Nicolas Bouvier

Nicolas Bouvier

Nicolas Bouvier est un écrivain, photographe, iconographe et voyageur suisse, né le 6 mars 1929 au Grand-Lancy et mort le 17 février 1998 à Genève.

Avis (9)

  • Couverture du livre « Journal d'Aran et d'autres lieux » de Nicolas Bouvier aux éditions Payot

    NADIA D'ANTONIO sur Journal d'Aran et d'autres lieux de Nicolas Bouvier

    En ressortant « Journal d’Aran et autres lieux » de ma bibliothèque, je savais que je serais encore enchantée par ce livre de Nicolas Bouvier, grand écrivain-voyageur.
    D’autant plus enchantée car Aran = Irlande, pays où j’ai eu l’occasion de me rendre deux fois, que j’ai adoré et qui m’a...
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    En ressortant « Journal d’Aran et autres lieux » de ma bibliothèque, je savais que je serais encore enchantée par ce livre de Nicolas Bouvier, grand écrivain-voyageur.
    D’autant plus enchantée car Aran = Irlande, pays où j’ai eu l’occasion de me rendre deux fois, que j’ai adoré et qui m’a enchantée. Je ne pense pas me tromper en disant que l’on peut en tomber amoureux (amoureuse dans mon cas). Celle que l’on nomme également «Île d’Émeraude », partagée entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, fourmille de magnifiques paysages, de légendes (que l’on vous fait passer pour vraies) et offre un accueil chaleureux.

    Ce n’est pas étonnant que Nicolas Bouvier y soit allé. D’ailleurs il écrit en page 37 :
    « Aucune histoire d’Irlande n’explique ce qui a bien pu conduire des Celtes, plusieurs siècles avant Jésus-Christ, à s’installer sur ces îles extrêmes, ventées, séparées par des bras de mer dangereux et qui se présentaient alors comme d’immenses dalles rocheuses absolument nues descendant en pente douce des falaises de l’Ouest vers les criques abritées qui font face à la baie de Galway. Les vastes amphithéâtres de pierre sèche qui s’y trouvent, édifiés bien avant l’ère chrétienne et qu’on désigne – à tort – par le nom de forts (dunn en gaélique), suggèrent une population presque aussi importante que celle d’aujourd’hui. » Il y consacre la plus grande partie de son ouvrage, divisé en trois grands chapitres :
    Journal d’Aran – Les chemins du Halla-san ou The old shittrack-again – Xian.

    * Les îles d’Aran sont formées de trois îles rocheuses : Inis Mór - Inis Meáin et Inis Oírr. Leur caractéristique est d’avoir un paysage entrecoupé de murets de pierre.
    Ces îles se trouvant à l’embouchure de la baie de Galway, sont connues pour leurs sites anciens et sont considérées comme des « joyaux de l’Irlande authentique ». Elles représentent également l’Ouest sauvage de l’Irlande.

    Dans le cas de Nicolas, c’est son père qui l’ a encouragé à voyager et il ne va pas le faire avec toute la logistique actuelle. Il part simplement équipé , avec « un seul » livre et va à la rencontre de personnages authentiques. Il nous communique son admiration des paysages parcourus - on ressent le vent terrible (d’ailleurs, fiévreux, il se demande ce qu’il fabrique dans cet endroit oublié du monde) – mais il nous raconte aussi la chaleur des habitants – son admiration devant des troupeaux de moutons, un énorme cheval blanc… Autrement dit, le lecteur est lui aussi conquis et accompagne le héros en tombant également amoureux de ce coin perdu.

    J’ai vraiment apprécié d’y retrouver des lieux que j’avais eu la chance d’admirer au point d’en ramener une grande quantité de photographies. On n’en parle pas dans le livre mais j’y avais fait découvert « des vaches-pandas ». Étonnant à voir et c’est véridique !
    Il ne faut pas oublier non plus, sur la terre ferme, le Connemara (où le ciel moutonne) près de Galway avec ses légendaires poneys et la célèbre chanson que l’on vous fait chanter (bien volontiers) en le traversant.

    On connaît aussi Nicolas Bouvier pour ne pas voyager dans des lieux tranquilles. Il utilise de nombreuses métaphores mais il intègre de la poésie, beaucoup d’humour. Ce voyage en Irlande est magnifique et ne peut pas s’oublier, surtout quand l’a déjà vu.

    * Ensuite, il passe à la partie : « Les chemins de Halla-san ou The old shittrack-again ». Il y raconte son ascension du volcan Halla-san sur l’île coréenne de Chedju. Ce volcan domine la Corée du Sud et l’auteur avait déjà écrit un livre « Les chemins de Halla-san », expédition qu’il avait effectuée avec son épouse. Mais ici, il nous livre une petite partie de ce périple qui représente tout de même une longue randonnée et une grande expérience personnelle. Il n’oublie pas d’y faire mention de quelques personnages pittoresques rencontrés, dont l’un luit dit, avec malice : « « Garde l’œil sur ton sac, planque ton fric, et regarde où tu poses les pieds. Ce n’est plus le Japon, it’s the old shittrack-again » (Retour à la vieille piste de merde). On verra bien. » (page 99) et cela a d’ailleurs donné le titre du chapitre consacré.

