Nathaniel Hawthorne

Nathaniel Hawthorne
Issu d'une famille puritaine implantée à Salem, Nathaniel Hawthorne (1804-1864) est très tôt orphelin de père. Elevé par une mère que son veuvage a rendu austère, il grandit loin du monde. Ses premières tentatives littéraires sont des échecs et il lui faut attendre 1850 et le succès de La Lettre ... Voir plus
Issu d'une famille puritaine implantée à Salem, Nathaniel Hawthorne (1804-1864) est très tôt orphelin de père. Elevé par une mère que son veuvage a rendu austère, il grandit loin du monde. Ses premières tentatives littéraires sont des échecs et il lui faut attendre 1850 et le succès de La Lettre écarlate pour être consacré. Suivront des chefs-d'oeuvre tels que La Maison aux sept pignons en 1851 ou Le Livre des merveilles l'année suivante. Il est en outre l'auteur de nombreuses nouvelles. Maître américain du « gothique provincial », son traitement de la condition humaine et son analyse de la société puritaine font d'Hawthorne l'un des plus grands auteurs de la littérature américaine.

Avis sur cet auteur (5)

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    Couverture du livre « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne aux éditions Gallimard

    Les Lectures de Cannetille sur La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne

    Nous sommes en 1642. Alors que son mari est porté disparu, Hesther est mise au pilori pour adultère et condamnée par la communauté puritaine de Boston, outre à la prison et à l’exil aux marges de la ville, à porter en permanence la marque infamante de sa faute, une grande lettre A rouge. De son...
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    Nous sommes en 1642. Alors que son mari est porté disparu, Hesther est mise au pilori pour adultère et condamnée par la communauté puritaine de Boston, outre à la prison et à l’exil aux marges de la ville, à porter en permanence la marque infamante de sa faute, une grande lettre A rouge. De son crime naîtra une petite fille, Pearl, dont Hesther refusera obstinément de dénoncer le père. Secrètement rongé par la lâcheté et la culpabilité, celui-ci n’en continuera pas moins une existence de notable respecté, pourtant soumise à son insu à la vindicte soupçonneuse et vengeresse du mari d’Hesther, discrètement réapparu sous une nouvelle identité.

    Un des premiers romans de la littérature américaine, ce virulent pamphlet contre l’hypocrisie du puritanisme fit grand bruit à sa parution en 1850. L’auteur y règle en quelque sorte un compte avec sa propre famille, ses ancêtres eux-mêmes puritains ayant pris part à la chasse aux sorcières de Salem en 1692. Le roman commence d’ailleurs par un prologue en partie auto-biographique, qui a pour effet de donner un vernis d’authenticité à l’histoire inventée qui va suivre.

    L’intrigue s’avère assez transparente, l’amant étant très vite identifiable par le lecteur. Toute la finalité du récit réside dans la symbolique des personnages : Pearl, farfadet moqueur, insaisissable et maléfique, est l’image-même de la faute si réprouvée par la loi puritaine. Face à elle, Hesther, couverte d’opprobre, s’avère la plus chrétienne dans ses comportements et se rachète par sa charité envers les plus faibles, tandis que les membres de la communauté jugés les plus moralement dignes cachent des travers que personne ne sait voir.

    Le style, souvent ampoulé, alourdi des commentaires de l’auteur sur les personnages et l’intrigue comme s’il craignait de ne pas être suffisamment compris, encombré de répétitions et de longueurs, est quand à lui extrêmement daté. L’insistance à illustrer toujours les mêmes traits des protagonistes finit d’ailleurs par en rendre certains parfaitement horripilants, tel le pasteur Arthur Dimmesdale dans son auto-flagellation lâche et complaisante.

    La lecture reste néanmoins facile et agréable, et revêt une dimension historique et sociale qui n’a pas érigé pour rien cette œuvre au rang des classiques de la littérature. Si elle peut paraître surannée sur la forme, son fond est hélas toujours d’actualité, dans certains lieux et milieux où le dogme religieux sert toujours à couvrir de bien grandes hypocrisies morales.

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    Couverture du livre « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne aux éditions Gallimard

    Ba sur La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne

    Le grand-père de Nathaniel Hawthorne a participé au procès de Salem ..Nathaniel s'est toujours senti responsable et redevable.son œuvre est rongée par la culpabilité..ce roman traite de l'ostracisme, de l'honneur gardé quelqu'en soit les conséquences, des apparences trompeuses, d'un.puritanisme...
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    Le grand-père de Nathaniel Hawthorne a participé au procès de Salem ..Nathaniel s'est toujours senti responsable et redevable.son œuvre est rongée par la culpabilité..ce roman traite de l'ostracisme, de l'honneur gardé quelqu'en soit les conséquences, des apparences trompeuses, d'un.puritanisme intransigeant...il nous rappelle la Metamorphose de Kafka et du rejet que l'on subit par la différence

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    Couverture du livre « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne aux éditions Gallimard

    Anneja sur La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne

    Dans la société bostonienne puritaine du 17ème siècle, Hesther Prynne est condamnée par le tribunal de la moralité à porter, bien visible de tous, une broderie figurant la lettre A sur sa poitrine. Autrement dit, cette femme est vouée à l'indignité publique pour avoir commis le péché d'adultère....
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    Dans la société bostonienne puritaine du 17ème siècle, Hesther Prynne est condamnée par le tribunal de la moralité à porter, bien visible de tous, une broderie figurant la lettre A sur sa poitrine. Autrement dit, cette femme est vouée à l'indignité publique pour avoir commis le péché d'adultère. La Lettre écarlate est le roman emblématique sur le puritanisme américain. Ce roman est tout à la fois le roman de la dignité d'une femme qui accepte silencieusement son injuste fardeau, de l'hypocrisie religieuse puisque l'enfant adultérin est le fruit d'une relation entre Hester et le pasteur Dimmesdale, et d'un impossible pardon puisque Hester est condamnée à porter la marque de l'infamie pour toujours quand bien même sa pureté d'âme aurait été reconnu de tous.

