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Loulou Robert

Loulou Robert
À 22 ans, Loulou Robert a déjà démarré une brillante carrière de mannequin en France et aux États-Unis. Elle a déjà publié une chronique de mode dans ELLE et nous offre ici son premier roman.

Articles en lien avec Loulou Robert (1)

Avis sur cet auteur (57)

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    Couverture du livre « Sujet inconnu » de Loulou Robert aux éditions Julliard

    Nathalie Vanhauwaert sur Sujet inconnu de Loulou Robert

    La narratrice s'adresse à nous à la première personne, elle nous conte une histoire, la sienne, celle de son roman ?


    Elle n'est pas nommée. A l'âge de huit ans, celle qui vit dans le grand Est sait que son destin sera ailleurs, elle étouffe. Pour trouver sa liberté , il faut qu'elle parte,...
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    La narratrice s'adresse à nous à la première personne, elle nous conte une histoire, la sienne, celle de son roman ?


    Elle n'est pas nommée. A l'âge de huit ans, celle qui vit dans le grand Est sait que son destin sera ailleurs, elle étouffe. Pour trouver sa liberté , il faut qu'elle parte, ce qu'elle fera le jour de ses dix-huit ans.


    Elle est solitaire, son seul ami c'est Sam, une peluche qui veille sur elle et qu'elle défend plus fort que tout.


    Depuis qu'elle est née la relation avec sa mère est fusionnelle. il y a d'un côté un trop plein d'amour et de l'autre un manque au niveau de son père et de l'image donnée par ses parents. Elle a des problèmes psychologiques et est fragile.


    Elle part à 18 ans pour découvrir qui elle est, pour respirer, pour exister car elle le sait elle deviendra quelqu'un d'extraordinaire, c'est ce que pense sa mère aussi mais pour cela il faut partir.


    A Paris, elle se cherche, à la fac, elle teste différentes filières, elle est seule ayant pour seul ami son voisin Julien, trois fois son âge, un écorché de la vie qui écoute chaque nuit un titre de Barbara. Ce sont deux solitudes qui se croisent la nuit.


    Puis un jour, la rencontre, le coup de foudre, début d'un amour, d'un grand amour ? Rencontre de celui qui bouleversera son existence. Il devient son Amour, sa Drogue... la relation n'est pas saine, il est possessif mais elle a besoin de lui pour vivre une passion qui sera destructrice.


    Autre élément important, le cancer de sa mère qui révélera beaucoup de choses mais je me tairai ici à vous de le découvrir.


    J'avoue qu'il m'a fallu un certain temps pour entrer dans le récit mais d'un coup c'est devenu captivant, terrassant.


    L'écriture est importante pour la narratrice, elle est essentielle et salvatrice. Celle de Loulou Robert est vive, écorchée, dépouillée, rythmée nous faisant sentir l'angoisse grandissante, l'urgence.


    Une histoire d'amour qui tourne mal, d'un style brut et contemporain qui a jailli comme un souffle.


    Vaut le détour et la découverte.


    Ma note 7/10



    Les jolies phrases



    Naître sans amour, c'est naître sans peau.


    Je me suis demandé si mon physique était un atout ou au contraire une faiblesse. J'en ai conclu qu'il était les deux à la fois et que je devais faire avec.


    Je devais choisir, construire mon avenir, mais l'avenir était un concept lointain.


    Je savais ce que j'aimais. Ce que je n'aimais pas. ce que je ne voulais pas. Restait le problème de l'envie.


    J'ai pensé que souffrir rendait la vie magnifique.


    Je m 'ennuyais mais j'aimais m'ennuyer. Avec l'ennui, on a le temps. Il n'est jamais pressé. C'est rassurant.

    J'ai trop de colère. Elle sort trop vite. La colère n'est pas intelligente. Moi,si. Le jour où j'arriverai à la contrôler, je serai imbattable.

