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Odile D' Oultremont

Odile D' Oultremont
Scénariste et réalisatrice, Odile d'Oultremont vit entre Bruxelles et Paris. Les Déraisons est son premier roman.

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Avis sur cet auteur (42)

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    Couverture du livre « Baïkonour » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    Nathalie Vanhauwaert sur Baïkonour de Odile D' Oultremont

    C'est le deuxième roman de ma compatriote Odile d'Oultremont, le premier - honte à moi - dormant toujours dans mon Himalaya à lire a été couronné du prix de la "Closerie des lilas" et du "Prix des lecteurs de Club".

    Direction, le golfe de Gascogne, Kerlé, une petite bourgade de Bretagne au...
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    C'est le deuxième roman de ma compatriote Odile d'Oultremont, le premier - honte à moi - dormant toujours dans mon Himalaya à lire a été couronné du prix de la "Closerie des lilas" et du "Prix des lecteurs de Club".

    Direction, le golfe de Gascogne, Kerlé, une petite bourgade de Bretagne au bord de l'océan.

    L'océan, un personnage à part entière du roman, celui qui fait partie depuis toujours de la vie d'Anka Savidan, car c'est ici qu'elle a vu le jour il y a 23 ans. Cet océan qu'elle adore et qui la fascine changera de visage un jour de février 2017, jour où son père adoré Vladimir marin pêcheur capitaine du Baïkonour y sera englouti.

    La disparition de Vladimir chamboule la vie d'Anka mais aussi celle de sa femme Edith qui refuse la nouvelle. En plein déni, chaque jour elle confectionne des quantités de soupe et de réconfort pour les membres de la capitainerie. C'est sa façon à elle de démontrer son amour et son espérance car chaque jour, elle confectionnait un thermos de ce breuvage pour Vladimir.

    Il savait qu'en préparant ses soupes elle pensait à lui, elle savait qu'en les mangeant il pensait à elle.

    Anka est coiffeuse, elle repense à son père et à l'océan qui l'attire depuis toujours, à la première fois à l'âge de dix ans où enfin elle avait pu grimper sur le Baïkonour, sa première pêche, la première fois qu'elle avait pris la barre et manoeuvré le bateau , à la complicité et l'admiration sans borne et l'amour infini qu'elle avait pour son père Vladimir et son métier, des sentiments non partagés par Edith.

    Marcus Bogat est grutier, un des meilleurs de France. Il arrive du Sud ce 18 février 2017 à Kerlé pour un chantier qui devra durer un an et huit mois. Il s'est forgé tout seul et adore son métier et voir la vie du haut de sa tour d'acier.

    Ses parents se sont séparés lorsqu'il avait onze ans. Son père est mou, fade, porté sur le pastis, sans emploi, sans ambition. Sa mère est morte lorsqu'il avait 17 ans. C'est un solitaire, il assiste le 25 février du haut de son perchoir à l'hommage rendu à Vladimir. Il remarque Anka se rendant chaque jour au salon de coiffure, elle le fascine et il tombe amoureux de cette inconnue.

    Un jour, un accident survient, en voulant huiler les rails de sa grue, une bourrasque imprévue et le voilà suspendu les pieds dans le vide, son casque s'écrase au sol à 2 mètres d'Anka. Marcus est dans le coma.

    Deux destins que tout oppose, se croiseront-ils ?

    L'écriture de ce roman est superbe, très travaillée. Les phrases sont juste magnifiques et les mots excessivement bien choisis. La plume est fluide, agréable, captive dès les premières lignes de part la qualité de l'écriture.

    C'est l'histoire d'amours; celui de l'océan, celui d'Edith porté à son mari, celui d'Anka porté à son père, celui de Vladimir porté à sa fille, celui de Bernie pour son fils Marcus, l'amour pour une inconnue, un inconnu.., l'amour de la vie. C'est l'histoire d'une renaissance, des différentes manières de faire son deuil, de se faire confiance en soi, en la vie, d'aller au bout de ses envies.

    Un récit magnifique à découvrir bien vite. Une lecture très agréable.


    Ma note : ♥


    Les jolies phrases

    Line soupire, personne ne le remarque mais elle hausse un rien les épaules, elle veut bien faire, se sent injustement traitée, car il arrive que la hiérarchie des douleurs engendre un abus de pouvoir contre lequel elle se sent impuissante.

