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Olivia Rosenthal

Olivia Rosenthal
Écrivain et dramaturge, Olivia Rosenthal travaille à des performances en collaboration avec des
cinéastes, écrivains ou plasticiens. Elle a récemment publié Que font les rennes après Noël ?,
prix du Livre Inter (Verticales, 2010, Folio n° 5437), Ils ne sont pour rien dans mes larmes
(Minimales/Verti... Voir plus
Écrivain et dramaturge, Olivia Rosenthal travaille à des performances en collaboration avec des
cinéastes, écrivains ou plasticiens. Elle a récemment publié Que font les rennes après Noël ?,
prix du Livre Inter (Verticales, 2010, Folio n° 5437), Ils ne sont pour rien dans mes larmes
(Minimales/Verticales, 2012), Mécanismes de survie en milieu hostile (Verticales, 2014).

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Articles en lien avec Olivia Rosenthal (2)

Avis sur cet auteur (30)

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    Couverture du livre « On n'est pas là pour disparaître » de Olivia Rosenthal aux éditions Gallimard

    Laure Farinetto sur On n'est pas là pour disparaître de Olivia Rosenthal

    « Le 6 juillet 2004, Monsieur T. a poignardé sa femme de cinq coups de couteau. Il a ensuite quitté le domicile conjugal et s’est réfugié dans le jardin des voisins. C’est la qu’il a été découvert par la police. Quand, lors de son interrogatoire, on a demandé à Monsieur T. pourquoi il avait agi...
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    « Le 6 juillet 2004, Monsieur T. a poignardé sa femme de cinq coups de couteau. Il a ensuite quitté le domicile conjugal et s’est réfugié dans le jardin des voisins. C’est la qu’il a été découvert par la police. Quand, lors de son interrogatoire, on a demandé à Monsieur T. pourquoi il avait agi de la sorte, il a été incapable de répondre. »

    C’est sur ces mots que débute l’étrange roman d’Olivia Rosenthal. On n’est pas là pour disparaître a pour sujet la maladie d’Alzheimer et ses effets sur le malade et sur ses proches.

    La narratrice nous explique sans détour que ce livre lui tient vraiment à cœur, sans qu’elle sache vraiment pourquoi, tout en ayant peur que ça lui porte malheur… Mais elle ressent un besoin irrépressible d’écrire sur cette maladie. L’auteure nous livre également quelques pans de sa propre mémoire ; ses propres souvenirs s’insèrent au plus près de la mémoire défaillante du malade.

    Le texte alterne entre plusieurs fragments, donnant l’impression curieuse d’entendre en même temps plusieurs voix différentes, qui se superposent. L’auteure nous délivre les extraits d’un interrogatoire sans queue ni tête de Monsieur T. par la police, des fragments de la vie d’Alois Alzheimer & les pensées confuses du malade.

    A leur suite, s’ajoutent d’autres voix, à la façon de conseils donnés à un patient sur un ton presque clinique, et des tests nous sont proposés – « faites un exercice » – comme pour nous mettre dans la peau du malade… Le lecteur est par moment tutoyé, vouvoyé, il est convoqué pour prendre part à cette réflexion sur la maladie d’Alzheimer.

    La voix de l’auteure semble parfois se confondre avec celle du malade, comme si elle cherchait à entrer dans sa tête.

    C’est un livre à la fois dérangeant et magnétique qui aborde un sujet très complexe et sombre, à travers lequel l’auteure nous faire éprouver les sentiments de Monsieur T.

    L’écriture d’Olivia Rosenthal est un électrochoc ; avec sensibilité, intelligence et de façon profondément poétique, elle pose des mots sur la perte de mémoire, la perte de raison, les souvenirs qui s’effacent, la maladie qui peu à peu s’empare de l’homme. Un roman qui n’en est pas vraiment un, qui prend aux tripes, qui secoue.

