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Mikael Hirsch

Mikael Hirsch
Mikaël Hirsch est un écrivain français né à Paris en 1973. Deux de ses romans, Le Réprouvé (2010) et Avec les hommes (2013) ont figuré dans les sélections du Prix Femina. Après Libertalia, paru en 2015, Quand nous étions des ombres est le quatrième roman de Mikaël Hirsch publié aux éditions Inter... Voir plus
Mikaël Hirsch est un écrivain français né à Paris en 1973. Deux de ses romans, Le Réprouvé (2010) et Avec les hommes (2013) ont figuré dans les sélections du Prix Femina. Après Libertalia, paru en 2015, Quand nous étions des ombres est le quatrième roman de Mikaël Hirsch publié aux éditions Intervalles.

Avis sur cet auteur (11)

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    Couverture du livre « L'assassinat de Joseph Kessel » de Mikael Hirsch aux éditions Serge Safran

    Colette LORBAT sur L'assassinat de Joseph Kessel de Mikael Hirsch

    Pigalle, lieu où les noctambules retrouvent les russes blancs ou autres, peut-être espions. Les nobles russes sont devenus musiciens de boîtes de nuit, les moins chanceuses, louent leurs charmes et plus si affinité. « La Révolution n’a pas aboli les injustices ou les différences de traitement…...
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    Pigalle, lieu où les noctambules retrouvent les russes blancs ou autres, peut-être espions. Les nobles russes sont devenus musiciens de boîtes de nuit, les moins chanceuses, louent leurs charmes et plus si affinité. « La Révolution n’a pas aboli les injustices ou les différences de traitement… mais à Paris, les princes ouvrent désormais la porte des boîtes de nuit. Les dames de la noblesse sont entraîneuses ou marchandes fleurs, tandis que les anarchistes en disgrâce fabriquaient des chaussures à domicile. Seul l’exil avait mis tout le monde à égalité. »

    Kessel vient publier « Makhno et sa juive » qui connaît un franc succès. L’auteur y dépeint Makhno comme « unique responsable de tous les pogroms qu’avait connu l’Ukraine dans les années qui suivirent la révolution d’Octobre ». Il n’a même pas pris le temps de vérifier ses sources « Recopiant de larges passages d’un mémoire édité à Berlin par l’ancien colonel blanc Guerassimenko, Kessel, juif né en Argentine, mais d’origine russe, y dépeignait Makhno en monstre assoiffé de sang ». Or ce colonel blanc est une taupe rouge !!

    Makhno, fils de paysan russe devenu révolutionnaire chevronné est chassé par les bolcheviques et doit s’exiler à Paris où il se retrouve, grandeur et décadence, ouvrier aux usines Renault à Billancourt. Il a connaissance du texte de Kessel où le révolutionnaire est décrit comme sanguinaire. Vous comprendrez que ce n’est pas du goût de Makhno. Comment cet intello ose-t’il écrire ce tissu de mensonges sur lui, sur sa légende ? Le sanguinaire, ce n’est pas lui, même s’il n’a pas les mains très blanches, il était à la tête de La Maknovchtchina forte de cinquante mille hommes, il était un véritable anarchiste ukrainien, pas un sanguinaire !

    Mikaël Hirsch les fait se rencontrer le 19 juin 1926, au Matriochka où Kessel a ses habitudes de fêtard noctambule. L’un est là pour faire la fête, l’autre pour le tuer. « Ce soir de juin 1926, ce n’était pas un procureur que Makhno s’apprêtait à tuer, pas même un juif en réalité, mais seulement un écrivain, un intellectuel prompt à juger et à théoriser ce qui, en réalité ne pouvait relever de la langue. »Commence une soirée de folie où j’ai éclaté de rire en lisant la description de Malraux, débraillé, complètement soûl, faisant la chenille au son des violons

    « On ne devrait jamais boire avec les gens qu’on va tuer », et oui, Makhno on ne devrait pas !

    Le livre va au-delà de la nuit de délire. Mikaël Hirsch pose la question de la dangerosité du livre, de la supériorité de la littérature sur l’action, de l’écrit qui reste sur l’oral qui disparaît, les mots peuvent tuer... et, en extrapolant, le danger de l’instruction « L’idéal qu’il avait incarné devait continuer à vivre » sous forme de mythe, mais un écrivain qui se prétendait pourtant homme d’action venait lâchement de s’attaquer à lui à l’aide de la seule arme qu’il ne maîtrisait pas : les mots », surtout en français, langue qu’il ne maîtrise pas du tout.

