Mathias Enard

Mathias Enard
Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l'arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié quatre romans chez Actes Sud : La Perfection du tir (2003, Prix des cinq continents de la francophonie ; Babel n° 903), Remonter l'Orénoque (2005), Zone (2008 ; Babel ... Voir plus
Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l'arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié quatre romans chez Actes Sud : La Perfection du tir (2003, Prix des cinq continents de la francophonie ; Babel n° 903), Remonter l'Orénoque (2005), Zone (2008 ; Babel n° 1020) et Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (2010 ; Prix Goncourt des Lycéens). Ainsi que Bréviaire des artificiers (Verticales, 2007) et L'Alcool et la nostalgie (Inculte, 2011).

Articles (1)

Avis (108)

  • Couverture du livre « Prendre refuge » de Mathias Enard et Zeina Abirached aux éditions Casterman

    Missbook85 sur Prendre refuge de Mathias Enard - Zeina Abirached

    Il aura suffit d’une rencontre au Salon du Livre de Beyrouth en 2015, pour que les auteurs du roman « Boussole » et de la bande dessinée « Le piano oriental » nous offre le fruit de leur riche collaboration. En effet, sous la plume de Mathias Enard et les illustrations de Zeina Abirached,...
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    Il aura suffit d’une rencontre au Salon du Livre de Beyrouth en 2015, pour que les auteurs du roman « Boussole » et de la bande dessinée « Le piano oriental » nous offre le fruit de leur riche collaboration. En effet, sous la plume de Mathias Enard et les illustrations de Zeina Abirached, sort en 2018 le splendide album » Prendre refuge « aux éditions Casterman. Ce livre tout à fait atypique par sa forme, questionne sur la notion de refuge. A la fois poétique, symbolique mais aussi historique, entre Berlin et l’Afghanistan, hier et aujourd’hui, il révèle l’amour comme la plus belle des aventures.
    A travers » Prendre refuge « , un livre emprunté à son amie Elke, un jeune berlinois se plonge dans l’histoire de la rencontre de deux femmes en 1939, sur un terrain de fouilles archéologiques, en Afghanistan. En parallèle, tel un effet de miroir, Karsten rencontre une jeune syrienne lors d’une kermesse.
    » Dans Berlin, ciel immense, ville détruite, comme la mienne. J’ai voulu prendre refuge en toi. Mais mon pays perdu bat en moi. «
    Deux pays. L’Allemagne et l’Afghanistan. Deux espaces géographiques. Berlin d’une part, ville chargée de la mémoire, de la destruction et du souvenir, et d’autre part Bâmiyân, espace d’immensité complètement ouvert. Deux époques. 1939 et aujourd’hui. Deux histoires d’amour. Celle d’un jeune berlinois passionné d’Orient prénommé Karsten et d’une jeune femme d’origine syrienne Neyla, et celle entre l’écrivain et archéologue suisse Anne-Marie Schwarzenbach et Ria Hackin, une archéologue présente sur le site incroyable de Bâmiyân aux pieds des Bouddhas. Deux histoires d’amour impossible, que l’époque sépare.
    » Karsten, j’ai mal et j’ai peur. J’ai peur de ce nouveau pays et de cette ville où mes yeux ne peuvent attraper les yeux des autres. «
    Des destins croisés et entremêlés au cœur des conflits et bouleversements mondiaux. C’est ainsi que la notion de » prendre refuge » prend tout son sens. Lorsque l’on a perdu un pays, une patrie, une langue ou bien encore un amour, l’être humain prend refuge de diverses manières. Le refuge prend ainsi différentes formes : dans le bouddhisme, dans l’amour de l’autre, en échappant à la guerre, mais aussi dans l’immensité du ciel.
    » Regardons encore une fois ces bouddhas, éternels gardiens du temps, le temps que l’orage passe. On y prendrait bien refuge. «
    La place qu’accorde Mathias Enard à l’astronomie dans cet album, confère aux entités d’intemporalité et d’immensité universelles d’un ciel étoilé, le moyen d’y prendre refuge. Admiré et étudié depuis la nuit des temps, il est encore et toujours objet de contemplation et d’inspiration, partout et par tous.
    Le trait inimitable et talentueux de Zeina Abirached se retrouve dans cet album, telle une encre de charbon, avec des illustrations très géométriques, essentiellement en noir et blanc, avec une nette inspiration orientale, dans une puissante osmose graphique.
    Déjà charmée par son précédent roman « Boussole » qui avait reçu la distinction ô combien méritée du Prix Goncourt en 2015, j’ai retrouvé ici la plume érudite et poétique de l’auteur. Mathias Enard est d’abord un homme de ponts, ceux qui peuvent et doivent relier l’Orient et l’Occident, ceux qui permettent d’accéder à l’autre et à l’étranger d’être accueilli, par le biais de la littérature.
    Les extraits du poète syrien Nizar Qabbani qui s’immiscent au centre de l’album sont une ode à l’Orient, et enchantent le lecteur.
    Le minimalisme et la sobriété de cet ouvrage n’enlèvent rien à l’intensité de la lecture, bien au contraire ! L’essentiel est presque subjectif… Un petit bijou d’humanisme, un livre qui marque !

