Magyd Cherfi

Magyd Cherfi

Sous l’influence combinée et revendiquée des Clash, de Madame Bovary et de Jean-Paul Sartre, Magyd Cherfi a été le parolier du groupe toulousain Zebda avant de se lancer dans la chanson en solo (Cité des étoiles, 2004 ; Pas en vivant avec son chien, 2007). Il a publié un premier recueil de récits...

Voir plus

Sous l’influence combinée et revendiquée des Clash, de Madame Bovary et de Jean-Paul Sartre, Magyd Cherfi a été le parolier du groupe toulousain Zebda avant de se lancer dans la chanson en solo (Cité des étoiles, 2004 ; Pas en vivant avec son chien, 2007). Il a publié un premier recueil de récits, Livret de famille, en 2004 et La Trempe en 2007 rassemblés en un Babel (n°1082) en 2011.

Crédit photo : Portrait © Polo Garat

Articles en lien avec Magyd Cherfi (3)

Avis sur cet auteur (13)

  • add_box
    Couverture du livre « Ma part de Gaulois » de Magyd Cherfi aux éditions Actes Sud

    Lleyinna sur Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi

    Comme la plupart des gens, je connaissais le chanteur, mais pas l'auteur ; j'ai été agréablement surprise par son histoire, son style aussi ! Tour à tour drôle, émouvant et sérieux, le lecteur passe par toute une palette d'émotions. A découvrir :)

    Comme la plupart des gens, je connaissais le chanteur, mais pas l'auteur ; j'ai été agréablement surprise par son histoire, son style aussi ! Tour à tour drôle, émouvant et sérieux, le lecteur passe par toute une palette d'émotions. A découvrir :)

  • add_box
    Couverture du livre « Ma part de Gaulois » de Magyd Cherfi aux éditions Actes Sud

    Nicolas Zwirn sur Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi

    Magyd Cherfi aime tordre, malaxer cette langue et le plaisir qu'il prend à faire sonner les mots est communicatif de la première à la dernière ligne.
    Son tour de force, au-delà de ce récit si personnel dans lequel il embarque un quartier et une époque, c'est d'éviter tout simplisme, de...
    Voir plus

    Magyd Cherfi aime tordre, malaxer cette langue et le plaisir qu'il prend à faire sonner les mots est communicatif de la première à la dernière ligne.
    Son tour de force, au-delà de ce récit si personnel dans lequel il embarque un quartier et une époque, c'est d'éviter tout simplisme, de surprendre lorsque tout semble aller de soi, de bousculer les préjugés et de faire briller cette humanité dans tout ce qu'elle peut porter de contradictions, de joie et de douleur.

  • add_box
    Couverture du livre « Ma part de Gaulois » de Magyd Cherfi aux éditions Actes Sud

    Valérie L. sur Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi

    Ce livre est un ode à la culture mais aussi à la France et à ce que ce pays a pu lui apporter. Pour autant, Magyd Cherfi ne fait pas preuve d'idéalisme et égratigne ce système scolaire qui met les siens dans un carcan. L'ensemble est enlevé, souvent drôle, parfois touchant. J'ai parfois ri aux...
    Voir plus

    Ce livre est un ode à la culture mais aussi à la France et à ce que ce pays a pu lui apporter. Pour autant, Magyd Cherfi ne fait pas preuve d'idéalisme et égratigne ce système scolaire qui met les siens dans un carcan. L'ensemble est enlevé, souvent drôle, parfois touchant. J'ai parfois ri aux éclats, ce qui ne m'arrive pas si souvent. J'ai aimé l'accent toulousain de l'auteur et la lecture qu'il en fait et je n'aurais sans doute pas autant apprécié ce livre en version papier.

    Pour moi, ce livre est une déclaration d'amour plutôt courageuse envers son pays d'accueil.

  • add_box
    Couverture du livre « Ma part de Gaulois » de Magyd Cherfi aux éditions Actes Sud

    Jean-Paul Degache sur Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi

    « J’étais dans ma cité comme un magicien des mots et m’en léchais la plume. » Magyd Cherfi sait régaler son auditoire comme nous avons pu le vivre aux Correspondances de Manosque, mais il sait aussi toucher son lecteur à l’écrit, dans "Ma part de Gaulois", récit dense et vivant qui avait bien sa...
    Voir plus

    « J’étais dans ma cité comme un magicien des mots et m’en léchais la plume. » Magyd Cherfi sait régaler son auditoire comme nous avons pu le vivre aux Correspondances de Manosque, mais il sait aussi toucher son lecteur à l’écrit, dans "Ma part de Gaulois", récit dense et vivant qui avait bien sa place dans une première sélection pour le Prix Goncourt.

    Exclu par la majorité des autres garçons de la cité, pas désiré au foot par ces copains qui parlaient mal et le traitaient sans cesse de « pédé », il lui restait les filles et cette langue française qu’il apprivoisait goulûment : « J’entrais dans la tribu de chez Clovis tel un canasson dans la ville de Troie. »
    Pas facile de faire sa place à l’école : « Les hussards d’alors, encore en blouse grise et infectés de vocation républicaine, découvraient en ce début des années 1970 le fils d’immigrés suivi de son géniteur hébété, le bicot. » Sincère jusqu’au bout, Magyd Cherfi permet de comprendre tout ce que notre pays a raté au cours de ces années : « Nos ancêtres étaient Gaulois... Le croirez-vous ? On a aimé !... On ne savait rien de l’Algérie si ce n’est la guerre d’Algérie… On a été français un temps, le temps de la petite école qui nous voulait égaux en droits… On a aimé Jésus qu’avait le cœur sur la main, on a aimé Noël, Pâques et Mardi Gras, que des fêtes sympas… »
    Hélas, le rêve ne dure pas. Dès que Magyd passe la porte de l’école, il est renvoyé à l’origine de sa famille. En fin de cinquième, « les « Arabes » basculaient sans s’en apercevoir dans la section atelier… » Les plus âgés, ceux qui n’ont pas aimé l’école et l’ont rejetée mènent la vie dure à ceux qui tentent de réussir et Magyd entraîne son lecteur jusqu’au bout du livre avec un personnage essentiel : sa mère, « la gardienne du temple, mon monstre moitié ange, moitié démon… ».
    Elle veut que son fils aille jusqu’au bac et qu’il réussisse. Il sera le premier du quartier à l’obtenir après avoir surmonté beaucoup d’obstacles. Il écrit du théâtre pour son petit groupe d’amis avec Hélène, Samir, Momo, Bija, Hakima, Agnès alors qu’il faut éviter les coups de Mounir, de Fred le gitan ou du gros Saïd.
    N’empêche qu’ils font du soutien scolaire avec deux dizaines d’enfants de 6 à 14 ans et que la chanson, le rock’n’roll l’attirent. Pour l’instant, leur trajectoire semble tracée : « Samir se voit en Jaurès des banlieues, moi en Hugo des prolétaires et Momo en Raimu multicolore. » Quant à ce qui attend les filles arabes, l’auteur n’en fait pas mystère, même s’il lutte pour que ça change.
    Pour le théâtre, la scène au Conservatoire de Toulouse est mémorable. Enfin, le bac est décroché : « Je me sentais quelqu’un d’autre, en tout cas quelqu’un tout court. » Le retour dans la cité est un grand moment et ses parents n’hésitent pas à sacrifier un mouton pour inviter tout le quartier !
    Devenu enfin lui-même, il choisit la carrière artistique et non docteur ou ingénieur comme tout le monde lui demande : « En devenant Magyd, j’ai juste récupéré ma part de Gaulois. »