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Morgan Audic

Morgan Audic

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Avis sur cet auteur (27)

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    Couverture du livre « De bonnes raisons de mourir » de Morgan Audic aux éditions Albin Michel

    Root sur De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic

    « Inutile de s’en faire toute une histoire. Je te parie qu’il s’agit d’un touriste qui a fait une crise cardiaque, ou d’un vieil ivrogne tombé d’un balcon. Ça sera réglé en moins de deux. Pas la peine d’imaginer le pire. »

    Capitaine Joseph Melnyk, complètement dans l’erreur.



    Pripiat,...
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    « Inutile de s’en faire toute une histoire. Je te parie qu’il s’agit d’un touriste qui a fait une crise cardiaque, ou d’un vieil ivrogne tombé d’un balcon. Ça sera réglé en moins de deux. Pas la peine d’imaginer le pire. »

    Capitaine Joseph Melnyk, complètement dans l’erreur.



    Pripiat, de nos jours. Une ville d’Ukraine tristement célèbre pour le drame survenu en 1986 : l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Suspendu par des câbles à la façade d’un immeuble, un corps nu, les bras en croix. La victime, dont on a retrouvé le passeport, s’appelle Léonid Sokolov. Fils de l’ancien ministre de l’Énergie, Vektor Sokolov, et de feue Olga Sokolov, sauvagement assassinée… le 26 avril 1986, la nuit de l’explosion. Coïncidence ?

    Alex Rybalko. Flic tchétchène désœuvré, lourdement porté sur la bouteille. Son divorce, deux ans plus tôt, lui est insupportable. Tandis que son ex-femme partage le logement familial avec son nouveau compagnon, lui vit dans un appartement communautaire à la plomberie vétuste et aux murs qui s’écroulent. Lorsqu’un « ami » mafieux fait appel à lui pour enquêter sur le meurtre de Léonid Sokolov, Rybalko refuse : il ne remettra pas les pieds à Pripiat.

    En 1986, Alex avait 8 ans. Son père, pompier, a été appelé à la centrale et n’en est jamais revenu. Aujourd’hui encore, ses souvenirs sont douloureux. Mais il a besoin du gros paquet d’argent offert pour cette mission. Alors, pour des raisons très personnelles, il accepte de rencontrer Sokolov père, le commanditaire, qui ignorait que Léonid était retourné dans la région de Tchernobyl, et qui soupçonne les autorités ukrainiennes de vouloir enterrer l’affaire…

    Arrivé sur place, Rybalko prend les choses en main et pousse quelques portes que certains auraient préféré garder fermées. Dont celle de la morgue, pour examiner le cadavre de Léonid Sokolov, trop irradié pour que quiconque se risque à une autopsie. Il a vu trop d’horreurs pour s’en émouvoir encore, mais la découverte d’un oiseau empaillé dans les entrailles de la victime a de quoi vous glacer le sang. Il est désormais à la poursuite d’un cinglé de tueur taxidermiste.

    Le capitaine Joseph Melnyk, en poste à Pripiat depuis 7 ans, au grand dam de sa femme, traque le même homme. Les similitudes entre le meurtre de Léonid et celui d’Olga guident ses recherches dans une autre direction, et il décide de fouiller dans les archives de 1986…

    Deux enquêtes, deux époques, deux personnages animés par des motivations différentes, mais touchés par la même tragédie. Le résultat ? Un excellent roman policier, au cadre original. Pendant ma lecture, j’ai regardé la série Chernobyl. Immersion : niveau maximal. Qui me permet de saluer le travail de documentation de l’auteur et son habileté à rendre compte d’une réalité politique et sociale – l’explosion du 26 avril 1986 sourd derrière chaque description, habite les dialogues, les consciences – sans jamais tomber dans le sensationnel ou la propagande. J’ai déjà été déçue par ce procédé d’Histoire dans l’histoire, mais là… il n’y a pas un seul point négatif à relever.

    Morgan Audic a donné beaucoup de caractère à ses personnages, si bien que passé les premiers chapitres, une sympathie certaine s’installe. On suit avec intérêt les méandres de l’assassinat morbide de Léonid Sokolov, avec l’envie de faire un bout de chemin avec Melnyk et Rybalko. Melnyk, vieux flic taciturne mû par le sens du devoir ; Rybalko, l’écorché vif qui n’a plus rien à perdre. On attend avec impatience la rencontre entre ces deux fortes têtes. On se laisse tellement prendre par leurs déboires personnels que lorsqu’on revient à l’intrigue principale, on est saisi par l’adrénaline, cet irrépressible besoin de savoir que l’auteur a fait naître dès le départ. Les émotions sonnent juste. Tout est imprégné de la froideur soviétique, des ravages du communisme, de la sinistrose d’un pays à l’économie effondrée. Quand il évoque le quotidien des jeunes soldats à jamais marqués par les horreurs auxquelles ils ont fait face, on voit le regard vide que ces hommes posent à présent sur le monde, qui semble ne plus vouloir d’eux et ne fait rien – ou si peu – pour les aider dans leur réinsertion. J’ai été très touchée par ses héros inconnus.