    Tu ne seras jamais heureux mon amour. Le bonheur n'existe pas avec toi. Peu m'importe. Le bonheur ne m'intéresse pas. Le bonheur est calme. Je ne veux pas être calme. Je veux souffrir. Ressentir. J'aime jouer ma vie à chaque instant. Le drame est magique. Tu ne me rendras pas heureuse, mon amour. Tu vas faire de moi un être extraordinaire.

    On fonctionne par deux. La partie de toi en moi. Puis l'autre. Celle qui est lucide. Celle qui met un code de sécurité à son ordinateur. Celle qui résiste. Celle-là ne met pas longtemps à rappliquer. La dualité rend fou. Je ne serai jamais tranquille.

    Le temps passe toujours plus vite quand on connaît la fin.

    Je ne saurai peut-être jamais qui je suis.Car c'est ça la vie. Chercher la vérité.

    La différence entre un livre et la vie ? A la fin du livre, la vie continue. Et ma vie ? Est-ce qu'elle va continuer ?


    https://nathavh49.blogspot.com/2018/10/sujet-inconnu-loulou-robert.html

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    Couverture du livre « Sujet inconnu » de Loulou Robert aux éditions Julliard

    Nicolas Houguet sur Sujet inconnu de Loulou Robert

    J’aime les gens dont on entend la voix quand ils écrivent.
    Ceux dont on devine le regard derrière les phrases. Ceux qui ont un débit de mitraillette. Ceux qui vous vrillent. Ceux que vous lisez tout haut, en sentant vos cordes vocales vibrer d’un nouveau rythme.

    Loulou Robert c’est ça....
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    J’aime les gens dont on entend la voix quand ils écrivent.
    Ceux dont on devine le regard derrière les phrases. Ceux qui ont un débit de mitraillette. Ceux qui vous vrillent. Ceux que vous lisez tout haut, en sentant vos cordes vocales vibrer d’un nouveau rythme.

    Loulou Robert c’est ça.

    J’arrive après la bataille. Je me souviens d’une émission à la télé il y a longtemps où elle évoquait son premier roman, et où j’avais été sidéré par cette fille, sa manière de contenir ses personnages, de les désigner comme s’ils étaient de chair et de sang. Comme si elle venait de les quitter. Et je me disais « il y a là quelqu’un, il faudra la lire ». Je l’ai croisée une fois ou deux. La première sans oser lui adresser la parole, honteux de cette promesse de la lire que je m’étais faite sans la tenir. La seconde où elle m’enjoignait à me lancer, à écrire, à m’en foutre. Je ne l’avais toujours pas lue. J’étais bien emmerdé de louper le rendez-vous encore. On sait toujours quand on les manque, les gens, et quand on est foireux. Personne ne le voit, tout le monde s’en fout. Sauf nous.

    Son troisième roman est sorti avant hier. Sujet inconnu, chez Julliard. J’entre dans la librairie ce jour-là. Je suis fébrile. Peut-être c’est trop tôt. Peut-être que je n’accrocherai pas. Pleins d’incertitudes qui t’agrandissent les yeux d’espoir, comme quand tu avais 16 ans et que t’attendais ton premier concert d’un groupe que tu aimais vraiment. Et que la peur de la déception te tordait d’appréhension.




    Ça m’a frappé à la première page. Un rush. C’est bon j’étais cuit. Je les aimais ces mots. C’était le soir de ce jour-là. Je découvrais sa musique. Je l’entendais, alors que je la connaissais à peine. Un style incroyable, audacieux, adolescent et plein de panache. C’est rare de pouvoir rendre l’intensité, la rage, l’incompréhension de la jeunesse, de retrouver l’effet dégueulasse que nous ont fait les premiers temps, quand on n'était pas finis, quand on ne savait pas qui on était. Quand on était seuls au monde. Qu’elle était interminable la vie. Et comme rien ne nous comprenait et comme on y comprenait rien. Paumés dans ces villes de Province, dans le grand est, là où rester signifie mourir à petit feu.

    Ça commence au passé. Dans l’intimité d’une héroïne qui regarde son spleen en face. Sans apprêts. Sans trucs pour faire joli. Ça sonne vrai. Ça ose de partout. Ça vibre, ça saigne, ça songe. Ça poireaute et ça se cherche. Ça grandit seul. En bonne élève pour ne pas se faire emmerder et avec une peluche comme seule confidente. Les autres passent comme des ombres et l’existence bafouille. Le père est isolé dans son bureau, mutique, la mère une obsédée de l’aspirateur. L’héroïne se tire. A Paris, là où c’est beau. Là où on se balade avec plaisir. Là où il y a quelque chose à faire.

    Elle entame ses études sans trop de conviction. Et puis un soir elle accompagne des amis de circonstance dans une boite. Et elle le voit. Et elle l’aime, comme on aime à chaque fois quand c’est vrai. Bien avant le premier mot. Elle entrevoit l’infini… Elle se voue à lui. Et dans le même temps, la vie bouge. On découvre la maladie, l’ombre de la mort et les gens qui changent, les certitudes aussi, comme c’est le cas quand on grandit. Quand le refuge et le cocon invariable, quand l’éternité de l’enfance implosent.

    Ce qui m’a saisi c’est sa quête d’absolu. Ce quelque chose de noble, de révolté, de vibrant, d'intact, dans chaque phrase. Comme une indomptable jeunesse, en guise d’intégrité. Ces syncopes et ces répétitions dans la langue qui m’ont fait songer à la poésie de Jim Morrison, cette manière romantique et désabusée de rendre compte de la réalité à la Bukowski. Je cherche le mot depuis tout à l’heure, je ne le trouve pas. Une intégrité et une exigence à aller au fond de la blessure. Sans jamais tricher. Une insolence inébranlable à la Sagan première époque. Quand l’innocence permet encore d’être héroïque en haussant les épaules. Quelque chose de Duras dans l’intimité des sentiments.

    Et cette manière de passer au présent en faisant éclater la passion amoureuse, et d’y aller toujours à fond, jusqu’à la destruction, jusqu’à ce que ça brûle, jusqu'à ce qu'elle nous oppresse et qu'on étouffe. Il y a de l’incandescence dans l’écriture de Loulou. Quelque chose de sauvage, de félin d’animal, de mystérieux comme un regard de chat. En équilibre entre danger et raffinement.

    Pas le choix, j’allais la suivre jusqu’au bout.

    J’ai vu les contrées qu’on quitte et les regards qu’on évite. Les vieillesses qui se consolent dans des chansons rabâchées comme des obsessions ou des souvenirs, des cancers qui ressoudent les familles et les concentrent sur l’essentiel, les choses et les études qu’on fait pour éviter d’avoir à se justifier. Et puis l’amour qu’on découvre comme on se consacre à une religion. Celui qui balaie tout, même ce que vous croyiez être, celui qui, quand il commence est irrésistible et fait sourire comme on a jamais souri pour rien. Celui pour qui on a fait de l’art et des poèmes. Celui qui vous colle au corps de l’autre. Celui qui envoie tout valdinguer. Celui qui refonde l’avenir. Celui pour qui on perdra tout. Celui qui vous fera un mal de chien. Celui qui deviendra abusif et violent. Celui qui sera extrême. Celui qui donne l’impression de naitre et de mourir en même temps.

    Celui dont on ne se remet pas. Celui qui dira qui vous êtes bien plus justement que n’importe quel nom et que n’importe quelle profession. Celui qui révèlera vos abîmes. Et vos quatre vérités. Le vrai reflet dans le miroir.

    Je retenais mon souffle. Il est âpre, ce livre. Sec et audacieux. C’est entrer dans l’intimité et les tourments de quelqu’un, son regard affûté comme un rasoir sur le monde. Un peu désaxé aussi, pour changer la lumière et le montrer tel qu’il est, avec une lucidité parfois dévastatrice, mais aussi tendre et pleine d’humanité. On a le sentiment de percer ce qu’il y a dans le silence de ceux qui se tiennent un peu à l’écart, un peu mal à l’aise, et qui ont une incroyable force de vie en eux, insoupçonnable à ceux qui ne savent pas les voir.

