Mika Biermann

Mika Biermann
Mika Biermann a déjà publié deux romans chez P.O.L (Palais à volonté, 2014, et Mikki et le village miniature, 2015) et deux chez Anarchasis (Un blanc, 2013 et Booming, 2015). De nationalité allemande, écrivant directement en français, il vit et travaille à Marseille.

Avis sur cet auteur (4)

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    Couverture du livre « Trois jours dans la vie de Paul Cézanne » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    FIORINI Géraldine sur Trois jours dans la vie de Paul Cézanne de Mika Biermann

    De très belles descriptions du massif de la sainte Victoire.
    Dans un style surprenant, l'auteur décrit avec une telle précision les décors qu'on pourrait sentir les herbes de Provence. On passe quasiment sans transition du poétique au sordide.
    La langue est rythmée et inhabituelle, mais j'en...
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    De très belles descriptions du massif de la sainte Victoire.
    Dans un style surprenant, l'auteur décrit avec une telle précision les décors qu'on pourrait sentir les herbes de Provence. On passe quasiment sans transition du poétique au sordide.
    La langue est rythmée et inhabituelle, mais j'en garde un souvenir assez mitigé.

    Ce rythme trop rapide pour moi m'a perdue. En effet, je ne suis pas parvenue à m'identifier ni à m'attacher au personnage personnage et suis restée extérieure à l'histoire, simple observatrice du tableau. J'aurais aimé passer plus de temps avec les personnages, aller à leur rencontre et les découvrir. mais je n'ai pas réussi à les suivre.
    Toutefois, l'originalité du style d'écriture et la poésie qui s'en dégage font que ce livre devrait trouver son public !

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    Couverture du livre « Trois jours dans la vie de Paul Cézanne » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    Aurélien sur Trois jours dans la vie de Paul Cézanne de Mika Biermann

    Alerte, ceci est un petit bijou littéraire. Ce tout petit roman, que l'on pourrait presque qualifier de nouvelle, bon on va dire à mi-chemin entre le roman et la nouvelle, est remarquable. Il l'a été d'autant plus pour moi que je ne m'attendais pas à grand chose à la lecture de la quatrième de...
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    Alerte, ceci est un petit bijou littéraire. Ce tout petit roman, que l'on pourrait presque qualifier de nouvelle, bon on va dire à mi-chemin entre le roman et la nouvelle, est remarquable. Il l'a été d'autant plus pour moi que je ne m'attendais pas à grand chose à la lecture de la quatrième de couverture.

    Ce fût donc une excellente surprise. L'auteur nous invite ici à passer quelques jours en compagnie du peintre Paul Cézanne qui a son atelier dans le sud de la France. L'auteur nous dépeint le peintre, pardon "l'artiste peintre", en vieillard plutôt très aigri et je peux vous dire qu'il va s'en passer des choses pendant ces quelques jours, tout ça en à peine 100 pages. je ne vais pas en dire plus, je ne voudrai pas gâcher votre plaisir.

    C'est assez incroyable tout ce que l'auteur arrive à raconter en aussi peu de pages sans donner l'impression de survoler certains évènements. On n'a pas l'impression d'une surcharge non plus. C'est parfaitement équilibré et j'ai trouvé la plume de cet auteur magnifique. On arriverait presque à sentir la térébenthine rien qu'en lisant certains passages !

    Bon il y a bien quelques passages faisant appel à quelques créatures fantasmagoriques que j'ai eu un peu de mal à suivre, cela mériterait bien une seconde lecture pour bien saisir le message caché derrière ces passages.

    Une excellent surprise donc, c'est pour des découvertes comme celle-ci que j'aime la littérature. Un vrai bonbon littéraire à découvrir de toute urgence !

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    Couverture du livre « Roi » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    tatibibibi sur Roi de Mika Biermann

    que voilà un roman particulièrement jubilatoire et de forme très originale . L'histoire se passe à Turpidum dernière cité étrusque à résister à l'envahisseur romain . Il y a du Astérix dans le scénario, du Audiard dans les dialogues....Les dieux y sont poltrons, les vainqueurs fourbes et les...
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    que voilà un roman particulièrement jubilatoire et de forme très originale . L'histoire se passe à Turpidum dernière cité étrusque à résister à l'envahisseur romain . Il y a du Astérix dans le scénario, du Audiard dans les dialogues....Les dieux y sont poltrons, les vainqueurs fourbes et les vaincus exécutés...dans un jaillissement de sang, épique et théâtral...Le roman grouille de figures de styles, de jeux de mots tous plus hilarants ou poétiques les uns que les autres. Haut en couleurs ( ex.34 adjectifs mis bout à bout pour désigner le vert des collines !! faut l'vert !!! euh...faut l'faire !!) , en vocabulaire, en images, en néologismes...Parfois trivial, sauvage ou débridé....La nourriture, les odeurs, la vie gourmande d'un côté, la mort et le sang de l'autre . Plein de vérités et d'aphorismes parfois grotesques déguisés d'une ironie douce-amère ou carrément amère...
    Roman baroque, différent, surprenant, cocasse mais tout compte fait , belle peinture impressionniste et impressionnante de la nature humaine !
    Mérite carrément d'être découvert !!

