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Odile D' Oultremont

Odile D' Oultremont
Scénariste et réalisatrice, Odile d'Oultremont vit entre Bruxelles et Paris. Les Déraisons est son premier roman.

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Avis sur cet auteur (42)

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    Couverture du livre « Les déraisons » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    Amandine Cirez sur Les déraisons de Odile D' Oultremont

    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/03/les-deraisons-de-odile-doultremont.html

    Faites entrer l’accusé. Adrien. Cet homme discret a perçu durant un an un salaire alors même qu’il ne se rendait plus au bureau. Comment est-ce possible ?
    Pour le savoir il faut avancer, tourner les...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/03/les-deraisons-de-odile-doultremont.html

    Faites entrer l’accusé. Adrien. Cet homme discret a perçu durant un an un salaire alors même qu’il ne se rendait plus au bureau. Comment est-ce possible ?
    Pour le savoir il faut avancer, tourner les pages. Découvrir Louise, et Adrien. Leur rencontre, l’aventure d’une vie.

    Alors qu’il doit prévenir, d’un discours bien rodé, les habitants du quartier qu’une coupure d’eau va avoir lieu, Adrien sonne chez Louise. Un curieux bout de femme haut en couleur, bien loin de réagir comme l’ensemble des autres voisins. Il aurait pu prendre peur face à cette femme déconcertante. Il aurait pu la prendre pour folle. Il aurait pu oui mais il a préféré l’aimer. Car Louise a instantanément remis de la couleur dans le quotidien terne d’Adrien.
    Lumineuse, colorée, Louise danse avec Le-Chat (son chien) au son d’Aretha Franklin. Elle promène ses pinceaux sur des toiles vierges. Elle ajoute une pointe de colorant dans son dentifrice pour mieux faire passer le rituel du brossage. Elle choisit une voyelle par jour comme une ponctuation de fin de phrase. Elle invente pour embellir le monde. Le sien, le leur. Par touches de fantaisie.
    Louise, tableau lumineux, abstrait mais vers lequel nous sommes irrémédiablement attirés. Un tableau tout en nuance, de bleu, de vert, de rouge, de jaune. De vie !

    Il la quitte chaque jour pour se rendre dans cette grande entreprise en restructuration où le bon petit soldat devient peu à peu un numéro. Invisible. Les déraisons de l’entreprise. Alors le jour où la toux de Louise se fait de plus en plus inquiétante, il l’accompagne chez le médecin. Une première fois, puis une seconde. Puis à chaque rendez-vous. Les poumons de Louise sont mal en point. Ne tournons pas autour du pot, c’est le cancer qui grignote. Vicieux. Pourri.
    Alors pour ne pas flancher, pour ne pas que la peur et la peine aient raison d’eux, même si les jambes flanchent, Louise continue de peindre coûte que coûte et Adrien invente à son tour une bulle colorée. Pour un sourire. Celui de Louise. Sa douce folie s’immisce en lui, comme une reprise de flambeau. Une preuve d’amour. La plus belle, la plus juste. La plus puissante. Sans mot, juste le faire, comme une promesse qui signifierait « ne t’inquiète pas mon amour, je suis là, je t’ai entendue. ». La folie douce comme rempart contre la maladie. Jusqu’au bout.


    Publié par L'ivresse littéraire mars 06, 2018
    LES DÉRAISONS DE ODILE D’OULTREMONT : COLORE EN BLEU DE CIEL
    Les déraisons
    Paru aux éditions de L'Observatoire - 224 pages

    On m'avait prévenue, on m'avait dit que je l'aimerais ce roman, que j'y retrouverais cette fantaisie qui me plait, que je succomberais à Louise. On m'avait prévenue mais quand même ...

    Faites entrer l’accusé. Adrien. Cet homme discret a perçu durant un an un salaire alors même qu’il ne se rendait plus au bureau. Comment est-ce possible ?
    Pour le savoir il faut avancer, tourner les pages. Découvrir Louise, et Adrien. Leur rencontre, l’aventure d’une vie.

