Maureen Demidoff

Maureen Demidoff
Née en 1970, Maureen Demidoff est anthropologue de formation. Pour des raisons familiales, elle part vivre à Moscou de 2007 à 2015 et y fonde le site Russieinfo.com dont elle est toujours la responsable éditoriale. Autres parutions : Vivre la Russie (2014), Portraits de Moscou (2013) chez Hika... Voir plus
Née en 1970, Maureen Demidoff est anthropologue de formation. Pour des raisons familiales, elle part vivre à Moscou de 2007 à 2015 et y fonde le site Russieinfo.com dont elle est toujours la responsable éditoriale. Autres parutions : Vivre la Russie (2014), Portraits de Moscou (2013) chez Hikari Editions.

Avis (8)

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    Couverture du livre « La tête et le cou ; histoires de femmes russes » de Maureen Demidoff aux éditions Syrtes

    hendrycks jennifer sur La tête et le cou ; histoires de femmes russes de Maureen Demidoff

    Ce document est instructif historiquement et socialement. Il balaye plusieurs domaines de la vie en Russie sur plusieurs époques. Il est riche en informations à condition de prendre du recul et de se positionner à distance de ce qu’on y lit, afin de rester objective dans sa compréhension ; et...
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    Ce document est instructif historiquement et socialement. Il balaye plusieurs domaines de la vie en Russie sur plusieurs époques. Il est riche en informations à condition de prendre du recul et de se positionner à distance de ce qu’on y lit, afin de rester objective dans sa compréhension ; et ainsi, de ne pas risquer de tomber dans les clichés qu’il peut malgré lui véhiculer.

    Le titre reste vague et ne se pose pas comme porteur de vérité absolue sur la vie de toutes les femmes russes, ce qui est plutôt judicieux au vu des témoignages pétris de jugements et parfois de manque d’ouvertures à l’autre que l’on peut y lire.

    Ces femmes parfois en complète contradiction sur leurs aspirations nous touchent tout autant qu’elles nous crispent.

    Ces témoignages nous éclairent sur le déterminisme social que la propagande et la fermeture sur le reste du monde peuvent entrainer encore aujourd’hui.

    Lors de la lecture, il ressort qu’un nombre important de familles préfèrent manquer de liberté et voir leurs droits bafoués à condition d’avoir la sensation de vivre correctement. Le collectif pourtant si valorisé est finalement relayé au second plan lorsqu’il s’agit pour chacun de tirer son épingle du jeu. Peu importe les autres et les injustices, si moi, je survis !


    Le petit éclairage de fin écrit par Hélène Yvert-Jalu même si nécessaire parait peu suffisant. Il reste beaucoup de questionnement et une sensation peut être d’inaboutissement lors de l’achèvement de la lecture.

    Ces femmes tristes et raisonnables nous entrainent dans la morosité et semblent avoir peu d’espoir pour imaginer un avenir plus joyeux. Leurs vies laissent peu de place à l’envie et à la passion. Malgré le recul du droit des femmes et/ou le peu d’avancé, la mobilisation autour de cette question ne semblent pas beaucoup les intéresser ; ce qui est peu réjouissant pour les générations futures.

    Les femmes utilisent le « nous » systématique pour évoquer le peuple russe et nie de fait leurs individualités et différences. Il s’avère pourtant (fort heureusement) que leurs pensées ne sont jamais complètement uniformes bien que selon les générations elles se rassemblent tout autant qu’elles se ressemblent.
    Reste l’espoir que l’uniformisation et la propagande soit combattu et que « les prochaines » femmes russes soient des citoyennes du monde tout autant que des citoyennes russes.