    De retour sur la plage, elle prend part aux chants dans un état semi-conscient, sa main coincée dans celle de Line, elle fixe le large, le hait, le défie, le conchie, l'Atlantique, son ami cher et ses cent mille moments de bonheur qui, d'un seul coup, et par la seule disparition d'un corps, devient l'ennemi contre lequel s'armer pour la guerre.

    Au salon, les semaines qui suivent la mort de Vladimir s'enfilent mollement comme des perles en bois sur un gros fil de coton, à former bientôt un collier dont Anka a le sentiment qu'il est fixé autour de son cou, l'épaisseur du cordon enflant peu à peu. Elle tente parfois de l'ôter, mais le tissu ballonne plus encore et bientôt elle manque d'air.

    Elle pose des mains sur la barre, et la serre fort. D'un coup, son coeur s'affole sous ses côtes, il lui semble que ses yeux, même fermés voient tout. L'abîme, le manquement, la débâcle. Et la reddition obligatoire. Et pour la première fois, elle pleure.

    Elle a ravalé ses sanglots, ne laisse rien paraître, elle n'est pas venue pour flancher. Elle ne veut rien dévoiler à l'ennemi. Venir le saluer avec élégance et marquer ainsi sa chute, lui signifier qu'avoir avalé son père n'a rien d'une victoire, mais que, jamais elle ne pardonnera.
    Et pourtant, par le passé, elle a tant aimé cette présence, l'addition phénoménale de ces litres d'eau en mouvement perpétuel, pérorant à l'infini d'une puissance que personne, jamais, ne contestait.
    La surface de l'océan danse comme une ballerine. Après toutes ces années, Anka est devenue, à force d'observation et de toute son attention, la spécialiste de ses chorégraphies. La mer, comme les artistes, a ses périodes : son talent et sa virtuosité se situent au point de convergence entre la puissance des flots et leur lyrisme : l'un prenant la pas sur l'autre au fil des jours.

    Enjoliver la réalité. Or chez les vieux, l'inexorable flétrissure du corps cannibalise tout, les derniers vestiges de la jeunesse surtout, et à tenter d'y revenir, surgit alors en démons faisandés l'image d'un passé qui ricane.

    La mer était sa maîtresse et y résider en solitaire demeurait son seul intérêt.

    Ainsi, elle a le sentiment que la mer est seule à lui dispenser sa fierté.

    Ce que l'on cherche dans les fonds marins, on le retrouve à la cime de tout et c'est ainsi que d'une extrémité à l'autre ondulent les mêmes mélodies.

    Personne ne ressuscite personne. Il se serait réveillé avec ou sans moi. Il n'y a pas, il n'y a jamais de miracle, il n'y a que des vivants ou des morts. Les morts on les enterre, les vivants on en prend soin.

    https://nathavh49.blogspot.com/2019/08/baikonour-odile-doultremont.html

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    Couverture du livre « Baïkonour » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    annie-france belaval sur Baïkonour de Odile D' Oultremont

    pas avant le 21 août!!
    C'est malin! J'ai complètement oublié de mettre mon avis le 21!
    Ce livre est agréable à lire et facile malgré une construction un peu complexe : deux histoires et des flash-back. Cela débute par la mort en mer d’un marin pêcheur, le père d’Anka, une jeune fille qui...
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    pas avant le 21 août!!
    C'est malin! J'ai complètement oublié de mettre mon avis le 21!
    Ce livre est agréable à lire et facile malgré une construction un peu complexe : deux histoires et des flash-back. Cela débute par la mort en mer d’un marin pêcheur, le père d’Anka, une jeune fille qui rêvait de piloter le Baïkonour, un bateau de luxe. Edith, la mère refuse d’admettre cette mort et vit dans le déni ; elle continue à préparer des soupes mises en thermos pour Vladimir et les autres matelots (on apprendra par la suite que tous jettent cette soupe à l’eau!) Les souvenirs d’enfance d’Anka resurgissent : elle exulte en mer mais Edith l’oblige à devenir coiffeuse chez Line.
    Une jolie découverte

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    Couverture du livre « Baïkonour » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    Henri-Charles Dahlem sur Baïkonour de Odile D' Oultremont

    Avec «Baïkonour» Odile d’Oultremont nous entraîne en Bretagne, en vue plongeante depuis la cabine d’un grutier. Vertigineux!

