Louise Erdrich

Louise Erdrich
Considérée comme l'un des grands écrivains américains contemporains, Louise Erdrich est l'auteur d'une œuvre majeure, forte et singulière, avec des romans comme Dans le silence du vent, La chorale des maîtres bouchers, Ce qui a dévoré nos cœurs ou La malédiction des colombes. Récompensée par de n... Voir plus
Considérée comme l'un des grands écrivains américains contemporains, Louise Erdrich est l'auteur d'une œuvre majeure, forte et singulière, avec des romans comme Dans le silence du vent, La chorale des maîtres bouchers, Ce qui a dévoré nos cœurs ou La malédiction des colombes. Récompensée par de nombreux prix littéraires, elle a été distinguée en 2012 par le prestigieux National Book Award et, en 2015, par le Library of Congress Award. Tous ses livres sont publiés aux Éditions Albin Michel.

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Avis (29)

  • Couverture du livre « Larose » de Louise Erdrich aux éditions Albin Michel

    Miss Marple sur Larose de Louise Erdrich

    LaRose..titre et orthographe improbables pour un roman inclassable!
    Pourquoi ces négations pour une découverte positive en fait?
    Découverte, celle que je viens de faire de louise Erdrich, je n'avais jamais lu un de ses livres et c'est assez étonnant car ma bibliotheque recèle pas mal de romans...
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    LaRose..titre et orthographe improbables pour un roman inclassable!
    Pourquoi ces négations pour une découverte positive en fait?
    Découverte, celle que je viens de faire de louise Erdrich, je n'avais jamais lu un de ses livres et c'est assez étonnant car ma bibliotheque recèle pas mal de romans amérindiens, la civilisation indienne disparue ou en voie de disparition ayant été un de mes thèmes de recherche pour les études d'anglais!
    Découverte que cette forme de " remboursement" pour la mort d'un être cher par accident, par balle que choisit de faire Landreaux après avoir tué le fils de Nola : il " donne " son dernier fils Larose à la famille de Dusty..poussière en anglais!! puis l'échange se transforme en garde alternée quand les deux familles souffrent trop de ce remboursement..le petit garçon étant d'un tempérament bien doux et calme pour accepter d'etre une monnaie d'échange. Le dialogue ne s'établit pas vraiment, le petit garçon étant déposé chaque semaine dans l'autre famille par les sœurs respectives.
    L'occasion d'ailleurs de réaliser que la famille originelle de LaRose a accueilli et élevé un enfant d'un autre homme de la tribu et qu'il s'est totalement intégré, ravi de voir son avenir s'éclaircir grace à cette éducation.
    Comme dna stous les romands amérindiens, la famille joue un role capital et la grand-mère de LaRose..LaRose elle même intervient de temps en temps pour établir le lien entre passé et présent!

    Je ne raconterai pas l'histoire, y en a t'il une vraiment, la fin laisse la porte ouverte à toute possibilité mais le calme semble s'être installé dans une réserve très trouble et troublée: les deux familles n'en forment plus qu'une.

    La vie dans les réserves est bien entendu souterraine, nous y lisons les difficultés de certains, hommes particulièrement , à se détacher des addictions récurrentes, médicaments, drogues, alcools et ce depuis le plus jeune âge, les violences faites aux femmes dès leur plus jeune âge et leur façon de se défendre ou de se venger: toute un gendre de vie inconnu de nous la plupart du temps.

    Certaines digressions et dialogues m'ont cependant paru longs , pas inutiles certes mais trop fréquentes!

    Excellente lecture cependant!