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    Couverture du livre « Booming » de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

    Colette LORBAT sur Booming de Mika Biermann

    Booming sent bon la petite ville américaine florissante, avec ses commerces, son saloon, son sheriff, ses indiens, ses bandits, son croque-mort… bref, une ville du far West florissante. Quoi, ce n’est pas ça ? Lorsque l’on s’appelle Booming….

    Lee Lightouch, longiligne anglais amoureux de la...
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    Booming sent bon la petite ville américaine florissante, avec ses commerces, son saloon, son sheriff, ses indiens, ses bandits, son croque-mort… bref, une ville du far West florissante. Quoi, ce n’est pas ça ? Lorsque l’on s’appelle Booming….

    Lee Lightouch, longiligne anglais amoureux de la peinture et Pato Conchi, colombien petit, bien en chair et leurs mules, en auront un tout au avis lorsqu’arrivés à Townsend ils demandent la direction de Booming
    « Le barman chauve expédia un mollard dans le crachoir.
    - Personne ne va jamais à Booming
    - -Pourquoi pas ?
    - N’y a rien là-bas »
    Pourquoi ces deux hommes qui font penser à Don Quichotte et Sancho Panza veulent-ils aller à Booming ? C’est là que l’histoire diverge par rapport à Don Quichotte. Pato Conchi veut y retrouver sa Dulcinée, sa Conchita enlevée par Kid Padoon.
    Ami lecteur, amie lectrice cartésiens, sautez de votre mule, restez à Townsend, je repasse vous chercher à la fin de cette chronique.
    Bon, retrouvons nos deux cow-boys à l’entrée de Booming devant un indien assis immobile mais qui semble vivant, sauf qu’il est dur comme une statue, mais intransportable.
    « A l’œil nu, les cheveux ressemblaient à de vrais cheveux, la peau à de la vraie peau. Au toucher, tout avait la dureté de la pierre. La rigidité du fer. La densité du bois. »
    Peu après, Pato s’enfonce un brin d’herbe dans la chaussure, sauf que… l’herbe est dure et tranchante comme du fer, qu’ils ne peuvent la déterrer.
    Avec précaution, ils continuent leur chemin pour entrer dans Booming. Tout est immobile, même le soleil ne bouge pas, un vrai décor de cinéma. Plus loin, un homme est dans le même état que l’indien.
    Bienvenue à Booming où même les mouches sont arrêtées dans leurs vols, ville sans bruit, sans mouvement, sans odeur.
    Les deux hommes se séparent et, à ce moment, la vie reprend ou, ils se promènent au milieu des « statues » et font dévier la balle qui devrait tuer…
    Ces « arrêts sur image » racontent la violence qui règne à Booming sous la coupe de Kid Padoon et sa bande.
    Bref, Mika Biermann s’amuse, se joue des codes, des dimensions, du temps… La chronologie est bafouée avec allégresse, les histoires se croisent dans le temps, tout semble fou sens dessous-dessus, mais, que nenni, l’auteur sait où il nous emmène et tricote son histoire avec précision. Un point à l’endroit, un point à l’envers, puis reprend la maille plus haut… pour une écharpe qui s’enroule agréablement autour de mon cou. Une histoire qui ne me fait pas lâcher le livre.
    Plus que ce western hors d’âge, pas comme les infâmes whiskies que se tapent Lightouch, il y a l’amitié intemporelle entre ces deux hommes que tout devrait séparer.
    Ce roman est superbement construit, déconstruit puis reconstruit, tout ceci avec brio, sans jamais perdre le fil. J’y ai perdu la tête, l’ai retrouvée pour mieux être comblée par la maîtrise de l’écriture
    Bref, entre western classique avec les bons, les méchants, les truands, les pendaisons, les filles de joie, le sheriff corrompu et ivrogne… et western quantique, selon la 4ème de couverture et que je ne saurais vous expliciter, j’ai passé un moment de lecture comme je les aime.
    La couverture du livre concoctée par Anacharsis est parlante, après coup ; Un cow-boy en plastique sur son cheval et son petit carré d’herbe verte, posé sur un décor genre Colorado.