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Marie Ndiaye

Marie Ndiaye

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Avis sur cet auteur (53)

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Les Lectures de Cannetille sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    Maître Susane, avocate d’âge mûr installée à Bordeaux, reçoit à son cabinet un nouveau client, Gilles Principaux, venu lui demander d’assurer la défense de son épouse Marlyne, coupable d’un crime abominable. Curieusement, sans qu’elle puisse fonder son impression sur quoi que ce soit de...
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    Maître Susane, avocate d’âge mûr installée à Bordeaux, reçoit à son cabinet un nouveau client, Gilles Principaux, venu lui demander d’assurer la défense de son épouse Marlyne, coupable d’un crime abominable. Curieusement, sans qu’elle puisse fonder son impression sur quoi que ce soit de tangible, l’avocate croit reconnaître en cet homme un adolescent rencontré quand elle avait dix ans. De leur tête-à-tête dans la chambre du jeune garçon, elle ne se souvient de rien, mais a gardé l’empreinte de ce qu’elle interprête aujourd’hui comme un moment d’éblouissante passion.

    D’emblée piqué par une impression d’étrangeté et de mystère, tout entier tendu dans l’attente d’explications, le lecteur engagé tambour battant dans cette lecture risque fort de la découvrir de plus en plus opaque et de l’achever sur le constat désemparé de n’y avoir rien compris. C’est que la construction du livre reflète l’obscur cheminement de Maître Susane, depuis le refoulement au fond de son inconscient d’un traumatisme que l’on ne pourra que deviner, jusqu’au déchirement progressif du voile protecteur de l’oubli lorsque, trente ans plus tard, elle reconnaît confusément la toxicité d’un autre homme au point de le confondre avec son ancienne connaissance.
    Comme rien de tout cela ne se déroule de manière linéaire mais nous est suggéré par touches et allusions désordonnées, comme autant de pièces d’un puzzle éparpillé, le lecteur se retrouve lui aussi le jouet aveugle et impuissant de l’inconscient de Maître Suzane, dont il devient de plus en plus évident qu’il la protège plus ou moins bien de la dépression et de troubles relationnels, consécutifs au choc jamais verbalisé vécu dans son enfance.
    Le récit se sera jamais très explicite sur la psychologie et les motivations de chacun des époux Principaux. Leur histoire s’avèrera finalement le déclencheur d’une prise de conscience tardive de son traumatisme par Maître Susane, et l’occasion pour elle, telle une formidable revanche, de comprendre et de révéler la responsabilité du mari, perversement possessif et manipulateur, dans le passage à l’acte de l’épouse, coupable flagrante mais aussi victime ignorée.

    A la virtuosité de la construction et à la profondeur psychologique des personnages vient s’ajouter une écriture travaillée dans ses moindres détails, y compris les tics de langage des personnages. Dans l’accumulation de ses « mais », Marlyne exprime sa protestation contre l’enfermement invisible de sa vie conjugale et fournit les raisons de son coup de folie. Dans celle de ses « car », son mari se justifie de la normalité de ses propres comportements. Le texte devient ainsi un bijou de symbolisme, tant sur la forme que sur le fond.

    D’un premier abord désarçonnant pour ne pas dire abscons, cet étonnant roman est une performance littéraire et une expérience de lecture troublante et exigeante. Obsédante et inquiétante, son histoire s’avère la face émergée de profondeurs vertigineuses, nous faisant prendre conscience du gouffre insondable de notre mémoire et de notre inconscient, sur lequel nous construisons nos personnalités et nos existences. Chaque lecteur y trouvera sa propre interprétation et devra répondre seul aux questions restées ouvertes.

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Passemoilelivre sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    Un roman qui interroge sur les contours flous, incertains et improbables des protagonistes et laisse le lecteur compléter les manques volontairement et astucieusement disséminés par l’auteure. Qui manipule qui ? Sharon, Gilles Principaux, Marlyne, Rudy ? Me Susane est-elle vraiment empêtrée dans...
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    Un roman qui interroge sur les contours flous, incertains et improbables des protagonistes et laisse le lecteur compléter les manques volontairement et astucieusement disséminés par l’auteure. Qui manipule qui ? Sharon, Gilles Principaux, Marlyne, Rudy ? Me Susane est-elle vraiment empêtrée dans une situation diabolique ou se l’imagine t’elle ?  Les ressentis exprimés par le couple sont remarquablement décrits, avec ce qui faut de répétitions pour en affirmer la profondeur et la sincérité. Une lecture déroutante et passionnante.

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Michel Gardin sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye
    Il était en bonne place, en avant, sur l'étagère de ma bibliothèque de mon village. La quatrième page de couverture m'a donné l'envie de rencontrer Me Suzanne, quarante deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux qui voit arriver à son cabinet,...
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    La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye
    Il était en bonne place, en avant, sur l'étagère de ma bibliothèque de mon village. La quatrième page de couverture m'a donné l'envie de rencontrer Me Suzanne, quarante deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux qui voit arriver à son cabinet, alors qu'elle n'a jamais siégé aux Assises, un homme Gille Principaux. Celui-ci lui demande de défendre son épouse Maryline, laquelle vient de noyer ses trois enfants, Jason John et Julia à leur domicile. Cela aurait pût être l'idée d'un thriller, d'autant plus que Me Suzanne, croit reconnaître dans Gilles Principaux, le jeune garçon qui l'avait invitée dans sa chambre, alors qu'elle avait dix ans et lui quatorze. Que c'était-il passé dans cette chambre entre ces deux enfants ? La question est posée par cette auteure.
    Je vous avoue qu'à la lecture des premières phrases, d'une longueur, d'une longueur, ce livre a failli me tomber des mains. 16 lignes, pour décrire le sentiment de gêne de Me Suzanne, par ce que la personne qu'elle emploie Sharon , «  récure une baignoire dont elle ne se sert jamais ! » Cela fait beaucoup. Mais je ne serai pas au bout de mes surprises lorsque Me Suzanne, entendra comme avocate sa cliente Maryline, ou Gilles Principaux. En effet l'auteure nous met en situation comme si nous avions écouté l'enregistrement des paroles de ces deux personnages. Des phrases courtes ou les mais, sont légion : «  Mais les surveillantes me traitent bien également, oui. Mais je me sens bien. Mais je suis bien tranquille, oui » et ainsi de suite de la page 113 à 123. Puis ce sera l'audition de Gilles Principaux, dans le même style évoquant son amour pour sa femme : «  Nous ne nous sommes jamais aimés, je veux dire sentimentalement, absolument, romantiquement. Oh je l'aime, si ! J'aime encore la mère de mes enfants, bien que... J'aime ma femme, elle est ma femme et je me suis engagée auprès d'elle, j'ai des devoirs envers elle, elle est ma femme pour le meilleur et pour le pire. Nous vivons le pire, c'est ainsi. Je l'aime, je ne l'abandonnerai pas, je l'aime peut-être plus et mieux qu'avant. » J'allais oublier le style littéraire, on n'oublie les mais, nous avons les car.
    Je me suis dit ce roman La vengeance m'appartient va peut être déboucher sur un vrai acte de défense d'une avocate pour sa cliente. Une étude de son passé, des relations avec son mari, entrer ou non dans la préméditation et que sais je ? Hé bien là aussi, je ne sais pas ou l'auteure veut nous entraîner mais, je n'ai répondrai pas à cette question, je vous laisse voir par vous même.
    Mais l'histoire ne s'arrête pas à ce fait sordide. Me Suzanne emploie au noir une femme Sharon, qui arrivée en France a fait venir son mari et ses enfants. Me Suzanne cherche a régulariser sa situation au moyen d'un certificat de mariage resté à l’île Maurice. Puis elle se penche sur le changement nom d'un de ses clients suspectant que celui-ci soit porté par un négrier. Vient également se greffer un amour passager de Me Suzanne, Rudy et sa fille Lila et les relations difficiles des parents M. Mme Suzanne envers leur fille unique Me Suzanne. P188, le père de Me Suzanne, dont elle n'avait pas souvenir d'avoir eu au téléphone ni s'être entretenue avec sa fille seule hors la présence de Mme Suzanne envoie un sms de 30 lignes commençant par «  Adieu ma fille, c'est moi ton père, qui t'écris, ta mère n'est pas au courant et n'a pas besoin de l'être »  et se terminant par «  Sois assez forte pour ne pas tenter de nous joindre avant que le tact, la sagesse et la bonté te soient revenus – surtout la sagesse, d’où procèdent toutes les qualités » Changement de chapitre p 190 ? nous retrouvons Me Suzanne Chez Christine et Ralph ? Il faudra 10 pages pour apprendre que Me Suzanne est arrivée à Port-Louis et que Christine et Ralph sont la belle sœur et le frère de Sharon qui seraient en possession du certificat de mariage. Dans cette épisode comme dans différents sous paragraphe, nous retrouvons les interrogations de Me Suzanne sur ce Gilles Principaux . Qui était Principaux pour elle ? Il semblerait que l'auteure, veuille nous faire comprendre qu'il lui est bien arrivé quelques choses dans la chambre de ce garçon Gilles Principaux, car elle s'en inquiète lorsque Lila, accompagne Sharon qui fait également du ménage, dans cette famille. Mais l'on ira pas plus loin. Alors me direz-vous et le procès aux assises ? Comment Me Suzanne va l’appréhender ? «  Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les jurés... il ne vous reste plus qu'une page pour connaître les conclusions de la défense. Je vous l'avoue une fois encontre m'a laissé comment dire interloqué . Ce livre aurait-pu être un livre intéressant. Je suis allé jusqu'au bout de ce pensum, qu'est la vengeance m'appartient de Marie Ndiaye. Bien à vous.

