Melvin Kelley Willia

Melvin Kelley Willia

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Avis (4)

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    Couverture du livre « Un autre tambour » de Melvin Kelley Willia aux éditions Delcourt Litterature

    Anita Millot sur Un autre tambour de Melvin Kelley Willia

    Sutton 1957. Tucker Caliban, descendant d’esclave, détruit ses cultures, tue son cheval et sa vache, brûle sa maison et part sans se retourner avec Bethrah, sont épouse enceinte et leur bébé. Dans les jours qui suivent, la totalité de la population noire va quitter l’état.
    Stupéfaits, les...
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    Sutton 1957. Tucker Caliban, descendant d’esclave, détruit ses cultures, tue son cheval et sa vache, brûle sa maison et part sans se retourner avec Bethrah, sont épouse enceinte et leur bébé. Dans les jours qui suivent, la totalité de la population noire va quitter l’état.
    Stupéfaits, les blancs tentent de trouver une explication et vont écouter Mr Harper leur narrer l’histoire (ou la légende ?…) de l’Africain, esclave d’une force surhumaine et ancêtre de Tucker Caliban, acheté par Dewitt Willson à New Marsails.
    Harry Leland et son fils Harold, âgé de huit ans et surnommé “Monsieur Leland” sont probablement les seuls à Sutton à éprouver une vraie estime pour Tucker Caliban.
    Dewey Willson III qui a grandi avec Tucker aimerait comprendre ce qui a pu déclencher ce départ collectif et plonge dans les souvenirs familiaux, non sans un sentiment de culpabilité pour cette vieille histoire de bicyclette …
    Et si le prêcheur noir était finalement le coupable ?…
    Édité en 1962, on imagine aisément la petite “bombe” littéraire que fut ce texte superbe d’un jeune auteur noir de vingt-quatre ans … Un sobre mais non moins magnifique récit d’un exode programmé afin de tenter de mettre fin à une époque condamnée et condamnable …

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    Couverture du livre « Un autre tambour » de Melvin Kelley Willia aux éditions Delcourt Litterature

    NADIA D'ANTONIO sur Un autre tambour de Melvin Kelley Willia

    « Le géant oublié de la littérature américaine » a écrit le « New Yorker » pour William Melvin Kelley et ceci figure sur la couverture du livre : « Un autre tambour » (« A Different Drummer »), initialement publié en 1962 (aux États-Unis) - traduit par Lisa Rosenbaum – « relu et actualisé , et...
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    « Le géant oublié de la littérature américaine » a écrit le « New Yorker » pour William Melvin Kelley et ceci figure sur la couverture du livre : « Un autre tambour » (« A Different Drummer »), initialement publié en 1962 (aux États-Unis) - traduit par Lisa Rosenbaum – « relu et actualisé , et publié en France par les Éditions Delcourt en 2019.

    On trouve le titre dans l'épigraphe avec un extrait de « Walden » de Henry David Thoreau :
    « Quand un homme ne marche pas du même pas que ses compagnons, c'est peut-être parce qu'il entend battre un autre tambour.
    Qu'il accorde donc ses pas à la musique qu'il entend, quelle qu'en soit la mesure ou l'éloignement. »

    Dans la Préface, (qui n'est pas nommée), on lit : « La difficulté, une fois un livre écrit, surtout le premier, c'est que, quand vous atteignez l'âge de vingt-trois ans, vous vous sentez obligé envers tant de personnes que vous ne savez pas à laquelle vous allez la dédier. »
    On passe au premier chapitre avec un « Extrait de l'almanach de poche, 1961 : Un État situé dans le centre sud-est de l'extrémité Sud. (…) Capitale : Wilson City – le pays natal de Dewey Willson qui naquit à Sutton, une petite ville. » (Une ville imaginaire).