    » On ne se convertit pas au bouddhisme. On y prend refuge. «

  • Couverture du livre « Prendre refuge » de Mathias Enard et Zeina Abirached aux éditions Casterman

    nathalie vanhauwaert sur Prendre refuge de Mathias Enard - Zeina Abirached

    Ce roman graphique tout en noir et blanc est un vrai petit bijou.


    Deux époques :


    - 1939 : Afghanistan sur le site des Bouddhas de Bâmiyan. Anne-Marie Scharzenbach tombe en amour de Rita, une archéologue. La guerre éclate en Europe.

    - 2016 : Berlin. Karsten, passionné de l'Orient,...
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    Ce roman graphique tout en noir et blanc est un vrai petit bijou.


    Deux époques :


    - 1939 : Afghanistan sur le site des Bouddhas de Bâmiyan. Anne-Marie Scharzenbach tombe en amour de Rita, une archéologue. La guerre éclate en Europe.

    - 2016 : Berlin. Karsten, passionné de l'Orient, rencontre dans une fête scolaire Nayla, une jeune réfugiée syrienne.


    Deux cultures : l'Orient et l'Occident vont se rencontrer.
    Deux langues : l'allemand et le syrien
    Avec une économie de mots, un graphisme en NOIR et BLANC somptueux, ces deux destins vont s'entremêler par le biais du livre que Karsten va lire.

    C'est la difficulté de vivre un amour hier et aujourd'hui.

    C'est l'histoire des opposés qui se rencontrent, de cultures et de langues qui s'apprivoisent.

    Il y a peu de mots, des onomatopées mais le visuel est tellement puissant, des regards qui se croisent, des situations que l'on "entend" presque tellement le dessin est fort.

    De la poésie, des moments magiques, un ensemble de petits riens qui permet de prendre refuge dans l'autre. C'est profond, intime, on entend, on ressent les émotions au plus profond de soi.

    Un roman graphique à lire et à relire, à parcourir au hasard des pages pour sa beauté.

    La fin m'a bouleversée, secouée. Sublime !

    Encore un joli coup de coeur. ♥♥♥♥♥

    https://nathavh49.blogspot.com/2018/11/prendre-refuge-mathias-enard-et-zeina.html

  • Couverture du livre « Prendre refuge » de Mathias Enard et Zeina Abirached aux éditions Casterman

    Dominique JOUANNE sur Prendre refuge de Mathias Enard - Zeina Abirached

    BD talentueuse signée Mathias Enard et Zeina Abirached.

    Le titre : « Prendre refuge ». Non pas ‘chercher’ ou ‘trouver’ mais ‘prendre’. « On ne se convertit pas au bouddhisme mais on y prend refuge. On prend refuge dans le Bouddha, dans la sagesse, dans la compagnie des amis. »

    2...
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    BD talentueuse signée Mathias Enard et Zeina Abirached.

    Le titre : « Prendre refuge ». Non pas ‘chercher’ ou ‘trouver’ mais ‘prendre’. « On ne se convertit pas au bouddhisme mais on y prend refuge. On prend refuge dans le Bouddha, dans la sagesse, dans la compagnie des amis. »

    2 histoires se juxtaposent, l’une en Afghanistan en 1939, sur le site des Bouddhas Bâmiyân et l’autre de nos jours en Allemagne avec des personnages allemands et réfugiés syriens.

    En 1939 l’histoire est inspirée des écrivaines Anne-Marie Schwarzenbach et Ella Maillart et des archéologues Ria et Joseph Hackin qui se rencontrèrent à Bagram en Afghanistan juste avant la déclaration de guerre en Europe. « Nous nous sommes très librement inspirés de cet épisode relaté (entre autre) par Ella Maillart dans ‘La voie cruelle’. »
    « Regardons encore ces Bouddhas, éternels gardiens du temps. »
    Ces statues monumentales dont la construction se situe dans une époque allant des années 300 à 700 ont été détruites à l’explosif par les Talibans en mars 2001.
    Comme quoi, ce que l’on pense être éternel sur terre n’est qu’une illusion. L’éphémère…

    De nos jours, Karsten aime Neyla… Une très belle histoire d’amour mais qui rencontre aussi toutes les difficultés des réfugiés en Europe. On ‘est pas réfugié pour son plaisir…
    « J’ai voulu prendre refuge en toi mais mon pays perdu bat en moi. »

