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Makenzy Orcel

Makenzy Orcel
Makenzy Orcel est né à Port-au-Prince en 1983. Les Immortelles est son premier roman.

Articles en lien avec Makenzy Orcel (1)

  • Amour et littérature : les gens heureux n'ont pas d'histoire
    Amour et littérature : les gens heureux n'ont pas d'histoire

    Le transport amoureux inspire depuis des siècles aux poètes et aux auteurs des histoires pétries d'interdits. Comme le chantait Aragon "Il n'y a pas d'amour heureux…", et la puissance de ces romans se mesure à l'aune de la douleur et de l'impossible qu'elles racontent. Morceaux de choix.

Avis sur cet auteur (7)

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    Couverture du livre « Maître-minuit » de Makenzy Orcel aux éditions Zulma

    Devoratrix Libri sur Maître-minuit de Makenzy Orcel

    Poto, jeune haïtien, grandit dans un des pays les plus pauvres du monde, sous une des dictatures les plus cruelles et les plus sanguinaires qui puisse être. Poto grandit dans l'ombre de cette mère qui ne se résume qu'à un corps décharné, une ombre infernale, errante, passant ses journées à...
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    Poto, jeune haïtien, grandit dans un des pays les plus pauvres du monde, sous une des dictatures les plus cruelles et les plus sanguinaires qui puisse être. Poto grandit dans l'ombre de cette mère qui ne se résume qu'à un corps décharné, une ombre infernale, errante, passant ses journées à inhaler de la colle. Son père? Inconnu au bataillon.
    A quoi peut se résumer la vie, les rêves, le quotidien, l'avenir de ce jeune garçon ? Un seul espoir : son don pour dessiner la vie, dessiner ce monde, son monde…
    Le premier élément que l'on retiendra de son livre: son atmosphère. Une atmosphère pesante, âcre, morbide, sanglante, infernale. Aucun mot ne parvient véritablement à cerner le coeur de ce roman. La vie (s'il est possible d'employer ce mot), sur cette île dominée, écrasée par l'ombre du tyran et sanglant « Papa-à-vie » est irrespirable, suffocante, angoissante. Chaque regard de travers, chaque parole, chaque geste mal interprété peut vous coûter la vie.
    Au milieu de tout cela, une fleur sauvage germe : Poto. le jeune narrateur survit, observe ce qui pour lui est normal et naturel, constate les dérives de ce monde qui l'entoure.
    On se prend d'affection pour ce jeune garçon, aux allures de survivant dans un monde apocalyptique, qui meurt de faim, le pire de ses maux. de jeune garçon qui dessine, qui se prend à rêver, à espérer. de ce jeune garçon qui a peur, mais qui n'a personne pour l'aider. de ce jeune garçon livré à lui-même, dans les ruelles hostiles, sans ressources.
    La plume se fait âcre, mordante, rugueuse afin de rester fidèle à ce qui est raconté. On saluera et on se délectera de cette plume qui sait se montrer poétique, une petite lucarne dans ce monde étouffant.
    La lecture n'a pas été aisée, de part les sujets abordés, par cette atmosphère suffocante qui nous prend aux tripes. Mais j'ai adoré cette lecture, pour toutes ces raisons. Nous avons entre les mains un roman révoltant, qui joue avec nos nerfs et nous prend aux tripes. Il est certain qu'on ne ressort pas indemne de cette lecture …


    BLOG: https://devoratrixlibri.wordpress.com/2018/10/30/maitre-minuit-makenzy-orcel/

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    Couverture du livre « Les immortelles » de Makenzy Orcel aux éditions Points

    Roi Carotte sur Les immortelles de Makenzy Orcel

    Ce roman, inqualifiable, est aussi bien souffrance qu’amour, violent que poétique, et fait part d’une réalité criante. Lisez-le — l’impératif semble ici nécessaire. Non. Il faut le consommer d’un trait, le laisser vous consumer et vous pénétrer de sa petite centaine de pages, ne pas arrêter le...
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    Ce roman, inqualifiable, est aussi bien souffrance qu’amour, violent que poétique, et fait part d’une réalité criante. Lisez-le — l’impératif semble ici nécessaire. Non. Il faut le consommer d’un trait, le laisser vous consumer et vous pénétrer de sa petite centaine de pages, ne pas arrêter le noir brasier qu’il allume en vous. Tels sont les prodiges des romans courts.


    intégralité de la chronique : https://leschroniquesduroicarotte.com/2016/02/28/les-immortelles-makenzy-orcel/

