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Mika Biermann

Mika Biermann
Mika Biermann est un des écrivains les plus toniques de la littérature française contemporaine. Il publie chez Anacharsis et chez P.O.L. Il est notamment l'auteur de Trois jours dans la vie de Paul Cézanne et Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot.

Avis sur cet auteur (14)

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    Couverture du livre « Trois jours dans la vie de Paul Cézanne » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    Sevlipp sur Trois jours dans la vie de Paul Cézanne de Mika Biermann

    Un très court roman qui dépeint trois jours de la vie du peintre confronté à un drame.
    Le caractère misanthrope, bourru de l'artiste et ses relations aux autres sont parfaitement dessinés.
    La style poétique décrit la campagne, ses collines, ses pinèdes et ses broussailles.
    On croise Paul son...
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    Un très court roman qui dépeint trois jours de la vie du peintre confronté à un drame.
    Le caractère misanthrope, bourru de l'artiste et ses relations aux autres sont parfaitement dessinés.
    La style poétique décrit la campagne, ses collines, ses pinèdes et ses broussailles.
    On croise Paul son fils, le docteur Gachet, une maitresse, un gendarme et puis Renoir.
    La pauvreté, la vie simple affleurent à chaque page.
    Cela se lit facilement mais malgré une idée intéressante, j'ai finalement trouvé ce récit assez plat.

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    Couverture du livre « Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    Colette LORBAT sur Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot de Mika Biermann

    Berthe Morisot et son mari Eugène Manet, frère de ..., partent en train pour leur campagne « L’été a peigné le blé. Les forêts enferment les ombres derrière les barreaux de leurs troncs. Un troupeau de brebis soulève la poussière du chemin ; on ne voit pas le berger. »

    Bien sûr, elle a...
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    Berthe Morisot et son mari Eugène Manet, frère de ..., partent en train pour leur campagne « L’été a peigné le blé. Les forêts enferment les ombres derrière les barreaux de leurs troncs. Un troupeau de brebis soulève la poussière du chemin ; on ne voit pas le berger. »

    Bien sûr, elle a apporté des toiles avec elle. Là-bas, elle peint mais pas que.

    Berthe Morisot est une femme sensuelle et son mari un peu trop timide sur ce plan. Mika Biermann dresse un tableau impressionniste, par touches, de la partie de campagne. Certains jugeront qu’il y a trop de sexe dans ce court roman où Une Berthe Morisot sensuelle, libre, épanouie apparaît.

    La peinture est, pour moi, un acte sensuel. Coucher sur la toile un paysage n’est pas neutre il y a la personnalité du peintre (tiens, au fait, comment féminise-t-on ce mot?), les doigts, la main qui actionnent le pinceau glissant sur la toile pour répondre au désir, à la poussée créative, la colère, la frustration lorsque cela ne va pas. C’est aussi un général qui part à la bataille « Sur la palette les couleurs se font la guerre, des hordes de soldats se rentrent dedans, ça saigne. L’artiste se sent l’âme d’un général. Elle commandera au temps et aux choses. »

    Les phrases sont courtes, condensées, vives, le ton est joyeux ; pourtant la nuit amène plus de réflexions. Mika Biermann m’a offert une Berthe Morisot diablement vivante et libre et donne à voire ce qu’était être une femme et une peintre en même temps dans ce XIXème siècle corseté. La rencontre avec le curé et le maire est une belle photo de l’époque. Les deux hommes ne s’adressent qu’à Eugène Manet et l’ignore complètement, voire pire.

    Un livre très (trop) court qui se lit rapidement et j’y ai pris grand plaisir…. Berthe, je vous retrouve au musée d’Orsay lorsque j’aurai le courage de monter à Paris et je regarderai vos tableaux avec un œil qui frise !

    Chroniqué et apprécié un précédent livre de Mika Biermann : Booming
    https://zazymut.over-blog.com/2021/12/mika-biermann-trois-nuits-dans-la-vie-de-berthe-morisot.html

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    Couverture du livre « Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    dubonheurdelire sur Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot de Mika Biermann

    De Berthe Morisot je connais et j’aime la peinture. L’impressionnisme est sans nul doute le courant pictural qui me touche le plus et si vous saviez comme j’aime passer mes journées au Musée d’Orsay lorsque je profite d’un séjour à Paris !

    Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot par...
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    De Berthe Morisot je connais et j’aime la peinture. L’impressionnisme est sans nul doute le courant pictural qui me touche le plus et si vous saviez comme j’aime passer mes journées au Musée d’Orsay lorsque je profite d’un séjour à Paris !

    Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot par Biermann
    Alors lorsque la librairie Privat a sélectionné ce récit pour le prix des lecteurs Privat, je ne pouvais être que ravie.

    Pendant trois journées et trois nuits, Berthe et Eugène, le frère du célèbre Edouard Manet, partent profiter de la campagne. Elle sort chevalet et pinceaux et peint. Mais la peinture n’est pas tout, Berthe est aussi une femme, une femme de désirs dont le mari est bien timide à cet égard. Mais la peinture n’est pas que de l’observation, c’est aussi l’éveil des sens et Mika Biermann nous montre l’importance du désir pour cette peintre.

    Certains jugeront que l’aspect sensuel de ce court récit n’est que peu en relation avec la peinture impressionniste mais pensons au Déjeuner sur l’herbe ! Ce que j’ai aimé dans ce récit, c’est non seulement l’importance accordée aux sens pour faire naître l’art mais aussi ces subtiles descriptions des tableaux de Berthe Morisot au creux des pages. En refermant le récit de Mika Biermann, j’ai replongé avec délice dans les peintures de Berthe Morisot et dans les tableaux impressionnistes en général et mon désir de retrouver le Musée d’Orsay s’est fait un peu plus fort.