    “ Peu importe où ça la mènerait. Elle ne se souciait pas de la minute qui suivait, mais du moment, de l'exacte seconde où les choses se situaient. « Être là », c'était sa came, sa défonce, son jus viscéral. ”
    Alors qu’il doit prévenir, d’un discours bien rodé, les habitants du quartier qu’une coupure d’eau va avoir lieu, Adrien sonne chez Louise. Un curieux bout de femme haut en couleur, bien loin de réagir comme l’ensemble des autres voisins. Il aurait pu prendre peur face à cette femme déconcertante. Il aurait pu la prendre pour folle. Il aurait pu oui mais il a préféré l’aimer. Car Louise a instantanément remis de la couleur dans le quotidien terne d’Adrien.
    Lumineuse, colorée, Louise danse avec Le-Chat (son chien) au son d’Aretha Franklin. Elle promène ses pinceaux sur des toiles vierges. Elle ajoute une pointe de colorant dans son dentifrice pour mieux faire passer le rituel du brossage. Elle choisit une voyelle par jour comme une ponctuation de fin de phrase. Elle invente pour embellir le monde. Le sien, le leur. Par touches de fantaisie.
    Louise, tableau lumineux, abstrait mais vers lequel nous sommes irrémédiablement attirés. Un tableau tout en nuance, de bleu, de vert, de rouge, de jaune. De vie !

    Il la quitte chaque jour pour se rendre dans cette grande entreprise en restructuration où le bon petit soldat devient peu à peu un numéro. Invisible. Les déraisons de l’entreprise. Alors le jour où la toux de Louise se fait de plus en plus inquiétante, il l’accompagne chez le médecin. Une première fois, puis une seconde. Puis à chaque rendez-vous. Les poumons de Louise sont mal en point. Ne tournons pas autour du pot, c’est le cancer qui grignote. Vicieux. Pourri.
    Alors pour ne pas flancher, pour ne pas que la peur et la peine aient raison d’eux, même si les jambes flanchent, Louise continue de peindre coûte que coûte et Adrien invente à son tour une bulle colorée. Pour un sourire. Celui de Louise. Sa douce folie s’immisce en lui, comme une reprise de flambeau. Une preuve d’amour. La plus belle, la plus juste. La plus puissante. Sans mot, juste le faire, comme une promesse qui signifierait « ne t’inquiète pas mon amour, je suis là, je t’ai entendue. ». La folie douce comme rempart contre la maladie. Jusqu’au bout.
    “ - Qu'est-ce que tu fais ?
    Le plus naturellement du monde, elle désigna le flacon.
    - Mon chéri, je te présente Docetaxel. Docetaxel, voici mon mari, Adrien.
    - Salut, Docetaxel.
    - C'est lui qui est chargé de dégommer mes Honey Pops.
    - Bien. On compte sur vous...
    - Tu peux le tutoyer, tu sais. ”

    Et puis le tribunal, parce qu’il a déserté, par amour. Petit soldat, pantin, relégué au placard dont personne ne se souciait. Mais vous comprenez, il a triché. Même par amour.
    En lisant ces déraisons – celles du monde et de l’Homme – on est piqué au vif. Même là la critique sociale est douce, et colorée. Et ces êtres un peu dingues dansent autour de ce monde délavé.

    En lisant ces déraisons - celles qui caractérisent Louise et Adrien - cette folie de vivre en arc-en-ciel, d’aimer fantasque, sans lois, sans limite, sans se soucier des règles, des ordonnances, des diktats, de ce que la société autorise ou non, sans se soucier des autres, irrémédiablement j’ai pensé à lui. A cette chanson, à ces paroles. Peut-être trouverez-vous cela un peu niais, peut-être mais qu’importe. C’est à Brel que j’ai pensé. Quand on n’a que l’amour / Mon amour toi et moi / Pour qu’éclatent de joie / Chaque heure et chaque jour … Quand on n’a que l’amour / Pour vivre nos promesses / Sans nulle autre richesse / Que d’y croire toujours. Je les voyais danser. Je voyais Louise virevolter, ses petites fleurs dessinées sur son crâne nu se mouvoir au même rythme. J’avais envie de lever mon verre, à eux, parce que c’était fou oui mais beau. La folie essentielle pour vivre et rendre vivant. La beauté enchanteresse d’un amour inconditionnel.