    Il y a deux ans, en découvrant son premier roman, j’écrivais «Odile d’Oultremont, retenez bien ce nom. Car il y a toutes Les Déraisons d’y croire!» Refermant son...
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    Avec «Baïkonour» Odile d’Oultremont nous entraîne en Bretagne, en vue plongeante depuis la cabine d’un grutier. Vertigineux!

    Il y a deux ans, en découvrant son premier roman, j’écrivais «Odile d’Oultremont, retenez bien ce nom. Car il y a toutes Les Déraisons d’y croire!» Refermant son second roman, je suis ravi de constater que mon intuition s’est vérifiée. La même magie opère, cette façon de se pencher sur des vies ordinaires et de nous embarquer avec des personnages très attachants.
    Nous avons cette fois rendez-vous à Kerlé, village côtier de Bretagne où Vladimir Savidan a construit une nouvelle vie. L’émigré russe est marin-pêcheur à bord du Baïkonour – ceux qui s’attendaient, en découvrant le titre du roman, à un récit sur l’épopée spatiale soviétique en seront pour leurs frais – et personnifie l’image du héros aux yeux de sa fille Anka qui ne rêve que d’accompagner son père et de prendre sa succession. Mais les rêves peuvent se transformer en cauchemar, surtout lorsque la mer est hostile. Malgré toutes ses qualités, Vladimir doit s’avouer vaincu. «Par vent fort, il disparaît à environ sept nautiques des côtes, violemment happé par une vague cannibale qu’il pensait abordable.» Pour son épouse et encore plus pour sa fille, ce drame est une épreuve difficile à surmonter. Dans le salon de coiffure où elle est employée, le caractère enjoué d’Anka cède la place à une profonde mélancolie.
    Odile d’Oultremont a très habilement construit son livre, en nous proposant en parallèle l’histoire de Marcus Bogat. On se doute d’emblée qu’il croisera la route d’Anka, mais sans à aucun moment en imaginer le scénario. Marcus vient du sud de la France où vit encore – difficilement – son père. Après son bac, il s’est offert une formation d’ouvrier de chantier à Paris, et «par nécessité viscérale de changer enfin de perspective, Marcus Bogat devint grutier.» Il a accepté une mission d’un an et huit mois à Kerlé et occupe une position privilégiée d’observateur.
    « Depuis le sommet de sa grue, c’est en contrebas qu’il scrute. Au sol, toute petite, la vie s’ébat. Il n’y a, sous ses pieds, ni chaos ni excitation, la plupart du temps, rien ne se passe, seul un mouvement perpétuel, allant et venant. Ça ressemble au train-train des vagues par temps calme, de minuscules entrechats, une multitude de pas prompts ou las sur le macadam… »
    Marcus suit Anka durant ses déplacements de son domicile à son travail, mais n’ose pas aborder la jeune fille. Au fil des jours qui passent, Anka devient pour lui une obsession qui va le pousser à négliger quelques aspects élémentaires de sécurité. Bien qu’attaché à son harnais, lorsqu’il dévisse du sommet de la grue, sa tête heurte la structure et il se retrouve comme une marionnette suspendue à un fil au-dessus du vide.
    Je l’ai dit, Odile d’Oultremont a joliment construit son scénario. Aussi, ne voulant pas vous gâcher le plaisir de découvrir comment ils vont se retrouver, je n’en dirais pas davantage. En revanche, il me faut souligner l’élégance de l’écriture, l’attention portée aux personnages, y compris ceux qui sont ici au second plan comme la mère d’Anka et le père de Marcus, sans oublier ce souffle vital qui entraîne le lecteur et lui laisse entrevoir un coin de ciel bleu. Il finit toujours par arriver, même après les plus fortes tempêtes.
    https://urlz.fr/auvP

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    Couverture du livre « Baïkonour » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    silencieuse sur Baïkonour de Odile D' Oultremont

    Baïkonour, c'est le bateau du père disparu en mer. L'histoire tourne autour de lui et de 2 femmes qui refusent à leur manière à chacune d'accepter le deuil. Et il y a le grutier qui travaille sur un chantier proche du port et qui observe depuis sa cabine la vie et la mort, en jouant son rôle...
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    Baïkonour, c'est le bateau du père disparu en mer. L'histoire tourne autour de lui et de 2 femmes qui refusent à leur manière à chacune d'accepter le deuil. Et il y a le grutier qui travaille sur un chantier proche du port et qui observe depuis sa cabine la vie et la mort, en jouant son rôle dans ce combat pour ne pas oublier.
    Un roman subtil très bien écrit.

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