  • Couverture du livre « Larose » de Louise Erdrich aux éditions Albin Michel

    Marie-Laure VANIER sur Larose de Louise Erdrich

    Fille d'Indienne Ojibwé, Louise Erdrich appartient au mouvement de la Renaissance amérindienne (Native American Renaissance) créé pour qu'on n'oublie pas ce peuple, ses coutumes, sa mythologie et qu'il continue d'exister à travers la voix d'auteurs modernes.
    Dans ses romans, Louise Erdrich...
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    Fille d'Indienne Ojibwé, Louise Erdrich appartient au mouvement de la Renaissance amérindienne (Native American Renaissance) créé pour qu'on n'oublie pas ce peuple, ses coutumes, sa mythologie et qu'il continue d'exister à travers la voix d'auteurs modernes.
    Dans ses romans, Louise Erdrich fait revivre une culture et des traditions amérindiennes, espérant maintenir vivante la mémoire des anciens. Et le sens même de son écriture se trouve peut-être là, précisément, dans ce projet de lutte contre l'oubli.
    C'est donc un monde un peu étrange que le lecteur découvre, monde dans lequel, par exemple, les morts peuvent revenir partager l'existence de ceux que l'on appelle les vivants, les frontières entre les deux « états » étant plus poreuses que dans nos sociétés rationnelles.
    En 1999, dans le Dakota du nord, Landreaux Iron part à la chasse au cerf, cérémonial obligé pour célébrer l'arrivée de l'automne. « C'était un catholique pieux et respectueux des coutumes indiennes, un homme qui, lorsqu'il abattait un cerf, remerciait un dieu en anglais et faisait une offrande de tabac à un autre en ojibwé. » Landreaux est un excellent chasseur : lorsqu'il voit l'animal, il n'hésite pas une seconde et tire. Il tue accidentellement Dusty Ravich, petit garçon âgé de cinq ans, le fils de son voisin et ami Peter Ravich.
    C'est le drame, la tragédie absolue.
    La mort d'un enfant.
    Or, la coutume indienne veut que, pour se racheter ou tenter de se faire pardonner, on doive donner son plus jeune enfant à la famille qui a perdu le sien : c'est ainsi que le petit LaRose Iron part vivre chez les Ravich.
    Offrande incroyable, offrande impensable…
    Et pourtant...
    Comment Landreaux va-t-il pouvoir continuer à vivre avec un immense sentiment de culpabilité et un si terrible chagrin? Comment les deux familles vont-elles cohabiter sans chercher à s'entre-tuer, sans vivre dans la haine, sans désir de vengeance et en respectant les coutumes de leurs ancêtres ?
    Que va devenir cet enfant, LaRose, partagé entre deux familles ? Peut-on se construire de cette façon ? Et les frères et sœurs dans l'une et l'autre famille vont-ils savoir contenir leur douleur, leur ressentiment, leur souffrance ?
    Quant aux mères, Nola et Emmaline… Qui aura la force de pardonner ? De quelle façon une justice peut-elle être rendue ? La sagesse des anciens est-elle capable de panser les plaies, d'aider chacun à supporter un réel à peine pensable ? Une forme de solidarité, d'entraide est-elle encore possible ?
    C'est le quotidien bouleversé de ces deux familles que nous découvrons, leur façon de gérer chaque heure, chaque jour qui passe, chacun se reconstruisant, petit à petit, comme il le peut, en passant par des phases de douleur extrême, de désir de mort, de solitude profonde, de haine viscérale, d'amour ou de don de soi.
    Ces différents personnages, enfants et adultes, ont tous quelque chose de fascinant : ils n'ont rien de manichéen, loin de là, et sont très humains dans leurs réactions et très touchants donc. Je pense notamment à la figure du prêtre, le père Travis, toujours à l'écoute des autres, lui dont les sentiments pour une femme le mettent au supplice. Je pense aussi au personnage de Romeo, père biologique d'un des enfants élevés par Landreaux, la figure même de l'antihéros malmené par la vie, dépossédé de tout et qui semble, dans l'ombre, préparer une terrible vengeance. A moins que...
    L'auteur, fine observatrice, a le souci du détail : une mimique, une expression, un geste permet de visualiser le malaise, la tension ou la joie de tel ou tel personnage. L'effet de réel est saisissant. J'ai beaucoup aimé la minutie de ses descriptions qui en disent tant sur les gens et qui traduisent si bien la complexité des sentiments.
    De nombreux retours dans le passé permettent de mieux comprendre le poids des traditions, des croyances qui se heurtent parfois à la modernité et expliquent le comportement de certains personnages, ce qu'ils sont devenus avec le temps. S'ils vivent tous au XXe siècle (et dans une Amérique où l'on noie dans l'alcool ou la drogue son ennui et son désespoir), leurs racines les rattachent à un passé ancestral dont ils ne peuvent s'affranchir complètement. Ils sont les héritiers de coutumes d'un autre temps, vivent en équilibre instable entre deux mondes.
    LaRose est un récit ambitieux : si les nombreuses digressions, les retours en arrière retraçant, par exemple, la généalogie des LaRose sur quatre générations nous éloignent momentanément du récit principal, ils permettent surtout au lecteur de découvrir une culture, une mythologie, des croyances surnaturelles et magiques avec lesquelles il est nécessaire de se familiariser pour mieux interpréter le texte.
    LaRose est donc un roman exigeant qui se mérite, et j'avoue qu'il m'a fallu une seconde lecture pour me sentir plus à l'aise et plus à même de mieux appréhender cet univers.
    Mais c'est ainsi que j'ai eu le sentiment de pénétrer dans un texte d'une grande richesse de par son écriture et sa construction bien sûr, mais aussi de par la vivacité et la complexité de ses personnages. L'évocation de cette culture amérindienne, monde fascinant où les morts jouent avec les vivants, discutent avec eux, monde où rêve et réalité se mélangent, m'a fascinée.
    Enfin, ce qui touche dans cette œuvre, c'est qu'au fond, même les plus mauvais se révèlent finalement avoir une âme sensible et généreuse et l'on sent à chaque page le regard bienveillant que l'auteur pose sur l'humanité.
    Par les temps qui courent, on peut dire que ça fait du bien !
    Un texte intense que je n'oublierai pas.