    L'histoire débute avec une légende, celle de « L'Africain », une vraie force de la nature, qui arrive sur un bateau négrier.
    Puis on assiste, dans ce roman choral, en juin 1957, à un événement inattendu et incroyable, le départ d'un exode massif et spontané, initié par Tucker Caliban : les Blancs voient avec stupéfaction, les Noirs de la population de Sutton, quitter la ville.
    Leur devise : « Par l'honneur et par les armes, nous osons défendre nos droits. »

    Ce problème de ségrégation raciale est très ancien et nombreux sont les romans (ou films) qui l'ont évoqué. Certains diraient : un livre de plus ? Eh bien pour ma part, je ne trouve pas que ce soit un livre de trop car ceux qu'on appelle des Noirs (certains osent même encore, dire « Négros »), auraient dû avoir les mêmes droits que les Blancs – mais c'était une question de « couleur de peau » et malheureusement, cela continue encore. Il a fallu que de nombreux auteurs écrivent des ouvrages sur ce sujet (je pense immédiatement à Toni Morrisson – Kathryn Stockett – Harper Lee – Richard Wright – sans oublier, surtout pas, l'inoubliable « La Case de l'Oncle Tom » de Harriet Beecher-Stowe et bien d'autres).

    William Melvin Kelley a écrit de son roman : « Personne ne prétend que cette cette histoire est entièrement vraie. Ça a dû commencer comme ça, mais quelqu'un, ou des tas de gens, ont dû penser qu'ils pouvaient améliorer la vérité, et ils l'ont fait. Et c'est une bien meilleure histoire parce qu'elle est faite à moitié de mensonges. Il n'y a pas de bonnes histoires sans quelques mensonges. »

    Je me suis donc laissée entraîner avec cette multitude de personnages qui emportaient tout ce qu'ils pouvaient ou bien leurs quelques maigres possessions, en quête d'un lieu plus hospitalier (avec en fond sonore, un roulement de tambour rythmant tristement leur sort.)
    Tucker Caliban, descendant donc du fameux « Africain », avait commencé par se faire livrer des tonnes de sel pour en recouvrir son champ (le détruisant ainsi) – puis il a abattu son cheval, sa vache – il incendia sa maison et quitta sa ville. C'est ainsi que le reste de la population noire de Sutton déserta aussi.

    Comment peut-on expliquer cet exode massif et spontané ? La ville étant ainsi privée d'au moins un tiers de sa population, quelles vont en être les conséquences ? Cette histoire est racontée par les Blancs éberlués, ceux qui restent « chez eux ».
    Et la question qui se pose est : « Comment en est-on arrivé là ? ». Quel a été le « déclencheur » ?

    Évidemment l'auteur pose ainsi la « question raciale » ce qui, à son époque, était plutôt inédit. Et pourtant …
    C'est un livre très fort - engagé bien sûr – un ouvrage sur le racisme des années 1960 en Amérique.
    Je pèse mes mots en disant que ce roman est exceptionnel car on ne peut pas l'oublier de sitôt.

    Quant aux éloges, ils sont nombreux et unanimes. Par exemple : « Une oeuvre d'une profonde originalité. (…) Un puissant mélange de mythologie, de commérages, d'histoire, d'idées politiques et de drame familial. » (The Wall Street Journal) - « Ce roman féroce et brillant est écrit avec autant de compassion que de rage. Un mythe qui colle à la réalité. » (The Guardian). Mais je ne cite que ceux-ci et on en trouve d'autres sur le rabat de la couverture.

    Nota (important) : Lire la biographie de William Melvin Kelley écrite par Jessica Kelley – à la fin de l'ouvrage).

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    Couverture du livre « Un autre tambour » de Melvin Kelley Willia aux éditions Delcourt Litterature

