Michele Audin

Michele Audin
Michèle Audin s'intéresse aux mathématiques, à l'histoire, à la littérature et aux relations entre ces trois activités. Elle a été élue en 2009 membre de l'Oulipo.

Articles (3)

Avis (5)

  • Couverture du livre « Comme une rivière bleue ; Paris 1871 » de Michele Audin aux éditions Gallimard

    Stephane Bret sur Comme une rivière bleue ; Paris 1871 de Michele Audin

    Peu de romans ou d’essais historiques sont consacrés à la Commune de Paris .Est-ce dû à la brièveté de l’événement ? À son caractère d'utopie révolutionnaire inenvisageable ? Probablement un peu de tout cela .Michèle Audin, dans son récit Comme une rivière bleue évoque cette période, non pas du...
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    Peu de romans ou d’essais historiques sont consacrés à la Commune de Paris .Est-ce dû à la brièveté de l’événement ? À son caractère d'utopie révolutionnaire inenvisageable ? Probablement un peu de tout cela .Michèle Audin, dans son récit Comme une rivière bleue évoque cette période, non pas du point de vue global de l’histoire, mais de celui des Communards de base, ceux des quartiers en pleine ébullition, des faubourgs populaires, de ceux qui tiennent des réunions enflammées par la passion de transformer le monde.
    Michèle Audin ne manque pas de décrire avec fougue et conviction ce qu’éprouvent à titre privé et dans leur for intérieur les Communards, comment ils s’aiment, se querellent, se retrouvent .Le récit s'articule en descriptions successives des quartiers parisiens juste après la proclamation de la Commune en mars 1871 .On arpente ainsi la place de Grève, le onzième arrondissement, le Faubourg Saint-Antoine, le quai Conti .Mais c’est la prise du journal Officiel qui est présentée comme l’une des premières décisions de la Commune, c’est l’occasion d’y présenter les personnages que l’on retrouvera à travers la récit :Emilie Lebeau, Pierre Vésinier, Florris Piraux ,Paul Vapereau,Charles Longuet .On y croise bien sûr les grandes figures de la Commune, Jules Vallès qui s’écrit : « Quelle journée !Ce soleil tiède et clair qui dore la gueule des canons, cette odeur de bouquets, le frisson des drapeaux !le murmure de cette révolution qui passe tranquille et belle comme une rivière bleue … ».
    Mais que se passe-t-il de décisif ? Michèle Audin nous le rappelle en évoquant les décisions de la Commune, celle d’Edouard Vaillant proposant une paie identique aux instituteurs et institutrices, ou la création d’une autogestion au travail, la suppression des amendes frappant les ouvriers : « Il faut signaler aussi, le 3 mai, le projet de règlement très autogestionnaire soumis à l’approbation de la Commune par cinq cents ouvriers des ateliers de repartions et transformation d’armes du Louvre. »
    Le récit de Michèle Audin s’attache aussi à la vie quotidienne dans les quartiers, aux bals organisés, à l’évocation de la joie qui éclate, des sentiments qui débordent d’intensité : « Cette nuit-là….Les soucis, le manque de pain, ça bouffait le désir et la joie .L’espoir né des dix derniers jours, dont la fête a révélé l’ampleur (…) Embrasse-moi, camarde ! Aime-moi camarade !(…) C’est une grande soif de bonheur, c’est la joie de ce bonheur enfin trouvé, Et Paris s’endort dans ces souffles haletants. »

    Autre point historique souligné par Michèle Audin : le rôle joué par les Francs-maçons lors de la Commune de Paris et déjà illustré dans Les chemins de la fraternité de Jean-François Nahmias, roman historique consacré également à cet événement. Beau texte, qui nous introduit dans les cœurs et les âmes des Communards, comme pour réhabiliter-mais en a-t-elle vraiment besoin ?-l’utopie, cette vielle lubie humaine .La mort de la Commune est décrite à la fin du roman : exécutions massives, évasions de certains, déportations en Nouvelle-Calédonie, à l’instar de Louise Michel. Concluons avec le bel hommage de Ferrat, en 1971 :

    « Devenus des soldats
    Aux consciences civiles
    C'étaient des fédérés
    Qui plantaient un drapeau
    Disputant l'avenir
    Aux pavés de la ville
    C'étaient des forgerons
    Devenus des héros »

  • Couverture du livre « Mademoiselle Haas » de Michele Audin aux éditions Gallimard

    Patrice LAURENT sur Mademoiselle Haas de Michele Audin

    Le livre retrace des épisodes de vie de jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans, et ce sur une période couvrant les années 30 (de 1934 à 1941).

    On y croise à chaque fois "Mademoiselle Haas" puisque c'est le pari de Michèle Audin d'avoir donné à chacune de ses "héroïnes" ce patronyme : Léopoldine,...
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    Le livre retrace des épisodes de vie de jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans, et ce sur une période couvrant les années 30 (de 1934 à 1941).