    Des extraits de poèmes du poète syrien Nizar Qabbani très célèbre en Orient, orne ce magnifique livre : « L’amour mon amour est un beau poème brodé sur la lune. » « Tes yeux sont les deux derniers navires en partance… »

    Des dessins talentueux en noir et blanc. Un texte magnifique. Une histoire très rythmée. Un très bel ouvrage à lire et relire, relire, relire… car il est truffé de détails, de symboles, de philosophie et de beaucoup d’amour, d'espoir de paix, de voyages, de saveurs orientales, de joie de vivre, d’énergie, de tapis d’étoiles aux constellations immuables, tout en dénonçant la haine, l’extrémisme, la guerre et les destructions imbéciles.
    Ceci n'est pas un résumé. Il faut découvrir ce livre avec ses profondeurs et ses messages inhérents à chacun au travers de l'écriture de Mathias Enard et les dessins magnifiques de Zeina Abirached.qui leur aura pris deux ans de travail. Plus que 5 étoiles : un énorme coup de cœur!
    PS: Vous serez surpris. Les phrases de M. Enard ne font pas 6 ou 300 pages, mais juste quelques mots...

  • Couverture du livre « Zone » de Mathias Enard aux éditions Actes Sud

    Dominique JOUANNE sur Zone de Mathias Enard

    Un agent des renseignements parle au lecteur le temps d’un Paris-Rome en train. Ce serait sa dernière action, enfin il aimerait que ce soit ainsi, livrer à son propre compte, une petite valise pleine de documents et de renseignements volés, détournés, pleines de noms de victimes et de bourreaux,...
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    Un agent des renseignements parle au lecteur le temps d’un Paris-Rome en train. Ce serait sa dernière action, enfin il aimerait que ce soit ainsi, livrer à son propre compte, une petite valise pleine de documents et de renseignements volés, détournés, pleines de noms de victimes et de bourreaux, de commanditaires, de planqués, de terroristes, pleine de morts et d’ombres, tout cela pour, avec l’argent reçu de la vente de sa trahison, pouvoir quitter le métier d’espion et refaire sa vie avec une jolie Russe aux yeux bleus dont il parle beaucoup mais la rejoindra-t-il ? …. Passager ivre et drogué, il soliloque dans cette longue nuit d’insomnie. Il nous offre un monologue d’une érudition impressionnante, déballant combats et guerres de l’Antiquité à nos jours sur ce qui a été sa zone de travail s’étendant de l’Algérie au Proche Orient. Prémices et promesse de 'Boussole'… Même style. On monte dans le train avec une phrase longue de 517 pages, sans points et très peu de virgules… M. Enard n’utilise la ponctuation telle qu’on nous l’apprend à l’école, que dans le texte relatif à un livre que son personnage lit pendant le trajet. Cela permet d’introduire, vu du Liban, un récit complet du massacre de Chatila , un récit poignant. M. Enard va ombrer son récit avec la mémoire de son héros, combattant croate contre les Serbes de 1990 à 1995. Le réalisme de cette guerre d’indépendance, basés sur des témoignages rapportés, est écrit de façon stupéfiante. On perd la tête avec le narrateur, on entre dans sa brume, on se perd dans le sang, on mord on tue on hait on aime on court on hurle devant les injustices on se noie dans les eaux sombres on rampe dans la boue en portant le bras tranché d’un ami, on perd la tête… On voyage et on revit les faits historiques et culturels dans tous ces endroits où il va, la Grèce, Corfou, le Maroc, la Syrie, l’Irak, l’Egypte, l’Italie, la France, l’Autriche, les Dardanelles. Beaucoup de pans soulevés sur quelques horreurs de la guerre 40/45… Cavafy, Genet, Choukri, Joyce, Pound autant d’auteurs qui auront leurs parts de biographies sans complaisance.
    Ce n’est pas un livre facile. Mathias Enard nous oblige à la concentration. Le voyageur saute du coq à l’âne. Il faut être près de lui, l’écouter pour pouvoir le suivre, ne pas le perdre d’une ligne à l’autre, le comprendre et apprendre, apprendre, apprendre. Enard est une fontaine culturelle et j’aime y boire et m’y nourrir, le lire, l’écouter, le lire à voix haute, le lire à voix basse, le lire dans mon silence. Me rouler, m’enrouler dans son érudition divagante livrée dans un texte solide et conduit d’une main de maître, un texte qui fait tant de bien, une lecture d’exception qui nous invite avec un art rarissime, à entrer dans les méandres brumeux du cerveau d’un homme qui perd la tête par force, à force…
    Livre d’érudit généreux, courageux, talentueux et tellement enrichissant.

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