Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Mohamed Mbougar Sarr

Mohamed Mbougar Sarr

Mohamed Mbougar Sarr est un romancier sénégalais d'expression française. Son premier roman Terre Ceinte reçoit en 2015 le prix Ahmadou-Kourouma au salon du livre de Genève puis le Grand prix du roman métis de Saint-Denis-de-

Avis sur cet auteur (40)

  • add_box
    Couverture du livre « La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr aux éditions Philippe Rey

    annie-france belaval sur La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr

    Un livre qui demande un effort à cause de sa construction et les mots rares utilisés. Il y a des mises en abyme et il est parfois difficile de savoir qui parle car les propos sont enchâssés. Un étudiant sénégalais vient faire des études de lettres à Paris: il fréquente un groupe d'étudiants...
    Voir plus

    Un livre qui demande un effort à cause de sa construction et les mots rares utilisés. Il y a des mises en abyme et il est parfois difficile de savoir qui parle car les propos sont enchâssés. Un étudiant sénégalais vient faire des études de lettres à Paris: il fréquente un groupe d'étudiants noirs qui parle de littérature, on boit, on fume, on baise. L'étudiant découvre un livre qui le fascine mais lui parait inachevé. L'auteur est sénégalais, sérère comme lui.
    Il n'a écrit qu'un livre provoquant des réactions vives et opposées. Sans se défendre de l'accusation de plagiat, il disparait, la petite maison d'édition est ruinée.
    Faye va mener une longue enquête sur les traces de T.C. Elimane. Paris, Amsterdam et même l'Argentine .Il va découvrir que cet auteur fuyant est lui aussi en quête de quelqu'un un côté policier mais l'essentiel est une réflexion sur l'écriture et le rôle de l'écrivain.
    Un livre fort mais plus compliqué Que Terre ceinte ou de Purs Hommes. Belle écriture qui peut aller du vulgaire à la grande distinction. De l'humour parfois, de la poésie et de l'érotisme. La part de l'animisme m'a dérangée .Quand j'ai rencontré l'auteur à Brive, je n'avais pas fini ma lecture commencée avant l'attribution du Goncourt, aussi je n'avais pas encore de questions à poser, j'espère avoir une autre occasion!

  • add_box
    Couverture du livre « La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr aux éditions Philippe Rey

    Ephrem Jules-Maryl sur La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr

    «Il se peut qu’au fond chaque écrivain ne porte qu’un seul livre essentiel». Ce livre essentiel et fondamental est, sans doute, ce que Mohamed Mbougar Sarr vient d’écrire. Un livre foisonnant d’histoires et de styles. Un livre original et labyrinthique qui sonne à la fois comme une ode à la...
    Voir plus

    «Il se peut qu’au fond chaque écrivain ne porte qu’un seul livre essentiel». Ce livre essentiel et fondamental est, sans doute, ce que Mohamed Mbougar Sarr vient d’écrire. Un livre foisonnant d’histoires et de styles. Un livre original et labyrinthique qui sonne à la fois comme une ode à la littérature universelle et un vibrant hommage à Yambo Ouologuem, premier prix Renaudot africain qui par la suite est discrédité par des plagiats retrouvés dans son texte et est rangé aux oubliettes de la littérature mondiale alors qu’il avait un pas d’avance littéraire sur ses détracteurs, et dont l’histoire sert à merveille Mbougar Sarr pour monter son récit de course poursuite récompensé par le Goncourt Général 2021, et par plusieurs choix Goncourt.
    Diégane Latyr Faye est un jeune doctorant en France en 2018, le personnage principal de La plus sécrète mémoire des hommes - un pavé en coédition chez Phillipe Rey et Jimsann (France et Sénégal) depuis août 2021.

    Intrigué par Le Labyrinthe de l’inhumain, un livre que Diégane a découvert dans ses années lycée au Sénégal, et dont l’auteur est un certain T.C. Elimane, un homme atypique au parcours similaire ou presque à celui de l’écrivain Malien Yambo Ouologuem. Ce T.C. Elimane fut un moment encensé par la critique et considéré comme le Rimbaud nègre avant d’être fusillé à son tour par le milieu littéraire français et disparaître dans l’anonymat. En un tour de main, le lecteur plonge de la réalité à la fiction, puis de la fiction à la géniale inventivité de l’auteur qui réussit à rapprocher le vivant du fictif à la perfection. C’est alors que commence une enquête vertigineuse pour Diégane une fois Le labyrinthe de l’inhumain en possession, grâce à une écrivaine Siga, parente du fameux écrivain disparu, dans un bar Parisien et dont il s’éprend un instant. C’est une longue traversée de l’Europe, de l’Amérique pour s’achever en Afrique, à travers des remontées sulfureuses des guerres mondiales, de la Shoah et des dictatures sud-américaines. C’est aussi la rencontre et le dialogue avec des auteurs dont Ernesto Sabato et des références multiples qui enrichissent l’intertextualité du texte. Pour revenir au texte et à la quête de Diégane, qui une fois le livre en main voulait retrouver son auteur et comprendre pourquoi il avait disparu subitement de la scène littéraire : il s’est retrouvé au Sénégal, dans un petit village et apprend que T.C. Elimane est décédé à 102 ans, quelques années avant son arrivée.