    Le suspense n’est pas en reste. La construction est intelligente, efficace (je ne vous donne volontairement pas plus de détails sur le tueur), et le style coule de source. Les mots sont choisis, les échanges entre les personnages sont naturels. Six cents pages ? Je ne les ai pas vues passer – le coup d’accélération final risque de vous faire transpirer. Porté par deux antihéros charismatiques, De bonnes raisons de mourir est un roman ambitieux et abouti. Un de ceux qui perturbent.

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    Couverture du livre « De bonnes raisons de mourir » de Morgan Audic aux éditions Albin Michel

    SamSam.92200 sur De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic

    Quand on incorpore des faits réels dans une histoire, moi je dis « bingo ! »
    Et quand en plus de prendre pour élément central la catastrophe de Tchernobyl et ses conséquences, on me dit « serial killer » , moi je dis « GENIAL ! »

    J’ai adoré ce livre qui confronte le présent et le passé, le...
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    Quand on incorpore des faits réels dans une histoire, moi je dis « bingo ! »
    Et quand en plus de prendre pour élément central la catastrophe de Tchernobyl et ses conséquences, on me dit « serial killer » , moi je dis « GENIAL ! »

    J’ai adoré ce livre qui confronte le présent et le passé, le gentil mais malmené flic et le psychopathe taxidermiste, celui qui marche à l'honneur et la droiture à celui qui ne voit que sont intérêt, l’amour et la haine.
    Ajoutez la jalousie, l’amertume et la vengeance.
    Voilà !
    C’est une aventure glaçante qui nous est servi et c’est parfait !

    L’auteur nous plonge dans une catastrophe, connu de tous et qui fait partie de la grande Histoire, en nous racontant les conséquences sur les vies de ceux qui l’on vécut de près. Qui on subit les conséquences parfois inimaginables qu’elle a pu avoir sur leurs vies.

    C’est surprenant même si tellement « commun »

    Une très bonne idée en tout cas que ce livre qui nous fait découvrir Tchernobyl et son histoire comme on découvrirait un personnage à part entière.

    L’auteur est assurément très bon conteur et son intrigue a été très bien documenté et développé.

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    Couverture du livre « De bonnes raisons de mourir » de Morgan Audic aux éditions Albin Michel

    Iris sur De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic

    L’auteur nous emmène dans les bas-fonds de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, désaffectée depuis 1986. Le capitaine Joseph Melnyk enquête à Pripiat sur le meurtre particulièrement sordide du fils d’un ancien ministre. En effet Leonid Sokolov, est retrouvé accroché à la façade d’un...
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    L’auteur nous emmène dans les bas-fonds de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, désaffectée depuis 1986. Le capitaine Joseph Melnyk enquête à Pripiat sur le meurtre particulièrement sordide du fils d’un ancien ministre. En effet Leonid Sokolov, est retrouvé accroché à la façade d’un immeuble de cette ville fantôme, située non loin de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine. Vektor Sokolov, son père, ancien ministre de l’Énergie de l’ex URSS, craignant que l’affaire ne soit enterrée par les autorités ukrainiennes, mandate Alexandre Rybalko, enquêteur au sein de la milice de Moscou, pour trouver l’assassin de son fils. Quelque peu borderline Rybalko va donc retourner à Pripiat, la ville de son enfance qu’il a dû quitter précipitamment un certain 26 avril 1986, quand le cœur du réacteur numéro 4 de la centrale entrait en fusion. L’inspecteur russe et l’officier de police ukrainien vont devoir unir leurs forces pour comprendre ce qui lie l’assassinat de deux jeunes femmes en 1986 et les étranges motivations d’un tueur en série particulièrement redoutable.