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    Couverture du livre « La tête et le cou ; histoires de femmes russes » de Maureen Demidoff aux éditions Syrtes

    Miss Marple sur La tête et le cou ; histoires de femmes russes de Maureen Demidoff

    Joli titre..dure réalité que la vie des Russes, hommes, femmes et enfants : je devrais dire dures vies..puisque nous balayons 60 ans en un livre. De la mort de Staline..dont je ne me souviens pas, j’avais 1 an !! à Poutine, le dernier homme fort de ce pays immense. Si, en tant que française,...
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    Joli titre..dure réalité que la vie des Russes, hommes, femmes et enfants : je devrais dire dures vies..puisque nous balayons 60 ans en un livre. De la mort de Staline..dont je ne me souviens pas, j’avais 1 an !! à Poutine, le dernier homme fort de ce pays immense. Si, en tant que française, j’ai été spectatrice de la plupart des événements cités ici, les conséquences pour les russes sont parfaitement expliquées. Et s’il est vrai qu’européenne de l’ouest, j’ai partagé la joie à la chute du mur de Berlin et des autres murs, bâtis ou non à cette époque, j’ai peu réfléchi aux changements opérés par la perestroïka ou ce qu’ils appellent « période de transition ». Les files d’attente dans les magasins vides existaient avant..les passe droit aussi, on les connaissait, mais la vie du petit peuple..peu.

    Trois générations de femmes parlent, apparemment avec franchise et s’il y a des différences sensibles entre elles, je n’ai trouvé que des nuances en fait ! elles sont toutes solides, battantes, responsables de leur vie, prêtes à tout pour «  survivre » , ce mot qui revient comme une antienne : divorce, séparations, changements de cap, résilience et ce depuis bien avant le communisme .

    C’est justement cette mise en perspective qui m’a intéressée : oui il s’agit des femmes russes, mais bien plus des Russes en général, de leur capacité à se maintenir en vie quoi qu’il se passe dans leur pays, ils s’adaptent à tout, n’oublient pas qu’ils sont russes avant tout et repartent d’un pied nouveau.


    Ces histoires de vie se répondent, certaines vivent ou ont vécu à l'étranger, ont été élevées en ville ou en campagne, pauvres ou favorisées, toutes parlent de leur pays avant tout et de Poutine qu'elles aiment ou détestent mais qu'elles approuvent d’être l'homme fort dont elles rêvent toutes pour elles mêmes et pour leur pays.

    Seule la dernière est sensiblement différente, la plus jeune espère un changement dans les mentalités des femmes et des hommes, des mères et de leur fils, et ambitionne que sa génération élèvera ses fils comme des hommes et non comme des « petits chéris à sa maman », rompant ainsi des siècles d'éducation à la Russe,

    J'ai appris et compris certaines attitudes du peuple russe, j'ai apprécié ce livre à sa juste valeur...un témoignage mais regrette cependant l'impression qu'il me laisse de répéter la même histoire encore et encore, sans doute car quoi qu'on dise, parfois l'histoire se répète !

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    Couverture du livre « La tête et le cou ; histoires de femmes russes » de Maureen Demidoff aux éditions Syrtes

    Virginie Vertigo sur La tête et le cou ; histoires de femmes russes de Maureen Demidoff