    De ce livre à tiroirs composés de quatre livres, de ce long voyage qui réinvente la littérature, tout comme Diégane Latyr Faye, le lecteur referme le livre avec une foultitude de questions, une voracité de découvertes et une eau où abreuver sa soif de savoir. Car «un bon livre ne parle de rien, mais il renferme tout».

  • add_box
    Couverture du livre « La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr aux éditions Philippe Rey

    Les Lectures de Cannetille sur La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr

    Le jeune écrivain sénégalais Diégane Latyr Faye vit désormais à Paris. Il y découvre un roman oublié, Le labyrinthe de l’inhumain, qui fit brièvement sensation et scandale à sa parution en 1938, et dont on n’entendit plus jamais parler de l’auteur par la suite. Fasciné, Diégane se lance sur les...
    Voir plus

    Le jeune écrivain sénégalais Diégane Latyr Faye vit désormais à Paris. Il y découvre un roman oublié, Le labyrinthe de l’inhumain, qui fit brièvement sensation et scandale à sa parution en 1938, et dont on n’entendit plus jamais parler de l’auteur par la suite. Fasciné, Diégane se lance sur les traces de ce mystérieux T.C. Elimane, qualifié de « Rimbaud nègre ». Tandis que sa quête le ramène au Sénégal en passant par l’Argentine, il fréquente avec assiduité un cercle de jeunes auteurs africains, qui interrogent la création littéraire et la place de la littérature africaine.

    A force de s’interroger sur ce qu’est un grand livre, il se pourrait bien que Mohamed Mbougar Sarr en ait écrit un. Car La plus secrète mémoire des hommes impressionne à plus d’un titre. Au travers d’une quête vertigineuse qui tient le lecteur en haleine, se déploient une réflexion dont l’intelligence n’a d’égale que l’humour, et une œuvre dont l’inventivité rivalise avec la beauté de son écriture. Auteurs, critiques, lecteurs… Tous les acteurs tournant de près ou de loin autour des livres se retrouvent au coeur de cette histoire subtilement enroulée autour d’une interrogation existentielle : vivre ou écrire, écrire ou ne pas écrire, en somme être ou ne pas être. Et si, face à « l’incontinence littéraire » qui voit paraître le meilleur comme le pire, l’on peut se poser la question de la valeur de l’oeuvre et de la véritable ambition de l’écriture, l’auteur interpelle aussi plus spécifiquement quant à l’espace dévolu à la littérature africaine, et quant aux difficultés de cette dernière à s’imposer sans se plier forcément aux critères d’appréciation et à la vision du monde tels qu’ils prévalent en Occident.

    Tout en multipliant les rappels historiques du déséquilibre de la relation franco-africaine hérité de la colonisation, dans des passages parfois émouvants lorsqu’ils évoquent par exemple les tirailleurs sénégalais engagés aux côtés de la France, le récit incarne littéralement l’aliénation africaine dans le personnage d’Elimane. Cet auteur prodige, encensé, puis anéanti par la critique occidentale, symbolise le drame d’intellectuels africains peinant à s'imposer sans renoncer à s’affranchir des canons de la pensée et de l’écriture occidentales. Il est clairement inspiré de l’écrivain malien Yambo Ouologem, premier Africain à recevoir le prix Renaudot en 1968 pour son livre Le Devoir de violence. Cet auteur, dont la vision des rapports de l’Afrique et de l’Occident divergeait du mythe en cours à l’époque, souleva une telle polémique qu’il finit par se retirer dans la discrétion et l’oubli.

    Alter ego de Diégane, l'auteur nous entraîne avec une aisance et une décontraction pleines d'humour dans un récit brillant à tout point de vue. La profondeur et l’élégance de la réflexion de cet amoureux des belles lettres, conjuguées à la virtuosité de sa construction romanesque et à la somptuosité de son écriture, m’ont séduite au-delà du coup de coeur.