    « Il en voulait à ceux qui maniaient la fourberie linguistique. Il jalousait les écrivains pour leur capacité à convaincre et les maudissait tout à la fois pour les abus auxquels ils se livraient sans retenue. Le prestige qui leur était accordé, particulièrement dans cette nation française qui se targuait d’avoir produit Saint-Simon et Flaubert, confinait invariablement à l’abus de pouvoir. »

    Mikaël Hirsch sait me faire voyager dans le temps. Avec Libertalia, j'ai suivi la statue de la Liberté aux USA, Notre Dame des vents m’a conduite aux îles Kerguelen, avec les hommes, au coeur d’une création littéraire et...toujours avec le même plaisir.

    Définitivement, j’aime le style de l’auteur. Les voyages, la quête identitaire, la fuite en avant sont encore présentes dans L’assassinat de Joseph Kessel, livre à la fois passionnant, fort bien écrit et mené, intrigant qui pousse à en savoir plus sur Makhno dont j’ignorais tout

    J'adore l'ironie de la photo de couverture dont j'ai trouvé la traduction en début du livre "A bas ! l'alcool est l'ennemi de la révolution culturelle"... Quand je lis l'état d'ébriété de kessel lors de cette fameuse journée....

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    Couverture du livre « L'assassinat de Joseph Kessel » de Mikael Hirsch aux éditions Serge Safran

    Evlyne Léraut sur L'assassinat de Joseph Kessel de Mikael Hirsch

    Éclairant, érudit et passionnant « L’assassinat de Joseph Kessel » est une mise en abîme implacable. Il remet d’équerre la vérité. Le ton est donné dès la première page,
    « Kessel avait rencontré un vif succès en publiant une nouvelle intitulée « Makhno et sa juive ». Recopiant de larges...
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    Éclairant, érudit et passionnant « L’assassinat de Joseph Kessel » est une mise en abîme implacable. Il remet d’équerre la vérité. Le ton est donné dès la première page,
    « Kessel avait rencontré un vif succès en publiant une nouvelle intitulée « Makhno et sa juive ». Recopiant de larges passages d’un mémoire édité à Berlin par l’ancien colonel blanc Guerassimenko, Kessel, juif né en Argentine, mais d’origine russe, y dépeignait Makhno en monstre assoiffé de sang.
    Décrit comme un anarchiste révolutionnaire, ukrainien, communiste libertaire, avide de sang et responsable de tous les pogroms. Mais voilà, Nestor Makhno fuit la Russie, s’installe en France à Paris. Il travaille et va régler ses comptes avec Joseph Kessel.
    « Les Blancs et les Rouges, Kessel et Barbusse s’alliaient comme la carpe et le lapin non pour abattre un homme, qui était déjà à terre, mais pour souiller définitivement la seule chose qui lui restait encore, sa légende. »
    Le récit est précis, magnifique de par son sérieux et sa volonté d’honneur. Makhno a de nouveau les ailes brisées. Cette nouvelle de Kessel est plus puissante que les armes. Destructrice elle foudroie Nestor Makhno. Son aura écartelée entre les lignes de « Makhno et sa juive ». Il cherche à se venger. Le hasard fait bien les choses. Kessel et lui-même fréquentent les bas-fonds de Paris. Il va le revoir et enclencher une filature, un pistolet caché dans sa poche.
    « N’ayant qu’un très faible langage littéraire – il n’avait lu qu’un peu des Frères Karamazov à Boutyrka -, l’anarchiste avait un don infaillible pour repérer les exaltés, les faussaires pathologiques et les mythomanes en tout genre, bref, les écrivains. »
    « Il en faudrait tout de même plus pour me surprendre, déclara soudain Kessel avec un air de défi. J’ai fait le tour du monde à vingt ans.
    « L’assassinat de Joseph Kessel » rend hommage à Nestor Makhno. La réputation de ce combattant noircie par la plume de Joseph Kessel. Faut-il que la littérature soit fatale, lâche et faussée pour arriver à ses fins ? Abolir l’emblème même d’un homme, victime d’un écrivain qui s’est imaginé en justicier. La guerre froide des mots assassins. Cette nouvelle est une balle en plein front pour Nestor Makhno. Ce récit a plusieurs degrés de lecture. Il est d’un niveau intellectuel de haute voltige. Les historiens, les inconditionnels de Kessel, les combattants pour la justice, les idoles de Nestor Makhno, le lecteur lambda, tous vont trouvez ici, un texte de renom certifié. Le doigt pointé là où ça fait mal, son éveil à l’exactitude et sa droiture.
    « La parodie du plagiat, calomnie et diffamation n’aura pas lieu. C’eût été le procès de la littérature elle-même ».
    Makhno : « Il avait des faux-airs du personnage de vagabond immortalisé par Charlie Chaplin. »
    Ce récit-essai est original de par le thème porteur et une écriture aérienne. C’est une conférence à ciel ouvert et un ouvrage pour tous les étudiants en littérature. Apprendre à toujours se méfier comme le disait Prosper Mérimée. Publié par les majeures Éditions Serge Safran éditeur.