    Avec ce livre, Morgan Audic, tout jeune auteur de polar noir, nous emmène dans la zone d’exclusion de Tchernobyl au travers des méandres de Pripiat, une ville fantôme lourde d’histoire et de douleur. En dehors de l’intrigue qui est à couper le souffle, le contexte est passionnant et extrêmement bien documenté : la vie, la survie dans cette zone, les trafics en tout genre, la misère, la bêtise humaine avec tourisme « voyeuriste » dans Pripiat, le conflit du Donbass, les ravages de la radioactivité. Admirablement bien construit, bien écrit, De bonnes raisons de mourir est avant tout un thriller palpitant avec un style vif et percutant, et un suspense qui ne faiblit pas. L'ambiance est aussi mystérieuse qu'inquiétante, les révélations distillées au compte-goutte et les rebondissements tiennent le lecteur en haleine jusqu'à la dernière ligne. Les personnages sont denses, complexes, avec leurs failles, leurs doutes, leurs peurs, et aussi leurs espoirs, leurs cœurs. Les deux enquêteurs, Melnyk et Rybalko, sont attachants et profondément humain mais c’est Novak, la jeune collègue de Melnyk, qui restera dans ma mémoire.
    Voilà un polar très réussi qui a le mérite d’ancrer le lecteur dans les problèmes actuels de l'Ukraine. On ne peut pas refermer ce livre sans avoir en tête cette catastrophe qui n'est pas restée cantonnée dans les frontières de l'URSS comme on a voulu nous le faire croire.
    De bonnes raisons de mourir m’a laissée sans voix et Morgan Audic nous livre avec cet opus un polar très réussi qui pousse à la réflexion.

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    Couverture du livre « De bonnes raisons de mourir » de Morgan Audic aux éditions Albin Michel

    Marie Kirzy sur De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic

    Quelle idée géniale que de sortir des territoires habituels du polar pour situer la traque d’un tueur en série taxidermiste à Pripiat, ville fantôme depuis l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl ! Car c’est là, en pleine zone d’exclusion irradiée qu’un corps est retrouvé, atrocement...
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    Quelle idée géniale que de sortir des territoires habituels du polar pour situer la traque d’un tueur en série taxidermiste à Pripiat, ville fantôme depuis l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl ! Car c’est là, en pleine zone d’exclusion irradiée qu’un corps est retrouvé, atrocement mutilé, suspendu par des câbles à la façade d’un immeuble.

    Impossible de s’extraire de ce roman de 600 pages une fois démarré et ce, durant toute la lecture. L’intrigue est remarquablement menée, respectant à la lettre le cahier des charges « polar » attendu par le lecteur. L’auteur fait le choix judicieux d’une double temporalité : 1986, année de la catastrophe , et trente ans après selon le procédé classique du crime récent qui fait rebondir un cold case. Cette double enquête est menée en parallèle par deux flics qui ne travaillent pas ensemble et qui n’ont pas les mêmes motivations, deux personnages stéréotypés mais auxquels Morgan Audic parvient à insuffler un supplément d’âme qui touche direct au cœur : le vieux flic ukrainien animé par un sens du devoir et une dignité exceptionnels dans un pays rongé par la corruption, tremblant pour son fils parti faire la guerre au Donbass sans gilet pare-balles contre les séparatistes pro-russes ; le jeune fils russe borderline, né à Pripiat, engagé par le père de la victime, un oligarque russe caricatural, mu par la possibilité de payer à sa fille une opération chirurgicale vitale grâce à son salaire.

    La maîtrise du scénario est totale, juste une petite facilité (très souvent rencontrée dans les polars et qui m’agace toujours un peu … ) : dans la confrontation enquêteur / serial killer, celui-ci est étonnamment bavard et dans un monologue bravache balance toutes les explications à son parcours criminel. Soit. Un détail tant tout le reste du roman est formidable.
    Si la trame polar est classique, la vraie force de ce roman est la plongée hallucinante qu’il propose dans la tragédie de Tchernobyl, passé / présent. L’immersion est totale, précise, rigoureusement reconstituée, et fait écho à la brillante série Tchernobyl ( que je conseille vivement.) Le lecteur est imprégné d’images fortes, ultra visuelles, de la zone d’exclusion : maisons et immeubles abandonnés, ruines colonisés par animaux sauvages, trafics en tout genre ( des tonnes de métaux potentiellement radioactifs sont dérobés depuis l’explosion ), tourisme macabre, multiplication des cancers et malformations … On sent flotter une menace invisible en permanence. Toutes ces informations sont intelligemment intégrées à l’enquête, sans jamais casser le rythme, avec un vrai souci de lisibilité.

    Tchernobyl n’est pas qu’un décor commode pour fabriquer du suspense à moindre frais, au contraire, ce cadre apporte énormément de densité à l’enquête en proposant un polar à l’opposé du hors-sol, offrant une analyse pertinente des relations tumultueuses entre la Russie et l’Ukraine, pays ravagé par la misère, avec un toile de fond la guerre du Donbass. Chaque page rappelle que les victimes de Tchernobyl ne sont pas encore nées, trente ans après ; que cette guerre « oubliée »,démarrée en 2014, n’est pas prête de s’arrêter. Le polar prend une autre dimension dans ce foisonnant et passionnant roman, souvent glaçant dans le constat du monde qu’il dresse.

    Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs Livre de Poche 2020 catégorie policier.

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