    Mais aussi la beauté enchanteresse d’une écriture, qui tournoie, qui avec notre langue est capable de d’inventer un autre langage. Kaléidoscope d’émotions suscité par la poésie et la fantaisie d’une langue éclatante. Les mots dansent le cha-cha-cha dans un univers singulier qui n’appartient qu’à Odile d’Oultremont. Et à nous lecteur, le temps de 210 pages.

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    Couverture du livre « Les déraisons » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    Héloïse Goy sur Les déraisons de Odile D' Oultremont

    Quel joli livre ! Sa poésie m'a bercée de la première à la dernière page. L'écriture est percutante et gracieuse et les personnages infiniment attachants.

    Adrien est fou amoureux de Louise, sa femme étourdissante de gaieté. Mais Louise tombe gravement malade et Adrien est mis au placard dans...
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    Quel joli livre ! Sa poésie m'a bercée de la première à la dernière page. L'écriture est percutante et gracieuse et les personnages infiniment attachants.

    Adrien est fou amoureux de Louise, sa femme étourdissante de gaieté. Mais Louise tombe gravement malade et Adrien est mis au placard dans son entreprise. Bien décidé à s'occuper de sa femme, il décide de ne plus du tout se rendre au travail, et personne ne s'en aperçoit. Comment concilier la vie professionnelle avec les drames de la vie privée?

    Avec un grain de folie furieusement joyeuse qui rappelle l’Ecume des jours de Boris Vian et une pointe de drame qui ressemble à du Olivier Bourdeaut (En attendant Bonjangles), Odile d'Oultremont m'a fait passer un magnifique moment de lecture.

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    Couverture du livre « Les déraisons » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    Bouteloup Charlotte sur Les déraisons de Odile D' Oultremont

    Adrien. Louise.
    Deux électrons que tout oppose.
    D’un côté une douce folie.
    De l’autre, un homme effacé.
    Un matricule oublié.
    Écrasé par la machine.

    « Le procès »,
    En lisant le livre d’Odile,
    Des images Kafkaïennes me viennent.
    La solitude de l’homme…

    Je les lis ces personnages.
    Je...
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    Adrien. Louise.
    Deux électrons que tout oppose.
    D’un côté une douce folie.
    De l’autre, un homme effacé.
    Un matricule oublié.
    Écrasé par la machine.

    « Le procès »,
    En lisant le livre d’Odile,
    Des images Kafkaïennes me viennent.
    La solitude de l’homme…

    Je les lis ces personnages.
    Je leur résiste.
    Se teindre les dents,
    Tout ce chaos désordonné…
    Il arrive que l’esprit refuse
    Par peur de ce qu’il va trouver.

    Et puis se lier.

    Parfois rire c’est braver.
    Lever le nez et se rebeller.
    La maladie. Le système.
    S’en foutre !
    Mentir à la vie.
    Trainer des pieds.
    Se lever !
    Refuser d’accepter.

    On ne nous apprend pas la liberté
    À être là, à exister.
    Ne pas se soucier de l’ordre des secondes
    Les déranger
    Leur faire croire qu’elles sont des heures
    Perdre la boussole.

    Que la joie soit !
    Que la vie nous précipite
    Sauter ensemble
    Quitte à tout perdre.

    Il y a des voyages que l’on entreprend qu’à deux
    « Seule avec son fouillis, à la longue, elle ne tiendrait pas. Il lui fallait quelqu’un qui sache accueillir son désordre, le reconnaître, l’apprivoiser et, par la même, lui donner corps. »

    Et si l’on réinventait tout ?!

    « Adrien était le mécène de la planète Louise, grasse et vitale, il la polissait, la coiffait, lui injectait des vitamines, la labourait et la désinfectait, et, pour la protéger, il avait constitué une armée robuste. Dont il était le seul soldat. »

    Des gâteaux compotes
    Des verts très rouges

    « J’ai épousé la fille de Dalí et Pol Pot »

    Il y a les lâches, les déserteurs
    L’odeur de la mort
    Celle que l’on refuse de nommer
    La regarder, c’est mourir un peu.
    Puis il y a Adrien.
    Déguiser la maladie de couleurs
    Il est prêt.
    Mourir ensemble, un petit peu.
    Être juste à côté
    La regarder. Là. S’envoler.
    Quand soi, on n’a déjà plus pied.

    Réinventer les langues
    Résister tant que le sang coule encore
    Tout renverser, chambouler.
    Puis vouloir que tout soit normal
    Se réfugier…

    « Il fallait bien laisser sa vie s’écouler jusqu’au bout, ça prenait du temps de mourir, ce n’était pas simple de faire vite, que croyait-il ? »

    Un bateau ivre cet amour.
    Un amour fou.
    Une funambule sur le fil,

    Et cet Adrien,
    Le cœur en tumeur.

    « L’amour est la langue secrète d’une minuscule communauté où l’on réside seul la plupart du temps. »

    Je referme ce livre.
    Et des mots me viennent :
    L’amour est un naufrage.
    Insubmersible.
    Il endure tout.

    Mon avis :

    Un joli récit qui apprivoise la maladie, lui porte un regard que l’on ose rarement poser.
    J’ai beaucoup résisté à cette lecture au début.
    Mon cœur se serrait de savoir que Louise mourrait quoi que je lise, quel que soit le contenu de ses pages qui viendraient.
    Je trouvais Louise trop fantasque. Adrien trop effacé, méprisé.
    Je crois que j’étais en colère au fond que Louise refuse de prendre cette bataille au sérieux.
    J’avais juste envie qu’elle vive encore un peu.
    Finalement en pensant ça, je devenais moi-même ce système, cette raison. Que le livre condamne.
    C’est parfois difficile de se laisser faire sur de tels sujets. Nous sommes tous touchés.
    Nous avons tous perdu un être, ou nous le redoutons plus que tout.
    Et pourtant l’auteur réussi un véritable tour de force. Une écriture qui s’autorise tout.
    Une poésie qui n’essaie pas de ressembler aux autres.
    Des personnages hauts en symbolique.
    Le juge.
    Et cette petite Madame Bénurin dont je garde cette phrase et dont je ne vous dirai rien :

    « Mais un mari qui part c’est plusieurs êtres qui s’en vont. »

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    Couverture du livre « Les déraisons » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire

    Sophie Gauthier sur Les déraisons de Odile D' Oultremont

    "Hâte-toi de transmettre
    ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance"
    Ces mots de René Char me paraissent particulièrement correspondre à ma lecture du roman d'Odile D'Oultremont. Cette "part de merveilleux" c'est ce que Louise a transmis à Adrien et lui a appris à chercher sans...
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    "Hâte-toi de transmettre
    ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance"
    Ces mots de René Char me paraissent particulièrement correspondre à ma lecture du roman d'Odile D'Oultremont. Cette "part de merveilleux" c'est ce que Louise a transmis à Adrien et lui a appris à chercher sans relâche, lui qui n'était qu'une miette de vie abandonnée parmi les autres. Et c'est cette part qui le maintient debout alors qu'on le juge pour avoir indûment perçu un salaire de la société qui l'employait. Relégué dans un placard, Adrien a préféré s'abstenir d'une présence que de toutes façons personne, dans son entreprise, ne remarquait, pour rester près de sa femme aux poumons "perforés". Au tribunal, sa présence est tout aussi ondoyante : si son corps est bien assis dans le box des accusés, sa pensée s'échappe pour parcourir le territoire des souvenirs ou pour s'étonner des discours du président et des avocats. Dans les mots, comme dans les actes, comme sur les visages et les corps, Louise lui a appris a discerner les échancrures où viennent se faufiler la fantaisie et la poésie. Louise lui a appris le choix de l'émerveillement.

    Et l'écriture d'Odile d'Oultremont transmet à son tour cette faculté à faire vibrer le réel de mille tressaillements sans cesse réinventés. Elle sait exprimer la clarté joyeuse du bel amour fou tout en la nuançant imperceptiblement de sombre. Et, au gré de ces mots qui papillonnent de jour et de nuit, de ces phrases qui découpent avec brusquerie les instants ou qui les prolongent dans des images chatoyantes, les émotions s'entrechoquent, se percutent, se superposent et s'enchaînent finalement dans le juste reflet de ce qu'est la vie. La lecture donne une impression de légèreté impalpable, de délicatesse dentellière et, exactement dans le même temps, de densité dramatique poignante.
    Ce roman m'a littéralement et littérairement.... enchantée !

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