Luc Lang

Luc Lang

Luc Lang est l'auteur d'une dizaine de romans, recueil de nouvelles, essais sur les arts et la littérature contemporains, parmi lesquels "Mille six cents ventres" (prix Goncourt des lycéens en 1998), "La Fin des paysages" (2006) et "Mother" (2012).

Articles en lien avec Luc Lang (3)

Avis sur cet auteur (31)

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    Couverture du livre « La tentation » de Luc Lang aux éditions Stock

    Cathfd sur La tentation de Luc Lang

    Quelle plume ! Éblouissante.
    La construction du roman m'a un peu déconcertée, mais la beauté de l'écriture m'a subjuguée. Une prose tantôt ample et fluide, tantôt presque hachée, avec des phrases interrompues, en suspens qui créent chez le lecteur un sentiment d'urgence, de tension, voire...
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    Quelle plume ! Éblouissante.
    La construction du roman m'a un peu déconcertée, mais la beauté de l'écriture m'a subjuguée. Une prose tantôt ample et fluide, tantôt presque hachée, avec des phrases interrompues, en suspens qui créent chez le lecteur un sentiment d'urgence, de tension, voire d'angoisse sourde à l'instar de ce qui se passe dans l'esprit de François, le personnage principal.

    François, la cinquantaine est chirurgien. Comme son père avant lui. Il est aussi chasseur, comme son père. Le roman s'ouvre sur une scène où d'emblée l'immersion du lecteur dans une prose précise, technique, dense et addictive est totale. Au moment précis où il va tirer un cerf qu'il piste depuis l'automne précédent, un seize cors aux bois magnifiques, il a une fraction de seconde d'hésitation et rien à partir de ce moment n'ira plus comme avant.
    "Depuis quelque temps, il supporte difficilement ce déséquilibre des forces, sa puissance de feu qui interrompt brutalement la partie, en vole la fin, conférant à cette studieuse poursuite sur le massif une absurde vacuité. "
    C'est tout son monde qui s'effondre. Alors que la relation avec sa femme est compliquée, il s'interroge sur les valeurs transmises à ses enfants. Seul l'argent intéresse son fils devenu financier à NY, quant à sa fille, étudiante en médecine, elle semble avoir fait de mauvais choix. Le drame est enclenché, il ne peut rien contre et c'est à un roman très noir et sombre que le lecteur est convié. Pourtant il y a des pages dignes d'un roman de nature writing où tout pourrait sembler si paisible...

    Il y a dans ce roman une esthétique permanente, une méticulosité, un perfectionnisme qui fait que chaque mot est à sa juste place, que le vocabulaire employé, que l'auteur parle de chirurgie, de chasse, d'armes, de musique ou de taxidermie, est celui d'un spécialiste sans que cela ne me soit jamais paru pesant ni pédant.
    Envoûtant !

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    Couverture du livre « La tentation » de Luc Lang aux éditions Stock