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    Couverture du livre « L'ombre animale » de Makenzy Orcel aux éditions Points

    Frederique Letilleul sur L'ombre animale de Makenzy Orcel

    Des le début le lecteur se trouve orienté vers une lecture psychanalytique : parce qu'il y a "Toi", un fragment de l'auteur. Et il y a une voix de femme, qui monte du fond de l’abîme et s’incarne, en récitante héroïque de sa vie de rien, celle d’avant la mort. Dans cette psychanalyse sans...
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    Des le début le lecteur se trouve orienté vers une lecture psychanalytique : parce qu'il y a "Toi", un fragment de l'auteur. Et il y a une voix de femme, qui monte du fond de l’abîme et s’incarne, en récitante héroïque de sa vie de rien, celle d’avant la mort. Dans cette psychanalyse sans concession de la société patriarcale et de l’Être haïtien, l’humour est présent entre les lignes comme l’éclat de rire d’un rescapé. Comme dans son premier roman "les immortelles", on retrouve l'univers haïtien et un récit tenu avec force, puissance et Poesie.

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    Couverture du livre « L'ombre animale » de Makenzy Orcel aux éditions Points

    Yv Pol sur L'ombre animale de Makenzy Orcel

    Makenzy Orcel étant haïtien, on pense bien sûr qu'il a situé son histoire dans son pays, à Port-au-Prince, dans un de ses bidonvilles, les tristement célèbres tontons macoutes dont il parle permettent de s'assurer du lieu. Ce qui frappe avant tout dans ce roman, c'est la forme : pas de...
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    Makenzy Orcel étant haïtien, on pense bien sûr qu'il a situé son histoire dans son pays, à Port-au-Prince, dans un de ses bidonvilles, les tristement célèbres tontons macoutes dont il parle permettent de s'assurer du lieu. Ce qui frappe avant tout dans ce roman, c'est la forme : pas de majuscule, sauf au noms propres -eux-même des noms communs utilisés comme des noms de personnes, sauf Makenzy et Orcel-, une longue phrase ponctuée seulement par des virgules -et quelques points de suspension en seconde partie. Cette omniprésence de la virgule donne un rythme très particulier au texte, une rapidité évidente, mais aussi peu de temps morts, de respiration, ce qui parfois provoque des insuffisances respiratoires et des besoins d'arrêter sa lecture. Mais quel souffle ! Makenzy Orcel est comme un slameur ou un rappeur qui viendrait nous scander sa prose dans un rythme fou, et nous spectateurs, nous serions à la fois débordés, en manque de respiration et totalement fascinés. Son exercice est magistral, ainsi que le dit l'éditeur, son écriture itou.

    Le contenu est dans la même veine, dur, violent avec peu d'espoir, et finalement très beau. Il y est beaucoup question d'extrême pauvreté, d'alcoolisme, de prostitution, de promiscuité favorisant l'inceste, les viols. Les femmes ne sont pas bien loties qui ont souvent des maris violents et alcooliques, qui dépensent le peu qu'ils gagnent à boire ou avec des prostituées. Elles subissent, comme Toi, du plus jeune âge jusqu'à la fin tout cela sans rien dire sous peine d'être frappées : "Toi pleurait toutes les larmes de son corps, c'était tout ce qu'elle était autorisée à faire, pleurer, se soumettre, sa condition de fille vendue par ses parents à un homme qu'elle n'avait rencontré que le jour même de ce sinistre marché ne lui permettait pas d'autres libertés qui de toutes façons n'existaient pas, enjointe de garder une distance raisonnable, comme si elle n'était qu'impureté et déveine, tout lui était interdit" (p.55). Les hommes ne vont guère mieux, ils cachent leur détresse et souvent leur jeunesse abominable dans ces excès : "il [Makenzy] avait déjà assez vu, assez vécu pour ne pas savoir qu'il était trop tard, qu'il n'y avait plus rien à faire, que l'alcool à appeler à la rescousse, encore un verre, et s'estompaient les horreurs de l'enfance, se cicatrisaient les blessures, les labyrinthes de cette ville, mieux valait être bourré, vraiment bourré, enveloppé d'un univers de coton, le monde était subitement d'une admirable beauté" (p.252)

    Faire du beau, du très beau avec du laid du très laid, ce n'est pas donné à n'importe quel écrivain -certains dont je tairais les noms font aisément l'inverse- Makenzy Orcel m'avait déjà enchanté avec Les immortelles, son premier roman, L'ombre animale porte en lui la même puissance, la même poésie bien qu'il adopte un style totalement différent. La marque des grands. Assurément.

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