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    Couverture du livre « Quand nous étions des ombres » de Mikael Hirsch aux éditions Intervalles

    LALIE.01 sur Quand nous étions des ombres de Mikael Hirsch

    Ce livreQUAND NOUS ETIONS DES OMBRES est le quatrième roman de Mikaël Hirsch, écrivain français, que j’ai découvert..
    D’après le résumé, c’est un roman sur l’effacement de soi et sa lecture, rapide car petit livre, m’a bien changée de mes lectures habituelles et je dois dire que cela a été bien...
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    Ce livreQUAND NOUS ETIONS DES OMBRES est le quatrième roman de Mikaël Hirsch, écrivain français, que j’ai découvert..
    D’après le résumé, c’est un roman sur l’effacement de soi et sa lecture, rapide car petit livre, m’a bien changée de mes lectures habituelles et je dois dire que cela a été bien agréable.
    Il se dégage deux personnages principaux, le narrateur et François Sauval, un capitaine d’industrie qui veut tout dominer et devenir le chef d’un Etat, le sien, qui reste à créer.
    Pour cela, il va se lancer dans de multiples aventures aussi bien sur un voilier que dans une montgolfière pour n’en citer que celles-là. Ce qu’il désire, c’est être au-dessus de tout et de tous et son ambition est sans bornes. Et le narrateur est présent, à sa demande, pour raconter chacun de ses exploits.
    Je dois dire que si ce livre n’est pas très épais (187 pages), j’ai relevé des citations pour ainsi dire à chaque page (il va falloir faire un sérieux tri) et je me suis laissé entraîner dans l’aventure (ou les aventures) en savourant les expressions souvent ironiques de l’auteur car il arrive à y mettre de l’humour.
    Mais il s’en dégage un autre sujet important avec l’aspect historique de la tribu des Charahuales que l’on croyait disparue. Pourtant, il reste une personne, Ara et dont personne ne comprend le langage. Mais il est finalement retrouvé grâce à une jeune linguiste – Cassandra - et lorsqu’elle prononce plusieurs fois : nsut… nani… aakarta, on comprend enfin que cela signifie : quand nous étions des ombres.
    Si au début elle était réticente pour communiquer, elle finit par se lancer dans un très long monologue où elle raconte toute son histoire et celle de sa tribu. Ceci est enregistré par la linguiste qui est arrivée à trouver l’origine du langage de cette femme sauvage mais dont la santé décline très rapidement. Elle semble vouloir en dire le plus possible afin qu’une trace soit gardée et ne pas retomber dans l’oubli.
    Donc, si ce livre commence par la réflexion de l’auteur sur son existence car il se rend compte que tout ce qui lui avait paru familier était, finalement, devenu étranger, on voit que, peu à peu, il se désintéresse de ce qui l’entoure.
    Mais sa vie retrouve un peu de piment car François Sauval lui demande de suivre tous ses exploits et il n’a de cesse d’en trouver quitte à en inventer. Tout est bon pour bâtir sa suprématie et il le fait avec une certaine frénésie que l’on retrouve dans l’écriture du livre. Je passe par toutes les expériences qu’il tente car il faudrait presque recopier une grande partie du livre.
    Les chapitres s’enchaînent les uns après les autres et, si j’ai dit que c’était un petit livre, je l’ai trouvé très dense et captivant.
    Je m’attendais à une petite histoire et je suis tombée sur un beau roman écrit avec un fort bon style.
    Les aventures y sont nombreuses, certaines situations sont burlesques, on rit souvent, et le sujet de ce livre est très original.
    On y trouve aussi des anecdotes sur la colonisation de l’Amérique centrale mais je pense que, mis à part François Sauval et son désir de puissance, l’accent est surtout mis sur la disparition, l’oubli, de certains peuples tels que les Charahuales (pour ne parler que d’eux). Mais combien de peuples, combien de tribus, ont disparu par la faute de l’homme moderne qui veut tout s’approprier ?
    Je ne m’attendais pas du tout à un roman aussi profond sur l’oubli et j’ai été absolument conquise par Mikaël Hirsch dont deux de ses romans avaient été sélectionnés pour le prix Femina.
    Un auteur à découvrir, à lire et à suivre car d’un grand talent. Il démontre bien qu’il est inutile d’écrire un très gros livre car lui, en ces quelques pages, est arrivé à écrire l’essentiel et à nous faire réfléchir.
    Il faut dire aussi que son style d’écriture est très soutenu et cela apporte un peu plus de force.