    Un coup de cœur, un livre bouleversant qui va me poursuivre longtemps. Un livre hérisson, hérissé de marque-pages, comme autant de citations marquantes…

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    Couverture du livre « Toutes les femmes sont des aliens » de Olivia Rosenthal aux éditions Gallimard

    Laure Farinetto sur Toutes les femmes sont des aliens de Olivia Rosenthal

    Dans ce curieux livre, l’auteure se dévoile à travers l’analyse des films qui l’ont marquée lorsqu’elle était enfant, puis adolescente. De la tétralogie Alien aux Oiseaux d’Hitchcock, en passant par les dessins animés de Walt Disney, Bambi et Le Livre de la Jungle, Olivia Rosenthal analyse et...
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    Dans ce curieux livre, l’auteure se dévoile à travers l’analyse des films qui l’ont marquée lorsqu’elle était enfant, puis adolescente. De la tétralogie Alien aux Oiseaux d’Hitchcock, en passant par les dessins animés de Walt Disney, Bambi et Le Livre de la Jungle, Olivia Rosenthal analyse et décortique les images et les personnages, en trois courts textes.

    Se saisissant du cinéma pour se raconter, l’auteure nous offre des réflexions fantastiques sur la femme, la maternité, la famille, ou encore une analyse sur les blondes chez Hitchcock… Et tout un passage fabuleux sur la peur et le désir.

    Ce bouquin est un ovni : ni essai, ni roman, ni autofiction… Je ne saurais vraiment pas le qualifier. L’écriture d’Olivia Rosenthal est sinueuse, nerveuse, elle s’étire en de longues phrases, hachées par les virgules. Des phrases parfois tellement longues qu’elles font perdre haleine.

    Les trois textes ont été adaptés pour le théâtre et c’est vrai qu’il en ressort une impression de théâtralité. Le texte, comme une matière vivante, semble être fait pour être joué, déclamé, incarné.

    Au cours de ma lecture, je me suis souvenue du roman de Tanguy Viel, Cinéma, dans lequel le narrateur regarde jusqu’à l’obsession un film, Le Limier. On retrouve un peu la même obsession de l’auteure qui a vu et revu ces films, les a décortiqués et presque intériorisés.

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    Couverture du livre « Mécanismes de survie en milieu hostile » de Olivia Rosenthal aux éditions Gallimard

    Laure Farinetto sur Mécanismes de survie en milieu hostile de Olivia Rosenthal

    Cinq récits qui mettent en scène la même première personne du singulier, la même narratrice. En pleine confusion, semblant se débattre contre ses démons intérieurs, elle se retrouve dans des situations oppressantes, des fuites, des traques ; une maison avec une pièce aveugle dans laquelle se...
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    Cinq récits qui mettent en scène la même première personne du singulier, la même narratrice. En pleine confusion, semblant se débattre contre ses démons intérieurs, elle se retrouve dans des situations oppressantes, des fuites, des traques ; une maison avec une pièce aveugle dans laquelle se retrancher, une partie de cache-cache primitive et violente… Des récits si complexes qu’on ne sait s’ils sont de l’ordre du réel ou de la fantasmagorie. Une voix neutre et clinique revient à chaque fois, pour expliquer les expériences de mort subite, la décomposition d’un cadavre ou encore la mort cérébrale.

    Certains passages sont particulièrement répugnants. On ne comprend pas où l’auteure veut en venir, on est désorientés, un peu écœurés… On a l’impression d’un personnage qui se cherche, qui fouille dans les méandres de ses pensées, de son passé. Qui tente de raconter la douleur, mais laquelle ?

    Ces récits sont comme autant d’introspections d’une souffrance passée. Ce sont des tentatives de s’échapper, de trouver quelque chose, de mettre des mots sur quelque chose, de raconter ce qui n’est pas racontable ? Les thèmes reviennent comme une obsession : la perte de conscience, le coma, l’accident vasculaire cérébrale, les expériences de mort subite. En fait, ce sont les défaillances du cerveau humain qui semblent exposés.