    LIREAULIT http://lireaulit.blogspot.fr/

  • Couverture du livre « Larose » de Louise Erdrich aux éditions Albin Michel

    Marie S. sur Larose de Louise Erdrich

    Dans le Dakota du Nord, à la limite de la réserve, Landreaux, indien catholique fervent respectueux des coutumes de son peuple est en train de chasser le cerf. Mais lorsqu’il tire, c’est Dusty, fils de cinq ans de ses voisins et amis qu’il abat.
    Sous le poids de la culpabilité, par respect...
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    Dans le Dakota du Nord, à la limite de la réserve, Landreaux, indien catholique fervent respectueux des coutumes de son peuple est en train de chasser le cerf. Mais lorsqu’il tire, c’est Dusty, fils de cinq ans de ses voisins et amis qu’il abat.
    Sous le poids de la culpabilité, par respect d’une ancienne coutume indienne et pour apaiser le chagrin de Nola, la mère de Dusty, Landreaux convainc sa femme Emmaline, demi-soeur de Nola de donner son plus jeune fils, LaRose aux parents en deuil.
    « Je donnerais ma vie pour te rendre Dusty. LaRose est ma vie. J’ai fait du mieux que j’ai pu. »
    Bien évidemment, personne ne sera plus jamais le même suite à ce drame.
    Ce qui pourrait être une histoire relativement simple sur le deuil, la culpabilité, sur l’évolution des comportements dans ce cas de figure peu courant est, dans l’univers de Louise Erdrich, une construction complexe insérant les chemins de vie de personnages secondaires et invoquant le passé des familles de la réserve.

    LaRose, ce prénom atypique, a une histoire qui commence avec l’arrière-arrière-grand-mère d’Emmaline. Une enfant sauvage abandonnée par sa mère dans un comptoir commercial isolé du pays ojibwé pour un peu d’alcool est la première LaRose. Depuis, à chaque génération, il y a toujours eu un ou une LaRose, nanti de pouvoirs particuliers, notamment celui de dépasser les limites entre les vivants et les morts. D’ailleurs le jeune LaRose a une perception particulière qui apaise tous ceux de son entourage. Il console Nola, il calme Maggie, sa fille tempétueuse, il donne de la force à Emmaline, il comprend son père et voit les morts. Tout le monde l’aime car il est la paix et le bonheur incarnés.

    Pour Louise Erdrich, remonter dans le temps permet de rendre hommage au peuple ojibwé parqué dans les réserves, soumis au pouvoir de l’alcool et de la drogue, dont les enfants furent envoyés dans des pensionnats pour en faire des « blancs » mais nimbé de cette grandeur d’âme et de cette culture liée aux légendes indiennes. J’aime toujours autant y croiser l’humour et la franchise des anciens.
    Mais en 1999, elle nous montre aussi l’évolution des mentalités. Le prêtre Travis est un ancien Marine et Hollis, le fils de Roméo, élevé par Landreaux et Emmaline (l’histoire d’amitié entre Landreaux et Roméo, qui se sont rencontrés dans un pensionnat est aussi très belle et aventureuse) est prêt à s’engager pour son pays.
    « Depuis qu’ils ont attaqué les Tours jumelles, reprit Hollis, j’y pense. Mon pays m’a bien traité.
    Quoi?Roméo était scandalisé. Mais tu es un Indien!
    Je sais, oui, les Blancs nous ont pratiquement anéantis. Mais quand même, les libertés, non? Et on a des écoles, des hôpitaux, et aussi le casino. De nos jours, quand on foire, en général, on foire perso.... »

    LaRose est un roman dense où chaque personnage est incarné, détaillé, touchant. Avec ce récit singulier, Louise Erdrich continue à explorer le passé des ojibwés pour mieux nous expliquer leur présent. Sa grande maîtrise de cet univers donne un récit complexe mais passionnant et envoûtant.

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