    En résumé : les libraires de Privat font toujours une bonne sélection !

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    Couverture du livre « Trois jours dans la vie de Paul Cézanne » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    hanae sur Trois jours dans la vie de Paul Cézanne de Mika Biermann

    CHRONIQUE ISSUE DE : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2020/09/14/trois-jours-dans-la-vie-de-paul-cezanne-mika-biermann/

    Trois jours qui pour moi ont duré 3 heures. Le temps d’un aller-retour dans le métro, l’esprit plongé dans les collines d’Aix-en-Provence avec la montagne Sainte...
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    CHRONIQUE ISSUE DE : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2020/09/14/trois-jours-dans-la-vie-de-paul-cezanne-mika-biermann/

    Trois jours qui pour moi ont duré 3 heures. Le temps d’un aller-retour dans le métro, l’esprit plongé dans les collines d’Aix-en-Provence avec la montagne Sainte Victoire pour horizon.
    Robespierre, Porte de Montreuil, Strasbourg-Saint Denis…Dix mètres sous terre, malgré la masse fourmillante des heures de pointe, j’allais l’esprit ensoleillé, vagabondant dans les carrières de Bibémus, cherchant l’ombre des pins verts. Puis, les yeux posés sur la toile en devenir, j’imaginais déjà les quatre-vingt déclinaisons de l’indolente Sainte Victoire.

    Pour le peintre qui disait que « peindre d'après nature, ce n'est pas copier l'objectif, c'est réaliser ses sensations », le livre lui rend hommage. Pour l’écrivain qui souhaite immortaliser l’instant à travers l’écriture, ces trois jours sont un délice. Un glacis qui apporte intensité et profondeur au personnage précurseur du cubisme.
    Mais contrairement au glacis huileux qui donne à la peinture douceur, onctuosité et absence de traces de pinceaux, le portrait brossé est brut de pomme (clin d’œil de passage à une des obsessions que Cézanne avait sur ce fruit – Nature morte à la Soupière, Compotier, Verre et Pommes).
    Brossé en quelques pages (oserais-je dire quelques coups de crayons ?) l’adresse de l’écriture apporte du relief au portrait, comme le pinceau de l’épaisseur à la matière.

    Nous sommes aux prémices de sa grande série Sainte Victoire, le peintre est brut comme sa toile est vierge.
    Il se révèle ronchon, suant, mal aimable, d’une misanthropie totalement assumée : la garrigue dans ce qu’elle a de plus rustique, animal et sensible à la fois.
    L’écriture de M. Biermann est éclatante, burlesque et rythmée. Pour exalter sa térébenthine dont seul lui a le secret je citerai donc ses mots : « la toile immaculée attend bêtement sur son chevalet, comme une vierge dans un lupanar » et nous partons en promenade avec le peintre à la recherche du motif.

    La création est comme une lutte. Le peintre mange peu, son matériel pèse son poids, il a chaud et hallucine. On frise l’épopée mythologique lorsque surgissent la Sphinge ou le faune alcoolique
    Ces passages surréalistes côtoient le réalisme de la pomme flétrie dans son atelier et l’équilibre est maîtrisé.

    Est-ce parce qu’il voit la création comme une lutte que Cézanne est lui aussi grossier ? Pour peindre la nature, il doit pouvoir s’y confronter. La sauvagerie exsude à travers la garrigue, la toile ne peut contenir l’inspiration brutale qui contamine à la vie : Cézanne retrouve une voisine assassinée, le crâne fracassé par un prussien.

    Renoir son ami, Rembrandt et autres monstres sacrés en prennent pour leur grade. Il est drôle d’entendre dans la bouche d’un grand maître les inepties quelques fois entendues au détour des couloirs d’Orsay ou du Louvre. La critique est malgré tout plus fine que certaines bêtises lorsque l'auteur lui fait dire de Renoir « ses yeux, deux billes noires, ne voient que le bien et le bon. C’est pourquoi sa peinture est mauvaise. »

    Encore une fois, l’écriture d’apparence minimaliste est à lire, relire écouter et voir. Voir, car M. Biermann peint avec les mots. Les paysages éclatent de soleil dans les collines puis s’assombrir dans l’atelier du peintre. L’œil s’habitue à peine à la pénombre qu’il doit faire face à la giclée du grand jour. On ne perçoit plus que les contours, comme les toiles du peintre où le motif se devine. Ecouter car certaines formules sonnent comme une mélodie («des ouvriers posent des tuiles à sécher sur des racks fait de branches de noisetiers ; un contremaître assis sur un tonneau qui chique et crache dans les coquelicots »), d’autres donnent vie à certains mots (« Une chouette hôle: sous de lointains toits un écrivain invente une histoire rien que pour utiliser ce verbe une fois dans sa courte vie »), d’autres encore font sonner les astres (Le gong du Soleil, le bruissement des étoiles…)

    Un récit condensé dans une garrigue foisonnante. Une expérience de lecture qui m’a enivrée si les pages distillaient l’essence de térébenthine. Une chose est sûre peu importe la désinvolture ou la misanthropie du maître, son passage éclair aux côtés de l’immuable Sainte Victoire lui a suffi à marquer l’Histoire de la Peinture.