    Au cœur de ces cinq récits, tous ces mots-maux fourmillent pour tenter de raconter la perte, la mort, la rupture, qu’elle soit amicale, familiale, la perte des facultés mentales aussi. Comme dans la plupart des romans d’Olivia Rosenthal, on est jamais loin de la folie.

    C’est une écriture de la perte de raison, toujours aussi efficace et hypnotique ; il s’en dégage une force incroyable qui nous laisse sur le carreau.

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    Couverture du livre « Mécanismes de survie en milieu hostile » de Olivia Rosenthal aux éditions Gallimard

    Yannick Chassort sur Mécanismes de survie en milieu hostile de Olivia Rosenthal

    Il y a des ouvrages, comme celui-ci, qui interpellent. Que ce soit en raison d’un titre énigmatique ou à rallonge, une couverture qui laisse transparaître un petit quelque chose de dérangeant, ou encore tout simplement le nom de l’auteur, qui a déjà derrière lui une œuvre originale, singulière....
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    Il y a des ouvrages, comme celui-ci, qui interpellent. Que ce soit en raison d’un titre énigmatique ou à rallonge, une couverture qui laisse transparaître un petit quelque chose de dérangeant, ou encore tout simplement le nom de l’auteur, qui a déjà derrière lui une œuvre originale, singulière. Ces trois caractéristiques, on les retrouve avec la parution en format poche de l’ouvrage d’Olivia Rosenthal, Mécanismes de survie en milieu hostile. Un auteur particulièrement talentueux qui signe un roman au titre ambigu et mystérieux, porté par une illustration de Philippe Bretelle, mettant en scène des enfants à la chevelure jaune flou, que l’on dirait tout droit sortis d’un film d’horreur.

    De l’œuvre d’Olivia Rosenthal surgissent les mêmes thèmes, une récurrence qui permet à l’auteur d’explorer ses angoisses et les nôtres, nos peurs qui nous font et nous défont, et de décrire les effets avec l’œil acéré d’un physiologiste et d’un psychanalyste. Mécanismes de survie en milieu hostile repose sur ces angoisses et, à travers cinq récits, parvient à décrire cette nécessité qui s’empare de l’homme lorsqu’il se trouve en mauvaise position, cet instinct animal qui resurgit, essentiel, indispensable.

    Tout débute par une jeune fille qui en abandonne une autre sur le bord de la route, un poids mort qui l’empêchait d’avancer et de rejoindre le plus rapidement possible son village. Les faibles n’ont aucune échappatoire, seuls les plus forts survivent. Car la jeune fille est poursuivie. Une menace semble devoir s’abattre sur elle, une menace qui semble prendre la forme d’un groupe d’individus. Qui sont-ils, que veulent-ils ? Ces simples questions effleurent à peine l’esprit du lecteur, car elles ne sont pas essentielles. L’intérêt réside dans cette volonté d’échapper à cette menace, dans cette envie de survivre. On apprendra plus tard, dans la lecture, qui est cette jeune fille abandonnée au bord de la route, un abandon qui hante la narratrice, qui la plonge dans un cauchemar.

    Olivia Rosenthal déploie alors son sublime style pour mettre au point un roman expérimental et esthétique. Des cinq récits qui ne présentent aucuns liens narratifs se distingue peu à peu un fil conducteur, qui renvoie à cet abandon et à la disparition d’un être cher. L’auteur explore alors le deuil, les émotions abondent, foisonnent avant d’être mises à distance, remplacées par une description clinique, froide de l’enveloppe charnelle abandonnée par l’existence. Le roman devient cathartique, salvateur, une sorte de manuel pour apprendre à revivre après le deuil et l’on ressort de la lecture à la fois chamboulé et charmé par l’incroyable travail qu’Olivia Rosenthal opère sur la langue et les mots et le soin tout particulier qu’elle accorde à son récit.