    Dans cet ouvrage fort intéressant, Maureen Demidoff nous offre des témoignages de femmes russes de plusieurs générations permettant de dresser un portrait du pays, des relations intergénérationnelles et des relations hommes-femmes : « J’ai alors demandé à des femmes, choisies au gré des...
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    Dans cet ouvrage fort intéressant, Maureen Demidoff nous offre des témoignages de femmes russes de plusieurs générations permettant de dresser un portrait du pays, des relations intergénérationnelles et des relations hommes-femmes : « J’ai alors demandé à des femmes, choisies au gré des rencontres sans autre logique que de réunir trois générations de femmes issues de milieux et d’univers différents, de me raconter leur Russie afin de comprendre comment trois générations d’individus peuvent vivre ensemble aujourd’hui en ayant grandi avec des idéologies et des valeurs si contradictoires ».
    Leur pays, elles l’aiment toutes, chacune à leurs manières. Les plus anciennes regrettent que les jeunes générations soient plus tournées vers l’argent, le carriérisme mais dans l’ensemble, comme le dit Tatiana, née en 1955 : « … ce qui ne change pas, c’est que plus le temps passe, plus notre sentiment patriotique est fort ». La nostalgie du communisme est fortement présente, notamment dans les générations qui ont subi de plein fouet les années noires de transition (années 90). Cette nostalgie et ce patriotisme prégnants expliquent bien pourquoi Poutine est si populaire en Russie. J’entendais souvent mon père dire que les Russes avaient besoin d’hommes de poignes, de rudesse pour s’affirmer… il n’avait pas vraiment tort…
    La question des relations hommes-femmes est aussi un thème fort dans l’ouvrage. Et force est de constater que le regard qu’elles ont sur leurs pères, maris ou compagnons est bien souvent impitoyable. Elles les considèrent comme incapables, faibles. Maureen Demidoff analyse d’avantage cette vision en apportant à son ouvrage le témoignage d’un homme psychanalyste et une postface de Hélène Yvert-Jalu, une chercheuse spécialisée dans la Russie. Cette vision négative de l’homme est liée à une société certes très traditionnelle mais aussi très matriarcale. Les femmes sont la tête et le cou de la société russe. Des mesures prises au XXe siècle ont encouragé involontairement cette structure familiale matri-centrée. Par exemple, un décret de 1944 donnait la possibilité aux hommes, afin de redresser la démographie, d’engendrer des enfants naturels sans responsabilité. De fait, les attitudes négligentes des hommes se sont multipliées. L’alcoolisme, qui est un véritable fléau, vient accentuer davantage l’irresponsabilité de certains hommes. De fait, la femme russe vit dans un paradoxe où elle cherche le mariage avec un homme fort, à responsabilité tout en ne lui faisant pas confiance. L’amour semble bien souvent reléguer au second plan, il ne peut pas faire partie du mode de fonctionnement quotidien.
    J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage qui nous permet d’en savoir un peu plus sur la société russe contemporaine. Je regrette cependant qu’il n’y ait pas de témoignages d’hommes. Le seul homme qui donne son avis réagit en tant que psychanalyse, non en tant qu’individu. La postface est intéressante mais aurait mérité d’être plus étoffée je pense. Bref, un ouvrage qui aurait pu être davantage exploité mais qui reste somme toute très intéressant.

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    Couverture du livre « La tête et le cou ; histoires de femmes russes » de Maureen Demidoff aux éditions Syrtes

    Virginie H sur La tête et le cou ; histoires de femmes russes de Maureen Demidoff

    Quinze portraits de femmes russes, confrontées aux changements de leur pays, souvent nostalgiques de l'ère communiste pour les plus âgées, mais surtout en plein désarroi féminin dans un cercle vicieux que certaines analysent parfois finement. Elles se positionnent comme des piliers de cette...
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    Quinze portraits de femmes russes, confrontées aux changements de leur pays, souvent nostalgiques de l'ère communiste pour les plus âgées, mais surtout en plein désarroi féminin dans un cercle vicieux que certaines analysent parfois finement. Elles se positionnent comme des piliers de cette société où elles sont majoritaires, fortes, volontaires, souvent "survivantes" dans un monde où il faut faire preuve de débrouillardise.

    La femme russe rêve, toutes générations confondues, d'un homme "fort", d'un "vrai mec" qui les protège (en ce sens, certaines idéalisent Poutine qui a su redresser le pays, le remettre sous contrôle dès les années 2000) et pourtant, elles ont pris la place des hommes, assurant la subsistance, l'éducation de leurs enfants. Au travers de ces interviews, ces femmes racontent une société matriarcale avec ses défauts et ses lacunes, elles dévoilent leurs vies dans un système souvent monoparental (les hommes sont "morts" (la guerre, l'alcool et plus simplement l'absence, la démission du cadre familial).

    Qu'importe l'amour ou le bonheur conjugal, seul le pragmatisme d'une vie épanouie semble importer, l'homme n'est là que pour fournir le confort et la sécurité et s'il défaille, c'est le divorce ! Tant d'ambivalences entre féminisme et traditionalisme désarçonne : s'agit-il des rémanences de la culture slave ? Ce document interroge sur leur place et leurs espoirs, savent-elles vraiment ce qu'elles veulent ?

    Leurs discours mêlent leurs opinions sur les hommes, sur le régime, sur les valeurs familiales, sur le patriotisme, sur la religion aussi.

    Un document particulièrement intéressant sur une société mal connue qui offre un regard fascinant sur les ambiguïtés des femmes russes qu'analyse fort justement Mikhaïl (normal, il est psy !), le dernier témoignage et le seul masculin : "L'homme est celui qui a le phallus, la femme celle qui est le phallus" (Lacan).

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