    L’instinct sous les apparences. Les âmes qui hurlent de plaisir où de douleur, qui se contorsionnent à chaque souffle. Ce livre est beau comme une insomnie. Comme quelque chose dont je sais que je ne parviendrais pas à l’enfermer dans mes mots. Ce quelque chose d’insaisissable qui nourrit les vraies fascinations.

    La grâce.

    Les fous de Kerouac qui se consument et ne font jamais dans la demi-mesure. Ceux qui font tout trop fort et ne sauront jamais mentir. Elle me les a rappelées ces racines.

    J’ai lu Loulou Robert.
    Elle savait déjà qui j’étais.

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    Couverture du livre « Sujet inconnu » de Loulou Robert aux éditions Julliard

    HUBRIS LIBRIS sur Sujet inconnu de Loulou Robert

    L'amour est monstre. L'amour transforme. Métamorphose. C'est une relation qui se tisse sois l'œil du lecteur. Prémices et déchéance. Un triptyque du vice. Séduire. Créer la dependance. Ligoter l'âme et le corps.

    L'écriture, plus que le récit. Une plume qui tranche. Scalpe. Ne s'embarrasse...
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    L'amour est monstre. L'amour transforme. Métamorphose. C'est une relation qui se tisse sois l'œil du lecteur. Prémices et déchéance. Un triptyque du vice. Séduire. Créer la dependance. Ligoter l'âme et le corps.

    L'écriture, plus que le récit. Une plume qui tranche. Scalpe. Ne s'embarrasse pas de fioriture. L'essentiel uniquement. Pas embellissement. C'est surprenant. Fascinant. Les mots entrainent le récit forment une cadence. Un galop. Une effervescence qui mène à la panique. Tourner les pages et saisir toute la gravité. Loulou Robert nous emporte. Nous transporte à travers une atmosphère noire. Opaque. La sensation d'étouffer un peu plus à chaque page. Des mots qui suffoquent. On prend peur. On questionne. Comme une volonté de hurler à la fuite.

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    Couverture du livre « Sujet inconnu » de Loulou Robert aux éditions Julliard

    Anita Millot sur Sujet inconnu de Loulou Robert

    La triste héroïne de ce roman a huit ans lorsqu’elle commence à nous raconter sa morne vie de petite fille isolée, insomniaque depuis l’âge de six ans, aimée par ses parents mais pourtant malheureuse - sans amis si ce n’est sa peluche Sam - ainsi que son immense désir de quitter son village de...
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    La triste héroïne de ce roman a huit ans lorsqu’elle commence à nous raconter sa morne vie de petite fille isolée, insomniaque depuis l’âge de six ans, aimée par ses parents mais pourtant malheureuse - sans amis si ce n’est sa peluche Sam - ainsi que son immense désir de quitter son village de l’Est où elle a vu le jour.
    Nous la retrouvons étudiante à Paris, à dix-huit ans, toujours aussi seule, avec pour unique ami son voisin Lucien qui a trois fois son âge, misérable d’être éloignée de sa mère qu’elle perdra, amoureuse d’un jeune homme qui lui fera beaucoup de mal, sous couvert d’une grande passion …
    Que de tristesse ! Que de violence ! Mais que d’amour aussi ! (en tout cas de sa part à elle …) On ne peut que se poser la question : roman intimiste ou récit purement imaginaire ?… et souhaiter que ce soit la deuxième option …
    L’écriture est simple mais accrocheuse, Loulou Robert qui n’a que vingt-cinq ans ne manque certes pas de maturité et de style.
    Un point me fait terriblement “tiquer” toutefois, “l’absolution” aveugle de la victime pour son bourreau et l’amour inconditionnel qu’elle continue à lui porter. Sujet connu - et ô combien détestable : la violence faite aux femmes - sous prétexte de souffrance intérieure - cela va de soi !

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