    Marie-Laure VANIER sur La tentation de Luc Lang

    Ce qui frappe d'abord, c'est cette écriture ample, rythmée, voluptueuse, ces phrases longues, enveloppantes, sensuelles (si, si!), ces pages pleines, saturées de signes qui vous laissent à peine le temps de respirer, de souffler, de faire une pause. Le mot est précis, ajusté, sec. Les verbes,...
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    Ce qui frappe d'abord, c'est cette écriture ample, rythmée, voluptueuse, ces phrases longues, enveloppantes, sensuelles (si, si!), ces pages pleines, saturées de signes qui vous laissent à peine le temps de respirer, de souffler, de faire une pause. Le mot est précis, ajusté, sec. Les verbes, nombreux, décomposent cinématographiquement le mouvement. Rien n'est perdu, ni le léger tremblement de la main, ni les battements de paupière qui trahissent une fatigue difficile à réprimer. C'est beau, fulgurant, puissant. Vivant.
    Oui, on est saisi, emporté, ravi par la prose de Luc Lang et par ce démarrage en trombe qui nous propulse en pleine forêt dans une chasse au cerf. François, chirurgien, chef de clinique, la cinquantaine, aime rejoindre dès qu'il le peut le relais de chasse en Savoie, près du Mont-Cenis, dont il a hérité. Dans la famille de François, on est chasseur de père en fils, médecin aussi de père en fils. C'est comme ça et c'est très bien. Dans un sens, on évite de se poser trop de questions, on suit un chemin tout tracé. Allez, disons-le, c'est assez confortable.
    Seulement ce matin, tandis que François s'apprête à tirer, tandis qu'il voit parfaitement bien le splendide cerf à seize cors dans son viseur, il hésite. Il n'aurait pas dû. L'animal fuit. François le poursuit, accablé par le doute qui vient en une fraction de seconde de s'emparer de lui. Dans sa famille, on ne doute pas. On avance, on creuse son sillon, on mène sa vie d'homme, de père de famille, on assume ses responsabilités. Pas de place pour l'indécision, le flottement, l'incertitude. Il faut avancer.
    Et pourtant, une faille s'est introduite dans l'édifice. Une petite brèche, à peine visible, dont François, au moment même où il hésite à tirer, n'a certainement pas pris conscience.
    Il est vrai que son fils, après avoir sagement commencé des études de médecine, s'est brutalement tourné vers la finance et a réussi à entrer dans une banque d'affaires à Londres avant d'être catapulté sur un poste en or de consultant expert à NYC. Incompréhension totale du père. Son propre gosse qui aurait dû être son prolongement, son double, sa fierté, devient un étranger. On ne parle plus la même langue, on n'a plus les mêmes codes, les mêmes valeurs. On s'évite. On reste silencieux devant celui qui nous assène de terribles vérités. « Aujourd'hui, on ne gagne plus d'argent avec son métier, avec son travail. On le gagne avec de l'argent… Sans compter qu'avec la robotique et l'I.A., la chirurgie bientôt… c'est plus tes mains qui vont travailler. Suis désolé, papa, mais ton monde est obsolète. »
    Et prends-toi ça dans le ventre, le père. Prends-toi ça et tiens debout si tu peux !
    Au coeur d'une même famille, dans un terrible huis-clos, deux mondes s'affrontent et se haïssent, se désavouent et se détruisent...
    Le monde du père s'écroule...
    Heureusement, dans la famille, il y a Mathilde la fille, celle qui veut devenir gynéco. Ouf, elle sauve la mise et donne un sens au mot « transmission ». Sauf que, ce matin de chasse, tandis qu'il poursuit le cerf, il vient de croiser une BMW bleu violine roulant à fond de train et dans cette voiture qui vient de faire une terrible embardée, il a cru apercevoir sa fille. Mais p…., que fout-elle dans une telle bagnole, frisant le danger et la vulgarité ? Pourquoi a-t-elle eu cette expression de peur ? Qui est Mathilde ? Quelle vie mène-t-elle ? Est-elle en danger ?
    Dans La tentation, Luc Lang projette son lecteur dans un univers extrêmement violent, instable, frénétique où tout devient mouvant, trouble et profondément oppressant. On est tenu, ferré, on ne peut lâcher ce thriller existentiel qui tourne à la tragédie et dont la construction est absolument remarquable.
    Un très gros coup de coeur pour ce roman éblouissant et intense. Décidément, Luc Lang confirme une fois de plus ici sa première place dans le paysage littéraire français.

    LIRE AU LIT

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    Couverture du livre « La tentation » de Luc Lang aux éditions Stock

    Eve Yeshé sur La tentation de Luc Lang

    Je suis encore sous le charme de cette lecture et j’ai du mal à parler de cette histoire comme si j’avais peur de l’abîmer !

    François Rey est chirurgien orthopédiste dans une clinique qu’il a créée à Lyon. Il est connu pour sa technique rigoureuse, sa dextérité et le respect du patient, de la...
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    Je suis encore sous le charme de cette lecture et j’ai du mal à parler de cette histoire comme si j’avais peur de l’abîmer !

    François Rey est chirurgien orthopédiste dans une clinique qu’il a créée à Lyon. Il est connu pour sa technique rigoureuse, sa dextérité et le respect du patient, de la déontologie qui ont fait sa notoriété.

    Côté famille, c’est plus compliqué : son épouse passe sa vie en retraite dans différents monastères et les séjours ont tendance à se prolonger. Son fils Mathieu a abandonné ses études de médecine pour se consacrer à la finance et s’enrichir sur le dos des autres.

