’objets témoignant de l’exploitation d’un site abandonné en 1951.
    « La Sibérie est le pays des fleuves et des rivières » et Olivier Rolin le souligne tout au long de son récit. Ce BAM, projet lancé en 1934 ou 1937, est abandonné puis repris en 1974, sous Brejnev. Il n’était plus question de travail forcé mais les komsomols (jeunesses communistes) venaient travailler pleins d’entrain. Malgré cela, cette ligne ferroviaire de 4 300 km, qui va de Taïchet à Sovietskaïa Gavan a causé le sacrifice de milliers de vies dont le décompte n’a jamais été fait.
    « Ainsi va la vie, cahin-caha, au rythme lent du train, cependant que défilent des paysages désespéramment monotones (mais cette monotonie a sa majesté et sa griserie : ceux qui ne comprennent pas ça n’aimeront jamais la Russie), plaines, hautes collines, forêt, brûlis, marais, rivières. » Olivier arrive enfin au détroit de Tartarie après avoir laissé l’Amour terminer sa course dans une plaine marécageuse.

    L’auteur souligne à de nombreuses reprises l’état de décrépitude des lieux qu’il visite. Certains Russes rencontrés sont nostalgiques des soviets. Il visite aussi l’île de Sakhaline où Tchékhov alla visiter les bagnards en 1890, et termine son périple à Vladivostok.

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