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    Couverture du livre « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne

    1650 - Boston, dans une société puritaine, Hester Prynne, se voit marquer non pas au fer rouge mais à pire finalement. Elle devra porter la lettre A en rouge, bien visible sur ses vêtements, car elle a mis au monde une enfant Perle, alors que son mari a disparu et ne veut révéler le nom du...
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    1650 - Boston, dans une société puritaine, Hester Prynne, se voit marquer non pas au fer rouge mais à pire finalement. Elle devra porter la lettre A en rouge, bien visible sur ses vêtements, car elle a mis au monde une enfant Perle, alors que son mari a disparu et ne veut révéler le nom du géniteur.

    A travers cette histoire, l'auteur dénonce l'hypocrisie et le puritanisme d'une certaine société, soi-disant bien pensante, réglant peut être ses comptes avec sa propre famille, son grand-père ayant été un des juges assesseurs du célèbre procès des Sorcières de Salem (si vous ne connaissez pas je vous mets le lien ICI).

    Hester va faire de cette marque d'infamie un objet artistique : elle va la broder de façon remarquable, elle la portera comme on porte un emblème, en faisant une sorte de force.  Sa fille, Perle, jolie, vive deviendra sa seule richesse et au lieu de se cacher ou de vivre dans la honte, elle décide de rester au sein de la communauté qui l'a condamnée.

    Depuis des années, elle considérait de ce point de vue spécial les institutions humaines et tout ce que les prêtres et les législateurs avaient établi, exerçant sa critique sans plus de respect que l'Indien n'en ressentait à l'égard du rabat du prêtre, de la robe du juge, du pilori, de la potence ou de l'église. Le sort qu'on lui avait imposé l'avait libérée. La lettre écarlate était un passeport pour les régions où les autres femmes n'osaient pas s'aventurer. Le honte, le désespoir, la solitude, tels avaient été ses instructeurs, rébarbatifs et sévères ; et ils l'avaient faite forte, mais sans discernement. (p160)

    Dans une introduction assez longue, le Directeur du Bureau des Douanes (mais on peut penser que Nathaniel Hawthorne s'est glissé dans la peau de ce personnage),  plante le décor, les mentalités, les circonstances de la découverte d'un manuscrit relatant les faits  dont il se fait le porteur ainsi que d'un morceau d'étoffe rouge portant la lettre A..... 

    Hester est une femme d'une immense force morale, n'évitant aucun regard ni affront. Elle assume totalement ses actes, ne regrette rien et reste silencieuse sur sa liaison. Elle est une héroïne intemporelle, son histoire peut s'appliquer à toute société à œillères, mal pensante et repliée sur elle-même,  associant tout acte au satanisme,  omniprésent. Les personnages masculins sont plus ambigus, faibles et troubles. L'un, le révérend Arthur Dimmesdale, apparaît comme fragile,  tourmenté et faible et le médecin Roger Chillingworth, est lui un être fourbe et manipulateur.

    Certain ne porte pas l'infamie visible mais l'endure comme un fardeau invisible. Est-il plus facile de vivre au grand jour en assumant ses fautes (si faute il y a) que de vivre libre mais portant le poids de la culpabilité ? 

    Tu ne peux pas te rendre compte, Hester, du soulagement que j'éprouve (...) à regarder des yeux qui me voient tel que je suis. Si j'avais un seul ami - serait-ce même un ennemi cruel - vers qui je puisse me tourner chaque jour, lorsque je suis écœuré des louanges qu'on me donne, et qui me reconnaisse comme le plus méprisable des pêcheurs, il me semble que mon âme en serait revivifiée. Ce peu de vérité me sauverait. Mais, hélas ! il n'y a autour de moi que fausseté, vide et mort ! (p153)

    Pamphlet sur une société puritaine, intégriste qui juge, condamne, hypocrite n'hésitant pas à  bénéficier du don d'Hester pour la couture et la broderie, faisant appel à elle même au plus haut degré mais  lui rappelant à tout moment, comme la lettre écarlate, son "crime".

    Ce roman connut un grand succès dès sa sortie, l'auteur réglant peut-être lui-même ses comptes avec le passé de sa famille et l'on y trouve les thèmes de la vengeance et des remords qui en font un récit à multiples tiroirs, avec des secrets, des révélations et des rebondissements.

    J'ai pris du plaisir à cette lecture qui peut encore malheureusement trouver un écho dans nos sociétés modernes, malgré une écriture un peu datée, belle mais parfois ampoulée, pompeuse. L'auteur en fait une réflexion sur le comportement humain, sur l'amour et la haine.

    N'est-il pas curieux qu'on puisse se demander, lorsqu'on se donne la peine de réfléchir, si la haine et l'amour ne sont pas la même chose au fond ? L'un et l'autre sentiment supposent un degré avancé d'intimité et de connaissance du cœur. L'un et l'autre font dépendre n individu d'une autre personne pour sa vie émotive. L'un et l'autre laissent dans la désolation celui qui aime ou hait ardemment lorsqu'il perd l'objet de son amour ou de sa haine. (p213)