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    Couverture du livre « Libertalia » de Mikael Hirsch aux éditions Intervalles

    Colette LORBAT sur Libertalia de Mikael Hirsch

    Découverte d’un moment d’histoire que je ne connaissais pas. Suite à l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, les alsaciens peuvent choisir de rester en Alsace et de devenir allemand ou partir en France pour rester français. C’est l’option prise par Baruch, juif alsacien de parents très...
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    Découverte d’un moment d’histoire que je ne connaissais pas. Suite à l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, les alsaciens peuvent choisir de rester en Alsace et de devenir allemand ou partir en France pour rester français. C’est l’option prise par Baruch, juif alsacien de parents très orthodoxes, et Alphonse, fils d’industriel qui se rencontre sur la route. Ils cheminent vers la capitale se faisant matelot pour payer leur voyage. Nous sommes en 1872 et l’impression de lire le début du « Tour de France de deux enfants ». Dans ce livre, aucune revanche sur l’ennemi, le Teuton, l’envahisseur, non, juste une envie de réussir son rêve dans le bouillonnement de l’époque. Le rêve de Fons s’appelle Libertalia. Il l’explique à Baruch « Il y a deux siècles environ, Olivier Misson, capitaine de la Victoire, et son second, un prêtre défroqué nommé Carracioli, fondaient à Madagascar, au nord de Diégo Suarez, une colonie qu’ils baptisèrent Libertalia. Pour emblème, ils choisirent le drapeau blanc et pour but, la défense de la liberté à laquelle les lois naturelles leur donnaient droit contre les ambitieux qui la leur avaient ravie. » Comment ne pas souscrire à cette idéal que Baruch fit sien de suite, lui qui n’avait rien lu d’autre que le Talmud !
    Arrivés à Paris, ils devinent que c’est un voyage sans retour « Tendus qu’ils étaient vers l’avenir et ses promesses, ils sentaient confusément que quelque chose d’innommable avait pris fin, mais sans savoir encore qu’il s’agissait de leur jeunesse. »
    Baruch, devenu Bernard travaille sur la statue de la Liberté de Bartholdi. L’œuvre de sa vie, ce qui lui permet de se sentir vivant car, pour le reste, Bernard s’est marié, embourgeoisé, s’ennuie. Fons, devenu géographe, s’est essayé à une nouvelle « religion » où il pensait pouvoir trouver les idéaux de Libertalia : la franc-maçonnerie. Las, lors de son baptême, il a compris. Il utilisera donc les membres de la Confrérie pour essayer de trouver un lieu pour fonder cette nouvelle humanité.
    La seconde partie de ce livre est la vie, la vraie au milieu du contexte historique et industriel florissant de cette époque. L’âge adulte est arrivé, les deux amis ont perdu beaucoup de leurs rêves, ils s’ennuient dans cette vie qui ressemble trop à celles de leurs parents. Cette question, ils se la posent alors qu’ils visitent l’Exposition Universelle de 1889 « -Est-ce qu’on a tout raté ? lui demande soudain Bernard. –Je ne sais pas, répondit Fons. Je ne sais vraiment pas. »

    Ce très court roman parle de l’héritage parental, (à force de vouloir ne pas leur ressembler, ne les imite-t-on pas), du départ, de la quête d’un rêve, d’une inaccessible étoile déjà évoqués dans Notre-Dame des vents.
    Le talent de Mikaël Hirsch ? Réussir en si peu de pages à créer une atmosphère, à nous brosser paysages, sites, personnages avec une grande précision. Je me suis promenée sur les boulevards de l’histoire de la fin du 19ème. De la fabrication de la statue de la Liberté en passant par le Canal de Suez, Panama... sans oublier l’Exposition universelle et donc, la tour Eiffel.
    Un coup de cœur.

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