    Sa fille Mathilde continue les siennes mais jusqu’à quand car elle vient de tomber amoureuse d’un financier un peu glauque.

    François vient passer les vacances de Toussaint dans son relais de chasse, dans les Alpes et rencontre un cerf magnifique, majestueux selon ses termes. Il l’ajouterait bien à son tableau de chasse, mais une seconde de réflexion, une fascination pour l’animal, il rate sa cible et le blesse.

    On est médecin ou on ne l’est pas : il va chercher du matériel et opère l’animal…

    J’ai adoré ce roman, avec presque une identification avec François, un des derniers dinosaures de ce monde en train de s’écrouler, où on respectait le travail, l’argent bien gagné, car il a un patrimoine important, des parts dans sa clinique… Son face à face avec le cerf est extraordinaire, deux forces de la nature qui s’observent et se « respectent ».

    Reconnaissez que le cerf a de la classe (de la gueule) quand même sur la couverture!

    Son sens des valeurs, le respect de l’autre, le fait d’être là pour ses enfants malgré tout m’ont plu, et je connais bien son milieu professionnel. Solidarité par le travail ou par la génération ? Entre dinosaures peut-être simplement.

    Par contre, ses enfants sont imbuvables, seul l’argent les intéresse, en le piquant aux autres de préférence. Une phrase pour illustrer la vision du monde de Mathieu quand son père lui dit que ses mains valent de l’or, et sont assurées : « Aujourd’hui, on ne gagne plus d’argent avec son métier, avec son travail. On le gagne avec de l’argent. » Ou bientôt ce seront les robots qui feront les interventions chirurgicales…

    J’ai aimé la manière d’écrire de Luc Lang, de tenter de semer le lecteur, démarrant en douceur pour s’emballer, avec les requiem ou messe que François écoute en boucle. J’avais déjà été emballée par « L’autoroute » il y a quelques années.

    Coup de cœur donc ! et pourtant la chasse me hérisse… C’est dire à quel point l’histoire et l’écriture peuvent faire plonger dans un roman!

    Un grand merci à NetGalley et aux éditions Stock qui ont bien voulu de faire confiance…

    #LaTentation #NetGalleyFrance

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    Couverture du livre « La tentation » de Luc Lang aux éditions Stock

    yves MONTMARTIN sur La tentation de Luc Lang

    François est un chirurgien passionné par la chasse, sa femme Maria souffre d'une folie mystique et de perversions morbides, son désir de mort envers leur fille Mathilde et son amour inconsidéré, quasi incestueux envers leur fils Mathieu l'ont conduite régulièrement dans des couvents pour de...
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    François est un chirurgien passionné par la chasse, sa femme Maria souffre d'une folie mystique et de perversions morbides, son désir de mort envers leur fille Mathilde et son amour inconsidéré, quasi incestueux envers leur fils Mathieu l'ont conduite régulièrement dans des couvents pour de brefs séjours. Mathieu travaille dans une banque d'investissements, Loïc un des ses clients richissimes partage la vie de Mathilde. Justement François n'arrive pas à joindre sa fille. La une du journal évoque une fusillade, probablement un règlement de comptes, deux types truffés de balles dans un ravin. Des coups de poing qui martèlent la porte d'entrée, sa fille est livide, les cheveux en bataille. L'homme dont elle tient le bras est quasi vautré sur elle, ses jambes ne le portent à peine, l'une d'elles pisse le sang.

    Dans ce roman sombre, Luc Lang avec une écriture précise nous raconte l'histoire d'un homme François, complètement désemparé face à ses enfants qu'il ne reconnaît plus. Je n'ai pas vraiment été passionné par ce récit, sans remettre nullement en cause la qualité de la plume de l'auteur qui prend toute sa valeur dans les premières pages très naturalistes, mais bientôt tout va basculer dans une histoire peu crédible avec des personnages dont le trait semble exagéré comme Maria la mère ou Jennifer la compagne du fils. Les dernières pages sont d'une violence inouïe avec une fin apocalyptique.

    Un roman froid, sans aucune émotion, bref tout le contraire de ce que je recherche dans mes lectures.