  • add_box
    Couverture du livre « La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr aux éditions Philippe Rey

    Jean-Paul Degache sur La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr

    Trois livres composent ce grand livre. Chaque livre se divise en plusieurs parties complétées par ce que Mohamed Mbouga Sarr, l’auteur, appelle des biographèmes, le tout étant un formidable hommage à Yambo Ouologuem, écrivain malien (1940 – 2017), lauréat du Prix Renaudot en 1968 avec Le Devoir...
    Voir plus

    Trois livres composent ce grand livre. Chaque livre se divise en plusieurs parties complétées par ce que Mohamed Mbouga Sarr, l’auteur, appelle des biographèmes, le tout étant un formidable hommage à Yambo Ouologuem, écrivain malien (1940 – 2017), lauréat du Prix Renaudot en 1968 avec Le Devoir de violence. Premier romancier africain à recevoir une telle récompense, il fut accusé ensuite de plagiat, meurtrissure qu’il ne surmontera jamais vraiment.
    La plus secrète mémoire des hommes tourne autour du dilemme qui hante tous les gens passionnés de littérature : écrire ou ne pas écrire.
    T.C. Elimane, le héros du livre l’a fait. Il a publié Le Labyrinthe de l’inhumain, œuvre unique, magnifique, qui a suscité une grande admiration avant de déchaîner la haine de certains critiques l’accusant de plagiats. Le jeune écrivain originaire du Sénégal, brillant étudiant qui avait tout sacrifié pour ce livre, ne s’en remettra jamais au travers d’une période de notre Histoire marquée par la Seconde guerre mondiale, les révoltes contre les dictatures sud-américaines et les tentatives de révolution en Afrique sub-saharienne.
    C’est un jeune écrivain sénégalais, Diégane Laty Faye, qui découvre ce fameux Labyrinthe de l’inhumain, en août 2018. Si c’est autour de sa quête que s’articule le livre, je vais rencontrer beaucoup de personnages au cours de ma lecture, me perdre un peu, pour finalement retrouver mes repères grâce à un final bien mené.
    Diégane commence sa quête avec Siga D. qui possède le livre et connaît bien les origines de son auteur. Elle est elle-même écrivaine, vit à Amsterdam, ses seins fascinent Diégane qui la nomme L’Araignée-mère.
    En cours de lecture, je rencontre plusieurs écrivains francophones originaires d’Afrique, écrivains talentueux qui tentent de faire leur place et souffrent beaucoup d’un racisme qui, s’il ne s’affiche pas ouvertement, est bien présent.
    Musimbwa en fait partie. Il est congolais. Comme il ne connaît pas le livre d’Elimane, Diégane le lui confie. Je rencontre alors une performance littéraire réussie bien que lassante : une phrase interminable s’étalant sur quatre pages et traitant des écrivains africains !
    Au passage, je note des mots rares, signes d’un vocabulaire très riche comme les prolégomènes (notions préliminaires nécessaires à la compréhension), un schibboleth (mot venant de l’hébreu désignant ce qui ne peut être utilisé ou prononcé correctement que par les membres d’un groupe), un conseil consuétidunaire (synonyme de coutumier), ou encore des figures involucrées (corrompues), entre autres. Était-ce bien nécessaire, même s’il est toujours utile de découvrir des mots nouveaux de notre belle langue française ?
    Le deuxième livre m’amène enfin au cœur du Sénégal où Ousseynou Koumakh (92 ans) est proche de la mort. Marène Siga raconte et commencent à se mêler passé lointain et présent. J’apprends beaucoup sur la vie d’un village sénégalais, ses rites, ses superstitions ou, tout simplement, le mode de vie de ses habitants. Beaucoup s’en contentent. Certains sont fascinés par la grande ville, Dakar, d’autres, brillants élèves, ne rêvent que de venir vivre à Paris, en France, ce pays colonisateur qui a tant bousculé et même détruit coutumes et traditions des différents peuples constituant ce pays.
    C’est ainsi que le puzzle se met peu à peu en place, que je comprends un peu mieux pourquoi et comment Elimane est venu en France. Le détail de ses origines familiales a beaucoup d’importance. Les nombreux retours en arrière, les récits qui se superposent et s’entrecroisent révèlent toute la diversité et la complexité d’une histoire ramenant toujours à la littérature et au besoin d’écrire.
    J’avoue avoir eu du mal, souvent, pour savoir qui parlait, qui s’exprimait et j’ai pris cela un peu comme un jeu de piste, tentant de découvrir au plus vite, grâce aux indices donnés dans le texte, le nom de son narrateur. Mohamed Mbouga Sarr maîtrisant bien son sujet, réussit plusieurs fois à entremêler les époques et les narrateurs. Cela n’est pas facile pour le lecteur mais se révèle finalement passionnant.
    Bien sûr, le lauréat du Prix Goncourt 2021, balade son lecteur aussi en Argentine après Amsterdam, l’essentiel se passant à Paris malgré une escapade dans le Lot puis en Normandie. Enfin, j’apprécie le retour aux sources, un final sénégalais dans ce village d’où tout est parti, où Diégane Latyr Faye retrouve vraiment la trace de celui qu’on appelait plus que Madag, le voyant. C’est beau, poignant et édifiant à la fois comme réflexion poussée sur la littérature et le métier – en est-il un ? – d’écrivain.

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

Ils suivent Mohamed Mbougar Sarr

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !