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Marie Ndiaye

Marie Ndiaye

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Avis sur cet auteur (47)

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Salina sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    Roman étrange .Mais le charme (au sens propre) de ce livre est de se laisser envoûter sans trop se poser de questions malgré parfois des phrases longues , affolées et obsédantes, voire hallucinantes.
    Une avocate lambda reçoit un client qui lui demande de défendre son épouse coupable d'avoir...
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    Roman étrange .Mais le charme (au sens propre) de ce livre est de se laisser envoûter sans trop se poser de questions malgré parfois des phrases longues , affolées et obsédantes, voire hallucinantes.
    Une avocate lambda reçoit un client qui lui demande de défendre son épouse coupable d'avoir tué ses trois enfants...oui ça commence bien!
    Cette avocate se trouble en voyant cet homme; elle est persuadée d'avoir passé un moment dans une chambre avec lui , elle avait 10 ans, lui 15, mais était ce un enchantement ou un cauchemar?
    Elle ne peut se souvenir, elle est étrange, s'entend mal avec ses parents, a été heureuse d'être quittée par un homme qui devient tardivement son ami , il est accompagné de sa petite fille. Elle doute aussi de la sincérité de sa femme de ménage.
    Je n'ai pas réussi à bien visualiser les personnages et n'ai éprouvé aucune sympathie pour eux.
    Tout est troublant dans leur vie et donc dans ce roman; on est troublé aussi , comment sera défendue cette mère infanticide? C'est la raison du titre.
    C'est une belle performance littéraire qui demande une lecture exigeante.

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Calimero29 sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    Voilà un roman dont le titre et la quatrième de couverture peuvent être trompeurs.
    Me Susane, 42 ans, avocate, qui vient d'ouvrir son cabinet, reçoit Gilles Principaux, qui lui demande de défendre sa femme, Marlyne, qui a assassiné leurs trois enfants. Me Susane croit reconnaître l'adolescent...
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    Voilà un roman dont le titre et la quatrième de couverture peuvent être trompeurs.
    Me Susane, 42 ans, avocate, qui vient d'ouvrir son cabinet, reçoit Gilles Principaux, qui lui demande de défendre sa femme, Marlyne, qui a assassiné leurs trois enfants. Me Susane croit reconnaître l'adolescent avec qui elle a passé un après-midi, dans sa chambre, 32 ans auparavant, dont elle se souvient comme un pur émerveillement alors que son père y voit peut-être une salissure. Elle emploie Sharon, une mauricienne sans papier, dont elle essaye de régulariser la situation.
    Seul, ce résumé est factuel et sert uniquement de point d'appui au roman entièrement fondé sur les pensées, les sentiments, les questionnements de Me Susane.
    Me Susane est loin de l'image que l'on se fait d'une avocate : elle est gauche, intimidée, mal à l'aise, à la limite asociale; elle ne semble ressentir d'amour ni pour ses parents qu'elle n'appelle d'ailleurs que M. et Mme Susanne ou pour Rudy, un collègue avocat avec lequel elle a vécu, ravie que celui-ci la quitte après quelques années de liaison. Seule, la petite Lila, la fille de Rudy, semble éveiller ce sentiment. Elle a l'impression de faire face à de l'hostilité de la part de ses parents, de Sharon, à la limite de la paranoïa.
    Ce roman fourmille de questions auxquelles nous n'aurons pas de réponse, ce qui peut déranger les esprits cartésiens comme le mien : Gilles Principaux est-il l'adolescent rencontré 32 ans auparavant? Pourquoi Marlyne a-t-elle tué ses enfants? Pourquoi Sharon lui cache-t-elle qu'elle travaille pour d'autres femmes? Et bien d'autres pourquoi.
    En fait, les réponses sont peu importantes; ce qui l'est, c'est le rapport de Me Susane à ces questions, le cheminement de ses pensées. A partir du moment, où on accepte de ne pas en avoir, ce qui arrive plus ou moins rapidement dans le roman, on peut se laisser porter.
    C'est un roman singulier, à l'atmosphère étrange presque onirique, qui baigne dans une sorte de brume; la langue est magnifique, riche, ample; la construction de nombreuses phrases est désarçonnante car l'ordre auquel s'attend l'esprit, sujet, verbe, est complètement chamboulé; une fois la surprise passée, j'ai été séduite par la musicalité et le rythme des phrases. J'ai cependant complètement buté sur le monologue de Marlyne et celui de Gilles, chacun racontant ses rapports à sa famille et au conjoint. Dans celui de Marlyne, les groupes de mots sont entrecoupés de "mais" et dans celui de Gilles, de "car" qui hachent la lecture et dont je n'ai pas compris l'objectif.
    Par certains côtés, "La vengeance m'appartient" m'a rappelé "Ce que je sais de Vera Candida" de Véronique Ovaldé.
    Je ne me suis sentie proche d'aucun personnage, je n'ai pas ressenti d' émotion pour eux mais j'ai apprécié la beauté de la langue, la musicalité du style de Marie N'Diaye.

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Marie Kirzy sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    L'incipit est incroyablement fort et inscrit de façon indélébile le noeud central du roman ainsi que ses profondeurs secrètes. Me Susane croit reconnaître l'homme qui entre dans son bureau sans en être sûre, sans être sûre qu'il la reconnait, s'il est venu intentionnellement ou si c'est le...
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    L'incipit est incroyablement fort et inscrit de façon indélébile le noeud central du roman ainsi que ses profondeurs secrètes. Me Susane croit reconnaître l'homme qui entre dans son bureau sans en être sûre, sans être sûre qu'il la reconnait, s'il est venu intentionnellement ou si c'est le hasard qui l'amène ici pour l'engager comme avocate de sa femme. le choc est violent au point qu'elle a l'impression qu'on la frappe en plein visage, comme si on voulait la tuer.

    Tout le roman repose sur un trouble lancinant, qui oppresse le lecteur tant Marie Ndiaye tisse un récit opaque, constamment oblique, empli de brouillard et de mystères. Qu'est-il arrivé trente ans auparavant à Me Susane, lorsqu'elle avait dix ans et s'est retrouvée seule dans la chambre d'un adolescent qui pourrait être ( ou pas ) son client ? A-t-elle été ravie au point de vivre le meilleur moment de sa vie ? Ou a-t-elle été ravie au sens de saccagée, abusée ?

    On ne sait pas grand chose de Me Susane, presque une abstraction. Pas de prénom. Plutôt laide et grande, plus ou moins mère. Ses contours sont flous au point que je n'ai jamais réussi à me la visualiser. Et pourtant, on ne quitte jamais son for intérieur , on ne voit les événements qu'à travers le prisme de son regard et de sa perception. le personnage est à la fois froid et chaud, fascinante personnalité dans la complexité qu'en capte Marie Ndiaye.

    Elle est enfermée dans son passé, dans ses pensées, dans ses ruminations, dans les combats intimes qui l'assaillent et semblent au bord du pourrissement. Entre folie, mythomanie, lucidité. Que ce soit face à cet homme qu'elle croit reconnaître jusqu'au vertige. Dans ses relations avec ses parents qu'elle aime douloureusement, payant le prix fort du transfuge de classe. Dans son métier face à Marlyne, l'épouse infanticide qu'elle défend et dont elle partage un même écartèlement entre la façade sociale et les déchirements intérieurs. Ou encore face à sa femme de ménage dont elle a pris en charge le dossier de régularisation et qui fuit son amitié.

    Pour dire cet enfermement terrible avec toutes ses dissonances, Marie Ndiaye a trouvé la juste écriture, spiralaire qui revient comme la marée pour creuser une empreinte de plus en plus inquiétante. Elle ne s'interdit rien, surtout pas un incroyable monologue hallucinée, celui de Marlyne, irrespirable, juste ponctué de « mais » comme un mantra ou une circonstance atténuante à son acte odieux. Et il y a ses litanies en italique comme des bulles de pensée échappées de Me Susane qui perturbe encore plus notre ressenti.

    C'est incontestablement une lecture exigeante et déroutante qui pourra être détesté ou portée au nue. Ce conte glacé sur les limbes de la mémoire et la quête d'identité m'a hypnotisée de A à Z, entre autres parce qu'il laisse une liberté totale au lecteur, celle de porter le récit dans une direction ou une autre. Il m'a remuée aussi avec toutes les questions qu'il soulève sans y répondre : peut-on faire confiance à nos souvenirs ? Jusqu'à quel point peut-on se tromper sur sa propre vie ? Vertigineux.

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    Couverture du livre « La vengeance m'appartient » de Marie Ndiaye aux éditions Gallimard

    Les livres de K79 sur La vengeance m'appartient de Marie Ndiaye

    Marie Ndiaye nous enferme dans l’esprit de Maitre Susane. L’histoire est fixée sur elle et ses pensées. On assiste à l’ensemble des scènes de sa vie par le prisme de son cerveau.

    Sur le plan professionnel et personnel, plusieurs évènements viennent chambouler le quotidien de cette avocate...
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    Marie Ndiaye nous enferme dans l’esprit de Maitre Susane. L’histoire est fixée sur elle et ses pensées. On assiste à l’ensemble des scènes de sa vie par le prisme de son cerveau.

    Sur le plan professionnel et personnel, plusieurs évènements viennent chambouler le quotidien de cette avocate fraîchement installée. Dès lors, ses réflexions sur les autres et sur elle-même, ses interactions avec son entourage et ses souvenirs remontés à la surface vont être marqués du sceau de la méfiance. Elle remet en question tout ce qu’elle voit, tout ce qu’elle entend, tout ce qu’elle ressent et tout ce dont elle se souvient.

    En tant qu’observateur, on ne sait plus sur quel pied danser. Les protagonistes sont énigmatiques et le texte nous fait osciller entre la paranoïa, la folie, la réalité et le complot. Au fur et à mesure des péripéties, on se pose beaucoup de questions auxquelles on ne trouve aucune réponse. C’est assez perturbant de rester dans un flou créé par l’héroïne et qui s’épaissit constamment.

    Avec une écriture à la fois académique et travaillée, l’auteur nous entraîne dans le brouillard des pensées de cette femme perdue où règnent le doute et l’ambiguïté. « La vengeance m’appartient » est une expérience particulière qui va en dérouter plus d’un. Je pense que son originalité va assez nettement partager les avis. Certains vont détester et d’autres crier au génie. Paradoxalement, mon ressenti se situe entre les deux. En effet, au début, j’ai perdu du temps à essayer de comprendre. J’étais alors en apesanteur au-dessus du récit. Et dès que j’ai cessé de combattre, je me suis laissé porter et j’ai profité de l’univers atypique de cette histoire. Si vous voulez que votre lecture soit réussie, je vous conseille donc de poser les armes et de profiter au mieux du piège psychologique mené de main de maître par Marie Ndiaye.

    http://leslivresdek79.com/2021/01/11/616-marie-ndiaye-la-vengeance-mappartient/