    * Quant à la dernière partie : « Xian » , (en chinois : 西安, littéralement « pays de l’ouest »), dont la capitale est EFEO, Si-ngan-fou. C’est une ville dont l’histoire remonte a plus de 3.100 ans. Elle est célèbre notamment pour son armée de terre cuite, ou armée d’argile, qui représente environ huit mille statues de soldats et chevaux en terre cuite, représentant les troupes de Qin Shi Huang, premier empereur de Chine.
    Dans cette dernière partie, il est surtout question de rudesse, de dénuement.

    Au final, on a, une fois de plus, un livre totalement dépaysant, un journal de bord bien fourni, enrichissant, captivant et qui nous fait admirer un explorateur qui va au-delà de lui-même tout en racontant sans utiliser de longues phrases tarabiscotées. Il nous décrit simplement son ressenti, son humeur, ses douleurs et ses joies, les mœurs et coutumes des peuples croisés au hasard de ses pérégrinations. Nul besoin de « trop en faire » pour avoir un récit très beau et très humain.

    Il me reste encore quelques livres de Nicolas et je ne manquerai pas de les lire avec autant d’enthousiasme. Peut-être que ce sera « Chronique japonaise » ? Le choix ne manque pas et c’est tant mieux.

  • Couverture du livre « L'usage du monde » de Nicolas Bouvier aux éditions La Decouverte

    Emmanuelle matoussowsky sur L'usage du monde de Nicolas Bouvier

    8000km dans les cahots d'une Fiat Topolino, de Belgrade à la Khyber Pass, en passant par la Macédoine, la Turquie, l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan : c'est le défi que relevèrent en 1954 Nicolas Bouvier et Thierry Vernet avant de restituer cette folle aventure dans L'usage du monde,...
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    8000km dans les cahots d'une Fiat Topolino, de Belgrade à la Khyber Pass, en passant par la Macédoine, la Turquie, l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan : c'est le défi que relevèrent en 1954 Nicolas Bouvier et Thierry Vernet avant de restituer cette folle aventure dans L'usage du monde, merveilleuse épopée poétique et philosophique.
    Certains voyageurs partent en Asie ou en Amérique du Sud, caméra autour du cou , au pas de course et dans les pas d'un guide avec la satisfaction béate de pouvoir raconter plus tard avoir « fait » la Thaïlande ou le Brésil ; et de résumer que finalement « on a bien mangé, mais rien ne vaut la cuisine de chez nous ! »… Foin de ce genre de touristes : lorsque Nicolas Bouvier et Thierry Vernet se mettent au volant de leur voiture à Belgrade, ils partent avec l'enthousiasme de jeunes gens : ils ont 24 ans et dix-huit mois devant eux, ils ne recherchent ni l'exotisme ni l'exploit, ils partent avec un accordéon, une guitare et un enregistreur, avec l'intention de gagner un peu d'argent pour subvenir à leurs besoins et surtout l'envie de découvrir, les paysages comme leurs habitants.
    8000km au travers de routes non asphaltées, de déserts ou de lacets de montagne défoncés supposent une bonne connaissance de la mécanique bien sur mais aussi une bonne aptitude à lier connaissance, à rencontrer et à faire confiance aux habitants qu'ils devront inévitablement solliciter pour dépanner ou porter leur voiture perpétuellement en panne, et qu'ils vont d'ailleurs plus souvent pousser que conduire.
    S'ensuivent dix-huit mois d'un voyage joyeux qui s'apparente parfois à l'errance, parfois à la survie, dans des régions montagneuses ou désertiques, voire mal famées.
    Le récit de Nicolas Bouvier restitue avec une grande érudition et une précision d'orfèvre les contrées que traversent les deux compères et sa plume poétique et pleine d'humour témoigne de la tendresse qu'il éprouve pour tous les personnages improbables dont ils croisent la route.
    Pour avoir arpenté quelques régions du globe un peu de la même façon, j'ai ressenti un peu de mélancolie à l'idée de ce voyage que plus personne ne fera. Alors bien sûr, lorsqu'on ferme ce livre, on n'a qu'une envie, faire son baluchon et sauter dans une Fiat… mais entre temps, certaines parties du monde se sont disloquées et recomposées, l'Iran n'est plus le même et l'Afghanistan… encore moins !

  • Couverture du livre « L'usage du monde » de Nicolas Bouvier aux éditions La Decouverte

    Rémi Paolozzi sur L'usage du monde de Nicolas Bouvier

    C'est certainement l'un des livres majeurs d'un genre littéraire que l'on appelle les écrivains-voyageurs si tant est que cela soit un genre. Nicolas Bouvier y relate son voyage fait dans les années 50 en partant de l'ex-Yougoslavie pour aller en Inde en passant par la Turquie, l'Iran, le...
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    C'est certainement l'un des livres majeurs d'un genre littéraire que l'on appelle les écrivains-voyageurs si tant est que cela soit un genre. Nicolas Bouvier y relate son voyage fait dans les années 50 en partant de l'ex-Yougoslavie pour aller en Inde en passant par la Turquie, l'Iran, le Pakistan l'Afghanistan. Deux choses m'ont séduit dans ce livre: le style qui confine souvent à la poésie et qui donne de la douceur à ce récit de voyage malgré l'âpreté des pays traversés. La seconde chose est qu'il nous donne l'image de pays dont on parle souvent dans l'actualité et pas toujours en bien. Et la on y découvre un tout autre visage. Un visage qui nous donne envie d'aller voir. Certes ce voyage à été réalise il y a plus de 50 ans. Certes, Les temps ont changé mais pas l'humanité. A lire, a relire, à découvrir, qu'on aime ou non les voyages ou l'Asie centrale.

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