    On y croise à chaque fois "Mademoiselle Haas" puisque c'est le pari de Michèle Audin d'avoir donné à chacune de ses "héroïnes" ce patronyme : Léopoldine, fraiseuse, Peroline, accoucheuse, Albertine, femme de ménage...

    La narration est originale puisqu'elle différe selon les histoires : le témoignage de l'une est recueillie sous la forme d'un formulaire à remplir, l'un des récits est constitué de nombreux renvois en bas de page, où encore l'un des chapitres alterne entre l'histoire d'Albertine et les informations de l'époque.

    Ce sont ainsi de jolis portraits de femmes que Michèle Audin s'évertue à faire revivre dans ce livre, d'illustres inconnues qui, au final, nous racontent aussi ce que fut notre histoire.

    Finaliste du prix Orange 2013 avec "Une vie brève", Michèle Audin répondait ainsi à la question "Qu'aimeriez-vous partager avec les lecteurs en priorité ?" : "le fait que la littérature, l'écriture, peuvent aider à appréhender, à comprendre l'histoire". Même si certains portraits auraient gagné à être plus développés, la mission est tout à fait remplie dans ce livre. Elle nous rappelle au demeurant que 37 femmes du nom de Haas sont répertoriées dans le Mémorial de la Shoah.

  • Couverture du livre « Une vie brève » de Michele Audin aux éditions Gallimard

    Michèle FINANCE sur Une vie brève de Michele Audin

    Michèle Audin nous parle de son père et c'est une belle histoire, une histoire d'amour entre un père et sa fille, c'est toujours une belle histoire. J'ai perdu le mien quand j'avais 14 ans et j'essaie encore aujourd'hui d'imaginer ce père qui me manque tellement. Celui de Michèle Audin est mort...
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    Michèle Audin nous parle de son père et c'est une belle histoire, une histoire d'amour entre un père et sa fille, c'est toujours une belle histoire. J'ai perdu le mien quand j'avais 14 ans et j'essaie encore aujourd'hui d'imaginer ce père qui me manque tellement. Celui de Michèle Audin est mort à 25 ans, torturé. Un homme aimant et aimé qui avait des projets et qui n'a pas eu le temps de les réaliser. Le texte de Michèle Audin est beau, juste. Une quête, un besoin de dire ce qui reste là, coincé, au fond du coeur, dit ou pas dit mais qui empêche de dormir. C'est écrit avec amour mais c'est aussi, et cela est important, un appel à la vérité.

  • Couverture du livre « Une vie brève » de Michele Audin aux éditions Gallimard

    Sandrine Fernandez sur Une vie brève de Michele Audin

    Maurice Audin, jeune assistant de mathématiques à l'université d'Alger, membre actif du Parti communiste algérien, militant anticolonialiste, est arrêté par l'armée française le 11 juin 1957, à Alger. Dix jours plus tard, il est déclaré mort. Officiellement, il n'aurait pas survécu à une...
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    Maurice Audin, jeune assistant de mathématiques à l'université d'Alger, membre actif du Parti communiste algérien, militant anticolonialiste, est arrêté par l'armée française le 11 juin 1957, à Alger. Dix jours plus tard, il est déclaré mort. Officiellement, il n'aurait pas survécu à une tentative d'évasion lors d'un transfert. Plus vraisemblablement, c'est sous la torture des parachutistes du général Massu qu'il a perdu la vie. Il avait 25 ans, il était marié et père de trois enfants.
    Plus de 50 ans après les faits, sa fille Michèle a voulu rassembler les bribes de cette vie si brève, sans s'appesantir sur sa disparition, juste en évoquant le fils, le frère, le mari, le père, l'homme qu'il était et les traces qu'il a laissées.

    Difficile pour Michèle AUDIN de faire appel à ses seuls souvenirs pour parler de son père; elle avait 3 ans à peine quand il a disparu. Alors tout prend valeur de document précieux : les rares photos, les carnets où il notait les dépenses du ménage, le témoignage de ceux qui l'ont connu. C'est sans doute une façon pour elle d'apprendre à le connaitre, de creuser derrière le personnage dramatique. Mais elle ne peut qu'imaginer, supputer, lui prêter des sentiments et des intentions sans savoir s'ils sont réels. On sent comme une détresse devant tout ce dont elle a été privé : ses colères, ses erreurs, son parfum, ses goûts, son humour, ses défauts, tout ce qui est banal, tout ce qui fait aussi un père, tout ce qui se rapporte à l'intime. Il était mathématicien, elle est mathématicienne, est-ce là une façon d'établir un lien avec lui ?
    En rassemblant les morceaux épars de la courte vie de son père, elle répond à ceux qui ont voulu effacer son existence, ceux qui ont menti, ceux qui ont nié, ceux qui n'ont pas eu le courage de rendre son corps torturé à sa famille.
    Un beau témoignage d'amour d'une fille pour son père, qui évite le larmoyant et le pathétique pour simplement montrer que derrière l'"Affaire Audin", il y avait un homme, Maurice Audin.

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