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Chantal Lafon sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    Me Susane, avocate, 42 ans vivant à Bordeaux est loin de l’image des ténors du barreau qui peuple nos écrans.
    Elle a quitté le cabinet pour lequel elle travaillait pour s’installer en indépendante, c’est un peu galère.
    En ce froid hiver qui habille Bordeaux, elle voit Gilles Principaux venir...
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    Me Susane, avocate, 42 ans vivant à Bordeaux est loin de l’image des ténors du barreau qui peuple nos écrans.
    Elle a quitté le cabinet pour lequel elle travaillait pour s’installer en indépendante, c’est un peu galère.
    En ce froid hiver qui habille Bordeaux, elle voit Gilles Principaux venir l’engager pour défendre sa femme qui défraye la chronique bordelaise après l’infanticide de leurs trois enfants.
    Cet homme lui rappelle de façon fugace l’adolescent qu’elle a rencontré lors d’un après-midi où elle a accompagné sa mère qui faisait un remplacement pour du repassage dans une maison bourgeoise de Caudéran.
    Le lecteur ne saura pas si c’est un bon souvenir ou un traumatisme.
    Mais c’est le souvenir qui va fracturer sa relation avec ses parents qui coulent leur retraite à La Réole.
    Cette quadragénaire navigue entre l’enfant qu’elle était, encouragée par ses parents à faire des études et s’élever dans l’échelle sociale, mais elle a peu d’estime d’elle-même car elle sait qu’elle ne correspond pas à la fille qu’ils ont fantasmé. A chaque visite il y a des heurts.
    En même temps, elle est emplie d’humanisme et emploie sans en avoir un réel besoin Sharon qui est une sans papiers et qui rechigne à fournir le nécessaire pour régulariser sa situation.
    Avec l’infanticide qui fait la Une des journaux, Me Susane va entrer dans l’intimité d’un couple. Le mari est persuadé que leur couple était ce qu’ils souhaitaient tous les deux. Mais la femme raconte la monotonie de son existence, elle grossit depuis son mariage comme si c’était inéluctable, de façon à être plus imposante physiquement mais en fait à s’effacer d’elle-même sans retour.
    Sa maternité lui a fait enfiler un rôle social qu’elle ne souhaitait pas, elle n’a pas repris son travail d’enseignante dans un collège de Pauillac, jugé peu reluisant pat son mari. Sa mère et ses sœurs se sont éloignées car en désaccord avec le fait qu’elle devienne totalement dépendante de son époux. Elles la considèrent sous emprise et n’ont plus rien à partager avec elle.
    « J’étais furieuse contre elle, j’ai préféré garder mes distances, tout ça pour ça je me disais, quel gâchis. Et je savais bien que Principaux était responsable de ce changement du tout au tout, je savais que la Marlyne que j’avais éduquée à être libre et qui avait profité avec bonheur de cette liberté jusqu’à ses vingt-six ans, l’âge auquel Principaux l’a prise dans ses filets… »
    Marlyne Pincipaux s’est enfoncée dans une sorte de folie au fur et à mesure que sa haine pour son mari se développait.
    En prison elle atteint à une sorte de bonheur, elle a un endroit rien qu’à elle, du temps pour elle, c’est un paradoxe mais enfermée elle s’épanouit.
    Ce sont trois existences qui coexistent dans ce roman, et qui permettent à chacun de se révéler.
    C’est une histoire glaciale dont l’atmosphère est renforcée par la situation hivernale et la beauté des façades des immeubles du centre-ville.
    Le lecteur se déplace dans le roman, comme dans le brouillard en s’emmitouflant, car il a froid et ne sait pas ce qui est devant lui.
    Cette opacité est le manteau du ou des mystères de ces vies. Ont-elles un lien entre elles ? Et si oui lequel ?
    L’écriture de l’auteur épouse cette sensation en navigant d’une vie à l’autre, en révélant l’intime de chacun et en mettant en évidence que chacun porte sa vérité et que chacun a une image sociale qui n’épouse peut-être pas la personnalité réelle.
    J’ai aimé que cette écriture me laisse dans l’incertitude.
    En fait c’est un livre sur les femmes, leur place, leurs aspirations et leurs réalisations.
    C’est un jeu de rôle pour chacune qui essaie de correspondre à ce que l’on attend d’elle.
    Chacune de ces femmes vivent en obsession et en décalage permanent. Un véritable numéro d’équilibriste retransmis par cette écriture particulière qui nous envoûte et nous déstabilise en même temps.
    Le travail de Marie Ndiaye est toujours intéressant, car elle a cette plume particulière, qui griffe notre monde, ses apparences, et révèle les mystères d’une banalité apparente.
    Et le travail qu’elle fait sur la langue, qu’elle plie à sa fiction, comme le vannier travaille son osier pour lui donner la forme qu’il souhaite.
    C’est un livre qui interroge, une histoire d’infanticide mais assurément celui de l’enfant qu’il faudrait tuer en soi pour vivre dans ce monde et aussi l’histoire du corps des femmes qui doivent correspondre à des stéréotypes qui ont la vie dure.
    ©Chantal Lafon

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