    lireencore93420 sur Un autre tambour de Melvin Kelley Willia

    L'auteur est décédé en 2017, il a écrit trois livres, c'est "un homme noir écrivant sur le point de vue des blancs". Après ce troisième livre, il n'est plus arrivé à se faire publier, son deuxième roman seras rééditée par les éditions DELCOURT en 2020.
    1957, SUTTON, ville imaginaire, un bateau,...
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    L'auteur est décédé en 2017, il a écrit trois livres, c'est "un homme noir écrivant sur le point de vue des blancs". Après ce troisième livre, il n'est plus arrivé à se faire publier, son deuxième roman seras rééditée par les éditions DELCOURT en 2020.
    1957, SUTTON, ville imaginaire, un bateau, des esclaves, DEWIT Wilson est très intéressée par un esclave de stature impressionnante, mais l'homme malgré qu'il soit attaché se rebelle et se sauve, Wilson se mets à sa recherche, et quand il le retrouve et le tue et hérite de son bébé : Tucker qui va élever.
    J'ai beaucoup aimé ce livre ou on ressent l'atmosphère de cette époque, qui nous semble impensable à notre époque.
    Chaque chapitre est représenté par un personnage différent ou l'exode des noirs est vue par la population de la ville, c'est très intéressant, comme cela nous permet de comprendre plusieurs points de vue de la trame.
    C'est vraiment une belle fable, ou l'auteur on comprends vite, ne prends ni le parti des noirs, ni le parti des blancs, il est vraiment neutre.
    J'ai vraiment apprécié comment il a dépeint les personnages et la façon qui les as reliés, pour faire une véritable histoire, c’était vraiment très intéressant.
    Evidemment, on ne peut qu'être émue et bouleversé, à la lecture de ce livre, les temps sont durs, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ces années étaient extrêmement effroyables et que c'est incroyable que ces hommes et femmes et leurs enfants ont pu vivre cela, sans une aide extérieure.
    J'essayerais de me procurer le deuxième livre de cet auteur, car son écriture est très belle, et on s'imprègne très vite du contexte.

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    Couverture du livre « Un autre tambour » de Melvin Kelley Willia aux éditions Delcourt Litterature

    Catherine L sur Un autre tambour de Melvin Kelley Willia

    Ce roman écrit par un jeune auteur de vingt-trois ans, et publié une première fois en 1962, était plus ou moins tombé dans l’oubli, jusqu’à sa réédition l’année dernière, suivie de cette parution française. Ce roman au ton singulier est situé dans un état imaginaire du sud des États-Unis, entre...
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    Ce roman écrit par un jeune auteur de vingt-trois ans, et publié une première fois en 1962, était plus ou moins tombé dans l’oubli, jusqu’à sa réédition l’année dernière, suivie de cette parution française. Ce roman au ton singulier est situé dans un état imaginaire du sud des États-Unis, entre le Mississippi et l’Alabama, en 1957. Un jour, un groupe d’hommes blancs oisifs observe un camion qui va livrer du sel en grande quantité à Tucker Caliban. C’est un fermier noir, descendant du mythique Africain, esclave de Dewitt Willsson, le général sudiste emblématique de ce état. Ce qu’observent ces hommes, et un jeune garçon surnommé « Monsieur Leland », est particulièrement étrange. Tucker Caliban, laissant derrière lui les ruines fumantes de sa ferme, quitte l’état. D’autres noirs, puis tous les habitants de Sutton prennent leur valise, montent qui à bord de l’autobus, qui dans une voiture, et partent pour une destination inconnue.
    Plusieurs points de vue se succèdent au fil du roman, qui, s’il n’est pas très long, n’en est pas moins dense, avec ses voix multiples. Ce sont les blancs qui commentent ce départ, la famille Willson en particulier, qui a toujours entretenu des relations embarrassées avec ses domestiques, relations qu’il est passionnant de voir développées, sans explication psychologique, simplement des faits qui parlent d’eux-mêmes.
    C’est un enchantement de lire entre les lignes, de relier les personnages, de comprendre leurs motivations, leurs limites et leurs renoncements. Il y a beaucoup à deviner, à déduire, de phrases ou de paragraphes parfois sibyllins, et la lecture n’en est que plus réjouissante.
    J’ai eu du mal à croire à l’âge de l’auteur, tant la construction est maîtrisée et les personnages incarnés, vivants, complexes. J’attendrai avec intérêt un autre de ses romans (il n’en a écrit que quatre) que Delcourt publiera en 2020. Celui-ci m’a rappelé le roman beaucoup plus récent La route de nuit de Laird Hunt, l’un comme l’autre continuent leur chemin après lecture, au lieu de s’évaporer comme bien d’autres. Un achat de rentrée qui correspond parfaitement à mes attentes !

    avec les extraits : https://lettresexpres.wordpress.com/2019/09/26/william-melvin-kelley-un-autre-tambour/

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